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  • Les leçons de « Baron noir » : « Celui qui aura réussi à raconter la meilleure suite gagnera la présidentielle »

    Les leçons de « Baron noir » : « Celui qui aura réussi à raconter la meilleure suite gagnera la présidentielle »

    Chronique de communication narrative, tribune d’Elliott Aubin publiée dans Marianne le 16 septembre 2026

    Depuis sa création, Baron noir semble avoir cette fâcheuse habitude de comprendre la politique française avant qu’elle ne se produise. Alors, à l’approche de 2027, autant prendre quelques notes. Elliott Aubin, expert en communication narrative et ancien élu, dégage dix leçons de Philippe Rickwaert pour gagner une présidentielle.

    Il faudrait peut-être commencer à regarder Baron noir comme on regarde les vieux films de science-fiction : non pas pour savoir si la fiction avait raison, mais pour comprendre ce qu’elle avait vu avant nous. Quand la série d’Éric Benzekri apparaît en 2016, Emmanuel Macron n’est pas encore président, le Parti socialiste n’a pas encore explosé, Jean-Luc Mélenchon n’est pas encore devenu la première force électorale de la gauche radicale et les réseaux sociaux ne sont pas encore devenus le théâtre permanent de la politique française. Puis le réel s’est mis à ressembler à la fiction.

    La saison 2 imagine l’effondrement du vieux monde politique, la recomposition du centre et l’émergence d’une nouvelle figure présidentielle. La saison 3 plonge dans la défiance démocratique, les réseaux sociaux, les mouvements antisystème et la tentation populiste. L’institut Montaigne relevait déjà, en 2020, cette capacité de la série à refléter la recomposition politique française et à anticiper certains bouleversements.

    Les conseils de Philippe Rickwaert

    Et voilà que le tournage de la saison 4 vient de commencer. Philippe Rickwaert a finalement atteint l’Élysée. Il est désormais président. Et il devra affronter une nouvelle crise politique, les radicalités numériques et une société au bord de la rupture. La série croisera cette fois son univers avec celui de La fièvre. La diffusion est annoncée pour 2027. Autrement dit : Baron noir pourrait bien avoir une nouvelle fois le mauvais goût de tomber juste au moment où nous en aurons besoin. Alors, si Philippe Rickwaert devait conseiller les candidats à la présidentielle, voici probablement ce qu’il leur dirait.

    1. Commencez par le pays. Pas par votre candidature.

    C’est peut-être le premier enseignement de Rickwaert : avant de chercher comment gagner, il faut comprendre ce qui se passe.

    Une élection ne commence jamais dans un QG de campagne. Elle commence dans les colères, les inquiétudes, les contradictions et les espoirs d’un pays. Les Français ne se réveillent pas le matin en se demandant quel candidat ils pourraient soutenir.

    Ils se demandent s’ils peuvent encore se projeter dans l’avenir. Le candidat qui saura mettre des mots sur cette question partira avec une longueur d’avance. La politique commence rarement par une réponse. Elle commence par la bonne question.

    2. Trouvez la fracture.

    La politique aime les programmes. Les électeurs, eux, votent souvent pour résoudre une tension. Le pouvoir d’achat contre l’inflation. Le travail contre le déclassement. L’ordre contre le désordre. La protection contre l’ouverture. Le changement contre la peur du changement.

    Rickwaert chercherait moins la « mesure phare » que la fracture autour de laquelle organiser la campagne. Parce qu’une présidentielle est rarement une addition de propositions. C’est un choix. Et pour qu’il y ait choix, il faut une alternative. Il faut pouvoir dire : voilà le pays dans lequel nous sommes et voilà celui dans lequel nous pouvons entrer.

    3. Donnez un adversaire à votre histoire.

    Une histoire sans conflit est une chronique. Pas une campagne présidentielle. Rickwaert le sait mieux que personne : pour rassembler, il faut parfois désigner ce contre quoi l’on se rassemble. Le système. L’extrême droite. Les élites. L’ancien monde. La technocratie. L’immobilisme.

    Le nom importe moins que la fonction. Un adversaire permet de simplifier le monde. Et la politique est aussi l’art de rendre lisible un monde devenu trop compliqué. C’est d’ailleurs une des grandes différences entre communication politique et communication institutionnelle : la première doit créer du mouvement. Et le mouvement naît rarement du consensus.

    4. Faites de votre faiblesse une force.

    En politique, une faiblesse cachée finit toujours par devenir une affaire publique. Alors autant la raconter soi-même. C’est l’une des grandes leçons de Rickwaert : transformer ce qui pourrait être une vulnérabilité en élément de récit.

    Le passé devient une preuve d’expérience. Une défaite devient une leçon. Une erreur devient une cicatrice. Une différence devient une singularité. Le problème n’est pas d’avoir des failles. Le problème est de laisser son adversaire leur donner un sens à votre place. Les communicants parlent souvent d’« éléments de langage ». Rickwaert parlerait probablement d’« éléments de destin ». C’est beaucoup plus puissant.

    5. Devenez un personnage.

    Les campagnes présidentielles ressemblent étrangement aux romans. Il y a un personnage principal. Un monde à transformer. Des adversaires. Des alliés. Des épreuves. Et une promesse de dénouement.

    Pourtant, beaucoup de candidats continuent à se présenter comme des CV sur pattes. Ancien ministre. Ancien député. Maire de. Président de. Entrepreneur. Haut fonctionnaire. Cela renseigne sur une carrière. Pas sur une destinée.

    En 2027, il faudra moins demander « quel est votre parcours ? » que « quelle histoire raconte votre parcours ? ». Parce qu’on ne vote pas seulement pour quelqu’un qui sait faire. On vote pour quelqu’un que l’on imagine capable d’incarner la suite.

    6. Ne confondez pas popularité et désir.

    Les réseaux sociaux ont installé une étrange confusion dans la politique contemporaine. On mesure les likes, les vues, les abonnés, les commentaires. On regarde qui monte, qui baisse, qui fait le buzz. Mais une élection présidentielle ne se gagne pas parce qu’un candidat est populaire. Elle se gagne lorsqu’une partie du pays considère que son élection répond à quelque chose.

    La popularité attire l’attention. Le désir politique déclenche le vote. C’est toute la différence entre être connu et être attendu. Rickwaert ne chercherait probablement pas à être aimé de tout le monde. Il chercherait à devenir nécessaire à suffisamment de monde.

    7. Fédérez les gauches autour d’une histoire, pas autour d’un accord.

    Rickwaert aurait probablement quelques conseils à donner à la gauche française. Le premier serait de cesser de vouloir être d’accord sur tout avant d’accepter de gagner ensemble. La gauche n’a jamais été une famille parfaitement heureuse.

    Elle est faite de traditions, de cultures politiques, de désaccords et parfois d’une certaine passion pour l’autodestruction. Et alors ? Une coalition n’a pas besoin de penser la même chose. Elle a besoin de savoir pourquoi elle avance ensemble.

    La question de 2027 ne sera donc pas seulement de savoir qui peut représenter la gauche. Elle sera de savoir quel récit peut fédérer ses différentes gauches sans leur demander de renoncer à ce qu’elles sont. Additionner les appareils ne suffira pas. Il faudra additionner les imaginaires. C’est une différence essentielle. L’union des partis se négocie. L’union des électeurs se raconte.

    8. Ne faites pas des réseaux sociaux votre stratégie.

    Rickwaert aurait sans doute adoré TikTok. Mais il aurait surtout compris qu’une vidéo virale ne constitue pas une stratégie politique. Les réseaux permettent de diffuser un récit. Ils ne permettent pas d’en inventer un à la place du candidat.

    La communication de Baron noir l’avait d’ailleurs parfaitement compris. Dès la saison 2, la série multipliait les faux comptes de personnages, les vidéos pédagogiques, les citations, les détournements et les interactions avec de véritables responsables politiques. La fiction s’invitait dans les codes de la communication politique jusqu’à brouiller les frontières entre le réel et son imitation.

    Mais le réseau n’est qu’un tuyau. Une campagne peut avoir ses punchlines, ses vidéos verticales, ses millions de vues et ses armées de community managers. Si personne ne sait raconter en une phrase ce que cette campagne veut changer, tout cela ne produit qu’un immense bruit numérique. Le problème n’est pas de devenir viral. Le problème est de savoir pourquoi on mérite de l’être.

    9. Ne confondez pas l’opinion et le peuple.

    Voilà probablement l’un des pièges de 2027. Les sondages regardent l’opinion. Les réseaux regardent l’engagement. Les médias regardent les sondages. Les politiques regardent les médias. Et tout le monde finit par commenter une France qui parle beaucoup. Mais dont une partie ne parle plus du tout.

    Une campagne présidentielle ne consiste pas à occuper l’espace médiatique. Elle consiste à entrer dans des conversations auxquelles on n’est pas encore invité. À aller chercher ceux qui ne suivent pas votre compte. Ceux qui ne regardent pas vos entretiens. Ceux qui ne partagent pas vos convictions. Ceux qui ne savent même pas encore pour qui ils voteront.

    Rickwaert est un animal politique parce qu’il possède précisément ce flair-là : l’ancrage local, la connexion aux réseaux militants et syndicaux, la capacité à sentir le vent avant qu’il ne tourne. C’est aussi ce que soulignait l’institut Montaigne en analysant le personnage. Le silence d’un électeur n’est pas l’absence d’une opinion. C’est parfois une opinion que personne n’a encore réussi à raconter.

    10. Donnez aux Français envie de connaître la suite.

    C’est finalement le plus important. Une présidentielle ne se gagne pas uniquement contre quelqu’un. Elle se gagne pour quelque chose. Pas nécessairement une liste de mesures. Une direction. Une promesse collective.

    Une idée de ce que pourrait être le pays demain. Éric Benzekri expliquait lui-même que les personnages de Baron noir font du storytelling parce que la politique contemporaine cherche à retrouver une capacité d’action et de sens dans un monde où le pouvoir semble dispersé.

    C’est peut-être ce qui fait la force durable de la série. Son cynisme n’est jamais complètement désespéré. Parce que derrière les coups politiques, les calculs, les manipulations et les rapports de force, il reste une conviction : la politique est encore une bataille pour raconter le pays. Et c’est probablement la grande leçon pour 2027.

    Raconter la suite

    Il y aura des programmes. Des candidats. Des sondages. Des débats. Des petites phrases. Des vidéos. Des polémiques. Des coups politiques.

    Et beaucoup de bruit. Mais au-dessus de tout cela, il faudra une histoire. Une histoire suffisamment simple pour être comprise. Suffisamment forte pour être désirée. Suffisamment large pour rassembler. Et suffisamment vraie pour que des millions de Français acceptent d’y entrer. La présidentielle ne sera peut-être pas gagnée par celui qui aura le meilleur programme. Elle sera gagnée par celui qui aura réussi à raconter la meilleure suite. Philippe Rickwaert, lui, aurait déjà commencé à travailler.

  • Première étape franchie à l’Assemblée nationale pour la proposition de loi sur la présomption d’utilisation des contenus culturels par l’IA

    Première étape franchie à l’Assemblée nationale pour la proposition de loi sur la présomption d’utilisation des contenus culturels par l’IA

    communiqué de presse d’Emmanuel Maurel, mercredi 3 juin 2026 – 13h30

    Une très large majorité de députés membres de la Commission des Affaires culturelles ont adopté le 2 juin 2026 la proposition de loi du Sénat sur la présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs de systèmes et de modèles d’intelligence artificielle, dont Emmanuel Maurel était le rapporteur.

    Pour le monde de la culture et de la presse, cette victoire permet d’envisager l’approbation du Parlement et le vote définitif de ce texte avant la fin de la législature en 2027.

    Pour entraîner leurs intelligences artificielles, les entreprises du secteur ont massivement « moissonné » les œuvres de l’esprit, livres, films, articles de presse, mais sans jamais payer de droits d’auteur. Or sans l’accès à ces millions de données, les IA telles que nous les connaissons aujourd’hui n’existeraient pas.

    Le modèle économique de l’IA rémunère tout (les infrastructures, les ingénieurs, les composants électroniques, l’électricité…), sauf la matière première indispensable à leur développement et leur fiabilité : la création humaine ! En particulier, le secteur de la presse subit un pillage si massif que sa pérennité est compromise à court terme.

    Quant aux œuvres culturelles, on voit proliférer à une vitesse fulgurante les contenus « synthétiques » (faux livres, fausses chansons) sur les catalogues des plateformes comme Amazon, Deezer etc.

    Pour protéger le droit d’auteur et permettre ainsi une négociation de bonne foi entre le secteur de la Tech et le secteur de la culture, il n’y a pas d’autre solution qu’instaurer une présomption d’utilisation des contenus culturels par les IA.

    La modification du Code de la Propriété Intellectuelle introduite par la proposition de loi offrira ainsi un point d’appui solide au secteur de la création, qui pèse 100 milliards d’euros et plus d’un million d’emplois en France.

    C’est une étape importante pour préserver l’exception culturelle française et européenne, qui ne peut pas être la variable d’ajustement gratuite du développement de l’intelligence artificielle.

    Emmanuel MAUREL
    Député du Val-d’Oise
    Animateur national et co-fondateur
    de la Gauche Républicaine et Socialiste

  • Face à la honte, « L’Abandon » hymne à la liberté de conscience

    Face à la honte, « L’Abandon » hymne à la liberté de conscience

    Communiqué de presse de la Gauche Républicaine et Socialiste, mercredi 20 mai 2026, 21h35

    L’Abandon, présenté à Cannes la semaine dernière et actuellement en salle, raconte les 10 derniers jours de Samuel Paty, avant son assassinat par un terroriste islamiste. C’est un film indispensable en ce qu’il incarne la résistance des principes républicains face à l’obscurantisme.

    Une résistance qui tint jusqu’au bout malgré l’aveuglement (volontaire ?) d’une autorité qui aurait dû très tôt prendre la mesure des menaces qui pesaient sur Samuel Paty pour la seule raison qu’il faisait son métier de manière exemplaire. L’Abandon est là pour nous rappeler que notre société, que notre communauté politique ne peuvent en rien justifier une telle défaillance si elle venait à se reproduire.

    Mais au-delà cette œuvre cinématographique a pour intérêt de rappeler une vérité essentielle : la Laïcité y est présentée non pas comme une contrainte, mais comme une libération : celle de pouvoir penser par soi-même, de douter, de s’affranchir des dogmes. Ce combat, c’est celui de la gauche, celle qui défend l’idée d’une école qui émancipe, d’une société solidaire, et d’une justice sociale qui va de pair avec la liberté de conscience.

    Les critiques ironiques, souvent marquées par le cynisme ou une certaine complaisance envers les replis communautaires et les intégrismes religieux, oublient que Samuel Paty a payé de sa vie pour ces Principes. Son souvenir nous rappelle que la laïcité n’est pas un concept abstrait, mais un rempart concret contre la barbarie.

    L’Abandon refuse l’autocensure et l’abandon de nos principes : c’est un hommage à celles et ceux qui, comme lui, choisissent le courage plutôt que le renoncement.

  • AMÉLIORER LE SERVICE PUBLIC DE L’AUDIOVISUEL, OUI, LE DÉMANTELER, NON !

    AMÉLIORER LE SERVICE PUBLIC DE L’AUDIOVISUEL, OUI, LE DÉMANTELER, NON !

    Malgré des centaines d’audition, une couverture médiatique sans précédent et un fort intérêt des Français, les travaux de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public n’ont pas permis d’avancer de façon rationnelle sur les grands enjeux qui lui étaient adressés. 

    Les auditions furent souvent mouvementées et marquées par des attitudes plus inquisitoriales que constructives. Il ne suffit pas, pour enquêter, de poser les mêmes questions portant sur les mêmes allégations de faits mineurs et dérisoires montés en épingle, et ce quelle que soit la personne auditionnée. A bien des égards, cette commission d’enquête a illustré la quintessence de la société du spectacle, tout entière tournée vers la recherche du buzz, du clash et du trash, en lieu et place du travail sérieux, méthodique et rigoureux qu’elle aurait mérité. 

    Le secteur de la création audiovisuelle, cinéma compris, emploie directement et indirectement 340.000 personnes et a généré un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros en 2024. Il s’agit donc d’une véritable industrie, fortement ancrée dans les territoires, qui contribue de façon décisive à notre développement économique et notre rayonnement culturel. Et dans ce paysage, France Télévisions est un acteur incontournable. 

    Or le modèle audiovisuel français est fragilisé par des mutations profondes. La montée en puissance de plateformes numériques globales comme Netflix ou Amazon, accélère la concentration du marché et des modes de production, de financement et de diffusion des œuvres. Aborder la question du financement de l’audiovisuel public sous un angle étroitement comptable revient donc de facto à favoriser la concurrence internationale. 

    Emmanuel MAUREL,
    Député du Val-d’Oise,
    Membre de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public
    Co-fondateur de la Gauche Républicaine et Socialiste

  • La grâce, la nausée et les mains sales

    La grâce, la nausée et les mains sales

    Depuis plusieurs semaines, et avant même sa sortie, le film de Xavier Giannoli, Les Rayons et les Ombres, suscite le débat et parfois la polémique. C’est assez classique pour une œuvre qui se rapporte à la période de l’Occupation et de la Collaboration et qui prétend à une certaine ambition, au minimum artistique. On ne dira jamais assez en quoi la Seconde Guerre mondiale fut dans l’histoire de France une charnière majeure, une guerre civile déclenchée, à l’occasion d’une défaite militaire face au pire ennemi de l’humanité, par ceux de nos compatriotes qui espéraient plus qu’une revanche, un effacement des fondements de notre Nation à l’issue de la Révolution et la précédente guerre civile qui l’accompagna. Le sujet en est encore aujourd’hui inflammable, car les fractures et les plaies semblent sans cesse se réactiver selon des schémas récurrents.

    Il était donc prévisible qu’un tel film déclenche débats enflammés et parfois polémiques nées de ces mêmes débats. Il sera toujours trop ou pas assez pour la majorité des commentateurs qui ne sont pas cinéastes. Alors sortant de la salle obscure ce dimanche de Pâques, après 3 heures 15 qui ne m’ont pas paru si longues, j’ai voulu moi aussi apporter mon écot au débat (et non à la polémique) en partageant mes impressions.

    La grâce déchue

    Dans les articles et commentaires que j’ai pu lire à propos des Rayons et les Ombres, je n’ai pas vu une chose essentielle et qui pourtant crève les yeux comme elle crève l’écran. C’est d’abord et avant tout un film sur Corinne Luchaire. L’artifice narratif de l’enregistrement sur bande magnétique d’une histoire à la première personne – dont on ne sait pas (et peu importe) s’il s’agit d’une invention du réalisateur et de son co-scénariste Jacques Fieschi dont l’illusion prend fin avec la pirouette des derniers écrans noirs, ou s’il fut vraiment tenté – le rythme du récit et l’organisation des personnages autour d’elle : tout tend vers une sorte de biopic d’une jeune actrice tombée dans l’oubli et écrasé par une histoire trop grande pour elle.

    On pourra dire ce que l’on veut mais ce n’est pas Jean Dujardin, dont le nom est pourtant en tête de l’affiche, et sa prestation qui dominent le film, mais bel et bien Nastya Goloubeva-Carax qui incarne Corinne Luchaire. Sa fragilité, la voix éteinte et la tristesse de son regard qui marquent son interprétation sont évidemment parfaitement adaptées à l’image de ce personnage sacrificiel que veulent nous peindre Giannoli et Fieschi. Ma fille adolescente m’a dit, en sortant de la séance, qu’elle avait vu avant tout une jeune femme manipulée et c’est effectivement bien de cela dont il s’agit : Corinne Luchaire apparaît comme manipulée et utilisée par son père d’abord (on ne doute pas qu’il l’aime, mais c’est sa personnalité trouble qui finit par l’emporter là-aussi), par Otto Abetz et par ses amant(e)s ensuite. En tout cas, c’est cela que l’on veut nous raconter. Frappée d’indignité nationale, elle se défend (mal), comme se sont défendus toutes celles et tous ceux qui ont préféré l’égoïsme et l’indifférence. Mais ici aussi on nous donne à percevoir la culpabilité qu’elle ressent a posteriori ; et elle n’aura pas droit à la rédemption que vient lui offrir Léonide Mogui par-delà l’horreur de la guerre et du génocide.

    J’avoue que j’ai ignoré jusqu’à récemment l’existence de Corinne Luchaire, jusqu’à l’automne dernier en réalité. Il faut croire qu’il y a une efficacité concrète à la condamnation à l’indignité nationale. C’est avec la série d’émissions réalisée par Philippe Collin – Sigmarigen, le crépuscule des bourreaux – que je l’ai découverte. L’épisode « La divine surprise »1, qui se situe au moment de la contre-offensive allemande dans les Ardennes à la Nöel 1944, évoque à ce moment son parcours tressé avec celui de son père Jean Luchaire. J’ai été marqué alors par le témoignage de Micheline Presle, interviewée en 2009, qui revient sur les débuts de comédienne de sa collègue et souligne sa singularité, sa modernité et le gâchis de sa carrière brisée ; je n’avais pas retenu que la maladie en fut la cause première et jusqu’au film, je pensais qu’elle était la conséquence de sa condamnation à Libération. C’est au moins une chose que l’on peut mettre au crédit du film : à aucun moment, on ne nous fait croire que la tuberculose lui sert d’excuses pour refuser de voir – même au Sanatorium alors que son récit prétend qu’elle avait son propre combat à mener, il lui est donné de comprendre et elle ne choisira qu’une forme d’accommodement.

    La nausée

    Les Rayons et les Ombres s’attaque donc au sujet inflammable de la Collaboration, cette tâche terrible dans l’histoire de France. Il ne faut pas se tromper d’objet ici : ce n’est pas un film sur l’Occupation, sur la Guerre, ce n’est pas un film sur la Résistance, la Shoah ou les privations imposées au peuple français… Par touches subtiles, ces éléments sont présents, mais ils ne constituent pas le propos du film. Les Rayons et les Ombres est un film qui s’attache à présenter des salauds et les petits arrangements qu’ils cherchent avec leur conscience perdue.

    La politique de Collaboration et le milieu collaborationniste à Paris, petit monde distinct de celui de Vichy avec lequel Laval fera la liaison, ont été le moyen d’une revanche. Je parlais en introduction d’une revanche sur la Révolution, mais le film montre aussi assez clairement la revanche des ratés. Les ratés de la politique, du journalisme, de la littérature, les envieux qui rêvaient d’un mode de vie bourgeois et rongeaient leur frein de ne pas en avoir les moyens. La Collaboration a été le tremplin pour toute une clique d’opportunistes et d’individus qu’aucun scrupule n’étouffait, l’occasion d’une revanche sur la vie, une opportunité pour se gaver sur la misère du pays.

    Car, en définitive, qu’est-ce qu’est Jean Luchaire au moment où la France bascule dans la défaite, si ce n’est un raté ? Un raté, un menteur et un irresponsable, tel qu’il nous est présenté par les scénaristes. Raté, car il se croit journaliste engagé, mais les convictions pacifistes des années 1920 semblent rapidement peu de choses, un vernis craquelé ou plus vraisemblablement une manière de faire fructifier le moment venu un pedigree qui ne lui a jamais rien rapporté, au regard de la faiblesse de son audience. Menteur, car il mène en bateau ses propres amis et collaborateurs et ruine sciemment par intérêt personnel les entreprises qu’il conduit. Irresponsable, car il choisit la décadence et la déchéance plutôt que la guérison ou la rémission, qu’il y entraîne sa fille, et que ce cycle s’accélère au fur et à mesure que le désastre devient certain. Luchaire et Abetz sont bien décrits comme des salauds qui se débarrassent finalement bien facilement de leurs convictions originelles – si tant est que les convictions prêtées à Abetz dans le film fussent bien réelles (il a été proche du NSDAP dès 1930, même s’il ne put y adhérer formellement qu’en 1937) – et adoptent par intérêt un antisémitisme qui leur permet de fréquenter ou d’exercer le pouvoir. Peu importe le respect des évolutions historiques de leurs convictions, le duo Jean Dujardin-August Diehl montre ici à la perfection la médiocrité et la bassesse des motivations et des justifications des deux amis. La séquence de la lettre à Céline est à cet égard une illustration édifiante de l’absence totale de décence.

    Aussi, Les Rayons et les Ombres fait la description de ce milieu collaborationniste parisien qui fréquente les sauteries de l’Ambassade du IIIème Reich et mène grande vie à crédit dans les cabarets et les grands restaurants, permet de démasquer cette société hors-sol, qui n’a plus ou n’a jamais eu de code moral, qui fraye joyeusement avec la pègre, qui se moque bien des réquisitions et des privations subies par les Français… bien au contraire, qui est là pour profiter des miettes de la prédation systématique du régime nazi sur la France. Giannoli nous montre l’enfermement volontaire des salauds dans une réalité parallèle. La politique de Collaboration a été souvent présentée par ses promoteurs comme un moyen pour limiter les souffrances du pays et il suffit de relire Paxton pour démontrer qu’elle n’a pas apporté d’avantages comparatifs à la France par rapport à la Pologne ; au contraire, elle fut plus pressurée que les Pays-Bas, la Belgique ou le Danemark. Les Rayons et les Ombres ne tait pas cette réalité, mais insiste jusqu’à la nausée sur la complicité, l’indécence et la rapacité des collaborationnistes, qui prétendaient dans leur discours relever la France en la nazifiant et, en réalité, ne faisaient que se gaver à l’excès jusqu’à rendre sur le sol de marbre ce qu’ils avaient pillés avec leurs commanditaires.

    On ne peut pas reprocher au film de faire preuve de complaisance avec ce milieu alors que la description qu’en font Giannoli et Fieschi ne peut en réalité que provoquer le dégoût.

    Les mains sales

    Le métier d’imprimeur, ça tâche… on a de l’encre sur les mains quand on prépare les plaques et les rotatives. C’est normalement la marque de noblesse de ce métier glorieux d’une époque révolue, qui accompagna tous les progrès de la pensée humaine de la fin du XVème siècle au XXème. Dans Les Rayons et les Ombres, Luchaire-Dujardin, quand il s’approche de la composition typographique, n’a plus que les mains sales. C’est la marque de la déchéance du journaliste qu’il prétendait être. C’est la marque de sa déchéance comme patron de presse.

    Il revendique n’avoir de compte à rendre qu’à sa conscience et l’a perdue totalement. Ce qu’il écrit n’apparaît dans le film que pour satisfaire ses intérêts. Il n’est pas besoin d’attendre les réquisitions de l’avocat général (interprété par Philipe Torréton) pour le voir. Le portrait de Luchaire-Dujardin est celui d’un homme qui court après l’argent qu’il s’acharne par ailleurs à dilapider avec empressement. Il n’a aucune conviction réelle : il choisit l’antisémitisme par intérêt et croit se donner bonne conscience en facilitant la fuite de quelques proches… Laval procédera de la même manière, considérant en maquignon de la politique que cela pourrait un jour lui servir si la situation venait à se retourner.

    À plusieurs reprises, on lui donne l’occasion de réagir : il ne le veut pas. Il choisit Guy Crouzet (Vincent Colombe, parfait dans l’abject) contre Pierre Labarrière. Il ment à son équipe quand il affirme que les fonds des Nouveaux Temps sont français. Son père lui donne l’occasion de retrouver sa conscience : on sent le complexe d’infériorité du fils face à l’universitaire Julien Luchaire (André Marcon), celui-ci finit par intervenir comme Dieu le Père qui intervient au travers du Figaro pour admonester son fils – c’est un peu le Dieu de l’Ancien Testament qui, par l’intermédiaire du Prophète Samuel, avertit le Roi Saül de l’impérieuse urgence de changer de comportement. Mais comme Saül, Luchaire-Dujardin est déjà trop compromis, trop souillé pour revenir en arrière : il préférera persister et en rajouter. Seule sa mort effacera la faute.

    Car Jean Luchaire est allé au bout de l’abjection. Le film montre Luchaire-Dujardin fuir à Sigmaringen et entraîner sa fille derrière lui ; l’ambiance crépusculaire montre bien fugacement le ridicule macabre de cette petite société composée des plus convaincus des Collabos. Ici, il manque une pièce au puzzle (on n’était pas à un quart d’heure près) : Jean Luchaire sera nommé commissaire (ministre) à l’Information dans la Commission gouvernementale pour la défense des intérêts français, présidée par Fernand de Brinon, sorte de gouvernement en exil qui singe à l’envers la geste de la France Libre (alors que Pétain et Laval eux-mêmes s’estiment désormais prisonniers des Allemands). En même temps, directeur du journal La France, quotidien en langue française destiné aux exilés de Sigmaringen, qui paraît jusqu’en mars 1945, il dirigea également une radio, Ici la France pour relayer la propagande nazie. Luchaire fut donc de ceux qui sont allés au bout, qui ont adhéré jusqu’à la fin à l’entreprise de nazification de l’Europe et de la France et qui allait se choisir Doriot comme chef si celui-ci n’avait pas été mitraillé par un avion allié. Son portrait n’était déjà pas glorieux dans le film, mais cette précision politique n’aurait pas été inutile.


    Les Rayons et les Ombres est un excellent film. Il est certes un peu long, mais comment décrire un tel pourrissement de l’âme en 1h30 ? Il ne saurait supporter en tout cas l’accusation de complaisance que certains veulent lui coller. Rien n’est aimable dans cette bande de médiocres, d’opportunistes et de pieds nickelés qui préfèrent fermer les yeux sur l’horreur de leur temps ou l’habiller de mots creux pour la mettre à distance. Les Rayons et les Ombres n’est pas un essai historique et je ne crois pas que les réalisateurs et scénaristes aient eu cette ambition. Mais il nous parle parce qu’il nous met face aux noirceurs de l’âme humaine, de la petite médiocrité à l’aveuglement volontaire, de l’indifférence égoïste jusqu’à la complicité criminelle, de l’envie jusqu’à la prédation… Les Rayons et les Ombres nous laisse face à cette indignité, sans chercher ou inventer des excuses, car il n’y en a aucune.

    Frédéric FARAVEL

    1. https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/face-a-l-histoire/la-divine-surprise-2662195 ↩︎
  • La culture au cœur de la campagne de Sophie Camard à Marseille

    La culture au cœur de la campagne de Sophie Camard à Marseille

    article de Margot Milhaud, paru dans La Marseillaise, mercredi 11 février 2026

    Sophie Camard (GRS), maire des 1er-7ème arrondissements et candidate à sa réélection, a lancé sa campagne, mardi 10 février 2026, dans la salle des rotatives de La Marseillaise. Sur la liste du Printemps marseillais, elle place la culture et la rénovation urbaine au cœur de son projet.

    « Pour se distinguer des menteurs, il faut des actes, des témoignages», a défendu Sophie Camard, maire des 1er et 7e arrondissements (Gauche républicaine et socialiste), à l’occasion du lancement de sa campagne, organisé mardi soir dans la salle des rotatives de La Marseillaise.

    C’est pour avancer en cohérence avec cette conviction que l’élue, candidate sur la liste du Printemps Marseillais, a tenu à ouvrir la soirée avec quatre témoignages d’habitants et représentants de son secteur. Un moment « important » pour montrer « ce que c’est qu’une politique qui réussit ». Car Sophie Camard est fière de son bilan et le revendique : «Le redressement de Noailles [1er], les gens le voient. L’inauguration de l’école Baya [1er], du centre sportif Pape-Diouf [1er], du Jardin Saint-Nicolas [7e], les gens le voient, les gens le vivent. Et c’est sur ça que je m’appuie pour donner du crédit à ce que nous proposons pour la suite. » Au cœur des changements envisagés figurent la culture et rénovation urbaine.

    « Il faut être fier de notre centre-ville »

    « Nous affichons dans notre programme la volonté que notre centre-ville devienne un lieu majeur pour les arts et la culture, parce que c’est son identité. Il s’agit d’une zone avec beaucoup d’équipements et qui pourtant n’est pas mise en valeur [dans le discours dominant, Ndlr.], s’est agacé l’élue. Il faut être fier de notre centre-ville». Rénovation du théâtre du Gymnase (1er), réhabilitation des anciens locaux des Galeries Lafayette dans le centre Bourse (1er) Sophie Camard souhaite donner du « beau», mais aussi permettre « l’accès au savoir et aux sciences pour tous ».

    Une ambition qui, selon elle, doit permettre de faire du « centre-ville un lieu de vie (…) dont est fier». Et d’ajouter : «Je ne néglige pas l’aspect économique. Car la culture amène de l’attractivité, du tourisme, mais offre aussi beaucoup d’emplois. Il s’agit d’un secteur dans lequel de nombreux habitants du 1erarrondissement travaillent. »

    Autre grand chantier du mandat espéré par l’élue de secteur : «La rénovation urbaine et climatique ». « Un des enjeux majeurs qui nous attend est la rénovation du pourtour de la Gare Saint-Charles, une zone qui a besoin d’un vrai programme de réhabilitation », note-t-elle après avoir abordé les projets déjà entamés à Belsunce (1er), où 50 arbres doivent être plantés au niveau du parking Providence. Le réaménagement de la plage des Catalans (7e) est lui aussi inscrit au programme et demeurera un « espace public de bien commun ».

    Au sujet de la sécurité, baptisée « bien vivre ensemble », et à propos des mesures envisagées pour lutter contre le trafic de drogue, l’élue insiste : «La ville ne peut pas remplacer l’état. Mais nous mettons en place des réflexions sur la prévention et l’accompagnement social ».

  • Les Radios locales associatives en danger

    Les Radios locales associatives en danger

    Parmi les effets délétères des coupes budgétaires voulues par le Gouvernement Barnier, s’est insidieusement glissée une attaque frontale contre un secteur de l’Économie Sociale et Solidaire dont on ne pouvait s’attendre à ce qu’elle soit une source d’économie aussi nécessaire à l’équilibre budgétaire de la Nation : c’est du Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique (FSER) dont il s’agit !

    Sur les 12 millions d’économies exigées de la Direction Générale des Médias et des Industries Culturelles, ce sont 10,4 millions qui seront entièrement supportés par les radios libres associatives, alors que ces dernières ne représentent pourtant que 4% de l’enveloppe budgétaire globale dédiée à la Mission Médias, Livre et Industries Culturelles.

    C’est donc entre 700 et 800 emplois sur les 3 000 que compte cette branche qui sont à court terme menacés. Sans compter les plus petites structures qui sont immédiatement menacées de disparition.

    Pourtant qui peut nier le rôle social et culturel de ces radios de proximité – restreinte de par leur emprise légale sur le spectre hertzien – au nombre d’environ 750 sur l’ensemble du territoire hexagonal et ultra-marin.

    • Intergénérationnelles, elles regroupent les anciens, amateurs du son de l’accordéon, et les plus jeunes qui y trouvent leur dose de hard-métal. Elles sont le porte-voix des manifestations sportives, culturelles, des promos commerciales et des débats politiques locaux.
    • Elles sont un modèle de démocratie pluraliste, apaisée, bon-enfant et pourtant à la pointe de l’info locale. Réparties sur l’ensemble du territoire, particulièrement appréciées en milieu rural, en montagne ou dans les Outre-Mer, elles ne sont pas pour autant absentes des banlieues et des centre urbains.
    • Pluralistes, elles savent donner la parole à tous les secteurs d’activités qui concernent de près ou de loin la vie quotidienne de leur périmètre de radiodiffusion.

    La Gauche Républicaine et Socialiste, engagée passionnément pour la culture populaire, soucieuse pour les emplois menacés, attachée à la liberté d’expression, reconnaissante du maillage du territoire par ces entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire, s’insurge de cette mesure dérisoire pour le budget de l’État mais dramatique pour ce secteur d’activités sociales et culturelles.

    Si, à ce stade, la Commission des Finances de l’Assemblée nationale a refusé cette coupe budgétaire, c’est au niveau du Sénat que l’effort de persuasion et la pression sur les représentants des territoires doit porter pour faire échouer ce funeste projet s’il venait à y refaire surface.

    Alertons les citoyens qui pourraient se voir privés de ce canal d’information, d’échange et de divertissement, de ces voix qui s’éteindront si nous ne les soutenons pas.

  • Emmanuel Maurel met les points sur les « i », lors de la présentation de la liste de la gauche unie pour le monde du travail

    Emmanuel Maurel met les points sur les « i », lors de la présentation de la liste de la gauche unie pour le monde du travail

    La conférence de presse de présentation de la liste de gauche unie pour le monde du travail se tenait en début d’après-midi du lundi 11 mars 2024.

    L’occasion pour Emmanuel Maurel de revenir aux côtés de Léon Deffontaines sur plusieurs points essentiels que nous défendrons dans la campagne des élections européennes du 9 juin 2024. Face à la confusion générale, notre liste défendra la nécessité de mettre en avant vraiment la souveraineté (industrielle, alimentaire, numérique, culturelle) : nous défendons les intérêts de la France et les besoins de nos compatriotes. Les électeurs ne sont pas des marchandises !

    Enfin, le discours de la liste macroniste conduite par Valérie Hayer est insupportable de vacuité. Son seul programme ? Faire barrage au RN, quand leur politique favorise l’extrême droite. Il est temps qu’ils rendent des comptes et nous nous emploierons à les obliger à faire face à leurs responsabilités dans la crise ! Nous proposerons donc un chemin d’espoir : on peut reprendre la main en France et en Europe, à gauche avec la liste conduite par Léon Deffontaines !

  • Emmanuel Maurel pour les vœux 2024 de la GRS : « On entreprend, on persévère, ne nous interdisons pas d’espérer ! »

    Emmanuel Maurel pour les vœux 2024 de la GRS : « On entreprend, on persévère, ne nous interdisons pas d’espérer ! »

    Lundi 22 janvier 2024 en début de soirée, la Gauche Républicaine et Socialiste organisait ses Vœux pour l’année 2024 qui commence dans ses locaux nationaux du 3 avenue de Corbera à Paris.

    Dans une salle comble, Emmanuel Maurel a appelé à la mobilisation pour engager la contre-offensive politique : soyons lucides sur le monde et l’Europe tels qu’ils vont, rendons aux Français leur République sociale… tout cela nous aurons l’occasion de le défendre lors des prochaines élections européennes avec la liste « Reprendre la main en France et en Europe ».

    Merci aux camarades de la Fédération de la Gauche Républicaine et du Parti Communiste Français (Christian Picquet et Pierre Lacaze), et à Isabelle Amaglio-Térisse, co-présidente de Les Radicaux de Gauche – LRDG pour leur présence amicale.

  • Festival d’Avignon : besoin d’un nouveau souffle pour les politiques culturelles !

    Festival d’Avignon : besoin d’un nouveau souffle pour les politiques culturelles !

    Aujourd’hui, jeudi 7 juillet, s’ouvre le festival d’Avignon. Après une édition en « mode dégradé » (2021) et une édition annulée (2020), c’est tout le secteur du spectacle vivant qui retient son souffle, désireux de retrouver un peu de normalité dans ses capacités de création, de diffusion ou de liens avec les publics.

    Cette saison des festivals (au delà d’Avignon, Montpellier danse vient de s’achever et le Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence débutera la semaine prochaine, pour n’en citer que quelques uns) est un moment puissant et fédérateur pour le secteur, bien que la 7ème vague du Covid laisse craindre de nouvelles restrictions à la rentrée de septembre.
    Vitrine déterminante pour les compagnies, engagement financier considérable, le « off » du festival d’Avignon a un rôle capital pour la diffusion des spectacles de très nombreuses équipes : cette année, ce sont 1570 spectacles qui seront présentés (le triple d’il y a vingt ans) pour des retombées économiques difficiles à quantifier, tant en terme de public que de diffusion ensuite dans le pays, les lieux de création et de diffusion étant aujourd’hui en manque de visibilité sur leurs capacités d’accompagner ces équipes ou même de programmer leurs spectacles, notamment pour les artistes émergents, peu identifiés.

    Au delà du Pass Culture, mesure phare du gouvernement pour les politiques culturelles, et sa focalisation sur un soutien à la demande, c’est bien la problématique de l’offre artistique qui sera au cœur des enjeux. Le plan de relance a permis, en 2021 et en 2022, de maintenir à flot un secteur qui n’avait pas été considéré comme essentiel et dont les difficultés engendrées par la crise sont encore pleinement d’actualité. Le gouvernement ne semble pas en avoir conscience, le plan de relance ne sera pas reconduit en 2023 et on peut craindre, comme pour de nombreux secteurs, un budget d’austérité du ministère de la culture, ce qui aura des conséquences sociales dramatiques pour tout le secteur de la création artistique.

    La Gauche Républicaine et Socialiste estime donc que certains axes forts doivent immédiatement être mis en chantier, pour assurer un travail de création artistique indispensable à notre société, ce qui nécessitera un engagement financier du gouvernement.

    • Pérenniser la statut d’intermittent (bénéficiaires des annexes 8 et 10 de la convention assurance chômage), fragilisé par la crise sanitaire ;
    • Mettre en place un statut d’artiste-auteur permettant d’améliorer leur rémunération et leur protection sociale ;
    • Améliorer les dispositifs d’accompagnement des artistes et des équipes artistiques, en tenant compte des spécificités disciplinaire et des parcours ;
    • Améliorer la politique partenariale avec les collectivités sur des orientations stratégiques partagées de développement culturel et artistique des territoires ;
    • Déployer, en lien avec les collectivités, un grand plan de diffusion d’œuvres dans des lieux non dédiés, afin de toucher les territoires privés d’offres artistiques et culturelles ;
    • Renforcer l’accompagnement des festivals et faciliter leur mise en réseau ;
    • Mettre en place un grand plan de présence artistique sur tout le territoire national, à travers des résidences établies avec les structures de création et de diffusion des labels et réseaux de l’État ;
    • Mettre en place d’une politique du « temps libre » en lien avec les autres ministères concernés.

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