Auteur/autrice : Frédéric Faravel

  • Allocution présidentielle pour campagne électorale

    Allocution présidentielle pour campagne électorale

    Emmanuel Macron conjugue culot et indécence: cette allocution qui devait être consacrée à la recrudescence relative du COVID-19 a été le prétexte à vanter son bilan: 11 mn sur la #crisesanitaire 17 mn sur son bilan : une entrée en campagne aux frais du contribuable.

    Concernant le chômage, soit Emmanuel Macron n’a aucune notion en mathématiques, soit il choisit ouvertement de mentir aux Français: on ne peut pas avoir « 3 millions de chômeurs » avec un « taux de 7% ». La France aurait-elle subitement la même population active que l’Allemagne?
    En ce jour de grève du chômage par les volontaires du dispositif territoire zéro chômeur de longue durée, le président de la République a entamé un discours fleuve sur lequel il aborde la question du travail en prenant l’axe du contrôle et de la contrainte.
    Tout d’abord en ciblant les jeunes, on peut saluer la volonté de formation, mais le contrat jeune existe déjà sous forme de garantie jeune et il serait insultant de faire croire que l’allocation n’est pas conditionnée à une formation, à une recherche recherche emploi …
    Pour les plus âgés, Emmanuel Macron à continue en se félicitant delà réforme du chômage qui serait soi disant plus motivante pour un retour à l’emploi. Ceci alors même que le calcul est très défavorable au travailleur et surtout sans se poser la question des freins à l’emploi: qualification, rémunération, mobilité, garde d’enfant…
    Enfin, sans surprise, le président a prône l’allongement du temps de travail ce qui est en contradiction avec les 2 précédents sujet à savoir l’accès à l’emploi et sans aucune considération de la pénibilité au travail. Nous dénonçons enfin cette idée fausse et indécente, ce mensonge odieux d’un représentant des classes possédantes selon lequel le chômage paie plus que le travail : Ça n’existe pas ! La réalité est le travail ne paie pas assez et que le chômage est une misère !

    Mensonge encore un peu plus tard sur la lutte contre le COVID-19, car Emmanuel Macron ne peut pas dire que nous avons eu les vaccins très vite grâce à l’Europe, puisque Israël ou le Royaume-Uni les ont obtenus bien largement avant nous.

    Emmanuel Macron ne parle donc que de travailler plus, mais jamais de faire contribuer le capital. En réalité, ce travail supplémentaire ne financera pas le modèle social, puisque le chômage est moins indemnisé et que les retraites baisseront s’il est réélu.
    Reconquérir du terrain sur le Capital le mettre à profit pour créer des activités d’avenir, de l’emploi et des revenus pour les Français, c’est au contraire le projet que nous défendons dans le programme de la Gauche Républicaine et Socialiste et avec la candidature d’Arnaud Montebourg.
    A contrario avec Emmanuel Macron , le travail supplémentaire financera le capital, les dividendes et l’évasion fiscale dont les plus riches sont depuis toujours les champions du monde! Non! La richesse doit financer le bien être collectif et la résilience climatique.

  • Programme de la GRS pour 2022

    Programme de la GRS pour 2022

    Nous n’avons pas renoncé à changer la vie !

    Nous n’avons pas renoncé à changer la vie. En ces temps de désenchantement démocratique et de recul du militantisme politique, cette profession de foi peut paraître aussi immodeste qu’irréaliste.

    Les urgences sont là, spectaculaires et tragiques : réchauffement climatique, inégalités sociales, bouleversements géopolitiques. Nos réponses doivent être à la hauteur des défis.

    La préparation des élections présidentielle et législatives s’inscrit dans cette perspective politique. Il n’est pas trop tard pour engager la France et l’Europe dans cette grande bifurcation dont nous dessinions les contours lors de la fondation de notre mouvement il y a maintenant deux ans. Il n’est pas trop tard mais il y a peu de temps à perdre. Or le quinquennat qui s’achève nous en a fait perdre.

    Que restera-t-il du macronisme ? Un grand mouvement social, celui des « Gilets Jaunes », provoqué par une des mesures iniques qui ont fait la marque de fabrique de ce gouvernement. La gestion calamiteuse d’une crise sanitaire inédite, à grand coups d’improvisations, d’ordres et de contre-ordres, qui a exacerbé l’angoisse des Français. Une série de mesures en faveur des plus riches au moment où le pays tout entier devait son salut aux travailleurs de l’ombre, mal payés et mal considérés.

    Pour ceux qui ont fait mine d’y croire, les illusions de 2017 se sont rapidement dissipées. Un gouvernement « ni de gauche, ni de gauche ». Un candidat prétendument « rempart contre l’extrême droite » qui a fait peu de cas des libertés publiques. Un président incapable de s’élever à la hauteur de l’intérêt général. Bref, en 2022, il faut tourner la page de l’expérience macroniste.

    Aussi improbable que cela puisse paraître, nous pensons qu’une majorité de gauche peut emporter la bataille électorale qui vient. Pour cela, nous continuons de plaider en faveur de la stratégie de « Nouveau Front Populaire ».

    Au service de celle-ci, il faut un programme susceptible de répondre aux aspirations des Français que nous prétendons représenter, à commencer par les classes populaires qui subissent les crises de plein fouet.

    Un programme qui permette de préparer l’avenir, d’anticiper les mutations, et qui propose des solutions pour en contrôler le cours.

    Un programme qui prenne en compte les priorités du moment : la réparation de la France après l’une des plus graves crises de notre histoire en temps de paix ; le redressement de notre économie et de nos services publics après des décennies de purge libérale. La restauration de la maîtrise collective de notre destin commun.

    Objectif numéro 1 : une France qui protège et qui soutient – page 6

    Les terribles années 2020 et 2021 ont été précédées par une offensive brutale contre les piliers de notre modèle social : le droit du travail, l’hôpital, la SNCF, l’assurance-chômage, les retraites, … les Français ont été mis à rude épreuve. Les libertés publiques elles-mêmes ont fait l’objet d’inquiétantes remises en cause, avec l’accumulation des états d’urgence. Éradiquer la pauvreté, rétablir la justice sociale et fiscale, assurer la tranquillité publique : les chantiers sont immenses.D’où l’urgence de se rassembler autour du projet de la République Sociale, où la puissance publique retrouvera les moyens d’exercer son rôle essentiel de protection des Français, de soutien à nos compatriotes les plus fragiles et de construction d’une société plus fraternelle.

    Objectif numéro 2 : Une France qui crée et qui innove – page 28

    L’économie devrait être au service des hommes, mais elle les a mis à son service. La France a souffert des politiques absurdes imposées par les ravis de la mondialisation heureuse, communiant dans le culte de la globalisation financière et du libre-échange généralisé.

    Les deux grandes crises économiques du début du siècle ébranlent les certitudes des libéraux. Il faut s’engouffrer dans la brèche. La France, durement éprouvée par les privatisations et les délocalisations, a suffisamment de ressources, de savoir-faire, de travailleurs formés, pour (re)devenir une puissance industrielle indépendante et compatible avec l’urgence de la transition écologique.

    Objectif numéro 3 : Une France qui maîtrise son destin – page 50

    Au moment où des multinationales n’ont que faire des États, des frontières et des règles, et rêvent tout haut d’entreprises sans usine et de marché sans entrave ; au moment où de nombreux dirigeants s’affranchissent de l’avis des peuples ou construisent sans eux, voire contre eux, des politiques injustes, la belle et grande idée de souveraineté recouvre toute sa pertinence.

    Les citoyens veulent reprendre le contrôle : nous proposons de les y aider. Renouer avec l’exigence républicaine d’une instruction de qualité, de l’accès à la culture pour tous, de la démocratisation de nos institutions, c’est évidemment possible.

    L’indépendance est la condition de notre liberté de choix et de notre sécurité. Une France souveraine et une Europe puissance sont les outils indispensables pour desserrer l’étau entre les deux grandes puissances, nouer des partenariats (Russie, Inde, Indonésie, grands pays africains…), promouvoir un nouveau modèle de développement hors pétrole, protéger les biens communs (terres rares, biodiversité, eau, espace …), lutter contre l’islamisme radical, imposer et contrôler les géants du numériques.

  • Égalité : une fois de plus Macron produit l’inverse de ce qu’il dit

    Égalité : une fois de plus Macron produit l’inverse de ce qu’il dit

    L’égalité femme homme devait être la grande cause du quinquennat … et bien c’est hélas raté car le constat est sans appel. Depuis 2018, les inégalités salariales se sont accrues, et ce bien avant la crise du Covid. Elles ont encore augmenté en 2020 et de 2021. Alors qu’elles avaient timidement commencé à se réduire (à un rythme bien trop lent), c’est tout l’inverse que nous constatons avec la mise en œuvre de la politique conduite par Emmanuel Macron. L’écart moyen est remonté de 15,5 à 16,5%.

    Il faut désormais des actes. Plusieurs décisions s’imposent :

    • La première est une revalorisation forte du SMIC car 59,3% des salariés du secteur privé au SMIC sont des femmes. De ce point de vue, la proposition d’Arnaud Montebourg d’augmenter le SMIC immédiatement de 10% est un point d’appui important.
    • Mais il faut aussi revaloriser des métiers à dominante féminine et qui sont apparus plus encore avec la pandémie comme essentiels : infirmières, aides soignantes et métiers du lien, du service, de l’agro-alimentaire, de la grande distribution, enseignants, etc.
    • Il faudra enfin renforcer l’exigence de l’index égalité dans les entreprises et favoriser la parité dans les postes de direction des grandes entreprises et dans l’encadrement…

    Arnaud Montebourg propose des négociations par branches pour engager ces revalorisations et si ces dernières n’aboutissent pas, alors le gouvernement prendrait ses responsabilités pour assurer cette juste revalorisation. Il faudra assurer ce même mouvement dans la fonction publique où l’abandon du gel du point d’indice doit nécessairement s’accompagner d’un rattrapage du pouvoir d’achat des salariés du public.

    Voilà des mesures que la Gauche Républicaine et Socialiste veut promouvoir dans la campagne qui s’ouvre pour l’élection présidentielle.

    Évidemment cela ne suffira pas mais donnerait un coup d’accélérateur pour inverser ces dérives depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron.

  • Les Jeunes n’ont pas besoin d’une mesure électoraliste mais d’une véritable politique de l’emploi

    Les Jeunes n’ont pas besoin d’une mesure électoraliste mais d’une véritable politique de l’emploi

    Emmanuel vient d’annoncer ce matin sur son compte facebook le lancement le 1er mars 2022 du Contrat Engagement Jeune qu’il avait promis le 12 juillet dernier pour mettre un terme aux appels croissant en faveur du RSA jeune. Concrètement, dès le 1er mars, tous les jeunes de moins de 26 ans qui, sans formation ni emploi depuis plusieurs mois, s’inscriront, pourront bénéficier de 15 à 20 heures d’accompagnement par semaine pour découvrir un métier, se former, trouver un apprentissage ou un emploi. Une allocation pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois pourra être versée sous condition de revenus, d’assiduité et d’acceptation des offres d’activité faites. Notons au demeurant que cette « nouvelle » mesure n’est qu’une réutilisation du dispositif garantie jeune qui existe depuis 2017 ; d’autre part, le dispositif devrait concerner environ 500 000 jeunes de 16 à 25 ans par an alors que ce sont pourtant (en 2019) environ 1,5 million de jeunes âgés de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (hors Mayotte).

    Au-delà du fait qu’on pourrait s’étonner que ce soit le Président de la République qui se charge de cette annonce, plutôt que le ministre en charge du dossier, il y a quelque chose d’indécent chez le président de la République à multiplier ainsi les moments de communication politique en perspective de sa prochaine candidature à sa réélection : ainsi 4 mois et demi auront été nécessaires pour marketer l’habillage d’une mesure qui ne prendra corps que dans 5 mois au moment de l’entrée en campagne du candidat Macron. Le caractère électoraliste de l’annonce et de la mesure elle-même ne fait aucun doute : l’exécutif n’a jamais eu de scrupules, c’est à nouveau démontré.

    Il a donc fallu une énergie intellectuelle débordante à l’État Macron pour échafauder une justification politique à la réfutation du RSA pour les jeunes et aboutir à un sous RSA soumis à conditions… à la condition que les futurs jeunes bénéficiaires démontrent qu’ils ne sont pas des tire-au-flanc consommateurs d’allocations. Emmanuel Macron continue à jouer du mépris avec le peuple français et les jeunes, à qui il disait voici peu de temps qu’il suffisait de traverser la rue pour trouver un emploi. Ainsi la logique macronienne c’est que, désormais, l’essentiel de la crise économique découlant de la crise sanitaire étant selon lui derrière nous, seuls les fainéants ne trouveraient pas d’emploi. Quand on veut, on peut… C’est la motivation principale (au-delà des exigences de la Commission européenne) de l’imposition aux forceps d’une réforme de l’assurance chômage qui va plonger des centaines de milliers de demandeurs d’emploi dans la misère. Et malgré toute l’introduction de sa publication facebook matinale de ce 2 novembre 2021, cela signe en réalité l’abandon de toute politique active de l’emploi depuis le début du quinquennat.

    La Gauche Républicaine et Socialiste considère au contraire qu’il faut restaurer une politique de l’emploi digne de ce nom et qu’elle passera aussi par un large volet de création d’emplois publics.

    La logique selon laquelle l’emploi privé serait une richesse et l’emploi public un coût, indépendamment de la valeur et de l’utilité sociale produites par les dits-emplois, est ici menée jusqu’à une conclusion qui défie le bon sens. La crise sanitaire a démontré jusqu’au bout l’absurdité de cette affirmation libérale, quand Élisabeth Borne avait réclamé que les remontées mécaniques restent ouvertes dans des stations de ski fermées pour maintenir les embauches qui étaient immédiatement placées en « chômage partiel »…

    Les besoins sont immenses dans les hôpitaux, les écoles, les universités, la sécurité, les services sociaux, les prisons, la justice : or ces secteurs, où les personnels sont proches du burn out, ont le défaut d’appartenir au secteur public. Il n’est donc pas question de recruter, au-delà même de la question de la formation des professionnels. Mais à tout le moins pour le secteur médical, il serait possible de reprendre contact avec les personnels qui l’ont récemment quitté, qui se sont reconvertis ou qui préfèrent travailler par exemple en Allemagne ou en Suisse. L’éducation nationale a besoin de tuteurs pédagogiques pour assurer un meilleur soutien scolaire, ou de surveillants pour mieux encadrer les élèves, les réguler dans les cantines, etc. Surtout, l’urgence écologique et l’incapacité du privé à répondre seul à ses défis, nécessite de programmer des embauches publiques massives. La jeunesse, dont la sensibilité à ces enjeux est très forte, pourrait répondre à l’appel de la collectivité.

    Les faiblesses du service public sont grandes, mais les dogmes austéritaires demeurent, comme si de rien n’était. L’un de ces dogmes, selon lequel le « vrai » emploi émanerait exclusivement du secteur marchand empêche de répondre efficacement à la crise. S’il est nécessaire d’aider les entreprises dont l’activité s’effondre, cela ne suffira pas à créer de l’emploi. Il faut donc aussi en créer dans le secteur public, là où sont les besoins. Le recrutement d’agents titulaires est nécessaire à moyen terme, notamment dans les administrations qui ont le plus souffert des réductions d’effectifs. Mais il faut aussi des emplois à court terme (CDD, contrats de mission) pour soulager au plus vite nos services publics, qui peinent à gérer la crise actuelle.

    Créer des emplois publics, c’est aussi offrir des débouchés aux jeunes diplômés. Avant la crise sanitaire, le taux d’insertion à 18 mois des étudiants issus de l’université dépassait les 90%. En 2020, le nombre de postes ouverts aux personnes sans expérience a chuté de plus de 40%. En dépit de la qualité de leur formation, des centaines de milliers de jeunes risquent de ne pas pouvoir s’insérer professionnellement. Fin 2020, seuls 54% des diplômés de l’année avaient trouvé un travail, un taux inférieur de 20 points à celui d’une année normale. Or, la situation risque de ne pas s’arranger en 2021, ce qui fait que toute une génération de diplômés risque de perdre les compétences acquises durant ses études en cumulant des années de galères, de petits boulots peu qualifiés et de chômage. Si l’on ne fait rien, plusieurs centaines de milliers de jeunes basculeront dans la précarité.

    La gauche, qui milite pour étendre le RSA aux 18-25 ans, ne répond elle aussi que partiellement aux désirs d’insertion des jeunes. Il faut aller au-delà de la seule logique d’assistance financière. En plus des subventions au entreprises et des allocations aux ménages qu’il propose, l’État doit s’impliquer directement dans le secteur productif et engager un véritable plan d’embauches en direction des moins de 25 ans.

    Voici donc les réponses que la Gauche Républicaine et Socialiste souhaite apporter aux jeunes de notre pays et les axes de la politique de l’emploi en direction de la jeunesse qu’elle soumet au débat public à l’orée des campagnes électorales présidentielle et législatives :

    ● Un véritable RSA jeunes pour pallier l’urgence de la situation, après les dégâts cumulés des politiques libérales et de la crise sanitaire. Mais nous savons que cela ne suffira pas à réaliser leur insertion ;
    ● Une allocation d’autonomie pour les jeunes en formation ;
    ● L’abrogation de la réforme d’assurance chômage ;
    ● Créer des postes et inciter au recrutement dans les secteurs d’avenir : emplois verts, emplois du soin, emplois du numérique… ;
    ● Mettre en place une garantie « premier emploi » s’appuyant sur les services publics, les associations et les entreprises avec versement du RSA au jeune pendant la première année d’emploi et prise en charge par l’employeur de l’écart entre RSA et SMIC pendant cette année ;
    ● Engager un vaste plan d’embauche des jeunes de moins de 25 ans dans le secteur public ;
    ● Mettre en place une garantie d’emploi, passant par un État employeur en dernier ressort des chômeurs de longue durée et la mise en œuvre effective d’un droit opposable ;
    ● Valider les années d’études, de stage, d’apprentissage et des périodes d’inactivité forcée dans le calcul des droits à retraite ;
    ● Créer une grille de rétribution des stages, évolutive en fonction de la durée du stage et du niveau de qualification du stagiaire, dont la base minimum aurait pour hauteur 50% du SMIC ;
    ● Faire bénéficier aux jeunes en alternance de la gratuité des frais d’inscription, des frais d’équipement, de scolarité et de transport et assurer une rémunération au minimum égale au SMIC.

  • L’Allemagne et ses alliés refusent de réformer le marché européen de l’électricité au mépris des consommateurs

    L’Allemagne et ses alliés refusent de réformer le marché européen de l’électricité au mépris des consommateurs

    communiqué de presse d’Emmanuel Maurel, député européen Gauche Républicaine et Socialiste – mercredi 27 octobre 2021

    L’Allemagne et huit alliés refusent toute réforme du marché de l’électricité, qu’ils estiment… « efficace » et « compétitif » !

    L’envolée des prix de l’énergie frappe de plein fouet les consommateurs européens. Le mégawatt/heure atteint des niveaux insensés sur le marché. Mardi 26 octobre 2021, il valait 190€. Le 26 octobre 2019, il en valait… 25 (source : RTE).

    Cette folie trouve sa cause dans un marché européen de l’électricité régi par des règles absurdes. En effet, les cours du mégawatt/heure sont fixés par la dernière source de production nécessaire pour couvrir les besoins.

    Or en cette période de reprise très forte de l’activité, les sources d’électricité bon marché comme l’hydraulique (15 à 20€ le MWh) ou le nucléaire (40 à 50€ le MWh) ne suffisent plus. Il faut allumer et faire tourner les centrales à gaz à plein régime ; et le prix de l’électricité s’ajuste automatiquement sur leur coût. Or le gaz a augmenté de 70% depuis le début de l’année.

    À court terme, le marché européen de l’électricité est donc une catastrophe pour tout le monde, ménages, entreprises, administrations. Mais à long terme, ce marché est tout aussi déplorable. Depuis 2007, la facture moyenne d’électricité pour un « Français moyen » est passée de 319€ à 501€ (août 2021, juste avant la montée en flèche de septembre-octobre), soit +57%.

    Dans les mois qui viennent, les besoins en électricité demeureront très élevés selon tous les analystes. Pourtant, l’Allemagne et huit alliés (dont l’Autriche, les Pays-Bas et la Finlande) se satisfont de ce fiasco. Ces pays ont signifié dans un communiqué au ton brutal et sans équivoque leur refus catégorique de réformer le marché de l’électricité.

    Défiant tout sens commun, l’Allemagne et ses alliés ne souhaitent pas seulement « conserver ce marché tel qu’il a été conçu », mais « l’intégrer davantage, car des marchés compétitifs procurent efficacité et prix bas aux consommateurs finaux » ! Cet aveuglement idéologique ne sera pas payé au « prix bas » par les Européens et plus particulièrement les 72 millions en situation de précarité (source : Eurostat), mais au prix fort.

    Entièrement focalisé sur le court-terme et ses fluctuations erratiques, le marché européen de l’électricité ne reflète pas les coûts de production, beaucoup plus stables (et bas !) des infrastructures existantes (hydrauliques, nucléaires, éoliennes, photovoltaïques). L’Allemagne doit revenir à la raison. Il faut faire table rase et permettre aux Européens de s’approvisionner durablement en électricité bon marché.

  • Assassinat de Mireille Knoll : la France attend la justice

    Assassinat de Mireille Knoll : la France attend la justice

    Hier s’ouvrait à Paris le procès du meurtre barbare de Mireille Knoll, rescapée de la Shoah, morte parce que juive.

    Il y a trois ans, la France était confrontée à l’abominable. Mireille Knoll, qui avait fui la barbarie nazie en 1942, était lâchement assassinée par deux jeunes hommes, dans un crime sordide qu’on croyait relégué à un autre âge.

    La lutte contre l’antisémitisme est une exigence morale et politique. Du meurtre d’Ilan Halimi à celui de Mireille Knoll, des attentats de Toulouse à ceux de l’hyper casher en passant par l’attaque de synagogues à Sarcelles, nous devons combattre de toute nos forces la recrudescence de ces exactions honteuses. Notre République ne peut pas supporter qu’on s’en prenne à un citoyen en raison de son appartenance à une quelconque communauté réelle ou fantasmée. C’est toute la France qui a été meurtrie par l’assassinat de notre concitoyenne. « Les morts nous écoutent » pourrait dire Robert Badinter. Les vivants et les survivants aussi. Ils attendent des réponses, et la justice.

    La Gauche Républicaine et Socialiste réitère sa solidarité avec la famille de la victime, et rappelle notre détermination sans faille à lutter contre l’antisémitisme, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne.

  • Le pouvoir d’achat est d’abord une affaire de pouvoir

    Le pouvoir d’achat est d’abord une affaire de pouvoir

    Depuis dix ans, une population limitée à 200 000 personnes, tout à fait en bas de cette représentation graphique, a fait progresser sa part dans la masse salariale globale de 30% (Source Insee 2020). Les 1% de salariés du privé les mieux payés ont fait passer leur poids dans la masse salariale de 6 à 8 points.

    Les 99% restant, la quasi totalité, sont donc passés de 94 à 92% de la masse salariale distribuée.

    Ce sont ces gens à plus de 8000 euros qui ont, statistiquement, empoché l’essentiel de l’augmentation de la masse salariale globale des dix dernières années.

    À 8000 euros par mois, avec une imposition fiscale qui s’est aussi allégée, on arrive rapidement à accumuler du capital liquide pour le transformer en achat immobilier. Ces 2 points de masse salariale tout à fait superflue quant au standard de vie de ces riches salariés ont alimenté ces dix dernières années la spéculation immobilière partout en France. Ces salariés complètent ainsi leur salaires avec des loyers, qui en pratique sont payés par les salariés classiques, beaucoup moins bien ou même mal payés.

    C’est un second outil de concentration du capital.

    Enfin, ces salariés sont généralement cadres supérieurs dirigeants, intéressés aux résultats de l’entreprise, ou associés, par des stock options ou des plans d’épargne en action, à ses dividendes. Ce sont eux qui décident d’ailleurs tant des grilles salariales, que du montant des dividendes. Plusieurs études officielles démontrent que les mesures fiscales de soutien de l’offre, CICE, pacte de compétitivité, suppression de l’ISF et des taxes financières, ont d’abord alimenté une extraordinaire progression des dividendes. En comparant les chiffres de Forbes, de l’Insee et de Statista, on peut conclure qu’en 2019 la France avait consacré au coût du capital, par la rémunération des actionnaires, 56 milliards d’euros de plus que … l’Allemagne.

    Voilà sans doute aussi l’un des plus gros poids pesant sur la compétitivité : la rapacité cupide des élites.

    La question du pouvoir d’achat des Français est donc consubstantielle à la structure même du capital privé. Notre priorité doit être de renverser cette logique, en modifiant la répartition de la masse salariale et sa correction par la redistribution, une véritable culture économique qui ne favorise pas l’enrichissement de quelques uns, mais la production de biens et services nécessaires à la sécurité sanitaire et climatique, à la prospérité nationale, la fiscalisation des plus riches, la fin de la politique fiscale de l’offre et des crédits impôts, bref, l’idée de remettre l’économie au service du peuple.

  • Conférence de presse avec Arnaud Montebourg, candidat choisi par les militants de la GRS pour l’élection présidentielle

    Conférence de presse avec Arnaud Montebourg, candidat choisi par les militants de la GRS pour l’élection présidentielle

    Vendredi 22 octobre 2021, à 19h30, la Gauche Républicaine et Socialiste accueillait Arnaud Montebourg dans ses locaux pour une conférence de presse visant à préciser les raisons du choix des militants de la GRS en sa faveur pour l’élection présidentielle du printemps 2022. Il est temps désormais de redonner la priorité à la France populaire.

  • Les adhérents de la Gauche Républicaine et Socialiste ont choisi leur candidat à l’élection présidentielle : Ce sera Arnaud Montebourg

    Les adhérents de la Gauche Républicaine et Socialiste ont choisi leur candidat à l’élection présidentielle : Ce sera Arnaud Montebourg

    C’est un choix logique et cohérent. Un choix qui s’impose au regard des enjeux actuels.

    La crise sanitaire a mis en lumière l’absurdité et l’inefficacité d’un système fondé sur le libre-échange généralisé, l’austérité budgétaire, l’affaiblissement de l’État et la course au moins disant social. Elle a aussi discrédité des dirigeants qui, aveuglés par leur dogmatisme, ont laissé faire, voire encouragé, les délocalisations industrielles et la casse des services publics.

    Macron est de ceux-là. Que restera-t-il de son quinquennat ? Un grand mouvement social, celui des Gilets Jaunes, provoqué par une des mesures iniques qui ont fait la marque de fabrique de ce gouvernement. Le grand désarroi des enseignants, des chercheurs, des personnels des hôpitaux face à la dégradation de ces services publics. La gestion calamiteuse à grand coups d’improvisations, de la crise du Covid, qui a exacerbé l’angoisse des Français. Une pratique solitaire du pouvoir. Une série de mesures en faveur des plus riches au moment où le pays tout entier devait son salut aux travailleurs de l’ombre, mal payés et mal considérés. Les classes populaires ont été largement sacrifiées, méprisées, parfois même matraquées, sous ce quinquennat. 2022 doit permettre le retour de la France populaire.

    Pour nous, cela passe par une politique de redressement républicain. Démondialisation, promotion du « made in France », retour de l’État dans la vie économique et sociale, augmentation massive des bas salaires, transition écologique et objectif zéro pétrole, égalité territoriale, défense de la laïcité, 6ème République : les priorités politiques d’Arnaud Montebourg sont les nôtres.

    La faiblesse actuelle de la gauche n’est pas une fatalité. En renouant avec l’esprit de conquête républicaine, avec le volontarisme politique, avec le respect de la souveraineté populaire, nous pouvons démentir les prévisions les plus sombres.

    Ce soutien à notre candidat n’implique pas de renoncer à l’ambition unitaire qui toujours été la nôtre. Lors de la création de la GRS en 2019, nous en appelions à la construction d’un « nouveau Front populaire » fédérant toutes les composantes de la gauche et de l’écologie et à l’élaboration d’un pacte législatif entre elles. Cet objectif reste pertinent si l’on veut faire échec au macronisme et affronter une extrême droite menaçante.

    Dans ces temps confus et incertains, l’essentiel est de savoir pour qui on se bat, et où l’on veut aller. Pour les militants de la gauche républicaine, il n’y a rien de plus exaltant que de se consacrer au redressement de la France. Avec Arnaud Montebourg, nous pouvons y contribuer.

    Une conférence de presse, diffusée en ligne et en direct sur la page facebook de la GRS, depuis le siège du parti au 3 avenue de Corbera à Paris (12e arrondissement), se tiendra aujourd’hui à 19h30 en présence d’Arnaud Montebourg.

  • Quelques pistes de réflexion pour une réforme fiscale fondée sur la justice

    Quelques pistes de réflexion pour une réforme fiscale fondée sur la justice

    Recettes fiscales : chez les néolibéraux, à droite et parfois même à gauche, le mot est devenu tabou… sauf lorsqu’il s’agit de baisser les taxes sur le carburant… Pourtant, pour mener des politiques publiques, l’Etat a bel et bien besoin de recettes fiscales, assumons le. Pour revenir à un débat public plus rationnel, la confiance de l’opinion dans le système fiscal est nécessaire… Cette dernière ne sera acquise qu’à condition de restaurer la justice fiscale.

    Une réforme de la fiscalité pourrait être l’occasion d’appliquer le principe énoncé par la Déclaration des droits de l’Homme, selon lequel l’impôt « doit être également réparti entre les citoyens, selon leurs facultés ». Il s’agit tout d’abord de renforcer la progressivité globale de l’impôt.

    Cela nécessite de rétablir et rénover l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), en l’asseyant sur l’ensemble des actifs d’un contribuable (immobiliers, mobiliers et financiers) et en instaurant un barème progressif : 5 à 10 milliards d’euros (selon l’assiette retenue) pourraient être dégagés.

    Il faut également rétablir la progressivité de l’imposition des revenus du capital, en supprimant le prélèvement forfaitaire unique (PFU ou « flat tax »), ce qui procurerait 1 à 3 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires.

    Il serait également nécessaire d’augmenter la progressivité de l’impôt sur le revenu en créant de nouvelles tranches supérieures avec un taux d’imposition plus élevé ; il s’agit d’établir un barème à 14 tranches contre 5 aujourd’hui. Les recettes permises par une tranche imposée au taux marginal de 50% au-delà de 100 000 euros seraient d’autant plus substantielles que cette tranche s’accompagnerait de la suppression du PFU : au total, ce sont 4 à 6 milliards d’euros qui pourraient être dégagés, cela tenant compte de la baisse du volume des dividendes versés qui découlerait de cette mesure.

    ​Renforcer la lutte contre la fraude fiscale (et aux prélèvements sociaux)

    La fraude fiscale constitue une atteinte intolérable à notre pacte républicain. Elle remet en cause l’égalité entre citoyens, entre contribuables, parfois entre concurrents, au bénéfice des plus malhonnêtes et des plus cyniques, puisqu’ils ne sont généralement pas les derniers à profiter par ailleurs des dépenses publiques. Cette injustice revêt une dimension incontestablement sociale dans la mesure où ce sont les plus grandes entreprises et les particuliers les plus riches qui disposent des plus grandes facilités pour frauder ou se livrer à de « l’optimisation fiscale », notamment en recourant à des conseillers spécialisés et à des montages internationaux. Les banques jouent aussi un rôle très néfaste dans la propagation de cette culture de l’évasion fiscale.

    Au-delà de la lutte contre les « paradis fiscaux » – dont on ne cesse de faire des listes inopérantes –, deux sujets doivent immédiatement faire l’objet de décisions :

    • L’instauration d’un droit de suite et le versement par tout ressortissant français de l’écart entre l’impôt versé dans un pays et ce qu’il paierait en France. Cela suppose la renégociation des conventions fiscales avec les autres pays. Ensuite, un renforcement du contrôle des prix de transfert doit contribuer à éviter l’évasion fiscale des multinationales.
    • Il conviendrait d’étendre, autant que faire se peut, ces moyens d’actions renforcés à la lutte contre la fraude aux cotisations et contributions sociales, qui atteindrait plus de 10 Mds €, selon certaines estimations En sus de recettes supplémentaires, cette politique rétablirait l’équité de la concurrence entre les entreprises et permettrait de mieux garantir les droits sociaux de certains salariés, puisque le travail dissimulé, à l’initiative de l’employeur, représente la forme principale de cette fraude.

    ​Pour une fiscalité économique juste et efficace

    Trop souvent, l’impôt pèse sur la production et la prise de risque tout en récompensant la rente. Cet état de fait incite à des investissements improductifs, alimente des bulles spéculatives, financières ou immobilières. Le moment est venu d’y remédier afin de faire enfin du « redressement productif » une priorité réelle de l’action publique.

    ​Remplacer les cotisations patronales par une cotisation sur la valeur ajoutée (CVA)

    Il s’agit là de la valeur ajoutée créée dans l’entreprise et non d’une TVA supplémentaire. Cette proposition socialiste, là encore ancienne, se justifie pleinement au regard du caractère universel des dépenses ainsi financées. Pour l’essentiel, toutes les personnes résidant légalement sur notre territoire ont droit à l’assurance-maladie et aux prestations familiales ; il n’y a plus de raison de les financer par un prélèvement pesant sur les seuls salaires. Il convient donc d’élargir son assiette à l’ensemble de la valeur ajoutée produite par les entreprises. Il s’agit d’un prélèvement sain et moderne en ce qu’il porte sur la richesse effectivement créée plutôt que sur les facteurs de production. Par exemple, les jeunes entreprises ne seront plus mises en demeure de payer des cotisations sociales avant d’avoir encaissé un euro de chiffre d’affaire. Cette mesure favoriserait donc l’initiative et l’emploi.

    Conjointement à la CVA, les mesures qui suivent devraient servir, à compenser les pertes résultant de la suppression de ces cotisations patronales.

    ​Taxer le secteur financier selon son aisance financière et les risques pour l’économie

    La socialisation des pertes et la privatisation des profits semblent constituer le principe base de l’enrichissement du secteur financier, encore attesté par la crise financière et ses suites. Sa prospérité n’est plus indexée sur celle de l’économie réelle. Son gonflement disproportionné l’a conduit à accaparer une part croissante, et parfois la totalité, des fruits de la croissance. La Banque centrale européenne tente depuis plusieurs années en vain de l’inciter, par une politique de taux d’intérêt exceptionnellement bas, à soutenir la reprise de l’activité et les PME. Dans ces conditions, il conviendrait :

    • d’imposer une surtaxe sur ce secteur, au moins jusqu’à l’affermissement de la reprise. On peut notamment la justifier par le coût du sauvetage des banques, par la nécessaire compensation des pertes économiques induites par la crise financière et par le risque de crise systémique auquel les pouvoirs publics pourraient avoir à faire face (hausse de la « taxe systémique ») ;
    • de moduler leur IS en fonction de leur politique de distribution de crédit à l’économie réelle, en particulier aux PME (plus de développement plus bas).

    ​Ponctionner la rente foncière

    Rien, pas même la crise, ne semble devoir arrêter l’augmentation des prix de l’immobilier et des loyers. Elle oblige de plus en plus de travailleurs modestes et/ou jeunes à s’endetter lourdement (et pour des durées toujours plus longues) ou à s’exiler en zone péri-urbaine. Un certain nombre d’études mettent par ailleurs en évidence que cette inflation a grevé la croissance française. Elle a représenté un coût de fonctionnement accru pour l’ensemble de l’économie. De plus, elle contribue à réduire la mobilité professionnelle, ce qui nuit à l’emploi. Elle détourne l’épargne nationale du secteur productif et la conduit à s’investir, dans l’espoir de plus-values rapides et faciles, dans des biens immobiliers, d’où la hausse de leur prix (et non une relance de la construction). Enfin, cette hausse continuelle et auto-entretenue des prix fait peser le risque d’une bulle spéculative et de son éclatement, aux effets préjudiciables sur l’économie réelle.

    Soumettre les plus-values immobilières au barème progressif de l’impôt citoyen, sans autre abattement que la prise en compte de la hausse générale des prix dans l’économie (et de la valeur des travaux effectués), constitue la principale réponse à ce phénomène.

    ​Une réforme maîtrisée de l’impôt sur les sociétés (IS)

    En 2009, le Conseil de Prélèvements obligatoires indiquait que les entreprises du CAC s’acquittaient d’un IS 3,8 fois inférieur à celui des PME. Cette situation est inefficace économiquement puisqu’elle pénalise les petites et moyennes entreprises dans leurs capacités de développement et d’investissement. Elle est injuste puisqu’elle crée une situation d’impôt régressif. Elle est inacceptable socialement puisque les PME sont le principal gisement d’emplois en France. On a donc un taux facial très élevé en comparaison de nos voisins européens mais une assiette réduite, en particulier diminuée de la plus grande partie des frais financiers, parfois en raison de situations d’endettement artificielles, qui ne s’expliquent que par la volonté d’optimisation fiscale en réduisant la part du profit imposée en France pour accroître celle qui est taxée à un taux plus bas à l’étranger, par exemple, en Irlande.

    En conséquence, il me semble fondamental de réformer en profondeur les taux comme l’assiette de l’IS.

    S’agissant des taux, ceux-ci doivent valoriser les comportements vertueux des entreprises : en matière de réinvestissement des excédents dans l’outil de production, de limitation de la distribution de dividendes aux actionnaires, de gouvernance, de respect de normes sociales et environnementales, etc.

    S’agissant de l’assiette, celle-ci doit être assise sur les profits réels des entreprises. C’est la raison pour laquelle il avait été envisagé de créer un impôt sur l’excédent brut d’exploitation (EBE).

    L’EBE correspond à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire, de la rémunération des salariés et des impôts sur la production (à ne pas confondre avec l’impôt sur les sociétés). Afin de ne pas pénaliser les investissements industriels, il serait également possible d’envisager de déduire les amortissements et donc d’asseoir le nouvel IS sur l’excédent net d’exploitation de manière à éviter de taxer les investissements comme les salaires.

    Il est également nécessaire de moduler l’IS en fonction :

    • de la part des profits purement financiers réalisés par les grandes entreprises (parfaitement identifiables dans leur comptabilité), qui pourraient être imposés à un taux plus élevé ;
    • du différentiel d’évolution entre la masse salariale et les dividendes distribués, ce qui pourrait être aussi un moyen efficace de combattre les « licenciements boursiers ».

    ​Taxer réellement les géants du numérique et les transactions financières

    Après des années à snober sous tous les gouvernements de François Hollande, les propositions solides et étayées portées notamment par Marie-Noëlle Lienemann, qui avait réussi à faire voter un dispositif ambitieux par le Sénat, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire avaient fini en 2019 par céder à la pression devant les insupportables provocations fiscales des GAFAM et BATX et la colère de l’opinion publique. Mais ils avaient fait adopter un dispositif très limité et très éloigné des besoins, alors que plusieurs autres pays européens s’étaient pourtant engagés de manière plus volontaire dans cette voie. Face à l’échec des négociations internationales, la France a remis en place une taxation unilatérale des GAFA, qu’elle avait abandonnée en 2019 sous la pression américaine, à partir de décembre 2020 dans un contexte de fronde face aux géants du numériques qui surfent sur la crise pour réaliser des bénéfices exceptionnels. Mais pour être réellement efficace et éviter que le coût de la taxe soit transféré sur ses utilisateurs, la France devrait élargir le périmètre de la taxe GAFA aux activités en ligne comme la vente, ou le streaming. Nous corrigerons donc ces manques criants.

    Évidemment, la taxe actuelle ne résout pas le problème de fond. Elle a été créée comme une solution temporaire en attendant trouver une solution de long terme pour adapter notre système fiscal à l’économie du XXIème siècle. Évidemment, c’est tout le système fiscal mondial qu’il faudrait réformer en profondeur. Alors que les négociations internationales sur la réforme de la taxation des multinationales menées sous l’égide de l’OCDE sont au point mort, la France doit défendre une position ambitieuse et claire, pour :

    • Permettre de taxer les multinationales là où elles ont une activité économique réelle ;
    • Mettre en place un taux minimum d’impôts payés par les grandes entreprises.

    A l’heure où notre pays fait face à une crise sanitaire sans précédent, affaibli par des coupes budgétaires dans la santé depuis plusieurs années, il n’est pas acceptable de voir s’évaporer de telles sommes d’argent. Quand les multinationales ne paient pas leur juste part d’impôts, ce sont les citoyens qui en paient le prix.

    Le lobby bancaire, dont l’influence est particulièrement forte à Bercy du fait des nombreux allers-retours des hauts fonctionnaires entre Trésor public et grandes banques, avait en effet réussi à éteindre dès le début du quinquennat Hollande le soutien français aux différentes propositions de taxe inspirée de l’économiste James Tobin, conçue comme un moyen de ralentir les flux financiers et de lutter contre la spéculation financière. Le ministre des finances de l’époque, Pierre Moscovici avait alors déclaré que « la taxe sur les transactions financières suscite des inquiétudes quant à l’avenir industriel de la place de Paris et quant au financement de l’économie française » : « mon ennemi, c’est la finance », disait-il… Afin de limiter la déconvenue politique d’une suppression de la transcription française, Bercy avait créé une « fausse » taxe sur les transactions financières. Celle-ci comportait trois composantes :

    • une taxe sur les acquisitions de titres de capital ou assimilés (essentiellement des actions) ;
    • une taxe sur les ordres annulés dans le cadre d’opérations à haute fréquence ;
    • une taxe sur les acquisitions de contrats d’échange sur défaut (credit default swap ou CDS) d’un État.

    La Cour des Comptes, le 19 juin 2017, a, dans une note aux ministres Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, estimé que « si le rendement budgétaire de la taxe est réel (environ un milliard d’euros), aucun des trois objectifs stratégiques (faire contribuer le secteur financier au redressement des finances publiques, exercer une action de régulation sur les marchés financiers, initier un mouvement d’adhésion des autres États au projet de la Commission) qui lui avaient été assignés n’a été atteint. ». Celle-ci ne pèse en effet plus sur le secteur financier : les prestataires de services d’investissement reportent les coûts sur leurs clients – c’est-à-dire les cadres supérieurs avec un portefeuille d’actions – et les activités les plus spéculatives (comme les produits dérivés) ne sont pas taxées. De même le trading haute fréquence est quasiment exclu de l’assiette : le seuil de déclenchement étant très élevé (la taxe ne se déclenche que si la proportion d’ordres annulés ou modifiés dépasse 80% au cours d’une même journée), les activités de tenue de marché qui représentent l’essentiel des opérations à haute fréquence en sont exonérées. La troisième composante s’est retrouvée sans objet dès sa mise en œuvre puisque le règlement UE 236/2012 du 14 mars 2012 sur « la vente à découvert et certains aspects des contrats d’échange sur risque de crédit » a interdit ces achats « à nu », interdiction qui a permis ainsi d’atteindre directement l’objectif visé. Il sera donc nécessaire de donner un mandat impératif au gouvernement, d’une part pour aboutir à un accord européen plus ambitieux et rapide en faveur de la taxe sur les transactions financières, d’autre part pour que les règles prudentielles européennes n’amènent pas à abandonner les prêts à taux fixe dans de nombreux secteurs, notamment l’immobilier. Nous reprendrons donc à notre compte la proposition faite en 2011 par la Commission d’une taxe européenne sur les transactions financières ambitieuse par son assiette (ensemble des transactions financières dont les transactions intraday et le trading haute fréquence, ensemble des actions dont les produits dérivés), dont on peut estimer les recettes à 50 Mds€ par an, somme largement suffisante pour rembourser l’emprunt commun et même diminuer les contributions nationales du « plan de relance européen ».

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