Auteur/autrice : Frédéric Faravel

  • Mobilisation des lycéens : des premières victoires, le gouvernement passera-t-il aux actes ?

    Mobilisation des lycéens : des premières victoires, le gouvernement passera-t-il aux actes ?

    Il aura donc fallu attendre 6 semaines pour que le Gouvernement réponde enfin à un mouvement lycéen, qu’il n’avait jusqu’ici traité qu’au prisme de la répression.

    Ainsi donc après avoir moqué toute une génération et stigmatisé les jeunes scolarisés des banlieues populaires, où le mouvement avait commencé le 21 septembre dernier pour protester contre l’indécence de leurs conditions d’instruction, MM. Lecornu, Geffray et Baptiste accèdent à l’essentiel des exigences :

    • Parcoursup remplacé en 2028 ;
    • Remise en cause du contrôle continu en Première pour le baccalauréat ;
    • Indexation des bourses étudiantes sur l’inflation ;
    • 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur ;
    • de nouveaux crédits pour la rénovation du bâti ;
    • un maximum de 28 élèves par classe, à compter de septembre 2027, en priorité dans les quartiers populaires ;
    • création de 500 postes supplémentaires d’enseignants dès le budget 2027 ;
    • 1 200 postes d’enseignants seront créés pour les 10 000 places supplémentaires ouvertes en BTS ;
    • création de 200 postes supplémentaires d’infirmiers, de psychologues et d’assistants sociaux, en plus des 300 postes initialement annoncés ;
    • révision des combinaisons d’enseignements de spécialité en première et en terminale, afin de rendre les emplois du temps plus cohérents et plus équilibrés et de garantir une pause déjeuner d’une heure pour toutes et tous.

    Point positif : c’est une reconnaissance complète de la légitimité des revendications des lycéens et des lycéennes.

    Point négatif : en réalité, le gouvernement tire un chèque en blanc en reportant à l’après présidentielle la mise en œuvre de ces « promesses », dont la plus floue est celle du remplacement de Parcoursup (mais pourrait s’y adjoindre la facilitation de « prêts » aux régions pour financer l’investissement dans les Lycées), sans aucune garantie d’un vote d’un projet de loi de finances pour 2027 intégrant ces mesures.

    On voit difficilement comment le budget pourra disposer des crédits suffisants pour ces annonces, dans le cadre corseté porté par le gouvernement : s’il n’accepte pas les amendements sur l’accroissement des recettes portés par la gauche qu’il a rejeté en commission des finances, on voit difficilement comment il pourrait intégrer une partie des annonces d’hier sans faire un chantage malsain en déshabillant d’autres programmes budgétaires. On voit enfin difficilement comment le gouvernement prétend recruter des enseignants supplémentaires pour des postes fixes ou des remplacements, alors que l’insuffisance notoire des rémunérations dans l’éducation nationale plombe l’attractivité de la profession depuis plus de 10 ans maintenant : et aucune revalorisation suffisante n’est évidemment budgétée ni actuellement, ni dans les annonces…

    Ainsi, dès le 3 novembre, nous serons fixés sur la portée réelle des « engagements » de ce gouvernement.

    Il faut être franc avec les lycéens qui ont été méprisés et violentés pendant plusieurs semaines : sans changement conséquent de stratégie budgétaire par ce gouvernement, ils ne trouveront pas de réponses adaptées à leurs revendications. Plus généralement, après deux ans de blocages institutionnels dus au refus du président de la République et de ses amis politiques de reconnaître leurs défaites électorales, c’est effectivement avec l’élection présidentielle que se jouera l’avenir de la France et de l’éducation nationale dans notre pays.

    La mobilisation doit continuer pour montrer la détermination du mouvement social, et ne doit pas se laisser intimider par la brutalité de l’exécutif et le fond de l’air nauséabond qu’il entretient.

    Nous pouvons rompre avec la politique menée depuis plus de 10 ans, et répondre aux aspirations de la jeunesse et du monde du travail. Nous pouvons battre Marine Le Pen. Il faudra pour cela rassembler les Françaises et les Français.

  • PLF2027 : Le cinéma français, une exception culturelle à préserver

    PLF2027 : Le cinéma français, une exception culturelle à préserver

    Le 14 octobre, Le Monde publiait une tribune de plus de 170 cinéastes alertant sur les dangers que font peser plusieurs mesures du projet de loi de finances (PLF) pour 2027 sur la pérennité du cinéma français et de son financement. Alors que les articles de loi en question seront débattus et votés dans les jours qui viennent, il nous a semblé important de faire un état des lieux de la situation.

    Le cinéma finance le cinéma

    Au centre du financement du cinéma français se trouve le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée), qui ne reçoit aucun crédit du budget de l’État. Il est financé exclusivement par des taxes acquittées par ceux qui diffusent les œuvres : salles de cinéma, chaînes de télévision (sur leurs recettes publicitaires et leurs abonnements), fournisseurs d’accès à internet sur les abonnements aux services de télévision, plateformes de vidéo à la demande, plateformes gratuites comme YouTube (sur leurs recettes publicitaires), ventes de DVD et de Blu-ray. Ces quelque 850 millions d’euros par an sont réinvestis dans la création. Ce sont les films diffusés aujourd’hui qui financent les films de demain.

    S’y ajoutent l’audiovisuel public, France Télévisions en tête, grand commanditaire de fictions et de documentaires et coproducteur de nombreux films, ainsi que les diffuseurs privés, au premier rang desquels Canal+, premier financeur du cinéma français.

    En plus de ces piliers financiers, il faut citer des piliers réglementaires : l’obligation pour les diffuseurs (chaînes de télévision et plateformes) de consacrer une part de leurs revenus au financement de la création, ou encore la chronologie des médias, qui fixe l’ordre et les délais d’exploitation d’un film après sa sortie en salle (vidéo à la demande, puis chaînes payantes, plateformes et chaînes gratuites, selon leurs engagements d’investissement), afin de protéger l’économie des salles de cinéma.

    Terminons ce rapide tour d’horizon en évoquant les crédits d’impôt qui permettent de maintenir les tournages en France, et qui seront eux aussi discutés à l’Assemblée.

    Ce système, qui fait vivre 260 000 emplois directs et indirects, est au cœur de l’exception culturelle française.

    Ce que prévoit le gouvernement

    Le PLF fixe à 3,82 milliards d’euros les ressources de l’audiovisuel public, soit 47 millions de moins qu’en 2026. Cette baisse pèse à 94 % sur France Télévisions, dont la dotation avait déjà été réduite de 80 millions l’an dernier, ce qui avait entraîné des coupes dans le financement des fictions. Conjuguée à la chute des recettes publicitaires et à la disparition de recettes ponctuelles perçues en 2026, elle obligera France Télévisions à trouver au moins 90 millions d’euros d’économies en 2027 pour rester à l’équilibre. Après des années d’économies de structure, dont une réduction de 12 % des effectifs en dix ans relevée par la Cour des comptes, ces nouvelles coupes porteront inévitablement sur les programmes et la création.

    Le texte supprime aussi le taux réduit de TVA de 10 % sur les abonnements aux chaînes payantes, qui passerait à 20 %. Or Canal+, premier concerné, a conclu le 27 juillet dernier un accord avec une partie des organisations professionnelles du cinéma. Celui-ci prévoit près d’un milliard d’euros d’investissement sur cinq ans dans le cinéma français et européen, avec des aides dédiées aux premiers films et à la diversité. Mais il comporte une clause permettant au groupe de Vincent Bolloré de suspendre ses engagements en cas de hausse de la TVA. Conjuguée à la baisse des moyens de France Télévisions, cette mesure affaiblirait en même temps les deux principaux financeurs de la création française.

    Les attaques du centre, de la droite et de l’extrême droite contre le cinéma français

    Le PLF prévoit de réduire de moitié l’abattement fiscal dont bénéficient les plateformes vidéo gratuites comme YouTube sur la taxe qui finance le CNC. Emmanuel Maurel en avait proposé la suppression totale dès l’an dernier, une proposition reprise cette année par la majorité des groupes. Cette suppression rapporterait jusqu’à 70 millions d’euros.

    Mais le rapporteur général du budget, Philippe Juvin, a déposé deux amendements pour que l’État récupère ces recettes : 35 millions d’euros si l’abattement est réduit de moitié, 70 millions s’il est supprimé. Autrement dit, ce qui est demandé aux plateformes au nom du cinéma serait détourné vers le budget général. Deux autres députés de droite proposent un prélèvement supplémentaire de 18,5 millions. Ces ponctions s’ajouteraient à celles des années précédentes : près de 500 millions prélevés sur la trésorerie du CNC en 2025, puis 50 millions en 2026. S’y ajoute une modification du calcul de la taxe payée par les chaînes de télévision, qui fait perdre au CNC 34 millions par an. L’an dernier, le même rapporteur avait aussi tenté de plafonner ses ressources à 748 millions, quand 846 millions étaient attendus. Les réserves du CNC ayant déjà été mises à contribution, chaque nouvelle ponction toucherait directement ses aides à la création, à la production en région et aux industries techniques.

    En outre, plusieurs députés de droite et du camp présidentiel, dont Guillaume Kasbarian, proposent des exonérations ciblées. Ils veulent exonérer les plateformes de replay des chaînes de télévision de la taxe sur la vidéo, accorder aux chaînes privées un abattement de 8 % sur la taxe qu’elles versent au CNC, ou sortir des réseaux sociaux comme Snapchat du champ de la taxe. D’autres réclament le maintien de l’abattement dont profite YouTube. Nous ne pouvons accepter ces fuites de recettes pour le CNC.

    Le Rassemblement national va beaucoup plus loin. Il propose de plafonner chacune des taxes affectées au CNC à la moitié de son rendement, soit environ 420 millions d’euros en moins : son budget serait divisé par deux. Il veut aussi abaisser de 30 % à 20 % le crédit d’impôt pour les films de moins de 7 millions d’euros de budget, c’est-à-dire la majorité de la production française, et réduire encore de 150 millions les moyens de l’audiovisuel public. Il propose également de baisser la taxe payée par les chaînes au CNC. Un amendement RN réduisant l’avantage fiscal des SOFICA (sociétés pour le financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel) a déjà été rejeté le 15 octobre. La musique et le spectacle vivant ne sont pas épargnés : le RN veut plafonner les taxes qui financent le Centre national de la musique, à 8 millions d’euros pour celle sur le streaming musical (contre 22 millions attendus) et à 40 millions pour celle sur les spectacles (contre 75 millions). L’an dernier, l’un de ses députés proposait ouvertement la suppression du CNC. Paradoxe : le même groupe demande la suppression de la hausse de TVA. Il défend ainsi les intérêts du groupe Bolloré tout en voulant diviser par deux les moyens de la création.

    Plus discrets, des amendements du camp présidentiel, portés notamment par Gabriel Attal, proposent d’assouplir le plafond du crédit d’impôt international (C2I). Ce crédit finance les tournages en France de productions étrangères, souvent celles des grands studios et plateformes américains. Il a son utilité, car il fait travailler les techniciens et les studios français. Mais il est déjà plus généreux que celui dont bénéficient les films français : 30 % des dépenses, et jusqu’à 40 % pour les effets visuels, contre 20 % à 30 % pour une production française. Et son coût pour l’État dépasse déjà celui du crédit d’impôt cinéma. En passant d’un plafond de 30 millions d’euros par œuvre à 30 millions par œuvre et par année, comme le proposent ces amendements, les plus grosses productions étrangères pourraient cumuler plusieurs fois ce montant, quand un film français reste limité à 30 millions. Leurs promoteurs invoquent la concurrence européenne pour attirer les tournages ; mais au moment même où l’on demande des économies au CNC et à l’audiovisuel public, l’argent public se ferait encore plus généreux pour les blockbusters étrangers que pour la création française.

    Défendons notre modèle

    D’autres propositions vont dans le sens de la protection et du renforcement du système actuel. Le député Emmanuel Maurel a déposé une série d’amendements pour :

    • maintenir les ressources de l’audiovisuel public au niveau de 2026 (un amendement identique a été déposé dans le camp présidentiel) ;
    • doubler la taxe sur les plateformes de streaming payantes (Netflix, Prime Video, Disney+…), en affectant le surplus à l’audiovisuel public sans réduire la part du CNC ;
    • supprimer totalement l’abattement de YouTube au profit de la création, une mesure qu’il avait déjà proposée l’an dernier et que portent aujourd’hui des députés de presque tous les groupes ;
    • supprimer la hausse de TVA sur les chaînes payantes ;
    • étendre le crédit d’impôt cinéma aux entreprises de distribution et d’exportation, pour mieux faire circuler les films en France et à l’étranger.

    Sortir de l’incertitude permanente

    Ce modèle de financement, vertueux et précieux, n’en reste pas moins fragile, car régulièrement remis en cause, comme le démontre ce débat budgétaire. Il paraît donc important de pérenniser un certain nombre d’aspects de notre législation, comme le proposent les signataires de la tribune avec une véritable loi cinéma.

    Il faudrait également se pencher sur les failles dont il n’est pas exempt, notamment l’exposition des films français et européens sur les plateformes : les grandes plateformes étrangères, établies dans d’autres pays de l’Union européenne, échappent aux quotas de catalogue imposés aux services français, et l’obligation de mettre en avant ces œuvres reste floue.

    Plusieurs de ses fondements sont en outre trop sujets à variation : le financement de France Télévisions depuis la suppression de la redevance en 2022, les règles de la chronologie des médias ou encore les ressources du CNC, régulièrement menacées de ponction. Sans oublier la dépendance financière du cinéma français au groupe Canal+ de Vincent Bolloré.

    Il serait aussi grand temps de prendre en compte les bouleversements liés à l’intelligence artificielle, en protégeant les droits des auteurs, des comédiens et des techniciens face à l’utilisation de leurs œuvres, de leur voix ou de leur image.

    Le modèle de financement du cinéma et de la création audiovisuelle fait partie de l’exception culturelle française : il participe à notre identité autant qu’à notre rayonnement international. Il est indispensable non seulement de le défendre, mais aussi de le renforcer.

    Julien Zanin

  • Attentat de Trappes : horreur et effroi face à un crime de haine

    Attentat de Trappes : horreur et effroi face à un crime de haine

    communiqué de presse – vendredi 23 octobre 2026 – 16h05

    Après la fusillade meurtrière à Trappes et à La Verrière, la Gauche Républicaine et Socialiste fait part aux victimes et à leurs proches de sa pleine solidarité.

    Grâce à l’intervention rapide des forces de l’ordre, l’assassin a été rapidement appréhendé. Nous leur exprimons toute notre reconnaissance, ainsi qu’aux services de secours.

    Les raisons de cet acte barbare ne sont pas clairement établies à cette heure, mais la saisine du parquet anti terroriste et les premiers éléments d’enquête pointent la motivation raciste de l’auteur.

    N’oublions jamais que le rejet de l’autre et la pulsion raciste n’aboutissent à rien d’autre que la destruction du contrat social.

    La République Française, c’est l’égalité de toutes et tous, sans aucune distinction d’origine, de race ou de religion. Tous les républicains doivent s’unir contre ceux qui veulent défigurer la France.

  • Missions Locales du Grand Est : la jeunesse mérite mieux qu’un désengagement régional

    Missions Locales du Grand Est : la jeunesse mérite mieux qu’un désengagement régional

    communiqué de presse – jeudi 22 octobre 2026 – 15h45

    La Gauche Républicaine et Socialiste apporte son soutien aux Missions Locales du Grand Est, confrontées à la suppression du financement régional pour 2026, après une baisse moyenne de 43% en 2025.

    Cette décision fragilise un réseau essentiel qui accompagne près de 80 000 jeunes chaque année, au sein de 43 Missions Locales et de plus de 500 points d’accueil. En 2025, le réseau avait déjà perdu 71 équivalents temps plein.

    Derrière ces chiffres, ce sont des jeunes qui risquent de perdre un accompagnement précieux dans la construction de leur avenir.

    Les Missions Locales jouent un rôle déterminant dans l’accès à l’emploi, à la formation et à l’autonomie. Elles accompagnent aussi les jeunes confrontés à des difficultés de mobilité, de logement ou d’accès aux droits. Leur action est indispensable pour que chacun puisse trouver sa place dans la société, quels que soient son parcours et son territoire.

    Le contexte rend cette décision d’autant plus préoccupante. Le mouvement des lycéens a aujourd’hui largement dépassé la mobilisation de la seule jeunesse scolarisée ; il témoigne des inquiétudes de la jeunesse concernant ses décisions d’études et ses perspectives d’avenir et d’accès aux droits et à l’emploi. La région, actrice de l’information sur les métiers et les formations, doit prendre toute sa part à cet effort.

    L’orientation et l’insertion ne s’arrêtent pas à la sortie du lycée. Elles nécessitent un accompagnement dans la durée, précisément celui que proposent les Missions Locales. Fragiliser ces structures alors que les jeunes expriment leurs inquiétudes serait un signal particulièrement préoccupant.

    Pour la Gauche Républicaine et Socialiste, l’égalité républicaine ne peut se limiter aux discours : elle exige des moyens concrets pour accompagner la jeunesse. La maîtrise des dépenses publiques ne doit pas se traduire par un recul des services de proximité ni par une aggravation des inégalités sociales et territoriales.

    Déjà désengagée de la politique de la ville, la Région Grand Est, gérée par la droite et le centre, démontre une nouvelle fois son refus d’accompagner les jeunes vers l’emploi. Cette remise en cause permanente des moyens d’égalité réelle des chances pour les jeunes affaiblit durablement le vivre ensemble et notre pacte social.

    Nous demandons à la Région Grand Est de rétablir son financement des Missions Locales pour 2026 et d’engager sans délai un dialogue avec leurs représentants afin de garantir la continuité de leurs missions.

    Soutenir les Missions Locales, c’est donner aux jeunes les moyens de choisir leur avenir. La jeunesse doit être une priorité politique, pas une variable d’ajustement budgétaire.

  • 17 octobre 2026 : rétablir l’ordre républicain et satisfaire enfin les revendications

    17 octobre 2026 : rétablir l’ordre républicain et satisfaire enfin les revendications

    communiqué de la Gauche Républicaine et Socialiste – dimanche 18 octobre 2016, 14h00

    Des combats justes, des revendications légitimes. Des jeunes qui demandent simplement de pouvoir étudier dans de bonnes conditions. Des salariés qui veulent vivre dignement de leur travail, remplir leur réservoir et leur caddie sans avoir à compter chaque euro.

    Hier, ces revendications légitimes, portées par des manifestants en très grande majorité pacifistes, ont été effacées, médiatiquement et politiquement, par ceux qui profitent de cette colère légitime pour piller, vandaliser et incendier.

    Le Gouvernement a voulu minimiser l’ampleur de la contestation sociale. Il n’a pas pris la mesure de la situation ni mobilisé les moyens nécessaires au maintien de l’ordre.

    Il est temps de rétablir l’ordre républicain.

    Dans notre République, le droit de manifester est une liberté fondamentale. Le Gouvernement a échoué à garantir cette liberté, après avoir laissé faire, voire encouragé des réponses disproportionnées de la part des forces de l’ordre.

    Mais cette stratégie du pourrissement ne justifiera jamais qu’on se livre aux pillages, aux menaces de mort, aux violences et à l’incendie de nos bâtiments publics et de nos mairies !

    La République ne peut céder devant ceux qui s’en prennent à ses institutions, à ses symboles et à ses agents. Ils devront être appréhendés, jugés et punis à la hauteur de leurs délits et de leurs crimes.

    Nous ne devrions pas choisir entre la justice sociale et l’ordre républicain.
    Nous revendiquons les deux.

    Derrière ces violences, que nous condamnons avec la plus grande fermeté, des salariés, des commerçants ont perdu leur outil de travail, et des citoyens ont été privés des services publics dont ils ont tant besoin.

    Nous réaffirmons notre soutien aux revendications, qui étaient légitimes hier et qui le restent aujourd’hui. Le mouvement social doit pouvoir continuer, l’exécutif doit enfin l’entendre et négocier avec les forces vives de la Nation, au premiers rang desquelles la jeunesse et les syndicats de salariés, pour y répondre.

  • 17 octobre 1961 : Il y a 65 ans, la Préfecture de Police massacrait les manifestants algériens

    17 octobre 1961 : Il y a 65 ans, la Préfecture de Police massacrait les manifestants algériens

    En octobre 1961, en pleine guerre d’Algérie, le FLN – fortement divisé sur cette stratégie et ses conséquences probables pour les civils – décidait d’une manifestation pacifique encadrée par sa fédération la plus puissante, celle d’Île-de-France.

    Le Préfet de Police, Maurice Papon, ne tiendra aucun compte du fait que les manifestants sont en famille (femmes, enfants, vieillards et non armés). Les forces de l’ordre vont déclencher une violence inouïe contre les manifestants venus de toute la banlieue : rafles, internements, passages à tabac… des hommes sont abattus jusque dans la cour de la Préfecture de Police de Paris.

    On comptera de 120 à plus de 200 morts. Du Pont de Bezons jusqu’au cœur de Paris, les corps des victimes sont jetés à la Seine quand ce ne sont pas des manifestants qui son noyés. Le Président de la République Charles De Gaulle sera informé, mais ne prendra aucune sanction.

    Pourtant des journalistes et de militants courageux lutteront pendant des décennies contre le silence officiel.
    Le procès pour crimes contre l’Humanité de Maurice Papon, à partir de 1997, commencera à lever officiellement le voile.

    Le 17 octobre 2012, le président de la République François Hollande publie un communiqué : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits.
    51 ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes ».

    Le 28 mars 2024, l’Assemblée nationale adopte une résolution réclamant au gouvernement une journée commémorative.

    Nous considérons que l’instauration effective d’une cérémonie officielle ne serait que justice pour les victimes innocentes d’une conception de l’ordre qui n’aurait jamais dû avoir droit de citer dans notre démocratie républicaine.

    Frédéric Faravel

  • Chronique de communication narrative : « Et si Emmanuel Maurel était le vrai gagnant de la primaire social-démocrate ? »

    Chronique de communication narrative : « Et si Emmanuel Maurel était le vrai gagnant de la primaire social-démocrate ? »

    En remportant largement la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann a gagné une bataille. Mais à gauche, la prochaine échéance ne se jouera peut-être pas uniquement dans les urnes. Elle se jouera aussi dans la capacité à reconstruire un récit politique commun. « Et si Emmanuel Maurel avait, sur ce terrain, une carte à jouer ? » se demande Elliott Aubin, expert en communication narrative et ancien élu, dans cette tribune publiée par Marianne le jeudi 15 octobre 2026.

    En politique, on commente les vainqueurs. Les résultats tombent, les éditorialistes cherchent déjà le prochain duel. La primaire sociale-démocrate n’a pas échappé à la règle : avec plus de 66 % des suffrages, Raphaël Glucksmann s’est imposé sans contestation. À 5,92 %, Emmanuel Maurel semble n’avoir rien à revendiquer.

    Pourtant, les débats ont révélé autre chose qu’un rapport de forces : différentes manières de raconter la gauche et de concevoir son rassemblement. Et si l’enjeu n’était pas seulement de savoir qui la représentera en 2027, mais qui contribuera à la reconstruire ensuite ?

    L’art de ne pas jouer exactement le même jeu

    À rebours de la personnalisation et de la course à la visibilité, Maurel a choisi une posture posée : un ton mesuré, une parole construite, une relative distance à l’égard des affrontements entre ses concurrents.

    La mécanique est pourtant rodée. Il faut exister médiatiquement, imposer une différence, incarner une promesse. Le candidat devient le héros et la preuve vivante de son histoire. Dans cette dramaturgie, la victoire devient une qualité en soi : il faut être celui qui peut gagner, autour duquel les autres doivent se ranger. La bataille pour incarner la victoire prend parfois le pas sur l’explication de ce que l’on veut gagner, et pourquoi.

    Face à Glucksmann, Maurel a tenté de déplacer la discussion. Chacun croyait en ses chances, a-t-il rappelé, avant de revenir aux principes du socialisme démocratique : le partage des pouvoirs, des savoirs et des richesses. Là où la capacité à gagner devient un argument de légitimité, il ramène la discussion vers ce qui devrait justifier la conquête du pouvoir. Suffisant pour remporter une élection ? Manifestement pas dans cette primaire. Mais une posture peut prendre un autre sens quand le contexte change.

    En remportant largement la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann a gagné une bataille. Mais à gauche, la prochaine échéance ne se jouera peut-être pas uniquement dans les urnes. Elle se jouera aussi dans la capacité à reconstruire un récit politique commun. Et si Emmanuel Maurel avait, sur ce terrain, une carte à jouer ? Se demande Elliott Aubin, expert en communication narrative et ancien élu.

    En politique, on commente les vainqueurs. Les résultats tombent, les éditorialistes cherchent déjà le prochain duel. La primaire sociale-démocrate n’a pas échappé à la règle : avec plus de 66 % des suffrages, Raphaël Glucksmann s’est imposé sans contestation. À 5,92 %, Emmanuel Maurel semble n’avoir rien à revendiquer.

    Pourtant, les débats ont révélé autre chose qu’un rapport de forces : différentes manières de raconter la gauche et de concevoir son rassemblement. Et si l’enjeu n’était pas seulement de savoir qui la représentera en 2027, mais qui contribuera à la reconstruire ensuite ?

    L’art de ne pas jouer exactement le même jeu

    À rebours de la personnalisation et de la course à la visibilité, Maurel a choisi une posture posée : un ton mesuré, une parole construite, une relative distance à l’égard des affrontements entre ses concurrents.

    À lire aussi : Raphaël Glucksmann vainqueur de la primaire de gauche : l’impossible « en même temps »

    La mécanique est pourtant rodée. Il faut exister médiatiquement, imposer une différence, incarner une promesse. Le candidat devient le héros et la preuve vivante de son histoire. Dans cette dramaturgie, la victoire devient une qualité en soi : il faut être celui qui peut gagner, autour duquel les autres doivent se ranger. La bataille pour incarner la victoire prend parfois le pas sur l’explication de ce que l’on veut gagner, et pourquoi.

    Face à Glucksmann, Maurel a tenté de déplacer la discussion. Chacun croyait en ses chances, a-t-il rappelé, avant de revenir aux principes du socialisme démocratique : le partage des pouvoirs, des savoirs et des richesses. Là où la capacité à gagner devient un argument de légitimité, il ramène la discussion vers ce qui devrait justifier la conquête du pouvoir. Suffisant pour remporter une élection ? Manifestement pas dans cette primaire. Mais une posture peut prendre un autre sens quand le contexte change.

    Un personnage ne fait pas une histoire

    Dans sa Poétique, Aristote souligne le rôle de l’intrigue : la cohérence d’une histoire tient à l’organisation des actions, pas seulement à la personnalité de celui qui la porte.

    Une candidature présidentielle doit, elle aussi, raconter une transformation collective : d’où vient-on, que faut-il changer, vers quel horizon avancer ? Le candidat est essentiel. Il n’est pas, à lui seul, le récit. Glucksmann dispose désormais d’une légitimité pour porter sa candidature. Mais sa victoire ne répond pas à toutes les questions : comment élargir sa base électorale ? Articuler les sensibilités de la gauche ? Construire une proposition qui dépasse le simple rejet de Mélenchon ?

    Le scrutin désigne un candidat. Il ne résout pas le problème politique auquel celui-ci devra répondre. Maurel, lui, a perdu la bataille de l’incarnation. Prétendre qu’il aurait déjà gagné ailleurs serait absurde. Mais sa conception de la gauche ne se réduit pas à savoir qui peut battre qui. Cette différence pourrait compter.

    Après 2027, le problème restera entier

    Imaginons un scénario qui n’a rien d’acquis : Mélenchon échoue à accéder à la présidence et Glucksmann ne transforme pas sa victoire à la primaire en dynamique électorale suffisante. Que restera-t-il à la gauche ? Désigner un nouveau candidat ou négocier une alliance entre appareils ne suffira pas. Il faudra répondre à une question plus profonde : quelle gauche reconstruire, autour de quelle histoire commune ?

    Une partie du débat l’enferme dans une alternative : d’un côté, une stratégie fondée sur la confrontation avec le système et la rupture ; de l’autre, une social-démocratie républicaine et pro-européenne, soucieuse de se distinguer de LFI. Ces orientations ne résument pas toute la gauche. Mais elles soulignent une difficulté : le rassemblement ne peut reposer durablement sur un adversaire commun, ni sur l’addition de forces qui divergent sur la transformation sociale.

    Il lui faut un projet. Et ce projet a besoin d’un récit. L’urgence climatique peut donner un cap à ce rassemblement : faire de la transformation écologique un levier de justice sociale. La réflexion de Paul Ricœur sur l’identité narrative, dans Soi-même comme un autre, éclaire cet enjeu. Une identité n’est pas une essence immuable : elle se construit aussi par les récits qui relient ruptures et continuités. Transposée à la politique, la question devient : comment se transformer sans perdre ce qui permet de se reconnaître dans une histoire commune ?

    Démondialiser, démarchandiser, démocratiser

    La gauche possède un héritage social, républicain, démocratique et ouvrier. Elle s’est aussi divisée sur l’Europe, la souveraineté, la mondialisation et les compromis du pouvoir. Le défi n’est pas de choisir entre fidélité et rupture, mais de déterminer ce qui, dans cet héritage, peut transformer le présent.

    C’est sur ce terrain que Maurel mérite d’être observé. Démondialiser, démarchandiser, démocratiser : son triptyque tente de relier des combats trop souvent séparés. Le travail rejoint la répartition des richesses ; la souveraineté, la capacité collective à décider. La démocratie concerne aussi les lieux où se produisent les richesses et s’organise le travail.

    Reste à dépasser le cercle des convaincus. Un projet intellectuellement cohérent n’est pas encore un récit populaire. Il faut le rendre compréhensible, désirable et assez concret pour que chacun y reconnaisse quelque chose de sa propre existence.

    Perdre une primaire, gagner une place dans l’histoire ?

    Toute défaite n’annonce pas une victoire future. Rien ne dit que Maurel rassemblera la gauche après 2027 : son audience reste limitée et d’autres peuvent participer à cette reconstruction. Mais son score ne suffit pas à clore le débat sur son positionnement. Un scrutin mesure un rapport de forces dans un contexte et un électorat donnés. Il ne dit pas tout de la capacité d’une idée à s’installer durablement.

    La politique se joue dans plusieurs temporalités : la désignation, la campagne, l’exercice du pouvoir, mais aussi la reconstruction des familles politiques. Glucksmann a remporté la première bataille. LFI devra penser sa succession. La gauche devra dépasser ses oppositions internes. Maurel pourrait y prendre sa place, à condition de transformer ses principes en projet et son discours en une histoire capable de dépasser son propre courant.

    Maurel a-t-il un coup d’avance ? Rien ne permet encore de le dire. Mais si 2027 ouvre une recomposition à gauche, la question ne sera plus seulement de savoir qui a gagné la primaire. Elle sera de savoir qui aura contribué à définir ce que la gauche veut devenir.

    Eliott Aubin

  • De la primaire à la présidentielle

    De la primaire à la présidentielle

    Au sortir de l’été, la GRS a choisi de s’associer au processus de primaire initié par le PS et Place Publique. Malgré ses limites et un périmètre que nous aurions préféré plus large, cette consultation militante a permis de faire vivre, dans les médias, les débats qui traversent la gauche. L’audience importante des débats télévisés a montré l’intérêt des Français pour les propositions de la gauche socialiste, afin de redresser un pays abîmé par dix années de macronisme.

    Emmanuel Maurel a porté dans ces débats la parole de GRS avec talent. La cohérence de sa ligne (démondialiser, démarchandiser, démocratiser) a été saluée. De la proposition d’un grand emprunt citoyen à la rénovation de la démocratie sociale, ses propositions programmatiques ont rencontré un large écho ont pu être diffusées bien au-delà de l’audience habituelle de notre parti. Les quelque 7000 voix (près de 6%) obtenues, lors de ce scrutin au périmètre très fermé, marquent tout à la fois un réel succès d’estime et l’ampleur du travail qui s’offre à nous pour diffuser nos propositions au plus grand nombre.

    Raphaël Glucksmann a remporté un succès aussi large qu’incontestable et aura donc la lourde tâche de représenter la gauche socialiste à la prochaine élection présidentielle. Il lui appartient maintenant de montrer sa capacité à rassembler à gauche et à tracer un chemin qui permette à la France d’échapper au retour au pouvoir d’une extrême droite xénophobe et capitularde. La victoire ne sera possible que si la gauche réussit à convaincre les Français de sa capacité à améliorer concrètement leurs conditions de vie et leur environnement. 

    La GRS apportera à ce combat son soutien déterminé et exigeant. Le rendez-vous est historique, le défi qui s‘annonce est immense, les vents médiatiques seront contraires, l’union à gauche sera plus que jamais un combat. Pour les militants politiques que nous sommes, la campagne n’en sera que plus exaltante !

  • INSCRIVEZ-VOUS AUX UNIVERSITÉS D’AUTOMNE DE LA GRS – 7 et 8 novembre 2026, Montpellier

    INSCRIVEZ-VOUS AUX UNIVERSITÉS D’AUTOMNE DE LA GRS – 7 et 8 novembre 2026, Montpellier

    L’Université d’automne de la Gauche Républicaine et Socialiste se tiendra les 7 et 8 novembre à Montpellier, à l’Espace Pitot, place du Professeur-Mirouze.

    Vous trouverez ci-dessous le programme prévisionnel, mais vous pouvez d’ores-et-déjà vous inscrire en ligne pour réserver votre place.

    La participation à cet événement est gratuite.

    Seule une contribution financière sera demandée pour le dîner du samedi soir.

    Nos travaux débuteront le samedi 7 novembre à 9h30 et s’achèveront le dimanche 8 novembre à 13h. Ce sera un nouveau moment fort pour le rassemblement à gauche.

    Ensemble, construisons le rassemblement de toutes celles et ceux pour qui la République jusqu’au bout, comme le disait Jaurès, reste une idée d’avenir !

    Inscrivez-vous dès maintenant et réservez vos voyages et hôtels.

    Samedi 7 novembre

    9h30 – 9h45
    Accueil des participants

    9h45 – 10h00
    Ouverture par les militants locaux

    10h00 – 11h30

    Table Ronde :
    Reconstruire l’école de la République

    11h30-12h30

    Table Ronde :

    Grand Emprunt : une solution souveraine et démocratique

    12h30-12h45
    Accueil républicain

    12h45– 14h30
    Déjeuner libre

    14h30 – 16h00

    Table Ronde :

    Intelligence artificielle : quelles conséquences pour le travail, la culture et la société ?

    16h30 – 18h00

    Table Ronde :

    La gauche en morceaux : comment reconstruire une force politique ?

    18h00 – 19h00
    Discours de Marie-Noëlle Lienemann et Emmanuel Maurel

    19h00 – 20h00
    Verre de l’amitié

    20h30
    Dîner militant
    (25€ sur inscription préalable par mail à contact@g-r-s.fr)

    Dimanche 8 novembre

    9h30-11h00

    Table Ronde :

    Réussir la transition écologique

    11h00-13h00
    Assemblée générale de la Gauche Républicaine et Socialiste
    (séquence réservée aux militants de la GRS)

  • « Les Mozart de la finance ont cramé la caisse » : Emmanuel Maurel ouvre les débats sur le budget 2027

    « Les Mozart de la finance ont cramé la caisse » : Emmanuel Maurel ouvre les débats sur le budget 2027

    Emmanuel Maurel remettait mardi 13 octobre 2026 les pendules à l’heure en ouverture du débat du projet de loi de finances pour 2027.
    La dette est abyssale, les Mozarts de la finance ont cramé la caisse, mais ils pensent toujours que leur politique est la seule et la meilleure possible.

    L’enferment minoritaire de la macronie n’a d’égale que sa déconnexion d’avec le réel.

    Et ils osent parler d’un « budget de justice », alors qu’ils s’en prennent aux travailleurs modestes, aux malades, aux fonctionnaires, à la jeunesse, et que dans le même temps, ils ne touchent ni aux superprofits, ni aux ultra-riches.

Nous avons besoin de vous !

Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.