À l’issue du congrès d’Aubervilliers les 6 et 7 juin 2026, il a été décidé de publier plusieurs livrets thématiques. Vous trouverez ci-dessous les 5 premiers.
Vers la République écologique
La République écologique proposée par la Gauche Républicaine et Socialiste s’attaque d’abord au techno-capitalisme, système qui, en organisant la surconsommation et en manipulant nos désirs par les algorithmes, a altéré à la fois les écosystèmes et les comportements humains. Face à cette dérive, l’urgence écologique ne saurait se limiter à une transition énergétique ou agroécologique, mais exige de repenser radicalement notre rapport au monde, en protégeant la biodiversité, les sols, les forêts et les océans. Cela implique de lutter contre l’hyperconsommation, notamment en ciblant l’ultra-fast fashion par des mesures fiscales et réglementaires strictes, tout en encadrant drastiquement l’usage des écrans pour les mineurs, afin de briser les mécanismes d’aliénation et de restaurer une relation apaisée avec le temps et la nature.
En parallèle, la fin du « tout jetable » passe par une garantie de durabilité étendue à dix ans pour les équipements, une lutte acharnée contre l’obsolescence programmée et le développement massif de la réparabilité, substituant ainsi à l’économie de prédation une logique de sobriété. La sortie du carbone d’ici 2040, quant à elle, nécessite une planification écologique ambitieuse, combinant électrification des usages, mix énergétique souverain et maîtrise publique des opérateurs stratégiques. La révolution des mobilités, par un investissement massif dans les transports collectifs, le fret ferroviaire et les voies navigables, doit s’accompagner d’un droit effectif à l’air pur, garanti par une réduction des pollutions à la source et un assainissement systématique des espaces publics.
Une nouvelle stratégie économique pour la France
Face au déclin industriel et à la perte de souveraineté économique, la Gauche Républicaine et Socialiste propose une refonte ambitieuse de la stratégie productive française, articulée autour d’un État stratège. La création d’un ministère de l’Industrie indépendant de Bercy vise à restaurer une politique industrielle de long terme, capable de planifier, de protéger les filières stratégiques et de soutenir les PME-PMI par des accords nationaux et décentralisés pour le « Made in France ». Ces accords, négociés avec les forces vives du pays, cibleront les secteurs clés — santé, numérique, énergie, agriculture — tout en instaurant des mécanismes de préemption pour sauvegarder les sites menacés. Par ailleurs, l’orientation de la « grande transmission » vers des objectifs productifs concrets passe par la mobilisation d’une réserve stratégique de 600 à 700 milliards d’euros, financée par une fiscalité renforcée sur les hauts patrimoines et un grand emprunt gagé sur les héritages futurs. Enfin, la reprise du contrôle sur l’énergie, par la suppression des mécanismes de concurrence artificielle et le rétablissement des tarifs réglementés, doit permettre de garantir une électricité compétitive et souveraine, affranchie des spéculations des marchés.
Pour une Europe du progrès social, refusons les régressions
L’Europe, sous l’impulsion d’une alliance entre néolibéraux et conservateurs, s’enfonce dans une dérive où la Commission, dirigée par Ursula von der Leyen, impose un agenda marqué par le libre-échange, la déréglementation et une soumission croissante aux pressions trumpistes. Les accords commerciaux négociés dans l’opacité, comme ceux conclus avec le Mercosur, les États-Unis, l’Inde ou l’Australie, fragilisent les économies européennes en exposant les agriculteurs et les industries à une concurrence déloyale, tout en affaiblissant les normes sociales et environnementales. Pire, ces traités, souvent adoptés contre l’avis des parlements nationaux, accentuent la dépendance énergétique et militaire de l’Europe, réduisant les États membres à des variables d’ajustement au service des multinationales.
Cette orientation s’accompagne d’attaques inédites contre les souverainetés nationales, à travers des projets comme l’Union des marchés de capitaux, qui vise à priver les gouvernements de toute capacité à légiférer en matière financière, ou encore le 28ᵉ régime européen, inspiré du modèle du Delaware, permettant aux entreprises de contourner les droits nationaux en matière fiscale, sociale et juridique. Ces initiatives, portées par des règlements européens s’imposant directement sans transposition nationale, illustrent une volonté de démanteler les protections collectives au profit d’une logique de dumping fiscal et social, tout en marginalisant les parlements et les citoyens.
Refonder notre agriculture en instaurant un régime agricole complémentaire
Le déclin de l’agriculture française, désormais structurel, se manifeste par un effondrement de sa balance commerciale, passée d’un excédent de 3,9 milliards d’euros en 2024 à 200 millions seulement en 2025, tandis que sa part dans la production européenne a chuté de 19% à 16% en une décennie. Ce recul s’explique par l’exposition croissante au libre-échange, qui soumet les agriculteurs à une concurrence déloyale, notamment face à des pays aux normes sociales et environnementales moins exigeantes, et par un modèle productiviste dépendant des importations de soja, d’énergie et d’engrais, rendant le secteur vulnérable aux crises géopolitiques et climatiques. La Politique Agricole Commune, vidée de sa substance depuis les années 1990, ne compense plus les pertes de revenus par des subventions toujours plus réduites et complexes, tandis que la mécanisation et la standardisation des cheptels accentuent les risques sanitaires et environnementaux. Face à ce constat, la Gauche Républicaine et Socialiste propose un Régime Agricole Complémentaire (RAC), inspiré des Appellations d’Origine Protégée, qui permettrait aux agriculteurs volontaires de s’organiser en filières pour négocier collectivement des prix garantis et des cahiers des charges stricts, sous la supervision de l’État, tout en réservant leur production aux marchés nationaux, afin de restaurer la souveraineté alimentaire sans perturber les économies tierces.
Eau, source de vie
La rareté croissante de l’eau, exacerbée par le dérèglement climatique, impose des arbitrages urgents entre ses multiples usages — agriculture, consommation humaine, énergie, industrie ou préservation des écosystèmes —, alors que les conflits d’accès se multiplient, comme en témoigne l’effondrement du glacier du Rhône, qui menace de polariser les tensions entre la France et la Suisse, mais aussi entre les régions françaises elles-mêmes. Face à cette réalité, la Gauche Républicaine et Socialiste refuse la facilitation des mégabassines, l’abandon des zones humides ou la pollution des puits de captage, et prône une gestion publique de l’eau par des régies, afin de garantir son accès universel tout en modernisant les réseaux et en luttant contre les fuites. Par ailleurs, la prévention des pollutions, qu’elles soient industrielles, agricoles ou liées aux PFAS, exige un plan de recherche ambitieux, une surveillance sanitaire renforcée et une mobilisation des acteurs économiques, tandis que l’adaptation aux catastrophes naturelles, de plus en plus fréquentes et coûteuses, passe par des solutions naturelles comme les « villes éponges » ou une planification territoriale intégrée, combinant prévention, protection des populations et préservation des sites.
communiqué de presse de la Gauche Républicaine et Socialiste, mardi 28 juillet 2026, 11h15
La Gauche républicaine et socialiste exprime et renouvelle son soutien le plus total aux populations touchées par les terribles incendies des derniers jours et heures en Gironde, dans les Landes, dans le Var et en Corse.
Nous adressons toute notre solidarité aux familles sinistrées, aux personnes évacuées, aux agriculteurs, aux entreprises et à toutes celles et ceux dont la vie est bouleversée par cette catastrophe.
Nous saluons avec une profonde reconnaissance le courage et le combat remarquable des sapeurs-pompiers qui affrontent des conditions d’une extrême difficulté pour protéger les vies humaines, les habitations et notre patrimoine naturel.
Leur engagement force le respect, la reconnaissance et l’admiration de la Nation.
Nous tenons également à saluer la formidable solidarité et à remercier l’ensemble des agents de l’État, des collectivités territoriales et des services publics mobilisés : militaires et agents de la sécurité civile, forces de sécurité intérieure, agents de l’Office national des forêts, services préfectoraux, personnels des communes, départements et régions, professionnels de santé, associations agréées, ainsi que les élus locaux qui assurent, souvent dans l’urgence, la protection et l’accompagnement des habitants.
Ces événements rappellent tragiquement que la France est désormais confrontée à un risque d’incendies d’une ampleur nouvelle.
Le changement climatique, l’allongement des périodes de sécheresse, les épisodes de chaleur extrême et l’évolution de la végétation imposent de revoir durablement notre niveau de préparation.
La France dispose déjà d’un modèle de sécurité civile reconnu en Europe et dans le monde, et nos capacités aériennes dans le domaine de la lutte contre les incendies sont loin d’être négligeables.
Mais l’intensification des phénomènes climatiques exige désormais un changement d’échelle que les gouvernements d’Emmanuel Macron n’ont pas su organiser.
Cette crise révèle, à l’instar de la crise Covid, les failles de l’impréparation et l’absence de planification de l’Etat autant que le sacrifice des politiques publiques écologiques sur l’autel des arbitrages budgétaires.
Nous devons donc tirer collectivement les leçons de l’été 2026 afin de bâtir une stratégie nationale renouvelée d’adaptation aux feux de forêt et de végétation.
La Gauche républicaine et socialiste appelle ainsi à :
renforcer durablement les moyens techniques et humains des SDIS, de la Sécurité civile, de l’ONF et des services de l’État ; à l’encontre des coupes budgétaires dramatiques des dernières années.
accélérer le renouvellement et l’augmentation des capacités aériennes de lutte contre les incendies ainsi que des moyens terrestres et de détection précoce ;
développer et confirmer une politique ambitieuse de prévention, de débroussaillement, d’aménagement forestier et de protection des interfaces entre espaces naturels et zones habitées ;
soutenir financièrement les collectivités confrontées à ces risques croissants et accompagner les territoires sinistrés dans leur reconstruction ;
inscrire l’adaptation au changement climatique au cœur des politiques publiques, en complément indispensable des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Face à ces défis, notre pays ne peut se contenter de réagir dans l’urgence. Il doit investir, anticiper et planifier.
communiqué de presse de la Gauche Républicaine et Socialiste le lundi 20 juillet 2026, à 20h30
La Gauche Républicaine et Socialiste condamne avec la plus grande fermeté l’interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble par un groupe de militants se réclamant de la cause palestinienne. Empêcher une artiste de se produire, intimider le public et substituer la pression militante au débat démocratique constituent une atteinte grave aux libertés publiques.
Nous condamnons avec une égale détermination le fait que Barbara Butch ait été désignée comme cible en raison de sa confession juive. Si cette motivation est confirmée, il s’agit d’un acte antisémite qui appelle une réponse politique et judiciaire sans ambiguïté. Rien, absolument rien, ne saurait justifier que des Français soient pris pour cible en raison de leur religion réelle ou supposée.
La défense des droits du peuple palestinien est une cause politique légitime lorsqu’elle s’inscrit dans le respect du droit international, de la paix et des principes universels. Mais elle est déshonorée lorsqu’elle sert de prétexte à la haine des Juifs, à la désignation d’ennemis intérieurs ou à la censure d’artistes. Ceux qui confondent solidarité avec un peuple et stigmatisation d’une communauté rendent un très mauvais service à la cause qu’ils prétendent défendre.
Depuis plusieurs années, nous assistons à la montée d’une logique de censure, d’intimidation et de confrontation identitaire qui menace la République. Des groupes minoritaires prétendent décider qui a le droit de parler, de chanter, de créer ou de débattre. Cette logique est incompatible avec la liberté d’expression, la liberté de création et l’universalisme républicain.
La Gauche Républicaine et Socialiste refuse toutes les assignations identitaires. Nous refusons que des citoyens soient réduits à leur origine, à leur religion ou à leur appartenance supposée. Nous refusons que la vie culturelle soit soumise aux injonctions de groupes de pression. Nous refusons que les conflits internationaux soient importés sur notre sol au point d’opposer les Français les uns aux autres.
Notre pays a besoin de davantage de République, pas de davantage de communautarisme. Il a besoin de laïcité, non comme instrument d’exclusion, mais comme principe d’émancipation garantissant à chacun la même liberté et la même dignité. Il a besoin de l’universalisme, qui reconnaît chaque personne comme un citoyen libre et égal, et non comme le représentant d’une identité.
Nous apportons notre soutien à Barbara Butch, aux organisateurs et au public. Nous demandons que toute la lumière soit faite sur ces événements et que leurs auteurs répondent de leurs actes.
La gauche républicaine ne cédera ni devant les fanatismes religieux, ni devant les extrémismes politiques, ni devant les entrepreneurs de haine. Elle continuera de défendre la liberté, la laïcité, l’universalisme et la fraternité républicaine contre tous ceux qui cherchent à les faire reculer.
L’Assemblée nationale examine un projet de révision constitutionnelle visant à accorder à la Corse un statut d’autonomie inédit. Présenté comme une réponse aux spécificités de l’île, ce texte suscite toutefois d’importantes interrogations quant à ses conséquences pour l’unité de la République et l’égalité devant la loi. Emmanuel Maurel, député du Val d’Oise et animateur national de la Gauche Républicaine et Socialiste, alerte sur les risques d’une différenciation qui pourrait fortement fragiliser le cadre républicain.
Hormis les premiers intéressés, nos compatriotes ne prêtent pas d’attention au projet de loi constitutionnelle actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, instituant une « autonomie pour la Corse au sein de la République ».
Le texte du Gouvernement, et modifié à la marge par les députés, institue une autonome législative élargie, similaire à celle de la Polynésie française. Cette autonomie est justifiée par « l’insularité », mais aussi par l’existence d’une « communauté insulaire historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à la terre corse ». Ce qui frappe d’emblée, c’est l’utilisation des mots de « communauté » et de « lien singulier à la terre ». Or ces mots-là sont tout sauf inoffensifs et justifient que tous les Français y réfléchissent.
Les parlementaires s’apprêtent à ouvrir une dangereuse boîte de Pandore : celle d’une fragmentation identitaire qui risque de s’étendre à bien d’autres territoires hexagonaux. En effet, les mots choisis pour la Corse ressemblent à s’y méprendre à la définition du… communautarisme donnée par le Conseil constitutionnel en 1999 : « la reconnaissance de droits collectifs à un groupe défini par une communauté d’origine, de culture, de langue ou de religion ». Et déjà, des élus de Bretagne, de Savoie ou du Pays basque demandent l’autonomie régionale sur les mêmes bases communautaires.
Dès lors, poursuivre le processus de révision de la Constitution serait une double erreur.
La première erreur est de fragiliser la communauté politique de citoyens qu’est la France depuis la Révolution de 1789. Si des communautés sont reconnues au sein de la République, alors des droits différents ne manqueront pas d’être réclamés pour leurs membres. Les élus autonomistes n’en font d’ailleurs pas mystère : pour l’accès à la propriété immobilière, ils souhaitent conférer aux Corses établis de longue date des droits supérieurs aux habitants venus de l’étranger ou du continent.
La seconde erreur est de croire que l’autonomie serait une formule magique pour résoudre tous les problèmes. Mais partout en France et en Europe sévissent les mêmes crises économiques et sociales, et cela quel que soit le régime institutionnel.
La spéculation immobilière et l’éviction des habitants les plus défavorisés existent-elles seulement en Corse ? Non. Les services publics sont-ils toujours en meilleur état dans les régions autonomes ? Non. Et le surtourisme, les atteintes à l’environnement et au littoral sont aussi prégnantes en PACA, qui n’a pas de pouvoir législatif, qu’aux Baléares ou en Catalogne, régions autonomes dans une Espagne fortement décentralisée.
En réalité, l’illusion d’une autonomie aux vertus miraculeuses éloigne des solutions au lieu de s’en rapprocher. Les autonomistes pensent que leurs problèmes sont « spécifiques » et perdent ainsi leur énergie et leur temps à échafauder des mécanos institutionnels et juridiques « spécifiques ». Je pense pour ma part que surmonter ces crises, et toutes les inégalités qu’elles créent en cascade, nécessite non pas un cadre « spécifique » ou « autonome », mais la mobilisation de la solidarité nationale.
Enfin, le respect des cultures, qu’elles traversent le monde ou soient régionales ou locales, ne saurait être le fer de lance d’une confrontation. Par essence, l’universalisme embrasse toutes les cultures. Et par essence, le communautarisme tend à les discriminer. Dans la République française, il est possible de vivre sa culture, et sans doute faut-il raffermir encore davantage ce principe, mais il n’est pas possible de l’imposer. Et il en va de même de la langue : sauf dans certaines situations professionnelles objectives, aucune raison ne justifie qu’on différencie les gens en fonction de leur maîtrise du corse, du basque ou du breton.
Notre pays, comme les autres, vit dans une ère de crispation. De proche en proche, les ressorts de l’inégalité économique et sociale, de la standardisation et de l’uniformité actionnent ceux de l’insécurité culturelle et d’une recherche d’identité qui tournent comme une vis sans fin. Il est séduisant et sécurisant de se dire qu’avec l’autonomie législative, corollaire de sa « communauté historique », on a un point d’appui à portée de main. Mais ce n’est pas vrai, car désuni, on ne s’en sort jamais.
Emmanuel Maurel Député du Val-d’Oise Animateur national de la Gauche Républicaine et Socialiste
Avant le vote, mardi 23 juin, à l’Assemblée nationale du projet de loi constitutionnelle qui permettrait à la Corse de décider d’adaptations législatives et réglementaires spécifiques à l’île pour des textes existants, 80 personnalités – droite, gauche et société civile – appellent à la prudence.
L’Assemblée nationale, mardi 23 juin, en milieu d’après-midi, s’apprête à vivre l’un des moments les plus importants de son histoire politique. Une majorité de députés pourrait voter pour l’introduction du communautarisme dans la Constitution. En droit, ce dernier se définit, depuis la décision du Conseil constitutionnel du 15 juin 1999, comme « la reconnaissance de droits collectifs à des groupes définis par une communauté d’origine, de culture, de langue ou de croyance ».
L’Assemblée s’apprête en Corse à reconnaître « une communauté insulaire, historique, linguistique et culturelle », et à y attacher des droits… et pas des moindres, celui de faire la loi, prérogative fondamentale du Peuple français depuis la Révolution. Ainsi, au nom d’une culture et d’une communauté, on aurait des droits supérieurs ou inférieurs à quelqu’un qui ne pourrait s’en revendiquer.
C’est là la définition de la discrimination qui, appliquée à un critère culturel ou historique, ouvre la voie au racisme. Si ce principe est accepté en Corse, il n’y a aucune, aucune, raison de principe de refuser qu’il s’applique ailleurs. Pourquoi demain ne réserverait-on pas des droits particuliers à des individus se réclamant de la « communauté historique et culturelle française », en bref, aux « Français de souche » ?
Voilà un texte que s’apprêtent à voter des députés issus de groupes politiques pourtant attachés aux principes républicains, qui ont su par le passé réformer l’organisation territoriale sans y sacrifier la fraternité entre concitoyens. Comment comprendre que celles et ceux qui prétendent combattre le communautarisme sous toutes ses formes soient les premiers à soutenir un texte qui en inscrirait la possibilité de s’affranchir de la loi commune dans la Constitution ?
Comment en est-on arrivé là ? Chaque projet de loi est accompagné d’un avis du Conseil d’État. En l’occurrence, celui qui a accompagné ce texte est au vitriol et dit clairement que la notion de « communauté » remettait en cause les principes les plus basiques et fondamentaux de la République. Lundi 15 juin, 11 constitutionnalistes avertissaient dans Le Monde des dangers d’un tel texte.
Texte normatif
Que répond le gouvernement ? Rien, il a ignoré les remarques du Conseil d’État. On peut certes entendre les demandes de Gilles Simeoni, on ne peut cependant y céder quand elles remettent en cause les fondements de la République. L’exécutif, le rapporteur, disent que ces mots n’ont pas de portée juridique. C’est là se moquer du monde. Une Constitution n’est pas une motion de consensus d’un parti politique, c’est un texte normatif. Son objet, son essence, est justement de produire du droit !
On répond aussi qu’une loi organique viendra borner tout ça. C’est absurde et c’est remettre en cause les fondements mêmes de l’État de droit. Les droits fondamentaux sont garantis par la Constitution, qui vient ensuite borner les éventuelles atteintes que le législateur pourrait porter à ces droits… ce n’est pas au législateur de rattraper les atteintes aux droits que l’on met dans la Constitution !
On dit que les droits fondamentaux ne seraient pas impactés par ce nouveau pouvoir législatif… mais justement l’objectif du texte est de réduire des droits, de les moduler entre les citoyens. Ce n’est pas une conséquence indirecte du texte, c’est son essence et sa motivation. L’intégration d’un amendement LFI pour assurer les mêmes droits crée une contradiction dans le texte sans le vider de sa substance.
Le contenu de ce texte n’est pas une affaire d’interprétation, c’est l’affaire de la responsabilité du constituant.
Par ailleurs, les droits culturels accordés ne le sont qu’à la culture corse et les politiques qui se développeraient en son nom seraient de facto excluantes pour ceux qui viendraient d’ailleurs. On dit que le fait que la communauté soit « insulaire » changerait tout, ce qui est faux, car la communauté se voit accorder des droits particuliers au regard de son insularité certes, mais tout autant de sa culture.
L’un ne dépend pas de l’autre, c’est une juxtaposition de critères dérogatoires. Ces arguments ne sont pas seulement spécieux. Ils sont juridiquement intenables. Ils sont graves, car ils masquent la gêne qu’il y a de la part de ceux qui le voteront à assumer le contenu de ce texte. Le contenu de ce texte n’est pas une affaire d’interprétation, c’est l’affaire de la responsabilité du constituant.
Alors, croyant pouvoir faire un usage opportun de cette révision constitutionnelle, des présidentiables soignent l’avenir de certains de leurs alliés. D’autres vont chercher des signatures de maires. Beaucoup en profitent pour soigner une image d’hommes et de femmes des territoires.
Certains parmi les plus conscients de ce que ce texte n’est pas acceptable se rassurent en se disant que tout cela sera rattrapé par le Sénat mais l’Assemblée ne peut se cacher derrière le Sénat. La réalité politique s’impose à chaque parlementaire et devant l’histoire qui s’écrit chacun est responsable de son vote. Les explications de vote que l’on se trouve sur le moment s’effacent et la responsabilité du vote sur un texte aussi principiel reste.
Nous n’oublions pas que c’est la gauche socialiste qui a porté la décentralisation dans son acception la plus républicaine. Nous savons aussi ce que le centre a fait pour la conforter lors de la révision constitutionnelle de 2003. Cet héritage ne peut s’effacer ainsi. Nous pensons encore que si un petit nombre de députés a pris part au débat, la grande majorité de ceux qui seront là pour le voter souhaiteront être digne de l’histoire qui les a amenées sur les bancs de l’Assemblée.
Premiers signataires :
Élisabeth Badinter, philosophe
François Cormier-Bouligeon, député
Philippe Brun, député
Jérôme Guedj, député
Fanny Dombre-Coste, députée
Emmanuel Maurel, député et animateur national de la Gauche Républicaine et Socialiste
Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel
Constance Rivière, haut fonctionnaire
Mickaël Delafosse, maire de Montpellier
Jean Baggioni, premier président du premier Conseil Exécutif de Corse
Jacques Toubon, ancien défenseur des droits
Mickaël Vallet, sénateur
Rachid Temal, sénateur
Autres signataires :
Gilbert Abergel, président du Comité Laïcité République
Marie Albertini, avocate
Jean-Yves Autexier, ancien député
Michel Barat, professeur de philosophie, ancien recteur de Corse
Michèle Battesti, historienne
Marie-Françoise Bechtel
Jean-Michel Blanquer, professeur de droit constitutionnel
Michel Bouvard, parlementaire honoraire
Thierry Carcenac, parlementaire honoraire
Mireille Clapot, ancienne députée
Thomas Clay, professeur de droit
Hélène Conway-Mouret, ancienne ministre
Jacqueline Costa-Lascoux, sociologue
Philippe Crouzet, chef d’entreprise
Jérôme Darras, sénateur
Gérard Delfau, sénateur honoraire
Gilbert-Luc Devinaz, sénateur
Stéphane Destruhaut, vice-président du conseil départemental de la Haute-Vienne
Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté
Vincent Eblé, sénateur
Sébastien Fagnen, sénateur
Bernard Fialaire, sénateur
Estelle Folest, ancienne députée
Philippe Foussier, journaliste
Joseph Franceschi, général de corps d’armée
Patrice Franceschi, écrivain
Alexandre Freschi, ancien député
Christophe-André Frassa, sénateur
Louis Gallois, ancien haut fonctionnaire et dirigeant d’entreprise
Guillaume Hannezo, économiste
Brahim Hammouche, ancien député
Laurence Harribey, sénatrice
Françoise Hatzenberger, universitaire
Sylvie Hubac, membre honoraire du Conseil d’État
Gisèle Jourda, sénatrice
Catherine Kintzler, philosophe
Jean-Claude Mailly, ancien responsable syndical
Pascale Mathiault, maire de Senlis
Benjamin Morel, constitutionnaliste
Anna Moretti, professeure agrégée
Ursula Moureau Martini, professeure des universités
Félix Natali, responsable associatif
Pierre Ouzoulias, vice-président du Sénat
Alexandre Ouizille, sénateur
Bernard Poignant, ancien maire de Quimper
Ladislas Polski, maire de La Trinité
Sylviane Riopu, médecin
David Ros, sénateur
Laurence Rossignol, ancienne ministre, sénatrice
Jean-Pierre Sakoun, président d’Unité Laïque
Marie-Laure Sauty de Chalon, cheffe d’entreprise
Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du conseil constitutionnel
Marie-Thérèse Stuart Fioravente, ancienne directrice des relations institutionnelles
Muriel Trèves
François Tulli, juriste
André Vallini, ancien ministre
Manuel Valls, ancien Premier ministre
Jean-Marc Vayssouve-Faure, sénateur
Alain Veaulac, chef d’entreprise
Michel Verge Franceschi, historien
Patrick Weil, politologue
Mickaël Weber, sénateur
Henry Zipper de Fabiani, ambassadeur de France honoraire
La GRS défend avec Emmanuel Maurel l’idée que l’introduction d’une logique de communautés distinctes de la communauté nationale dans la constitution ne résoudra en rien les aspirations économiques et sociales de nos concitoyens corses, alors que les difficultés qu’ils rencontrent méritent toute l’attention de la Nation.
Créer dans la Constitution une «communauté ayant un lien singulier à sa terre» pose un grave problème, car le risque d’inégalité de traitement entre habitants de Corse, qui ne sont pas tous de cette « communauté », est trop fort ; cela conduit à créer un précédent qui pourrait par ailleurs fracturer la société française au-delà de la Corse ou du cas de telle ou telle région et territoires déterminés.
Ce débat est essentiel : il mérite d’être abordé avec respect et gravité et ne devrait pas souffrir d’arguties empêchant l’expression démocratique et parlementaire au prétexte que le projet aurait été négocié entre le gouvernement et les élus corses. Rien ne saurait remettre en cause l’égalité entre citoyen·nes devant la loi. C’est une question posée à toute la Nation et donc à toute la représentation nationale qui ne saurait se contenter du rôle de chambre d’enregistrement.
C’est le message que notre animateur national et député Emmanuel Maurel a porté lors des débats du 16 juin 2026 à l’Assemblée Nationale. Nous lui renouvelons l’expression de notre entier soutien et de notre solidarité face à l’attitude déplacée qui s’est exprimée contre lui et quelques autres députés sur les bancs les plus proches des nôtres.
communiqué de presse d’Emmanuel Maurel, mercredi 3 juin 2026 – 13h30
Une très large majorité de députés membres de la Commission des Affaires culturelles ont adopté le 2 juin 2026 la proposition de loi du Sénat sur la présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs de systèmes et de modèles d’intelligence artificielle, dont Emmanuel Maurel était le rapporteur.
Pour le monde de la culture et de la presse, cette victoire permet d’envisager l’approbation du Parlement et le vote définitif de ce texte avant la fin de la législature en 2027.
Pour entraîner leurs intelligences artificielles, les entreprises du secteur ont massivement « moissonné » les œuvres de l’esprit, livres, films, articles de presse, mais sans jamais payer de droits d’auteur. Or sans l’accès à ces millions de données, les IA telles que nous les connaissons aujourd’hui n’existeraient pas.
Le modèle économique de l’IA rémunère tout (les infrastructures, les ingénieurs, les composants électroniques, l’électricité…), sauf la matière première indispensable à leur développement et leur fiabilité : la création humaine ! En particulier, le secteur de la presse subit un pillage si massif que sa pérennité est compromise à court terme.
Quant aux œuvres culturelles, on voit proliférer à une vitesse fulgurante les contenus « synthétiques » (faux livres, fausses chansons) sur les catalogues des plateformes comme Amazon, Deezer etc.
Pour protéger le droit d’auteur et permettre ainsi une négociation de bonne foi entre le secteur de la Tech et le secteur de la culture, il n’y a pas d’autre solution qu’instaurer une présomption d’utilisation des contenus culturels par les IA.
La modification du Code de la Propriété Intellectuelle introduite par la proposition de loi offrira ainsi un point d’appui solide au secteur de la création, qui pèse 100 milliards d’euros et plus d’un million d’emplois en France.
C’est une étape importante pour préserver l’exception culturelle française et européenne, qui ne peut pas être la variable d’ajustement gratuite du développement de l’intelligence artificielle.
Emmanuel MAUREL Député du Val-d’Oise Animateur national et co-fondateur de la Gauche Républicaine et Socialiste
Les élections du 7 mai 2026 ont marqué un tournant dans l’histoire politique britannique, révélant une crise profonde du Parti travailliste, dont la défaite s’est avérée aussi brutale qu’inédite.
En Angleterre, le Labour a subi un recul sans précédent, perdant le contrôle de 37 conseils municipaux et plus de 1 300 sièges de conseillers, souvent au profit de Reform UK, le parti d’extrême droite dirigé par Nigel Farage. Des bastions historiques comme Hartlepool, Sunderland, Gateshead ou encore Tameside, où le Labour régnait sans partage depuis des décennies, sont passés entre les mains de Reform UK, illustrant l’ampleur du rejet. À Londres, traditionnellement acquise aux travaillistes, des arrondissements emblématiques comme Hackney, Lewisham ou Waltham Forest ont basculé vers les Verts, confirmant la fragmentation d’un électorat urbain de plus en plus diversifié et volatile.
Au Pays de Galles, la défaite a été encore plus humiliante. Pour la première fois depuis la création du Senedd (le parlement gallois) en 1999, le Labour a été relégué à la troisième place, avec seulement neuf sièges, derrière Plaid Cymru (43 sièges) et Reform UK (34 sièges). La Première ministre sortante, Eluned Morgan, a même perdu son siège dans sa circonscription de Ceredigion Penfro, un symbole fort de l’effondrement d’un parti qui dominait la vie politique galloise depuis un siècle. En Écosse, le Labour a également reculé, terminant ex æquo avec Reform UK (17 sièges chacun) derrière le SNP, qui a remporté une cinquième victoire consécutive au Parlement écossais avec 58 sièges, bien qu’il n’ait pas obtenu la majorité absolue. Les Verts écossais, quant à eux, ont réalisé une percée historique en remportant leurs premiers sièges de circonscription, notamment à Édimbourg Centre et Glasgow Sud, au détriment du SNP.
Cette débâcle électorale ne peut se comprendre sans une analyse fine des dynamiques locales et nationales. En Angleterre, le Labour a été sanctionné dans les régions post-industrielles du Nord et des Midlands, où le mécontentement social et économique a été exploité par Reform UK. Dans le Sud, les Verts ont profité de l’effritement du vote travailliste pour s’imposer comme une alternative crédible, notamment sur les questions environnementales et sociales. Au Pays de Galles et en Écosse, les partis nationalistes ont su capitaliser sur un sentiment d’abandon par Westminster, tout en proposant des programmes sociaux plus ambitieux que ceux du Labour.
Une politique travailliste qui a nourri le vote protestataire et radicalisé l’électorat
Le gouvernement de Keir Starmer, au pouvoir depuis juillet 2024, a multiplié les erreurs stratégiques et les revirements idéologiques, sapant peu à peu sa crédibilité auprès de son électorat traditionnel. Dès son arrivée à Downing Street, Starmer avait promis un « changement » radical après quatorze années de règne conservateur. Pourtant, les choix opérés par son gouvernement ont souvent semblé en décalage complet avec les attentes des classes populaires et des progressistes.
La nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, malgré ses liens avérés avec Jeffrey Epstein, a cristallisé les critiques sur le clientélisme et l’éloignement des valeurs de gauche. Ce scandale, révélateur d’un dédain apparent pour les questions d’éthique et de transparence, a durablement terni l’image d’un Premier ministre déjà perçu comme peu charismatique et distant.
Liz Kendall, ministre du travail et des retraites, à la Chambre des communes, le 18 mars 2025. HOUSE OF COMMONS/REUTERS
Mais c’est surtout sur le terrain social que le Labour a commis ses erreurs les plus lourdes. La réforme du Personal Independence Payment (PIP), qui vise à durcir les conditions d’accès aux aides pour les personnes handicapées, a été perçue comme une trahison par les associations et une partie de la base électorale du parti. Près de 3,7 millions de Britanniques bénéficiaient de cette allocation en janvier 2026, et les nouvelles évaluations prévues risquent de priver un million de personnes de ce soutien essentiel.
Liz Kendall, ministre du Travail, a justifié ces coupes par la nécessité de « réparer un système qui ne fonctionne plus », mais les arguments avancés – comme la lutte contre les « diagnostics excessifs » de troubles mentaux – ont sonné comme un mépris envers les plus vulnérables.
La suppression de la fuel allowance, une allocation destinée à aider plus de 11 millions de retraités à payer leurs factures énergétiques, a également alimenté la colère. Dans un contexte de crise du coût de la vie, ces mesures ont été interprétées comme une soumission aux dogmes de l’austérité, alors même que le Labour avait été élu pour y mettre fin. Le refus de la chancelière de l’Échiquier, Rachel Reeves, de desserrer les règles budgétaires – notamment en matière de dette publique et de fiscalité – a encore accentué cette impression d’un parti captif des logiques libérales, incapable de proposer une alternative crédible aux politiques conservatrices.
Reform UK, dirigé par Nigel Farage, a su exploiter ce mécontentement en brandissant un discours populiste, anti-immigration et anti-élites. Le parti a ciblé les régions les plus touchées par la désindustrialisation et la précarité, où le sentiment d’abandon par Westminster est le plus fort. Il promet de mettre fin à l’immigration clandestine, de réduire les impôts et de s’opposer aux politiques environnementales jugées trop coûteuses.
Gestuelle expressive du leader du parti Reform UK, Nigel Farage, pendant qu’il s’exprimait lors d’une conférence de presse sur la politique migratoire le 20 avril 2026 dans le quartier de Westminster à Londres. (Photo by Carl Court/Getty Images)
Reform UK a séduit une partie de l’électorat ouvrier traditionnellement acquis au Labour. Les résultats des élections locales confirment cette dynamique : Reform UK est devenu la première force politique en Angleterre en nombre de sièges, devançant même les conservateurs dans plusieurs conseils municipaux. Au Pays de Galles et en Écosse, où le parti était jusqu’alors marginal, il a réalisé des percées spectaculaires, terminant deuxième dans les deux nations.
Cette progression s’explique aussi par la fragmentation du paysage politique. Les conservateurs, en net recul, n’ont pas su endiguer la montée de Reform UK, tandis que les libéraux-démocrates et les Verts ont profité de l’effritement des deux grands partis traditionnels.
Le chef du Parti vert britannique, Zack Polanski (au centre), est présenté comme un populiste social radical et écologiste. Photo : Justin Tallis/AFP
En Angleterre, les Verts ont notamment remporté des victoires symboliques à Londres, comme la mairie de Hackney, au détriment du Labour. Leur leader, Zack Polanski, a su incarner un « écopopulisme » de gauche, mêlant lutte contre les inégalités sociales et urgence climatique, une combinaison qui a séduit une partie de l’électorat urbain et jeune.
Écosse et Pays de Galles en marche vers l’autonomie, l’Irlande vers l’unification ?
Alors que l’Angleterre bascule vers un vote protestataire et xénophobe, les « nations celtiques » du Royaume-Uni ont, elles, renforcé leurs mouvements nationalistes, souvent portés par des partis de gauche. En Écosse, le SNP a remporté une cinquième victoire consécutive au Parlement écossais, avec 58 sièges, bien qu’il n’ait pas obtenu la majorité absolue. Ce succès s’inscrit dans la continuité d’une dynamique indépendantiste qui, malgré les revers (comme la démission de Nicola Sturgeon en 2023 et les turbulences internes du parti), reste solidement ancrée dans le paysage politique écossais. Les Verts écossais, alliés traditionnels du SNP, ont également réalisé une percée historique en remportant 15 sièges, dont deux circonscriptions symboliques : Édimbourg Centre, où le ministre Angus Robertson a été battu, et Glasgow Sud, ancienne circonscription de Nicola Sturgeon (première ministre SNP de 2014 à 2023).
Cette alliance entre le SNP et les Verts, bien que fragilisée par les dissensions passées, permet de maintenir une majorité pro-indépendance au Parlement écossais. John Swinney, actuel Premier ministre écossais, a d’ailleurs annoncé son intention de réclamer un nouveau référendum sur l’indépendance, bien que la question reste juridiquement bloquée par Westminster. Cependant, la perspective d’une Écosse indépendante au sein de l’UE, défendue par le SNP et les Verts, continue de mobiliser une partie importante de l’électorat.
John Swinney avait été élu sans surprise avec 64 voix sur les 129 sièges du Parlement écossais premier ministre d’Ecosse le 7 mai 2024. Photo Sipa
Au Pays de Galles, la situation est tout aussi révélatrice. Plaid Cymru, parti nationaliste et social-démocrate, a devancé le Labour pour la première fois de son histoire, avec 43 sièges contre 9 pour les travaillistes. Cette victoire historique s’explique par plusieurs facteurs : la désaffection envers le Labour, perçu comme trop aligné sur les politiques de Westminster, et la capacité de Plaid Cymru à incarner une alternative progressiste et ancrée dans les spécificités galloises. Rhun ap Iorwerth, chef du parti, a formé un gouvernement minoritaire, en cherchant une coopération avec les Verts gallois (2 sièges) et les libéraux-démocrates. Son programme, axé sur la justice sociale, la protection de la langue galloise et une meilleure répartition des richesses, a su séduire un électorat en quête de rupture avec le statu quo.
Rhun ap Iorwerth, leader de Plaid Cymru, à Londres, juillet 2024. (Crédit : PA Images / Alamy Stock Photo)
La question de l’indépendance reste cependant en retrait dans le discours de Plaid Cymru, moins d’un tiers des Gallois y étant favorables. Pourtant, le Brexit a profondément modifié la donne. Comme l’a souligné l’historienne Delyth Jewell, « le Brexit a obligé les Gallois à choisir entre leurs identités : galloise, britannique ou européenne. Beaucoup se sentent désormais davantage gallois et pro-européens que britanniques ».
Cette reconfiguration identitaire pourrait, à terme, ouvrir la voie à des revendications plus radicales, même si Plaid Cymru privilégie pour l’instant une stratégie pragmatique, centrée sur la défense des intérêts gallois au sein du Royaume-Uni.
En Irlande du Nord, la dynamique est encore plus nette. Le Sinn Féin, parti républicain socialiste, dirige déjà le gouvernement local avec Michelle O’Neill comme Première ministre. Un sondage réalisé en mars 2026 révèle qu’une majorité d’Irlandais (59%) et d’Irlandais du Nord (63%) soutiendraient une réunification de l’île au sein de l’UE si un référendum était organisé. Ce résultat, inédit, reflète une aspiration croissante à une Irlande unie, notamment parmi les jeunes générations.
Michelle O’Neill, au palais de Stormont, siège de l’Assemblée d’Irlande du Nord situé à Belfast, le 3 février 2024 après son élection comme première ministre après 2 ans de blocage des institutions provinciales autonomes. PETER MORRISON / AP
Cette confirmation des nationalismes périphériques n’est pas sans conséquence sur l’équilibre du Royaume-Uni. Pour la première fois, les trois nations décentralisées (Écosse, Pays de Galles, Irlande du Nord) sont dirigées par des partis ou des coalitions favorables à l’indépendance ou à une plus grande autonomie. Cette situation crée une tension croissante avec Westminster, où le gouvernement Starmer, fragilisé, peine à proposer une vision fédératrice.
La guerre interne au Labour : entre continuité, rupture et recomposition
Face à l’hémorragie électorale, Keir Starmer a tenté de sauver son leadership en annonçant, dans un discours du 11 mai, un recentrage de son action autour de la relance économique, de la défense et d’un rapprochement avec l’UE. Il a notamment promis la nationalisation de British Steel, un nouvel accord avec l’UE incluant un programme de mobilité pour les jeunes, et une garantie de formation professionnelle pour tous. Pourtant, ces annonces, bien que saluées par une partie de son camp, n’ont pas suffi à apaiser les critiques internes. Une quarantaine de députés travaillistes ont appelé à sa démission, tandis que des figures majeures du parti se positionnent pour lui succéder.
Wes Streeting, ex ministre de la santé, posant pour des scènes de rue à Stepney. Photo : David Levene/The Guardian
Wes Streeting, ministre de la Santé, a été le premier à passer à l’acte en démissionnant du gouvernement le 14 mai. Dans une lettre virulente, il a critiqué l’absence de vision claire et l’autoritarisme de Starmer, estimant que « votre approche envers les voix dissidentes affaiblit notre vie politique ». Streeting, perçu comme un modéré proche de l’aile blairiste, incarne une ligne centriste, mais son positionnement a évolué ces derniers mois, notamment sur les questions sociales et internationales (comme Gaza). Il mise sur un discours de rigueur économique et de modernisation du parti, tout en cherchant à séduire les militants de gauche.
Au passage, son mentor Tony Blair s’est lancée dans une critique tout azimut des travaillistes britanniques : reprochant au Premier ministre son manque de soutien à la guerre iranienne de Donald Trump (il n’a donc rien retenu de ses fautes), il a critiqué également ses challengers, leur reprochant de ne pas avoir de réel cadre politique global face à Keir Starmer. Pas sûr que cela aide son poulain.
Angela Rayner, ex-vice-première ministre, représente une alternative plus sociale. Fragilisée par une enquête fiscale liée à la déclaration de l’achat d’un appartement dans le Sussex (elle avait dû démissionner du gouvernement en septembre 2025), elle n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature, mais ses partisans la présentent comme la seule capable de reconquérir l’électorat ouvrier. Rayner a d’ailleurs critiqué ouvertement les choix économiques du gouvernement, notamment la nomination de Peter Mandelson, qu’elle a qualifiée de « toxique ».
Le premier ministre britannique, Keir Starmer, applaudit la vice-première ministre et secrétaire d’Etat au logement, Angela Rayner, sur scène, lors du congrès annuel du Parti travailliste, à Liverpool (Angleterre), le 22 septembre 2024. OLI SCARFF / AFP
Son programme, axé sur la justice sociale, la lutte contre les inégalités et une meilleure redistribution des richesses, pourrait séduire une partie de la base traditionnelle du Labour.
Andy Burnham, maire du Grand Manchester et autoproclamé « King of the North » (Crédit photo : Insider)
Andy Burnham, maire du Grand Manchester, incarne une troisième voie. Populaire auprès des membres du parti et de l’opinion publique, il mise sur un discours de reconquête des classes populaires et de réforme institutionnelle. Son retour au Parlement, s’il parvient à remporter une élection partielle (comme celle de Makerfield, prévue en juin 2026, mais également sous la menace de Reform UK), pourrait relancer la dynamique du Labour.
Burnham défend notamment l’idée d’une représentation proportionnelle, une mesure qui, selon lui, permettrait d’éviter une domination future de Reform UK et de redonner une voix aux régions périphériques. Il a également exclut toute relance du débat sur l’UE, préférant se concentrer sur les enjeux intérieurs, comme le logement, les transports et la précarité.
Ed Miliband, secrétaire d’État à la sécurité énergétique, représente une option plus à gauche. Bien que son passage à la tête du parti de 2010 à 2015 ait été un échec électoral, il bénéficie d’une image d’intégrité et de cohérence idéologique. Son programme, axé sur la transition écologique et la justice sociale, pourrait séduire les militants les plus à gauche, mais son manque de charisme et son passé électoral pourraient constituer des handicaps majeurs.
Ed Miliband, secrétaire d’État à la Sécurité énergétique et à la neutralité carbone, arrive à Downing Street pour assister à la réunion du cabinet, le 14 avril 2026 à Londres, en Angleterre. (Photo : Alishia Abodunde/Getty Images)
La course à la succession de Starmer s’annonce donc complexe et incertaine. Si Streeting semble le mieux placé pour rassembler un large éventail de soutiens, Burnham et Rayner pourraient compter sur l’appui des ailes les plus à gauche du parti. Une élection anticipée pour la direction du Labour pourrait donc déboucher sur un recentrage ou, au contraire, sur un virage plus radical, selon le candidat qui l’emporterait. Plusieurs commentateurs s’accordent par ailleurs à dire que l’accession de Burnham à Downing Street pourrait déboucher sur la convocation d’élections générales anticipées, dans un contexte de poussée de l’extrême droite.
Le Royaume-Uni peut-il éviter l’implosion ?
La situation actuelle est lourde de risques pour l’unité du Royaume-Uni et pour les équilibres géopolitiques européens. Si Reform UK, allié aux conservateurs, venait à former un gouvernement après des élections générales anticipées, on voit bien l’alignement trumpiste qui motiverait sa politique internationale : le Royaume-Uni, qui ne brille cependant pas par l’indépendance géopolitique des travaillistes, ne serait plus qu’un relais européen des MAGA ; l’Ukraine comme toute organisation de sécurité européenne à inventer seraient les premières victimes.
Sur le plan des rapport avec l’Union Européenne, les conséquences d’une victoire de Reform UK seraient majeures. Le parti, farouchement eurosceptique, pourrait non seulement bloquer toute tentative de rapprochement avec l’Union Européenne, mais aussi aggraver les divisions internes (civiles ou régionales) au Royaume-Uni, affaiblissant sa position géopolitique. Keir Starmer, conscient de ce risque, a tenté de recentrer son discours sur un rapprochement avec Bruxelles, notamment en annonçant un nouvel accord incluant un programme de mobilité pour les jeunes et une coopération renforcée en matière de défense et de commerce. Pourtant, ces annonces restent fragiles, dans un contexte de fragmentation politique et de montée des nationalismes. Une résurgence du Labour sous l’impulsion de Burnham ou Rayner pourrait à l’inverse ouvrir la voie à une politique plus coopérative avec l’UE. Burnham a d’ailleurs défendu l’idée d’une union douanière ou d’un alignement sur l’Espace économique européen, sans pour autant rouvrir le débat sur l’adhésion. Une telle orientation permettrait de rassurer les marchés et les partenaires européens, tout en répondant aux aspirations d’une partie de l’électorat progressiste.
Nigel Farage, dont le parti est aujourd’hui en tête des sondages avec 27,3% des intentions de vote (les sondages sont moins flatteurs depuis 3 semaines), pourrait devenir Premier ministre avec moins de 30% des suffrages, grâce aux distorsions du système électoral majoritaire. Une telle perspective alarme les communautés minoritaires, qui craignent une recrudescence des discours xénophobes et des politiques discriminatoires.
synthèse des sondages électoraux mise à jour le 3 juin 2026 réalisée par PollCheck – https://www.pollcheck.co.uk/
Un groupe de voisins mobilisés du quartier de Moseley, à Birmingham. Photo : Andrew Fox
À Birmingham, où Reform UK a devancé le Labour en devenant la première force municipale, des militants antiracistes, comme ceux de Brummies United Against Racism, ont exprimé leur consternation face à une normalisation progressive de l’extrême droite, perçue comme une menace directe pour la sécurité des populations noires, musulmanes et issues de l’immigration.
Les craintes ne se limitent pas à l’Angleterre : en Écosse, où Reform UK a obtenu 17 sièges au Parlement, de nombreuses voix ont souligné l’urgence de tenir les élus du parti à leurs responsabilités, notamment en exigeant qu’ils condamnent sans ambiguïté les propos xénophobes ou les désinformations diffusées par leurs rangs.
Manifestation organisée par le groupe Save Our Future and Our Kids Future (SOF, « sauvons notre futur et celui de nos enfants ») pour s’opposer au logement des demandeurs d’asile, devant l’hôtel Cladhan, à Falkirk (Ecosse), le 6 décembre 2025. CAMERON SCOTT/ZUMA PRESS WIRE VIA REUTERS
Les exemples concrets de dérives ne manquent pas. À Sunderland, un conseiller municipal fraîchement élu sous l’étendard de Reform UK a été suspendu après la découverte de propos racistes en ligne, illustrant les risques d’une radicalisation des pratiques politiques locales. Ces incidents, couplés à des déclarations polémiques de figures indépendantes alliées à des formations d’extrême droite, comme celles d’Akhmed Yakoob (avocat tiktokeur, jusqu’ici proche de mouvements de gauche radicale, communautaristes remarqués pour leur dérive antisémite) à Birmingham, alimentent un climat de méfiance et de division.
Les réactions des dirigeants de Reform UK, comme Richard Tice, qui minimisent ces inquiétudes en inversant la charge de la preuve sur les communautés elles-mêmes, n’ont fait qu’aggraver le sentiment de précarité parmi les minorités. Face à cette montée des tensions, des mobilisations citoyennes se multiplient, à l’image des marches pour l’unité organisées à Glasgow ou à Birmingham. Ces initiatives, bien que symboliques, reflètent une volonté de résistance face à une normalisation du discours d’extrême droite, désormais installé dans les institutions locales et régionales. La polarisation de la société britannique, où des opinions minoritaires peuvent l’emporter avec seulement 20% des suffrages, accentue encore ce phénomène, rendant la cohabitation entre communautés toujours plus fragile, dans une société qui prônait jusqu’ici le multiculturalisme mais qui est avant tout caractérisée par la juxtaposition des communautés.
Dans tous les cas, les tensions avec l’Écosse et le Pays de Galles, dirigées par des majorités indépendantistes ou nationalistes, pourraient atteindre un point de rupture.
En Écosse, le SNP a d’ores-et-déjà prévenu qu’il réclamerait un nouveau référendum sur l’indépendance, bien que la question reste juridiquement bloquée par Westminster. Cependant, la perspective d’une Écosse indépendante au sein de l’UE, défendue par le SNP et les Verts, continue de mobiliser une partie importante de l’électorat. Au Pays de Galles, Plaid Cymru, bien que prudent sur la question de l’indépendance, pourrait à terme être poussé par ses militants à organiser une consultation, surtout si les tensions avec Westminster s’aggravent.
En Irlande, la dynamique est encore plus nette. Le Sinn Féin, déjà à la tête du gouvernement local, voit son influence grandir, tandis qu’un sondage de mars 2026 indique une nette majorité en faveur de la réunification dans les deux parties de l’Île (59 % en République et surtout 63 % dans le Nord). Mary-Lou McDonald voit les sondages replacer son parti en tête en République d’Irlande :
Si le chemin est encore long pour y parvenir, une majorité de gauche, favorable à la réunification, pourrait un jour se constituer sous sa direction (et avec le soutien de la présidente Catherine Connolly), malgré la stratégie des partis de droite irlandais de tout faire pour empêcher son arrivée aux affaires.
Dès le 9 mai 2026, Sinn Féin mettait en scène sur les réseaux sociaux l’alliance des premiers ministres nationalistes.
Michelle O’Neill, First Minister (Sinn Féin) de la province britannique d’Irlande du Nord, a enfin proposé la création d’un comité de liaison entre les premiers ministres écossais, gallois et nord-irlandais, afin de coordonner leurs actions et de peser davantage dans les négociations avec Westminster. Une telle coordination pourrait, à terme, déboucher sur une alliance des nationalismes périphériques contre le centre anglais, dominé par Reform UK ou les conservateurs.
Le Royaume-Uni est aujourd’hui plus divisé que jamais, entre une Angleterre tentée par le repli identitaire, avec un nationalisme anglais très longtemps sous-estimé, et des nations périphériques en quête d’autonomie : on ne dira jamais assez à quel point le ciment de l’identité britannique était l’Empire, permettant aux Écossais, aux Gallois et à quelques Irlandais de participer à un rêve de grandeur fondé sur la domination des peuples colonisés (après l’avoir été eux-mêmes) ; l’Empire est un lointain souvenir, quel ciment reste-t-il donc ?
Les inégalités sociales, géographiques et économiques, déjà parmi les plus fortes des pays développés, risquent encore de s’aggraver, alimentant encore davantage les tensions politiques. Dans ce contexte, les prochains mois seront décisifs. Soit le Royaume-Uni parvient à se réinventer, en proposant une vision qui permette de concilier la gauche travailliste avec ses partenaires obligés que sont désormais les écologistes et les nationalistes écossais, gallois et irlandais, soit il s’enfonce dans le chaos d’un gouvernement d’extrême droite à venir, au risque de voir ses nations constitutives s’éloigner définitivement. Dans les deux cas, les équilibres européens en sortiraient profondément bouleversés.
La Knesset va être dissoute car les partis religieux ont claqué la porte de la majorité qui soutenait le cabinet d’extrême droite dirigé par Benyamin Netanyahu. Le gouvernement propose donc le vote d’une motion de dissolution pour s’assurer que ce ne soit pas celle déposée par l’opposition qui soit symboliquement adoptée. La motion de dissolution passera donc a la quasi unanimité.
La rupture avec les partis religieux, pourtant gavés de subventions publiques par Nethanyahu, découle de leur exigence de continuer à exempter totalement les Haredim (juifs observants orthodoxes) du service militaire au motif que leurs prières seraient indispensables à la protection divine sur Tsahal… Cette clause baroque vient du fait qu’en 1947 David Ben Gourion ne voulait pas s embarrasser avec 2% d’ultra-orthodoxes (alors essentiellement ashkénazes) peu sionistes et peu politisés, alors que maintenant les ultra-orthodoxes représentent 13% de la population (+509% entre 1979 et 2023, contre +135% pour le reste des Israéliens juifs ou arabes) et de surcroît ultranationalistes (il faut y ajouter quelques 10 % d’orthodoxes « classiques »). Les projections démographiques donnent les Haredim à 2,15 millions d’individus, soit 18 % de la population, en 2038, 2,86 millions et 21,2 % de la population pour 2048. Le gros de la population et tout l’état major « historique », qui a largement été limogé par Netanyahu, refusent la perpétuation de ce compromis dépassé : c’est un très fort clivage public.
Deuxième sujet, Netanyahu a, tout comme Trump, de nombreux procès en corruption en attente qu’il tente à tout prix de bloquer, ce qui sous-tend en partie ses alliances avec l’ultra droite des suprémacistes kahanistes, version Ben Gvir et Smotrich qui prônent ouvertement l’expulsion ou l’éradication de tous les Palestiniens, et les barbus ; mais il a contre lui la Cour suprême qui ne plie pas. Il s’oppose également au Président de la République Isaac Herzog qui a refusé l’énorme pression exercée par Donald Trump pour gracier Benyamin Netanyahu : l’enjeu de l’élection à venir sera donc également la préservation de l’État de droit en Israël, les dossiers de la réforme de la Cour suprême (violent affrontement politique qui est antérieur aux massacres du 7 octobre 2023 et aux massacres qui ont suivi à Gaza) ou celui de la réforme de la peine de mort pour les prisonniers palestiniens s’ajoutant à la question des poursuites contre l’inamovible premier ministre.
Tout ça fait beaucoup et l’élection israélienne à la Knesset se jouera plus sur ces sujets que sur la Paix à laquelle personne en croit à court terme dans la séquence actuelle. Si le renversement de la coalition d’extrême droite permettrait peut-être un apaisement dans la bande de Gaza et en Cisjordanie (en vue de s’accorder avec d’autres États arabes), il est moins sûr que cela règle la confrontation avec l’Iran et au Liban.
La coalition centre et droite « laïques » menée par Yaïr Lapid (centre) et Naftali Bennet (très à droite), aidée par les officiers rebelles, ainsi que par une gauche encore divisée malgré la réunification Meretz/Ahavoda, à l’air bien partie ; il faut ajouter dans ce contexte qu’une liste unitaire arabe (allant des communistes aux islamistes) peut tout à fait atteindre une quinzaine de sièges sur 120. Bennet et Lapid se sont engagés ramener la loi qui a disparu en Cisjordanie et à en finir avec les exactions meurtrières et les provocations des colons.
Bien sûr, les massacres du 7-octobre et la guerre horrible et meurtrière pour les habitants de Gaza qui a suivi, pèseront également, mais il est utile de rappeler que Netanyahu empêche là-aussi les commissions d’enquête réclamées sur le conflit, ce qui montre bien qu’il craint ce qui pourrait en sortir et notamment la sur-protection des colons d extrême droite en Cisjordanie et la sous protection des kibboutz progressistes près de Gaza avant le 7 octobre : questions de clientèles…
À suivre…
Nous avons besoin de vous !
Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.