🏦🚩Le 3 mai 1936, les partis politiques de gauche, engagés dans le Rassemblement Populaire (SFIO, PCF et parti radical), remportaient largement le second tour des élections législatives. Le programme signé en janvier 1936 par ces partis représentaient un instrument politique assis sur la règle de désistement au second tour et une feuille de route pour une future majorité parlementaire.
Dès le 23 septembre 1935, la SFIO et le PCF avaient adopté une plateforme commune pour défendre le pain des travailleurs, la paix, sauvegarder les libertés et revaloriser les salaires. Finalement le 11 janvier 1936, ce ne sont pas moins de 10 organisations qui ont signé le programme du rassemblement populaire, notamment la CGT, la CGTU, la LDH, le Comité mondial contre le fascisme et la guerre, etc.
🗳 Le 28 avril puis le 3 mai 1936, la majorité de Front populaire l’emporte avec 317 sièges contre 222 sièges aux droites.
Le 4 mai 1936, Léon Blum revendiquait la tâche de constituer et diriger le gouvernement.
✊Dès le 11 mai et pendant un mois, les ouvrières et les ouvriers français vont déclencher le plus grand mouvement social jamais vu alors : on compte 12.000 grèves, dont 9.000 avec occupation d’usines, entraînant environ 2 millions de grévistes, sans violence, sans la joie, en protégeant et en entretenant l’outil de travail.
il est important pour unir la société et transformer la France que la gauche dispose d’une véritable plateforme programmatique gouvernementale commune et que sa mise en œuvre et/ou son dépassement s’appuient sur le mouvement social et une société mobilisée.
C’est ce mouvement qui donnera au gouvernement de Front Populaire, conduit par Léon Blum nommé le 4 juin (il a refusé de prendre le pouvoir plus tôt ce qui aurait contrevenu aux règles institutionnelles de l’époque, démontrant son respect de la République), la force de conduire un programme de transformation bien ambitieux que le programme prévu, ambition réclamée par les militants de la SFIO mais que le parti radical et les dirigeants du PCF avaient tenu à modérer pour rassurer : les accords Matignon signés dans la nuit du 7 au 8 juin, puis ratifiés par le parlement fin juin sont une reconnaissance majeure de la place de la classe ouvrière dans la société française : ils prévoient une revalorisation des salaires, l’exercice du droit syndical, la liberté d’opinion, l’établissement de conventions collectives, l’élection de délégués ouvriers dans les établissements de plus de dix salariés et aucune sanction pour fait de grève ; les parlementaires ajouteront à ces accords 15 jours de congés payés et la réduction de la durée hebdomadaire de travail des salariés de 48 à 40 heures.🛠
Si la rupture de la coalition du Front populaire et la trahison des dirigeants du parti radical mettront à bas entre 1938 et 1940 l’essentiel de ces acquis, ils seront au cœur du programme du Conseil National de la Résistance qui servira de base pour construire la République sociale à la Libération en 1945.
💡L’échappée belle du Front Populaire, ce printemps et cet été 1936 admirables, nous rappelle combien il est important pour unir la société et transformer la France que la gauche dispose d’une véritable plateforme programmatique gouvernementale commune et que sa mise en œuvre et/ou son dépassement s’appuient sur le mouvement social et une société mobilisée. Un enseignement à répéter plus que jamais aujourd’hui.