L’anti-République en campagne

Ici l’ombre ! Le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour est donc candidat à l’élection présidentielle.
Singeant l’Appel du 18 Juin, après avoir voulu réhabiliter Philippe Pétain, il a choisi de se déclarer le jour où une véritable résistante entre au Panthéon, date anniversaire de la naturalisation de Joséphine Baker. L’artiste engagée est le vibrant symbole de tout ce que le nouveau candidat méprise. Le contraste entre l’optimisme de l’artiste et le déclinisme du mauvais essayiste ne peut que le jeter dans une ombre aussi crépusculaire que le clip vidéo qu’il a diffusé aujourd’hui. Eric Zemmour ne convaincra que le milieu de la petite bourgeoisie réac qui se réveille la nuit en sueur en imaginant se faire « grand-remplacer » et qui lui est déjà acquise.

Les travaux de Johann Chapoutot sur l’effondrement des grands récits nous renseignent en partie sur le « phénomène » Zemmour : Le monde est complexe, très complexe, il est devenu indéchiffrable, tant tout est entremêlé (effet de la mondialisation néo-libérale des 40 derniers années) mais en réalité, le monde a toujours été complexe, l’histoire est une science complexe et vouloir lui donner un sens a toujours été un réflexe humain pour la rendre intelligible… La difficulté, c’est que bien que nous construisions sans cesse des « fictions nécessaires », il n’existe pas de sens à l’histoire.

Les grands récits permettaient de donner un sens à l’histoire, de l’expliquer, l’homme a besoin de sens, il a besoin de croire, pas de savoir. Le socialisme, le communisme, le christianisme ou le républicanisme en France donnaient une vision, un sens clair, simple, lisible, compréhensible. Aujourd’hui tout cela a été balayé. Nous avons besoin de ces récits structurant pour décrypter et comprendre notre monde contemporain. C’est un besoin (Harari, vivement critiquable l’explique néanmoins très bien).

Zemmour arrive, se fout de la vérité, comme le dit si bien Marcel Gauchet il est dans la transgression, la vérité n’a pas d’importance et ça plaît. Qu’importe alors que le caractère plus qu’approximatif et très souvent mensonger de ses affirmations en matière d’histoire ait été largement démontré à plusieurs reprises.

Il répond à l’attente d’un public, il lui propose un récit, une vision du monde et de l’histoire logique, simpliste, caricaturale même et fausse, mais il permet pour beaucoup de s’y retrouver, de donner un sens, une grille de lecture et d’analyse, il répond à ce besoin.
Il s’engouffre dans la brèche laissée par la fin des grands récits. Pour y imposer le sien, celui d’une France fantasmée, chrétienne et blanche, en déclin, au bord de la mort, à sauver. Il offre une nouvelle vie, un nouvel écho, un nouveau porte voix à un camp politique qui n’avait plus connu une telle audience depuis la collaboration. Car c’est exactement ce que porte Eric Zemmour jusqu’à la fin de son discours de candidature où il n’ose pas regarder la France dans les yeux.

« Vive la République, et SURTOUT, vive la France », a-t-il dit… L’adverbe dit tout : il résume l’homme d’extrême-droite dans toute sa (dé)mesure. Cette phrase explique que sa réhabilitation de Pétain n’est pas un accident ou un « dérapage ». Le fond de la pensée zemmouriste tient dans ce surplomb du pays, d’une France éternelle venant exciter sa nostalgie, par-dessus l’idéal républicain et notre démocratie. Ce « surtout » signifie par dessus tout, et en toutes circonstances. La France avant la République quoi qu’il arrive et, en fin de compte, de préférence sans la République. Les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain qu’il tenait tant à réhabiliter ne disaient rien d’autre : dans l’imaginaire du zemmourisme, Pétain sauve la France de la République. Et finalement quand il vante le « pays des chevaliers et des gentes dames », on pourrait rire de l’absurdité de la déclaration mais on se dira avec prudence qu’il préfère donc la France monarchique, qu’il préfère Louis XVI quand il fuit « pour sauver la France » avant d’être découvert à Varennes, qu’il le préfère aux armées républicaines de Valmy, aux poitrines que les citoyens français opposèrent aux armées princières coalisées d’Europe. S’il prétend donc « sauver » la France, souvenons nous des modèles qu’il se donne pour le « sauvetage ».

Rendre le pouvoir aux citoyens

Nous publions une série d’articles visant à mettre en valeur les propositions de notre programme pour 2022, adopté à Marseille le 26 septembre 2021.

Notre démocratie républicaine est mal en point… Comme dans nombre de pays d’Europe, la France est touchée par une préoccupante langueur civique : abstention grandissante, défiance envers les institutions, crise des partis et des syndicats, montée de l’extrême droite et des thèses complotistes. Il y a urgence à réinventer notre modèle démocratique. Cela ne sera possible qu’en restaurant une souveraineté populaire confisquée ; cela ne sera possible qu’en remettant les citoyens au cœur du processus démocratique, en renforçant leur capacité d’intervention. En France, cela suppose aussi de réformer en profondeur nos institutions.

Les dérives monarchiques des institutions de la Vème République ont atteint un niveau que n’auraient pas même imaginé ses concepteurs. Emmanuel Macron a définitivement rabaissé le Parlement, qui est censé représenter pourtant la diversité politique des citoyens français, au rang d’accessoire encombrant… Cette humiliation progressive de la démocratie représentative s’est doublée d’un mépris total pour les corps intermédiaires et les partenaires sociaux, sans qu’aucune avancée sur le plan de la démocratie participative ne vienne les contrebalancer. Confrontée à des défis économiques, sociaux, écologiques et sanitaires monumentaux, la réduction de la démocratie finira par avoir raison de notre République.

Nous voulons rompre avec cette logique de dépression citoyenne, de mépris des Français et de leurs représentants… Nous considérons que notre démocratie sera plus forte si nous faisons confiance à nos concitoyens, cela suppose bien sûr un parlement respecté et plus représentatif mais également de garantir une intervention directe des citoyens dans le débat public et l’élaboration des décisions.

C’est pourquoi parmi ses propositions la GRS défend la nécessité de :

  • Élargir et développer la pratique du référendum : ratification par le peuple de tout nouveau traité européen – et des traités négociés par l’UE –, facilitation du référendum d’initiative partagé en abaissant le seuil à un million de signatures d’électeurs (y compris pour abroger une loi) ;
  • Rendre sa place centrale au Parlement :
    • suppression du droit de dissolution du président de la République ;
    • désignation du Premier ministre par le Parlement ;
    • suppression du dispositif des ordonnances sauf pour les procédures de législation à droit constant (codification, transposition) ;
    • suppression du « vote bloqué » ;
    • remplacement du 49.3 par une procédure de « motion de censure constructive » ;
    • restauration de la compétence du Parlement en matière budgétaire (suppression de l’article 40) ;
  • Développer les pratiques participatives en généralisant la consultation numérique avant l’établissement de nouvelles lois, voire avant les délibérations des collectivités locales…

Kohler : l’affaire relancée ?

Mediapart a raison de dire : « c’est un système ».

Dans une affaire connexe, la réforme, voulue par Hollande, abandonnée suite à la bronca des principaux acteurs (dont un certain Henri Emmanuelli), du rattachement de l’Agence française du développement à la Caisse de dépôts et consignations, le regretté landais se plaignait d’une culture de la haute fonction publique « ignorant le services public », avec un personnel plus soucieux de sa carrière et des intérêts financiers que de l’intérêt général.

Or, il se trouve que c’est l’AdF qui se trouverai au cœur du conflit entre Vincent Bolloré, et son instrumentalisation d’un de ses salariés comme torpille revancharde, et Emmanuel Macron, sur l’Afrique. En favorisant les (conflits d’) intérêts de Kohler avec l’armateur italien MSC en Afrique, le président français gêne les intérêts du corrupteur (il a plaidé coupable en la matière) Bolloré.

L’affaire Kohler est au cœur de la gouvernance macroniste, ce mélange de libéralisme autoritaire et d’affairisme qui rappelle tant le couple Badinguet/de Morny du Second Empire, et au cœur des convulsions de cette pré-campagne présidentielle. Zemmour n’est qu’une monnaie d’échange et un outil d’intimidation dans des manœuvres rappelant le roman L’argent d’Émile Zola – roman d’ailleurs inspiré de faits réels.

Ce qui laisse pantois, c’est qu’une vieille et respectable (bien qu’adversaire) famille politique, la droite républicaine, que l’on pensait plus sereine que cela, perde les nerfs et semble avoir organisé tout son scrutin interne pour séduire l’instrument d’un règlement de compte très trivial entre hommes d’affaires. La chasse au Zemmour est un sport bien fragile : ils trouveraient sans doute plus d’appuis dans la chasse au Kohler.

On est très loin des intérêts des Français, de la France, de la démocratie ou de la République.

C’est pourquoi il va falloir changer de régime, transformer la haute fonction publique et multiplier les champions économiques de taille moyenne pour s’affranchir de la dépendance à quelques familles aux intrigues matrimoniales et financières opaques.

C’est le projet : remonter l’esprit du bien commun, la République, notre économie productive, le pouvoir d’achat de notre peuple, et in fine, le pays.

La remontée est une reconquête.

Eradiquons les violences faites aux femmes

La journée du 25 novembre la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Instaurée le 25 novembre 1999 par l’Organisation des Nations Unies (ONU). Cette date a été choisie en mémoire des trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines brutalement assassinées sur les ordres du chef d’État, Rafael Trujillo.

La violence à l’égard des femmes s’entend comme englobant sans y être limitée, les formes de violences physiques, sexuelles et psychologiques, telles que :

  • la violence d’un partenaire intime (coups, violences psychologiques, viol conjugal, féminicide) ;
  • la violence sexuelle et le harcèlement (viol, actes sexuels forcés, avances sexuelles non désirées, abus sexuels sur enfants, mariage forcé, harcèlement dans la rue, harcèlement criminel, cyber-harcèlement) ;
  • le trafic d’êtres humains (esclavage, exploitation sexuelle) ;
  • la mutilation génitale féminine ;
  • le mariage précoce, le mariage forcé.

Notre pays accuse un retard criant dans la lutte contre les violences faites aux femmes… En 2017, le président de la République disait faire de cette lutte une priorité du quinquennat. Or, depuis 5 ans, les chiffres n’ont cessé d’empirer. Durant les confinements, les appels pour violences conjugales ont triplé et les chiffres continuent de progresser. Le 18 novembre 2021, 101 féminicides étaient dénombrés, déjà 11 de plus qu’en 2020. Au total, ce sont 543 féminicides qui ont eu lieu depuis 2017.
Loin de nous l’idée d’affirmer que rien n’aura été fait : le déploiement de 3000 téléphones grave danger, le renforcement du recours au bracelet électronique anti-rapprochement, le renforcement du contrôle des armes ou encore la création d’un fichiers des auteurs de violences conjugales sont évidemment des mesures utiles… mais elles sont loin du compte.

La lutte contre les violences faites aux femmes ne peut pas être déconnectée de l’environnement dans lequel elles prennent place

Rappelons d’abord que la lutte contre les violences faites aux femmes ne peut pas être déconnectée de l’environnement dans lequel elles prennent place : pour recueillir la parole des femmes victimes, pour les accompagner dans la détresse, pour mener au bout les procédures, punir et réparer, il faut des services publics forts et préparés à cette tâche, dans la police, dans la gendarmerie, dans l’action sociale, dans la santé publique, dans la justice… Ils sont tous à l’os, et sans même parler de la nécessaire formation et sensibilisation des personnels (qui progresse) comment pourraient-ils mener à bien leurs missions sans ajouter de la maltraitance involontaire aux violences subies s’ils sont débordés et manquent des moyens essentiels à leurs missions ?
Il n’y a rien de trivial à dire qu’au-delà même de résoudre de toute urgence la paupérisation du service public, il manque plus d’un milliard d’euros aux dispositifs de lutte contre les violences faites aux femmes. Ajoutons à cela qu’un effort spécifique est nécessaire en matière d’éducation dès le plus jeune âge à l’égalité entre les femmes et les hommes…

En priorité, nous réclamons :

  • le vote d’une loi cadre sur le modèle de celle adoptée en Espagne en 2004 ;
  • le triplement du nombre de bracelets anti-rapprochement (1000 ont été budgétés en France, l’Espagne en compte 2300 pour 47 millions d’habitants quand la France compte 20 millions d’habitants de plus !) ;
  • la mise en place de brigades spécialisées de policiers et de gendarmes ;
  • le triplement des places d’hébergement pour les victimes, avec une action directe de l’Etat (on ne peut laisser l’initiative aux seules communes volontaires), pour garantir un éloignement effectif pour une protection réelle. Plus de 22 000 femmes auraient besoin d’un hébergement pour sortir des violences, puis d’un logement social. En 2021, 7 820 places sont disponibles, soit 1 500 places de plus qu’en 2018 ;
  • la systématisation des prises en charge et des mécanismes d’exfiltration, en lien avec les procureurs, dès les premiers signaux faibles pour lutter contre les phénomènes d’emprise ;
  • la création de juridictions spécifiques, au civil et au pénal, avec des peines plus fortes pour ces actes ;
  • une formation obligatoire pour tous les agents publics qui peuvent être confrontés à de tels faits ;
  • la mise en place systématique d’une protection policière pour les victime et la généralisation des ordonnances de protection (27 000 rendues en Espagne en 2018, contre 1600 en France).

BENTELER AUTOMOTIVE MIGENNES : Maintien inconditionnel du site et des emplois industriels

Arnaud Montebourg est aujourd’hui, mardi 23 novembre en déplacement à Migennes dans l’Yonne pour défendre la lutte des 400 salariés de cette usine d’équipements automobiles, propriété de l’équipementier allemand Benteler. Nous demandons avec lui que le gouvernement agisse pour sauver le site industriel et ses 400 emplois. La société mère prétexte pour fermer le site des difficultés financières depuis 2007 et l’absence de repreneur : nous savons qu’il existe cependant des repreneurs et que l’Etat peut agir. Nous devons plus laisser défaire nos sites industriels et au contraire accompagner leur mutation.

Nos camarades du département de l’Yonne avaient réagi dès le lendemain de l’annonce de la fermeture du site par Benteler le 18 novembre 2021. Voici leur communiqué de presse :

« Hier, 18 novembre, les dirigeants du site icaunais de Benteler Automotive, équipementier automobile, a annoncé la fermeture de son usine icaunaise, provoquant une menace directe sur les 400 emplois locaux.
La Gauche républicaine et socialiste 89 soutient le mouvement de grève illimitée déclenché hier lors de l’annonce de cette terrible perspective ainsi que toute démarche unitaire organisée en vue de la défense de ce site.
Elle considère qu’il faut créer un front commun des élus et organisation politiques pour s’opposer à cette nouvelle étape de la désindustrialisation du département après la fermeture de SKF Avallon en mai dernier (près de 200 salariés).
Elle soutient un traitement de même nature que celui réservé à Ascoval dont la délocalisation vient d’être temporairement stoppée.
L’emploi industriel est une valeur centrale du redressement économique du territoire. Il doit être inconditionnellement défendu et développé. »

Ensemble, toujours mobilisés contre le SIDA

C’est la semaine internationale du dépistage du HIV, le 1er décembre, journée internationale de lutte contre le Sida, et cette année, cela fait 40 ans que la lutte contre le sida a démarré !

Cette lutte paye, car nous n’avons jamais été aussi proche de l’éradication de la maladie : grâce aux traitements, la charge virale est indétectable et le virus non transmissible.

Mais encore faut-il que les malades aient accès au traitement, et encore faut-il que les séropositifs connaissent leur statut sérologique.

Selon le Fonds mondial de lutte contre le sida, le Covid-19 a gravement perturbé l’accès aux systèmes de santé, aux tests de dépistage et aux traitements, auprès des personnes clés et vulnérables. Ainsi, en 2020, le dépistage du sida a globalement fléchi de 22%, retardant le début des traitements dans la plupart des pays.

Beaucoup trop de personnes ignorent qu’elles sont séropositives en France, pourtant plusieurs types de test de dépistages accessibles existent les TROD (Test Rapide d’Orientation Diagnostique) et autotest ou encore le dépistage au laboratoire sur ordonnance.

« Au labo sans ordo » est un dispositif expérimental à Paris et en région PACA en cours depuis juillet 2019. La prochaine loi de financement de la sécurité sociale devrait permettre son extension à tout le pays : ainsi le dépistage du SIDA gratuit et sans ordonnance en laboratoire sera possible à partir du 1er janvier 2022. A l’instar du dépistage du Covid-19, il suffira de se rendre en laboratoire avec sa carte vitale, de procéder au test VIH et les résultats seront disponibles sous 24 heures.

La Gauche républicaine et socialiste alerte sur la nécessité de multiplier les campagnes d’information, les dépistages, apporte tout son soutien aux associations et à tous les acteurs bénévoles mobilisés dans la lutte contre le sida, afin d’atteindre l’objectif de ONUSIDA d’éradiquer l’épidémie en 2030. La GRS appelle enfin à renforcer les moyens accordés aux structures sanitaires des pays les plus pauvres de la planète pour une réelle efficacité dans la lutte contre le SIDA.

Le spectre de la réaction plane sur le Chili

Dimanche 21 novembre se tenaient les élections présidentielles et législatives chiliennes. Si la gauche emporte la majorité absolue au Parlement, le candidat de la réaction ordo-libérale nostalgique de Pinochet est arrivé en tête du scrutin présidentiel.

Depuis bientôt trois ans, le Chili connaît une révolution démocratique et sociale qui met à mal l’héritage du dictateur Augusto Pinochet. La répression n’est jamais venue à bout des grèves et des manifestations qui ont secoué le pays en 2019. Un référendum a confirmé la volonté populaire d’en finir avec la constitution écrite par Pinochet, et les élections de l’Assemblée constituante avaient privé la droite de sa minorité de blocage, tandis que la gauche radicale et les indépendants issus des mouvements sociaux dépassaient pour la première fois la coalition de centre-gauche des socialistes et des chrétiens démocrates.

Engluée dans des affaires de corruption et ayant perdu toute légitimité, la droite conservatrice au pouvoir est allée d’échec en échec, et n’apparaît plus en mesure de maintenir le statu quo libéral.

Après de deux années d’élan progressiste, les forces héritières du système Pinochet ont confié leurs intérêts dans les mains du candidat d’extrême droite

Pourtant, les élections d’hier semblent montrer un essoufflement de l’élan progressiste à l’œuvre au Chili depuis 2019. José Antonio Kast, candidat d’extrême-droite, défenseur forcené de Friedman et partisan de la répression contre les peuples autochtones, arrive en tête avec presque 28% des voix, alors qu’il n’en avait obtenu que 8% aux dernières élections présidentielles. La force de sa campagne est d’avoir réussi à avoir enrobé la réaction dans un discours qui promettait autre chose que le maintien de l’infrastructure juridique de l’ère Pinochet. Plutôt que de défendre un statu quo libéral, il a proposé de l’étendre et de confier encore plus de pouvoir au marché. Un désastre social en perspective, mais un succès politique pour un camp jusque-là tétanisé. Il était aussi le seul candidat à défendre le maintien du système de retraites par capitalisation intégralement confié au secteur privé, même la droite conservatrice promettait de réformer le système.

Cette réaction économique est associée à une opposition farouche au droit à l’avortement et au mariage homosexuel. Dans un pays encore fortement marqué par le cléricalisme, cette double réaction, associée à un faible de taux de participation des classes populaires, a permis l’émergence d’un candidat marginal il y a encore quelques mois.

À l’autre bout du champ politique, Gabriel Boric, figure centrale des mouvements contestataires de ces dernières années, obtient 25% des voix. Soutenu par la coalition construite autour des communistes et de la gauche radicale Apruebo Dignidad, il réussit à se qualifier pour le second tour, ayant fait une campagne diamétralement opposée à celle de M. Kast : instauration de l’État-providence, nationalisations, hausse des salaires, impôts progressifs, défense de l’avortement et du mariage homosexuel, et règlement pacifique de la contestation des autochtones Mapuche.

Gabriel Boric, figure centrale des mouvements contestataires chiliens, porte sur ses épaules les derniers espoirs du camp du progrès

Les deux partis qui ont structuré la vie politique chilienne depuis le retour de la démocratie, la coalition de droite conservatrice Chile Vamos et celle des socialistes et chrétiens démocrates « Unité Constituante », étaient respectivement représentés par Sebastian Sinchel et Yasna Provoste. Ils s’effondrent tous les deux autour de 12% des voix, incapables de trouver une dynamique politique parce que n’ayant pas renouvelé leur discours, défense du statu quo libéral pour les premiers, mesures d’accompagnement du capitalisme pour les seconds.

L’économiste Franco Parisi, libéral, réussit à les dépasser tous deux et obtient 13% des suffrages. Contrairement aux autres libéraux Kast et Sinchel, il a inscrit sa campagne non pas en réaction au mouvement social, mais dans sa continuité, se présentant comme un candidat anti-système.

Au parlement, toutefois, la gauche dispose d’une courte majorité. Avec 79 sièges cumulés à l‘assemblée nationale, elle devance la droite qui n’en obtient que 74. Il n’y a toutefois pas de quoi se réjouir démesurément. La coalition radicale Apruebo Dignidad et celle des modérés « Unité Constituante » sont à égalité, avec 37 sièges chacun. Ils devront composer avec les verts, qui obtiennent deux sièges, et le parti humaniste, qui en obtient trois.

À droite, si les présidentielles ont été catastrophiques pour la droite conservatrice traditionnelle, les élections législatives ont en revanche été moins dévastatrices. Chile Vamos reste majoritaire, avec 53 sièges, tandis que le Frente Social Cristiano de J. A. Kast obtient 15 députés, et le Partido de la Gente de F. Parisi en obtient 6.

Les indépendants, grands vainqueurs des élections constituantes, sont cette fois-ci balayés, et n’obtiennent que deux sièges.

Ainsi, le formidable élan populaire constaté depuis bientôt trois ans semble encorné. Si la plupart des partis de gauche ont déjà appelé à voter pour Gabriel Boric, les chrétiens-démocrates, composante majeure de la coalition de centre-gauche formée avec les socialistes, n’ont pas encore pris de décision. Une potentielle coalition au Parlement, en l’absence d’un bloc de gauche uni aux présidentielles face à l’extrême droite, sera difficile à constituer. À droite, si les conservateurs soutiennent J. A. Kast, les libéraux et F. Parisi n’ont pas encore fait état de leur choix.

Quelle que soit l’issue du scrutin présidentielle, les Chiliens font face à un avenir politique incertain

Le Chili est à la croisée des chemins. Le 19 décembre, le peuple chilien devra choisir entre un candidat qui rejette en bloc le mouvement social, et un candidat qui en est issu. Dans cette polarisation extrême, l’attentisme des centristes ne fait que confirmer le rejet général de la classe politique.

Des questions plus inquiétantes restent posées. Que ferait l’armée, qui n’a jamais eu à répondre des crimes commis à l’époque de Pinochet, en cas de victoire de la gauche ? Comment réagiraient les forces sociales en cas de victoire de l’extrême droite ? Quelle attitude adopteront les États-Unis, dont l’ingérence dans la politique chilienne est coutumière ?

Le chemin reste long vers la République sociale au Chili, mais il existe.

Il faut à nouveau recourir fortement au Télétravail

Bien que notre pays semble pour le moment être en meilleure situation que nombre de ses voisins face à la cinquième vague de COVID-19, celle-ci ne fait pourtant aucun doute et la montée des contaminations est probable dans les semaines à venir avec un décalage avec le reste de l’Europe, largement dû au fort taux de vaccination en France.

La Gauche Républicaine et Socialiste considère qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Si notre niveau de vaccination nous préserve sans doute d’être submergé par une vague d’hospitalisations massives, nous constatons avec amertume que, depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement n’a jamais tiré les leçons des graves défaillances de notre système de santé publique, qu’elle a révélées et qui sont la conséquences de 15 ans de politiques d’austérité imposées à l’hôpital public… Le gouvernement et les ARS continuent de fermer des lits et des services et le « Ségur de la Santé » n’a en rien changé la logique néolibérale délétère appliquée à la santé publique, qui désespère les soignants et leur fait quitter en masse leurs missions.

Ainsi même avec une hausse limitée des hospitalisations, notre pays et nos hôpitaux risqueraient d’être confrontées à des difficultés importantes qui entraîneraient après coup des mesures de restriction plus radicales et socialement difficiles à supporter.

Qu’est-ce qui nous reste dans la boîte à outils qui n’a pas encore été suffisamment utilisé ? Le télétravail est évidemment un outil majeur dans ce que nous pouvons et devons mettre en œuvre maintenant ! C’est une décision qui relève du dialogue entre l’État et les entreprises, mais qui pourrait probablement optimiser notre réponse à la cinquième vague et ne pas créer de tensions excessives dans les hôpitaux en limitant les contaminations.

Or à la date du 30 septembre, les entreprises imposant au moins un jour de télétravail par semaine ne représentaient plus que 10 % de salariés (après 19 % fin août), selon la DARES. Cette proportion a encore baissé depuis. Au-delà de limiter les contaminations sur le lieu de travail, sans empêcher une large partie de l’activité économique, cette mesure aurait pour intérêt majeure de limiter les contacts et une promiscuité importante dans les transports en commun des grandes agglomération de notre pays : sauf à croire en la fable qui voudrait que le virus ne prenne pas le métro, il suffit de regarder le niveau de saturation des transports en commun en Île-de-France depuis septembre pour comprendre que le seul port du masque n’est pas suffisant pour limiter les contaminations dans le cadre d’une 5e vague lorsque les salariés en transit sont littéralement entassés les uns sur les autres. La diminution des flux dans les transports en commun serait également bien venue pour les travailleurs qui ne peuvent pas effectuer leurs mission en télétravail, car elle limiterait la promiscuité à laquelle ils sont exposés.

La Gauche Républicaine et Socialiste demande donc avec insistance que le gouvernement impose à nouveau deux à trois jours de télétravail dans les administrations publiques et les entreprises pour les salariés qui peuvent exercer leurs tâches à distance.

Il faut créer un délité de trahison économique

Les articles 410–1 et 411-1 à 9 du code pénal concernent le fait de fournir à une puissance étrangère des informations de nature à porter atteinte à la sécurité du pays et à ses intérêts vitaux. Il ne concerne pas le défaut d’information du gouvernement français par le patron d’une entreprise française avant de vendre une entreprise stratégique à l’étranger. Le code pénal ne peut en aucun cas être invoqué pour cela puisqu’en droit pénal l’incrimination est précisément définie.

Pour pouvoir sanctionner un patron qui vend à la sauvette une entreprise figurant sur une liste d’entreprises considérées comme stratégique par le gouvernement, sans avoir averti au préalable le gouvernement comme le prévoirait un code pénal modifié, il faut bien, comme le propose Arnaud Montebourg, modifier le code pénal et créer ce délit de trahison économique des intérêts nationaux.

Nous remercions Manuel Bompard de montrer dans l’échange qu’il a entamé sur le sujet qu’au-delà des désaccords politiques et de la dureté d’une campagne électorale, il existe encore des sujets sur lesquels nos réflexions convergent malgré quelques différences. Nous apprécions que le débat se fasse dans le respect…

Allocution présidentielle pour campagne électorale

Emmanuel Macron conjugue culot et indécence: cette allocution qui devait être consacrée à la recrudescence relative du COVID-19 a été le prétexte à vanter son bilan: 11 mn sur la #crisesanitaire 17 mn sur son bilan : une entrée en campagne aux frais du contribuable.

Concernant le chômage, soit Emmanuel Macron n’a aucune notion en mathématiques, soit il choisit ouvertement de mentir aux Français: on ne peut pas avoir « 3 millions de chômeurs » avec un « taux de 7% ». La France aurait-elle subitement la même population active que l’Allemagne?
En ce jour de grève du chômage par les volontaires du dispositif territoire zéro chômeur de longue durée, le président de la République a entamé un discours fleuve sur lequel il aborde la question du travail en prenant l’axe du contrôle et de la contrainte.
Tout d’abord en ciblant les jeunes, on peut saluer la volonté de formation, mais le contrat jeune existe déjà sous forme de garantie jeune et il serait insultant de faire croire que l’allocation n’est pas conditionnée à une formation, à une recherche recherche emploi …
Pour les plus âgés, Emmanuel Macron à continue en se félicitant delà réforme du chômage qui serait soi disant plus motivante pour un retour à l’emploi. Ceci alors même que le calcul est très défavorable au travailleur et surtout sans se poser la question des freins à l’emploi: qualification, rémunération, mobilité, garde d’enfant…
Enfin, sans surprise, le président a prône l’allongement du temps de travail ce qui est en contradiction avec les 2 précédents sujet à savoir l’accès à l’emploi et sans aucune considération de la pénibilité au travail. Nous dénonçons enfin cette idée fausse et indécente, ce mensonge odieux d’un représentant des classes possédantes selon lequel le chômage paie plus que le travail : Ça n’existe pas ! La réalité est le travail ne paie pas assez et que le chômage est une misère !

Mensonge encore un peu plus tard sur la lutte contre le COVID-19, car Emmanuel Macron ne peut pas dire que nous avons eu les vaccins très vite grâce à l’Europe, puisque Israël ou le Royaume-Uni les ont obtenus bien largement avant nous.

Emmanuel Macron ne parle donc que de travailler plus, mais jamais de faire contribuer le capital. En réalité, ce travail supplémentaire ne financera pas le modèle social, puisque le chômage est moins indemnisé et que les retraites baisseront s’il est réélu.
Reconquérir du terrain sur le Capital le mettre à profit pour créer des activités d’avenir, de l’emploi et des revenus pour les Français, c’est au contraire le projet que nous défendons dans le programme de la Gauche Républicaine et Socialiste et avec la candidature d’Arnaud Montebourg.
A contrario avec Emmanuel Macron , le travail supplémentaire financera le capital, les dividendes et l’évasion fiscale dont les plus riches sont depuis toujours les champions du monde! Non! La richesse doit financer le bien être collectif et la résilience climatique.

Nous avons besoin de vous !

Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.