Les Outre-mer ne peuvent être tenus responsables de plusieurs années de politiques publiques inadaptées à leurs besoins !

La Martinique, la Guadeloupe et la Polynésie française ont été une à une reconfinées du fait d’une quatrième vague du Covid-19, causée principalement par le variant delta. Cette situation pandémique, qui s’est largement dégradée au mois d’Août, voit le taux d’incidence (nombre de tests positifs pour 100.000 habitants par semaine) atteindre des pics inédits avec plus de 1.165 cas pour la Martinique, 1.747 cas en Guadeloupe et 2.800 cas en Polynésie.

Les personnels soignants des Antilles et de la Polynésie doivent désormais gérer les pénuries de lits et de matériels au jour le jour. Ainsi, en Martinique et en Guadeloupe, l’accès des malades aux soins intensifs fait l’objet d’un tri drastique et dramatique avec des évacuations vers des hôpitaux de l’Hexagone. Heureusement, qu’au-delà des failles de l’État, c’est dans un élan de solidarité nationale que se sont organisées des renforts humains et matériels pour appuyer et soulager les structures sanitaires sur place.

Mais pourquoi une telle flambée épidémique ? Selon les autorités, elle est due à un faible taux de vaccination des populations des Antilles. Ainsi, en Martinique l’Agence Régionale de Santé (ARS) dénombre un taux de couverture vaccinale de 21,2% de la population majeure, 32,86% en Guadeloupe (contre 41,74% à Saint-Martin et 71,63% à Saint-Barthélémy) et 29,3% en Polynésie contre 68,5% à l’échelle de la France entière.

Pourquoi un aussi faible taux de vaccination ?

Pour expliquer ce faible taux de vaccination, certains parlent de réticences culturelles, dues entre autres à l’insularité, et à « un manque de responsabilité » des populations concernées face à la campagne vaccinale. D’autres sont même allés jusqu’à mettre en avant une « inclinaisons des populations » à se protéger de la maladie en pratiquant le Voodoo ou encore d’autres rituels mélangés à la médecine traditionnelle. La Gauche Républicaine et Socialiste rejette en bloc de telles insinuations qui ne font que stigmatiser nos compatriotes ultramarins tout en dédouanant l’État de ses responsabilités.

D’une part, n’oublions pas que ces territoires, ont un passé complexe du fait des blessures historiques héritées du passé colonial de notre pays et de l’esclavage. Certaines plaies sont encore ouvertes et reste alimentées par les erreurs stratégiques de l’État et les manques en termes de politiques publiques adéquates dans ces territoires. Cela ne permet pas d’améliorer la situation et la vision qu’ont une partie de nos compatriotes ultramarins vis-à-vis de la France Hexagonale.

D’autre part, ces territoires n’ont pas attendu la pandémie de Covid-19 pour connaître des difficultés sanitaires. Les problématiques engendrés par la pollution des Antilles par l’usage de la chlordécone et le flou qui existe autour des retombées radioactives des essais nucléaires en Polynésie en sont les meilleurs exemples. Les populations ont ainsi pu y constater les défaillances de l’État quand il aura été question de mettre en place des politiques de reconnaissance et de réparation adaptées à ces deux catastrophes sanitaires et écologiques.

D’ailleurs, la régularité des promesses, souvent non-tenues, et les déclarations dissonantes des membres du Gouvernement n’ont fait qu’alimenter les craintes et les angoisses des populations. Il n’y a donc rien d’étonnant quand on voit que les décisions et les annonces des autorités soient peu comprises, jugées incohérentes et vécues comme des « mensonges d’État ». Rappelons que les premières plaintes portées contre les ARS et le Préfet pour refus de traitements à l’hydroxychloroquine provenaient justement de la Guadeloupe et de la Martinique.

À partir de ce constat, comment pouvons-nous espérer créer une adhésion autour d’un vaccin produit en l’espace d’un an alors que des traumatismes profonds existaient déjà depuis plusieurs décennies ?

Des déserts hospitaliers patiemment installés

Une autre illustration concerne la lenteur de l’État à agir sur les problématiques hospitalières. Pour ne prendre que l’exemple de la Martinique, cela fait plusieurs années que le Centre Hospitalier Universitaire subissait une situation très dégradée avec des difficultés notamment sur les conditions de travail des agents hospitaliers, des manques d’effectifs de personnels de santé et de médicaments et de produits de désinfection, des locaux vétustes, des manques en matière d’équipement, etc. Il aura fallu attendre plusieurs années, des manifestations régulières et une pandémie, malgré les appels récurrents des élus locaux, pour qu’une enveloppe de 500 millions d’euros soit octroyée par le Gouvernement, seulement en mars 2021. Pendant ce temps, les populations souffraient en temps normal de difficultés d’accès aux soins.

Comment espérer qu’une enveloppe budgétaire, arrivée trop tard, puisse permettre aux structures hospitalières de s’armer correctement face à la virulence de la dernière vague pandémique ? Une communication appropriée et un travail de pédagogie sur l’importance de la vaccination auraient été plus efficaces que des moyens financiers tardifs.

Catastrophe économique et sociale

Au-delà des effets sanitaires de la pandémie, les implications économiques pour ces territoires sont terribles. Les Outre-mer connaissaient déjà des freins structurels alimentés par les spécificités telles que l’éloignement géographique, les conditions climatiques difficiles et de moins en moins prévisibles, et l’insularité. Pour rappel, la première vague épidémique avait eu des effets négatifs en Martinique avec un recul de la valeur ajoutée totale de 4,4%, 5,1% en Guadeloupe et 3% en Polynésie.

L’année 2021 devait leur permettre de rouvrir les vannes, notamment pour les secteurs en liens avec les activités touristiques et nautiques qui avaient souffert d’un fort manque à gagner. La nouvelle vague pandémique risque d’accentuer la dégradation du tissu économique dans des territoires où le taux de chômage, surtout des jeunes, et les destructions d’entreprises pesaient déjà sur les conditions de vie des populations.

D’autres territoires ultramarins restent fragiles face à cette pandémie, notamment Mayotte – où les infrastructures publiques ne permettent pas de respecter les gestes barrières convenablement – et la Guyane – où les peuples autochtones restent vulnérables. Nous y constatons des freins similaires et les populations risquent d’y connaître des difficultés similaires aux Antilles et à la Polynésie.

Face à cette situation est intenable pour nos compatriotes des Outre-mer, la Gauche Républicaine et Socialiste exhorte le Gouvernement à tout mettre en œuvre pour éviter, au-delà des effets négatifs de la pandémie, un embrasement politique et institutionnel qui pourrait mettre à mal le socle républicain.

L’Hartz et la manière

Depuis 20 ans, l’Allemagne fustige les chômeurs et les pauvres.

Les réformes Hartz4, inspirées par Rudolf Steinmeier, actuel président de la République allemande, à ¨Gerhard Schröder, alors chancelier SPD, et Joschka Fischer, Vice chancelier Vert, ont été notamment mises en œuvre par Olaf Scholz, secrétaire général du SPD chargé de “tenir le parti” au moment du vote de l’agenda 2010, puis ministre du travail de la grande coalition avec Angela Merkel.
Celle-ci a toujours rendu un hommage appuyé à ces réformes du marché du travail.

5 millions d’Allemands en âge d’être actifs sont passés suite aux réformes au statut de récipiendaire du minimum social Hartz4. Selon les théories du marché du travail néolibéral, ils ont choisi leur condition, c’est de leur faute s’ils ne sont pas en emploi.
Hartz4 s’accompagne dès lors d’une batterie de contrôles et de règles privant les 5 millions des plus modestes de leur liberté sur des décisions les plus intimes : logement, se marier ou l’on, avoir un enfant ou non, leur vie est depuis 15 ans sous tutelle.

Ce système de contrôle et de punition – rappelons qu’une jeune femme fut sanctionnée d’avoir refusée de travailler dans un bordel, rappelons que le degré de désespoir des récipiendaires et l’absence de salaire minimum vit l’Allemagne offrir des salaires à 1,5 Euro de l’heure – est bien sûr inefficace quant à la réinsertion professionnelle : 5 millions de personnes étaient sous le régime en Hartz4 en 2008, elles y étaient toujours en 2018.

La stratégie de la déflation salariale

Dans la même période, la déflation salariale, à peine ralentie par la mise en place d’un salaire minimum à partir de 2013, a fait passer le taux de pauvreté de 11% en 1998 à 17% en 2019.
Dans la même période, l’Allemagne a été l’un des pays les plus prospères d’Europe, voyant à partir de 2010 ses excédents commerciaux dépasser plus de 6% du PIB – une limite pourtant jugée aussi essentielle à la stabilité de la zone euro que la limite de 3% de PIB de déficit public, mais à laquelle l’Allemagne ne fut pas tenue de se tenir – et accumuler chaque année plus de 200 milliards d’euros en excèdent de sa propre consommation.

Sous Angela Merkel, alors que 17% des Allemands (1 salarié sur 10) est sous le seuil de pauvreté, l’Allemagne a accumulé plus de 2.200 milliards de liquidités grâce à son excédent commercial qu’elle n’a ni réinvestie ni consommée.
Le choix a été fait de faire monter le bas de laine des plus riches plutôt que de préparer le pays aux enjeux du futur : crise climatique, crise démographique, retard d’infrastructures technologiques, retard pédagogique et risques sanitaires.
Les pauvres payent la facture.

Aujourd’hui, dans ce contexte où le taux de chômage de moins de 5% ne décrit pas la réalité sociale du pays – avoir un emploi ne protège pas de la pauvreté -, le responsable du pôle emploi allemand affirme que l’Allemagne a besoin de 400.000 migrants hautement qualifiés par an.

Industrie alimentaire et spéculation immobilière : symptômes de la crise du système allemand

La crise du Covid a illustré deux bouts de l’économie allemande : en avril 2020, c’est l’industrie agroalimentaire qui devenait le principal foyer infectieux. Alors que l’Allemagne fut relativement épargnée par la première vague, les abattoirs, les foyers d’ouvriers agricoles, les établissements vivant de salariés payés le plus vilement possible, obligés de rembourser leur salaire en payant l’hébergement à leurs employeurs, comme dans le système des mines décrit par Zola dans Germinal, sans contrôle sanitaire, contaminèrent jusqu’à 80% de leurs salariés.
L’Allemagne a découvert que son alimentation pas chère était produite dans des conditions de travail et de salaire qu’un pasteur de Basse-Saxe – la région dont Schröder fut longtemps le président- qualifia “d‘esclavage”.

La déflation sur les biens primaires de consommation était essentielle en contexte de déflation des bas salaires pour empêcher l’apparition d’une force politique alternative.
Les ouvriers qualifiés et les professions intermédiaires et supérieures ont, elles, vu une progression de leurs revenus. Les 25% de salariés les mieux payés en Allemagne ont capté l’essentiel des gains de productivité répartis en salaires.
Ils sont dès lors les alliés objectifs d’une forme de statu quo.
La nécessité de maintenir les cours de consommation bas explique également l’obsession de la puissance publique de ne pas investir, de ne pas moderniser les réseaux de télécommunications, les routes, les ponts, les bâtiments.

Le secteur du logement n’est par contre, à l’autre bout, pas pris en compte dans la mesure de l’inflation. Or, dans un pays de locataires, où des millions de logements étaient en propriété publique, où l’offre abondante permettait de maintenir de bas prix, l’afflux de ces 2.200 milliards de liquidités en 12 ans a complètement déséquilibré ce marché.
Une bulle spéculative immobilière a permis aux principales villes allemandes de rattraper les autres villes d’Europe et a accru (et continue d’accroître) de manière considérable la pression sur les 30 millions de foyers modestes en Allemagne.

Ces deux phénomènes : secteur agroalimentaire offrant de la nourriture moins chère au prix de conditions de travail esclavagistes (expliquant au passage comment l’Allemagne a taille des croupières à l’agro-alimentaire français), refusant par exemple de respecter les lois européennes sur les nitrates et préférant assumer tout à la fois pollution et amende européenne, et secteur immobilier servant de débouché aux liquidités – dans un contexte où l‘État, déflationniste, n’offre pas par l’emprunt d’investissements rémunérés de débouchés – expliquent aussi pourquoi la démocratie allemande est tombée malade.

Alors, on en est pas à la septicémie démocratique à la française, mais la crise allemande du système de représentation suit avec quelques années d’écart la crise sociale.

Nous sommes particulièrement inquiets de l’évolution de la situation. Les élites patronales continuent de réclamer baisses d’impôts, abandon de l’école et immigration qualifiée, pour maintenir la pression sur les salaires à la baisse et délocaliser le coût de la formation sur d’autres pays.
En même temps, c’est un gros tiers de la population allemande qui n’a rien vu des 12 années de prospérité incroyable depuis la crise financière de 2008.

La crise pandémique sert de révélateur à des maladies plus anciennes. Mais la crise climatique ne pourra être affrontée que de deux manières : soit solidairement, et les classes supérieures devrons comprendre leur responsabilité particulière et donc la légitimité à leur réclamer l’essentiel de l’effort national, soit chaque classe pour soi, et c’est la promesse de drames bien plus terribles encore que ceux de la crise climatique.
Il n’y avait qu’une famille de pensée en Allemagne qui me semble vouloir affronter ces défis avec courage et lucidité. Elle vient de se faire ostracisée dans le parti politique où elle s’organisait jusqu’alors : Fabio De Masi, d’un côté, et Sarah Wagenknecht (et son mouvement Aufstehen), de l’autre, ont été peu ou prou écartés des postes de direction réels des Linke (et Wagenknecht se remet à peine d’une forme de burn out politique).

Le SPD dominé par un “Schröder-Boy”, la droite par un Laschet – synthèse petite bourgeoise d’un Copé et d’un Wauquiez – et les Verts par une Baerbock, soucieuse de son pouvoir plus que la cause, vont décider de l’affaire, pendant que les Linke, après l’épuration des marxistes, restent entre “gauchistes infantiles” et social-démocrates à l’ancienne et sont en route pour manquer les 5% (seuil nécessaire pour être représenté au Bundestag). L‘AfD semble en pleine crise interne ; le FDP est en embuscade pour revenir au pouvoir et empêcher toute redistribution, tout investissement public, toute lutte contre le changement climatique. La réponse ne viendra donc pas de l’élection de septembre 2021, mais des mouvements, associations et nouvelles alliances qui suivrons.

N’attendez pas ici un mot d’hommage à la chancelière qui s’en va. Son règne fut celui d’un immobilisme bourgeois troublé par des foucades électoralistes conduisant dans l’affect à des décisions structurantes malgré elle même.
Ceux qui se félicitent de sa stabilité et de sa réussite économiste crachent au visage d’un tiers des habitants de ce pays qui ont été systématiquement exclu du partage.

https://www.destatis.de/DE/Presse/Pressemitteilungen/2021/03/PD21_113_p001.html?fbclid=IwAR3SJKrXCmVTk9wBmSTzZUr3xNMBLLgmZASNhmt3bEQ5cGPemqE31775oz8#:~:text=113%20vom%2010.,so%20hoch%20wie%20noch%201998

La réponse à la crise climatique passe par la responsabilité collective

Le rapport 2021 du GIEC publié le 9 août 2021 confirme qu’une large partie du changement climatique est désormais irréversible, que ses signes en sont déjà visibles. Les partisans du capitalisme néolibéral et Emmanuel Macron vont tenter à nouveau d’insister sur la responsabilité des comportements individuels ; pourtant c’est bien notre modèle économique qui doit radicalement changer, alors même qu’aucune théorie économique contemporaine n’intègre l’énergie (et donc la production de CO2 dans ses modèles), ce qui nous laisse relativement démunis. Quelques semaines après le fiasco de la loi « climat résilience » et le coup monté sur le référendum constitutionnel, Emmanuel Macron continue de ne pas comprendre qu’il faut des actes et non un plan de communication pour la présidentielle. Nous allons devoir inventer et bouger vite.

Dans son dernier rapport le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) confirme l’importance et l’origine humaine du réchauffement climatique planétaire. Par rapport à la deuxième moitié du XIXème siècle, la température moyenne de la décennie 2010-2020 a augmenté de près d’1,1°c. Ce réchauffement inédit est directement induit par l’augmentation de la concentration dans l’atmosphère des gaz à effets de serre (CO2 mais aussi méthane) émis par l’activité humaine. Indépendamment des futures mesures mises en œuvre, ce réchauffement va se poursuivre sur une durée longue. Après une partie constat, le rapport du GIEC montre dans une partie prospective l’impact de différents scénarios d’émissions carbone (de la neutralité jusqu’à l’accélération en passant par la maîtrise) sur l’évolution du climat, l’ampleur du réchauffement dans les prochaines décennies. Même dans les hypothèses les plus optimistes, les changements seront majeurs.

Le réchauffement moyen de la planète s’accompagne d’une montée du niveau des eaux océaniques qui va impacter l’ensemble des zones côtières. Il induit aussi une augmentation de la fréquence des événements extrêmes : canicules, sécheresses, crues, inondations et pluies diluviennes, cyclones, etc. Les scénarios les plus pessimistes n’excluent plus la survenue de phénomènes majeurs, tels que des changements de courants océaniques susceptibles de modifier de façon violente le climat de l’Europe de l’ouest.

L’humanité se trouve ainsi confrontée à un défi majeur ; ses conditions d’existence seront mises à rude épreuve dans les décennies à venir. Il importe tant de travailler à réduire les émissions de gaz à effets de serre pour limiter l’ampleur du réchauffement que d’organiser et de préparer nos sociétés à vivre au mieux dans ce nouvel environnement. Pourtant, depuis la création du GIEC en 1988, la remise de son premier rapport sonnant l’alarme climatique en 1990 et le premier sommet de la planète à Rio en 1992, rien n’a vraiment bougé : année après année les émissions mondiales de CO2 ont continué de croître et les températures moyennes de monter. Même la remise commune d’un prix Nobel de la paix au GIEC et à Al Gore qui s’était beaucoup démené pour communiquer sur l’urgence climatique n’y a rien fait.

Le problème est certes global et nécessite des politiques concertées à l’échelle mondiale. L’exemple du trou de la couche d’ozone au dessus des pôles, causé par les gaz chloro-fluro-carbonés (CFC) montre pourtant qu’une telle action internationale est possible. L’interdiction mondiale des gaz CFC a permis de régler cette question et de restaurer la couche d’ozone en une quinzaine d’années.

Si la question climatique est incomparablement plus difficile à résoudre, c’est qu’elle frappe au cœur de l’organisation de nos sociétés. Les émissions de CO2 sont en effet presque parfaitement corrélées avec le PIB. Elles reflètent très directement l’énergie que nous consommons pour nous déplacer, nous chauffer, fabriquer, bâtir, transformer notre environnement. Réduire drastiquement les émissions de CO2 remet directement en cause notre modèle économique.

Au niveau international, la responsabilité historique des pays les plus développés, auteurs de la majorité des émissions cumulées depuis le début de l’ère industrielle se couple à la responsabilité croissante des pays émergents (Inde et Chine en premier lieu) qui prennent une part toujours plus importante, bientôt majoritaire aux émissions annuelles. La question climatique va naturellement induire des tensions géopolitiques entre les pays les plus riches et les pays encore en développement.

Mais réduire drastiquement les émissions de CO2 nous impose surtout de changer de modèle de société, de changer radicalement de modèle économique. Songeons qu’aucune des théories économiques contemporaines n’intègre l’énergie dans ses modèles alors même que c’est bien la maîtrise de nos dépenses énergétiques qui va engager notre avenir dans les décennies à venir.

Le capitalisme néo-libéral, basé sur l’exploitation et la mise en concurrence illimitées des ressources humaines et environnementales, est profondément démuni face à l’enjeu du changement climatique. La dictature court-termiste de l’optimisation des coûts et de la maximisation des rendements est largement responsable des déséquilibres sociaux et environnementaux, elle ne saurait en être la solution. Bien sûr, au niveau national, comme pour la pandémie au COVID 19, il faut s’attendre à ce que, face à un problème aussi global, Emmanuel Macron et son gouvernement cherchent à évacuer les causes structurelles pour insister sur les responsabilités individuelles. Il faut s’attendre à la mise en place de politiques d’incitation. Et comme celles-ci seront inefficaces, il faut s’attendre à toujours plus d’autoritarisme et de coercition.

Comme la pandémie mais à plus grande échelle et sur une durée plus longue, le réchauffement climatique s’annonce porteur de désordres et d’inégalités qui vont affecter profondément nos conditions d’existence. Comme pour la pandémie, les populations les plus affectées seront les plus fragiles du point de vue social et économique.

Répondre aux questions posée par le réchauffement du climat impose de cesser de s’en remettre aux trop classiques mécanismes individuels d’incitation qui sont fondés sur la logique des marchés. Cesser de s’en remettre aux marchés, c’est à dire mettre en place des politiques publiques de long terme, en un mot : planifier. Ces politiques ne pourront être mises en œuvre efficacement que si elles sont solidaires et ne laissent personne sur le côté. Il importe pour cela de retrouver le goût du débat public et de l’action collective. C’est par l’approfondissement de la démocratie bien plus que par la dictature de l’urgence que nous pourrons élaborer des solutions collective. La question climatique sera à n’en pas douter le défi des décennies à venir. Être à la hauteur de ce défi suppose en particulier de commencer par sortir de l’affrontement stérile entre xénophobes et démophobes qui monopolise les médias et de mettre la question climatique et ses conséquences au centre des débats politiques. La Gauche Républicaine et Socialiste prendra toute sa part dans ce combat politique.

“On peut reprocher à la France d’être peu combative”

Marianne · entretien publié le 6 août 2021 · PROPOS RECUEILLIS PAR R.S.

Marianne : Dans sa note, l’École de guerre économique explique que l’Allemagne cherche à imposer ses règles et à affaiblir la France, dont le modèle est fondé sur le nucléaire. Est-ce quelque chose que l’on constate au Parlement européen ?
Emmanuel Maurel : Il y a une offensive des Allemands pour leur « mix éolien et gaz ». Nos voisins prennent appui sur une entente entre les lobbies industriels et certains écologistes. Le problème, c’est que, sur le plan environnemental, ce modèle est intenable. Ses émissions de CO2 demeurent très élevées, bien plus qu’en France. Mais on ne peut pas ignorer les arguments contre le nucléaire. Les populations refusent l’enfouissement des déchets, qui resteront toxiques des dizaines (voire des centaines) de milliers d’années. On ne pense pas non plus assez à l’assèchement et au réchauffement des rivières utilisées aujourd’hui pour refroidir les réacteurs. Si on est lucide, le nucléaire l’emporte sur le gaz et a fortiori sur le charbon, mais faut-il pour autant l’exalter dans cette taxonomie européenne ? Je ne suis pas sûr. Je pense qu’il faut explorer d’autres pistes, au premier rang desquelles les économies d’énergie.

L’une des failles du modèle allemand, c’est qu’il s’appuie en partie sur la fourniture du gaz russe, au risque d’une dépendance européenne envers la Russie…
Sur « Nord Stream 2 », j’ai une position modérée. Si l’on s’oppose aux Russes sur ce gazoduc, qui est assemblé à 95%, on se met dans la main des Américains, qui veulent rendre l’Europe dépendante de leur gaz à eux en usant du chantage des sanctions extraterritoriales. Est-ce qu’on veut couper tout contact avec les Russes et dépendre encore plus des Américains ?

Historiquement, l’Europe s’est bâtie sur des enjeux énergétiques convergents avec le CECA en 1951. Pourquoi constate-t-on une divergence de fond sur ces enjeux stratégiques ?
Avec la France et l’Allemagne, on est confronté à deux États aux intérêts de plus en plus divergents. Les tensions vont au-delà des sujets énergétiques. On a vu cette divergence lors des négociations sur l’accord d’investissement avec la Chine, par exemple. L’Allemagne a précipité la signature de cet accord lors de la dernière semaine de sa présidence du Conseil européen, en décembre 2020… Autrefois, elle cherchait des compromis par fidélité à la construction européenne, aujourd’hui elle veut imposer son point de vue. Mais on pourrait aussi reprocher à la France d’être peu combative, et par là-même moins influente…

Vaccination anti-COVID et réalité sociale (encore)

Mardi 3 août 2021, notre camarade David Cayla a partagé un graphique des journalistes de France Info qui montre une corrélation entre les niveaux de revenu et le taux de vaccination. Nous avons nous-mêmes partagé ce graphique dans notre article du 4 août. Il est montré que plus on habite dans une ville riche, plus on se fait vacciner.
Beaucoup se sont interrogés sur le sens de cette corrélation.
J’entends que ce serait lié au niveau d’instruction ou même d’intelligence, à la faiblesse des services publics, à des considérations politiques (les macronistes se vaccinant plus), au conformisme des classes supérieures…

Le problème de ces explications est qu’elles analysent la réticence vaccinale comme la conséquence de choix purement individuels. Or, au contraire, nous avons plutôt affaire à un phénomène social, qui résulte de l’histoire récente et de choix politiques. Autrement dit, si les classes populaires se vaccinent moins que les classes supérieures, c’est surtout en raison des dysfonctionnements de la société française et non parce qu’elles-mêmes sont pauvres ou peu instruites. Ce dysfonctionnement est celui de la défiance que ressent une grande partie de la société vis-à-vis des institutions et du pouvoir politique actuel. Elles rejettent le vaccin car elles rejettent ceux qui le promeuvent.

La question est de savoir pourquoi.
On pourrait penser que c’est logique : plus on est pauvre et exclu, moins on a confiance et donc moins on veut se faire vacciner.
Mais pourquoi la confiance dans les institutions devrait-elle être indexée sur le niveau de revenus? Il n’y a aucune fatalité sociologique. Nous plaidons pour une réponse alternative qui s’appuie sur le dernier ouvrage de David Cayla, Populisme et néolibéralisme, dans lequel il étudie les causes du populisme. Le terme populisme n’est pas péjoratif et ne renvoie pas à un contenu programmatique spécifique.

Populisme et néolibéralisme – éditions deBoek, octobre 2020

On peut définir le populisme comme un ensemble de mouvements antisystème qui sont fondés sur l’opposition entre le peuple et les élites. Dans ce livre, David Cayla a cherché à définir quel était le terreau sociologique qui favorise l’émergence de tels mouvements. La question n’est pas neuve. Pour le politologue Yascha Mounk, le populisme serait la conséquence de la dissociation entre les principes démocratiques et les valeurs libérales. Ainsi, l’expérience grecque démontre, selon Mounk, que la libérale UE serait devenue anti-démocratique.

extrait de l’essai de Yascha Mounk, Le peuple contre la démocratie – édition de l’observatoire, août 2018

Mais d’où vient cette crise de la démocratie libérale ? Et pourquoi la démocratie se dissocie-t-elle du libéralisme ? Voici un extrait du livre de David Cayla qui décrypte l’analyse de Mounk :

extrait de Populisme et néolibéralisme

Mais l’explication de Mounk n’est pas totalement convaincante. Il évacue du raisonnement un problème important : le fait que le désarroi démocratique des peuples est la conséquence d’une tension entre la volonté démocratique et les impératifs économiques.

extrait de Populisme et néolibéralisme

Les catégories populaires ont appris à se méfier de l’exécutif

Autrement dit, c’est parce que les électeurs sont pris en tenaille entre les nécessités économiques, celles de préserver leurs emplois et leurs revenus (ce qui suppose, dit-on, qu’ils n’ont pas le choix)… et la nécessité de pouvoir décider de leur destin (ce qui suppose qu’ils ont le choix) que les classes populaires se révoltent et se mettent à voter contre le “système”.
Ce hiatus entre la théorie et la pratique démocratique explique l’essentiel de la défiance des classes populaires. Pour s’en convaincre, analysons les causes du mouvement des Gilets jaunes et reprenons ce qu’en dit David Cayla.

Le mouvement des Gilets jaunes est une révolte sociale et démocratique dont on ne peut comprendre la cause si on ne s’intéresse pas aux politiques économiques menées après la crise de 2008.

extrait de Populisme et néolibéralisme

Or, qu’ont fait Hollande et Macron pour rétablir l’économie française ? Ils ont tous les deux mené une politique “d’attractivité” visant à attirer les capitaux et les investisseurs. Pour cela, ils ont essentiellement basculé la charge fiscale des entreprises vers les ménages.

Mais dans les faits, et pour les gens, la politique d’attractivité n’est rien d’autre qu’une politique de classe qui sert les intérêts des riches et des multinationales au détriment des classes défavorisées. Dans ce contexte, il est logique que les classes populaires n’aient aucune confiance dans le gouvernement pour défendre ses intérêts. Pire : les discours expliquant que le pouvoir est à la solde de “Bigpharma” paraîtront bien plus légitimes et conformes à la réalité… que les messages rassurants des médecins et des autorités sanitaires en faveur de la vaccination.
Après tout, les gouvernements de droite et de gauche n’ont-ils pas démontré qu’ils préféraient servir les intérêts des multinationales que celui du peuple ?
Ainsi les classes populaires ne font pas preuve de bêtise en refusant la vaccination. Leur méfiance est tout à fait légitime et s’appuie sur l’expérience vécue depuis plus de dix ans. Sarkozy, Hollande et Macron ont tous mené la même politique. Après des années de néolibéralisme, ce n’est pas Macron et ses vidéos Tik Tok qui vont réussir à convaincre les populations défavorisées de se faire vacciner.

C’est donc à l’opposition anti-néolibérale de monter au créneau pour pousser les classes populaires à se faire vacciner. C’est urgent. Il s’agit non seulement de sauver des vies mais aussi d’éviter de nouveaux confinements destructeurs socialement et économiquement.

Vaccination anti-COVID et réalité sociale (suite)

Le 7ème arrondissement de Paris est l’une des zones les plus vaccinée de France (plus de 70%). Vaulx en Vélin est l’une des villes les moins vaccinées de France (moins de 30%).
L’une a un revenu médian supérieur à 40 000 euros – la moitié des habitants gagnent plus de 40 000 euros. L’autre a un revenu médian à 15 000 euros – la moitié des habitants gagne moins de 15 000 euros.
Il n’y a pas d’Ehpad dans le 7ème arrondissement de Paris. A propos de l’âge : 28% des habitants de Paris 7ème ont plus de 60 ans, contre 16% des habitants de Vaulx en Vélin : ce facteur seul n’explique pas un ratio de vaccination de plus du double pour l’arrondissement de Paris parmi les plus riches d’Île-de-France.

Lorsque les antivax accusent les bourgeois de vouloir empoisonner le peuple, leur stupidité égale celle de ce gouvernement dans la lutte pandémique.
La réalité, c’est que les inégalités sociales sont révélées à l’eau forte par la crise pandémique. Ce gouvernement ne gouvernant que pour les riches n’a jamais pensé même nécessaire des actions et des communications spécifiques aux classes populaires. Il ne veut rien lâcher dans sa lutte des classes, même pas un panier repas.

Hier, on nous a rapporté la façon dont se déroulait les distributions de la banque alimentaire de Bordeaux : Record battu pour l’été. Beaucoup de Français ne pensent pas le vaccin comme prioritaire parce que déjà, l’enjeu, c’est chaque jour gagner son pain. C’est long, c’est des heures d’attente souvent. Pourquoi risquer de perdre deux heures dans ce cas dans une affaire dont on ne tire aucun avantage ?

Les Français illectroniques – 19% des Français abandonnent une démarche administrative dès lors qu’elle inclut une action internet – les receveurs de paniers repas – qui ne fréquentent pas les restaurants – et les 33% de Français qui ne voyagent jamais, les 45% qui ne prennent jamais l’avion, ne vont pas aller sur doctolib, ou se faire vacciner pour aller au restaurant, au musée, à Arcachon ou à Majorque.

Il ne suffit pas de mettre l’offre de vaccin – la politique sanitaire illustre l’échec de l’idéologie française de la politique de l’offre et de l’homo economicus.

Dans le passé, toutes les politiques sanitaires incluaient des éléments d’incitation, la mobilisation des réseaux de proximité pour passer le message et créer la confiance, ce qui suppose un échange en confiance avec les organisations syndicales, professionnelles, les organisations confessionnelles et culturelles, les associations sportives, ce qui implique faire confiance et équiper la médecine de famille, les assistants sociaux, les réseaux intermédiaires, les enseignants locaux, les maires des villes défavorisées.

Or ce gouvernement vit dans l’illusion d’une relation directe à un peuple enjambant tout cela, et refuse de mettre les moyens dans de telles campagnes vaccinales.
Il ne lui reste plus que la matraque.

Que va-t-il faire en septembre ? Mettre des barrages autour des villes gagnant moins de 20.000 euros, à moins de 50% de vaccinés, et les confiner ?
Ce serait la confirmation de la critique que nous avons formulés dès le début du mois de juillet : la politique sanitaire actuelle, c’est la liberté de jouir pour les riches et le confinement pour les pauvres.
C’est permettre au clown bonapartiste de reprendre ses dîners pour riches ennuyés, et envoyer les CRS dans les quartiers où on ne vote plus. Aux régionales, Paris 7ème a connu une participation électorale de 41%, Vaulx en Vélin, 12,6%.

taux de vaccination et revenu médian…

“Ne faisons pas de l’écologie contre les plus modestes”

tribune de Jean-Luc Laurent, publiée le mardi 3 août 2021 par Les Echos

Le maire GRS du Kremlin-Bicêtre déplore l’instauration « précipitée » des zones à faibles émissions dans le Grand Paris. Il estime, dans une tribune aux « Echos », que cette mesure accentue les inégalités entre ceux qui peuvent s’offrir un véhicule plus écologique… et les autres.

Depuis mardi 1er juin, tous les véhicules Crit’Air 4 et 5 n’ont plus le droit de circuler en semaine dans la zone à faibles émissions (ZFE) de la Métropole du Grand Paris. Cela représente 240.000 voitures, et presque autant de Franciliens.

Dès 2022, ce sont les véhicules Crit’Air 3 qui seront interdits, avant les Crit’Air 2 en 2024. Cette décision ne tient pas compte de la situation des ménages modestes et des classes moyennes. Elle préfère une écologie punitive à une écologie populaire.

Futur métro

La ZFE est une nécessité pour opérer une transition écologique et énergétique, notamment quand on sait que le transport est l’activité qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre en France et que la pollution est un réel enjeu de santé publique.

Malheureusement, il manque à cette mesure un accompagnement des Franciliens. En imposant la zone à faibles émissions sans concerter les principaux intéressés, nous les évinçons d’une politique écologique participative, nous créons des tensions sociales qui pourraient être évitées et nous alimentons une défiance de la part des Franciliens les plus fragiles face à des décisions politiques déconnectées de la réalité.

Cet accompagnement passe avant tout par une offre de transports en commun suffisante en banlieue. Le calendrier actuel de la zone à faibles émissions ne tient pas compte des mises en service des futures lignes de métro pour desservir la banlieue. La ligne 14 prolongée en 2024 et surtout la ligne 15, métro de banlieue à banlieue tant attendu, ne sera finalisée qu’en 2030. Dans ces conditions, pourquoi continuer à opposer « fin du monde » et « fin du mois » ?

Une taxe supplémentaire

L’écologie qui se construit contre les citoyens, les Français n’en veulent pas. Une telle mesure qui ne s’accompagne pas d’une politique sociale concrète risque de fracturer encore un peu plus notre société. Elle subit déjà actuellement une crise sanitaire sans précédent dont les répercussions économiques et sociales touchent de plein fouet les couches populaires.

D’autant plus quand cela conduit à créer une taxe supplémentaire par le biais de bornes de contrôle. Alors que les professionnels du transport bénéficient d’ores et déjà de dérogations, cette taxe sera payée par les Franciliens qui se rendent quotidiennement au travail. En somme, la double peine. Souhaitons-nous réduire la ZFE à une taxe supplémentaire, alors que l’enjeu est l’amélioration de la qualité de l’air ?

A minima, il faut que les aides financières pour acquérir un véhicule peu ou pas émetteur de gaz à effet de serre soient augmentées au regard du coût engendré pour les Franciliens modestes et les classes moyennes.

Ne creusons pas davantage les inégalités par une décision précipitée. Priver les habitants d’Ile-de-France de leur moyen de transport sans leur proposer d’alternatives (transports collectifs, auto-partage, RER Vélo…) conduit à les « assigner à résidence » et les cantonner à leur quartier. Il est encore temps de changer les choses pour rendre la ZFE populaire !

Dérive antivax et caution pseudo scientifique

Dans une tribune publiée le 30 juillet sur son blog Mediapart et sur le site complotiste France soir, le sociologue Laurent Mucchielli remet en cause la sécurité des vaccins anti-covid. En entretenant délibérément la confusion entre le nombre des décès survenus après vaccination (scoop : chaque jour en France, des gens meurent) et les quelques cas avérés de décès causés par un vaccin (par exemple des cas de thrombose pour l’Astra-Zaneca), M. Mucchielli manipule les chiffres des données de pharmacovigilance pour alimenter les peurs et les fantasmes anti-vax. Dans un article paru dans « 20 minutes », Francesco Salvo, coordinateur de l’enquête de sécurité sur le vaccin Pfizer en France, explique pourquoi les décès rapportés dans les bases de pharmacovigilance ne sont pas nécessairement dus à la vaccination.
Depuis le début de la pandémie, la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement a malheureusement mis à jour tous les travers du Macronisme : amateurisme, autoritarisme, communication souvent mensongère. Des multinationales pharmaceutiques profitent de la crise pour s’enrichir et viennent même d’obtenir l’augmentation des tarifs des vaccins. Le contrôle public des ces entreprises est trop faible et le besoin urgent de développer des dispositifs plus efficaces de pharmacovigilance est indéniable.
Tous ces points avérés ne sauraient pour autant justifier la diffusion d’informations biaisées sur la sécurité des vaccins. La dérive de M. Mucchielli est d’autant plus grave qu’il se drape de sa qualité de chercheur au CNRS pour donner davantage de crédit à ses arguments de marchands de doutes. Il participe ainsi à décrédibiliser la parole scientifique auprès du public. M. Muchielli est sociologue. Sa spécialité concerne les questions de sécurité. Il n’est ni biologiste, ni médecin ni pharmacien. Rappelons que dès lors qu’il s’aventure hors de son champ de recherche, un chercheur ou un universitaire n’a ni plus ni moins d’autorité et de crédibilité qu’un citoyen ordinaire.
Il est temps de travailler à surpasser la propagande des antivax ou tout ce qui y concoure : c’est une question de santé publique et de responsabilité collective.
https://www.20minutes.fr/sante/3093023-20210729-vaccination-non-bases-pharmacovigilance-permettent-connaitre-nombre-deces-dus-injection