Élections au Canada : la cohésion québécoise autour de la laïcité réveille la discorde entre francophones et anglophones

Ce lundi 20 septembre 2021, les Canadiens étaient appelés aux urnes pour élire les 338 députés qui les représenteront à la Chambre des Communes, deux ans à peine après la dernière élection générale.

Les raisons de la dissolution du Parlement par le premier ministre libéral Justin Trudeau étaient assez obscures. Sa relativement bonne gestion de l’épidémie du coivd-19, mise en perspective par la gestion catastrophique de la pandémie dans les provinces dont le gouvernement régional est conservateur, l’auront probablement poussé à vouloir prendre de court les partis d’opposition, conservateurs en tête, afin de retrouver la majorité absolue perdue aux élections de 2019.

Des élections fédérales pour quoi faire ?

Monsieur Trudeau avait insisté sur la nécessité d’organiser des élections en temps de Covid, afin d’illustrer la continuité démocratique en période de crise. Il aura ainsi fait mieux que le gouvernement français, dont l’incurie en matière d’organisation électorale depuis deux ans est délétère.

Il semble toutefois que la crise sanitaire inédite que nous vivons depuis ces deux dernières années n’ait pas modifié le paysage politique canadien. Ainsi, à ce stade du dépouillement déjà très avancé, les libéraux gagnent un député, passant de 157 à 158 sièges, ratant le pari de recouvrer la majorité absolue. Les conservateurs d’Erin O’Toole en perdent deux, de 121 à 119. Les indépendantistes du Bloc Québécois, menés par Yves-François Blanchet, gagnent deux députés et passent de 32 à 34 sièges. Les néo-démocrates, formation de gauche dirigée par Jagmeet Singh, gagnent un député et obtiennent 25 sièges. Enfin, les écologistes perdent un de leurs trois sièges, et la seule député indépendante ne s’étant pas représentée, il n’y a plus de député en dehors des cinq partis majeurs de la politique canadienne.

Cette quasi-identité entre l’ancien et le nouveau Parlement masque quelques évolutions au sein de la carte électorale, mais elles sont minimes. Le parti conservateur, qui s’est recentré sur les questions de société, notamment sur l’avortement et l’obligation vaccinale, a gagné quelques circonscriptions dans les provinces maritimes de la côte est ainsi qu’en Ontario, plus progressistes que l’Ouest canadien. Toutefois, ce recentrage a permis le développement, sur sa droite, du Parti Populaire du Canada, qui a réalisé des scores assez élevé dans l’Ouest canadien, très conservateur. Dans les circonscriptions urbaines de Calgary, Edmonton et Vancouver, cette division de la droite a permis aux libéraux ou aux néo-démocrates de réaliser quelques gains, compensés par la poussée conservatrice à l’est.

Les écologistes ont en revanche connu une franche défaite, alors même que le Canada a traversé une grave crise climatique cet été. Au-delà de la perte d’un siège sur trois, ils réalisent un score trois fois inférieur à celui de 2019. Leur stratégie électorale, consistant à parler moins d’environnement et plus de sujets de société, avec une approche différencialiste de l’antiracisme, a échoué. Ils perdent deux des trois circonscriptions gagnées en 2019, et n’en gagnent une dans l’Ontario qu’à la faveur de l’abandon à la dernière minute du candidat libéral, mis en cause dans un scandale de harcèlement sexuel.
Les indépendantistes québécois, eux, sortent renforcés de cette élection. Certes, ils ne parviennent pas à leur objectif de 40 sièges (jugé très ambitieux par les journalistes canadiens et par certains indépendantistes eux-mêmes), ni à arriver en tête des suffrages au Québec, ils sont, avec 32% des voix, devancés de moins d’un point par les libéraux. Ils ont cependant réussi à confirmer leur retour en force de 2019, lorsqu’ils avaient triplé leur représentation, deviennent le premier parti du Québec en nombre de députés, devançant d’un siège les libéraux, et confirment leur domination dans l’électorat francophone.
La tâche n’était pourtant pas aisée.

Une forme d’arrogance anglophone a, à nouveau, relativement profité au Bloc Québécois

Le système politique québécois repose sur un double système de partis politiques, les uns pour les élections au Parlement fédéral canadien, les autres pour les élections au Parlement provincial québécois. Au niveau provincial, les indépendantistes du Parti Québécois traversent la pire crise de leur histoire, et jamais l’indépendantisme n’a paru aussi faible depuis les années soixante. Au niveau fédéral en revanche, ils progressent et semblent en dynamique.

Le Bloc Québécois a en réalité réussi à capter une partie de l’élan politique nationaliste du Premier Ministre du Québec François Legault. Ancien indépendantiste, il a fondé un parti nationaliste non souverainiste, économiquement libéral et plus conservateur sur les questions de société que le Parti Québécois. Il a toutefois pu mener des réformes attendues depuis longtemps par le peuple québécois : extension de la loi de protection de la langue française, et instauration de la laïcité au Québec, loi prohibant notamment le port de signes religieux distinctifs pour les fonctionnaires provinciaux.

Ces deux lois reçoivent un appui massif au Québec, à proportion égale du rejet qu’il suscite dans le Canada anglophone. Le modèle de société anglo-saxon, communautariste, ne distinguant pas émancipation et extension infinie des choix individuels, et admettant le droit à la différence pour toute communauté réelle ou fantasmée à l’exception des Québécois, est entré en collision frontale avec le modèle de société voulu par ces derniers.
Se sont alors réveillés les vieux travers des Canadiens anglophones: le mépris des francophones. Ainsi, la cheffe du parti vert, Madame Annamie Paul, a jugé que les positions du chef indépendantiste Yves-François Blanchet étaient dues à un « manque d’éducation sur les questions de racisme systémique ». Comment peut-il y avoir de débat, de délibération collective, et donc de démocratie, si l’on objecte à son contradicteur un manque d’éducation comme seule racine de la pensée ? On notera par ailleurs que Madame Paul, qui a tout le long du débat prononcé Blanchet « Blanchette », ne s’est pas vue signifier son manque d’éducation sur la prononciation du français.

Cette impasse démocratique, apanage du prétendu progressisme forcené anglo-saxon, a ainsi propulsé le Bloc Québécois comme seul défenseur des intérêts francophones. Lors du même débat, l’animatrice est sortie de la neutralité pour demander pourquoi à monsieur Blanchet pourquoi soutenait des mesures « discriminatoires » comme la laïcité ou la défense du français. Ces propos ont généré un tel scandale au Québec que les appels à demi-mot de monsieur Legault à soutenir les conservateurs n’ont pas été suivis par son électorat.

La nécessité d’un parti politique distinct pour défendre les intérêts du peuple québécois au sein de la fédération canadienne est donc apparue aux électeurs francophones du Québec. Les résultats d’hier le démontrent. Ils se vivent comme une Nation distincte, maîtresse chez elle, pour reprendre la formule classique des indépendantistes. Membres à part entière du peuple québécois, les immigrants au Québec devraient y apprendre le français, langue nationale, et tous les fonctionnaires devraient se plier à la loi sur la laïcité.
La société anglo-saxonne, elle, semble avoir une approche différente. Elle ne considère les Québécois que comme une communauté parmi d’autres. Elle serait ainsi non pas constitutive de la Nation québécoise, mais majoritaire au sein de la province du Québec. De là, la volonté d’assimilation et de laïcisation est perçue comme une ingérence d’une communauté majoritaire sur des communautés minoritaires, et ainsi jugée comme oppressive. Pour les Québécois, il y a plutôt ingérence du « Rest of Canada » (ROC) dans les affaires québécoises.

Pour l’instant, monsieur Legault semble avoir convaincu les Québécois de la possibilité de se vivre en Nation distincte sans besoin de déclarer l’indépendance. Pour combien de temps ? Déjà en 2019, toute la campagne électorale avait tourné, au Québec, autour de la question de la laïcité et de la légitimité de cette loi.

En tous les cas, la proximité linguistique et dans les aspirations d’organisation de la société autour de la laïcité entre la France et le Québec doivent nous conduire à renforcer la coopération entre nos deux Nations.

Après le fiasco australien, qui croit encore à la « solidarité » avec l’OTAN et les USA ?

Joe Biden fragilise la stratégie française dans la région indopacifique. Ce fiasco mettra-t-il fin à la naïveté atlantiste des élites françaises ?

La décision de l’Australie de résilier le « contrat du siècle » portant sur l’achat de sous-marins au groupe français Naval Group, au profit de matériels américains et britanniques, est regrettable.
Il ne faut pas être crédule, l’argument avancé par les autorités australiennes, de la découverte de « nouveaux besoins », ne tient pas la route. Les sous-marins français, même si traditionnellement la France n’exporte pas de propulsion nucléaire, furent convertis en propulsion conventionnelle à la demande explicite de l’Australie. Il s’agit uniquement d’une décision politique poussée par les États-Unis.

Mais plus largement, ce choix marque un coup d’arrêt à la stratégie française dans la région indopacifique. En effet, largement mis en avant lors de la visite d’Emmanuel Macron en Australie en mai 2018, l’axe Paris-Delhi-Canberra « vrai nouvel ordre géostratégique » selon le Président vient de subir un premier affaiblissement important qui devrait logiquement se poursuivre. D’abord avec l’annonce d’un partenariat sécuritaire « AUKUS » qui exclut la France. Ensuite, la prochaine visite du Premier ministre indien, en compagnie des membres du « Quad » (Dialogue quadrilatéral pour la sécurité, composé également de l’Australie et du Japon) à Washington le 24 septembre prochain devrait également comporter son lot d’annonces.

D’aucuns auraient pu assez logiquement le prévoir, le désengagement américain au Moyen-Orient au profit du « pivot asiatique » n’est pas récent. La stratégie française, louable, a quant-à-elle souffert d’un manque de soutien politique, trop effrayé pour s’émanciper totalement d’une tutelle américaine qui dessert nos intérêts.

Il s’agit d’un nouvel exemple, parmi tant d’autres, du besoin concret d’autonomie stratégique tant pour la France que pour les Européens en matière de défense et d’industrie.

Toutefois, ce besoin de solidarité européenne restera lettre morte tant que l’Allemagne, qui a intrigué contre les intérêts français en soutenant les armateurs américains, se livrera également à une guerre économique contre la France.

Projet de loi grand Âge autonomie, un enterrement de première classe !

tribune de Caroline Fiat, députée Gauche Républicaine et Socialiste, publiée le jeudi 9 septembre 2021 dans L’Humanité

Au début, c’était une promesse. Une promesse qui avait du sens, la promesse que nous pourrions ouvrir les yeux en grand sur les difficultés et les inégalités dont souffrent trop de nos concitoyens, la promesse que la République n’oublie aucun de ses enfants, surtout quand ils sont plus fragiles.

Je me suis emparée de ce combat dès le début, me sentant légitime à le faire après avoir parcouru les tranchées et subi les assauts du manque de moyens dans les EHPAD.

Trop de souffrance pour nos résidents, trop de souffrance pour nos soignants, trop d’injustices…

Les mondes du vieillissement et du handicap sont soit invisibilisés, soit transformés en marché et dans ce cas ne s’adressent qu’à la part aisée des publics concernés.

Il était temps de rétablir la situation, c’était une urgence, un impératif !

Ce fut d’abord un rapport, avec ma collègue Monique Iborra. J’étais la parlementaire du réel, elle était la parlementaire de la trajectoire budgétaire. Mais finalement, en poussant les portes et en constatant l’état délabré de nos établissements, elle put faire la différence entre un tableau Excel et une toilette protocolaire. À partir de ce moment, nous avons pu travailler sur des constats partagés et établir des propositions communes.

Ce rapport, publié en mars 2018, dressant des constats unanimes et partagés par l’ensemble des acteurs auditionnés, proposant une feuille de route permettant de remettre la personne au centre des politiques du grand âge, a été salué par tous. Le 13 juin 2018, Emmanuel Macron annonçait une loi sur le grand âge pour 2019.

Mais mon rapport fut aussitôt enterré par un nouveau rapport. Ainsi, au lieu d’agir, le gouvernement préféra une nouvelle étude et le 17 septembre 2018, le Premier ministre chargea Dominique Libault de conduire une concertation et de faire des propositions de réforme, notamment dans la perspective d’un projet de loi. Le 1er octobre 2018, Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé lançait une vaste concertation nationale « Grand âge et autonomie » qui pris fin en février 2019. Elle mobilisa 10 ateliers nationaux, 5 forums régionaux, une consultation citoyenne ayant recueilli plus de 1,7 million de votes pour 414 000 participants, 100 rencontres bilatérales et des groupes d’expression de personnes âgées, professionnels et aidants. « La concertation Grand âge et autonomie qui vient d’avoir lieu s’est traduite par des contributions très riches et convergentes de la part de tous les acteurs. Ce rapport en est la traduction la plus fidèle possible » nous expliquait alors Dominique Libault, pilote de la concertation Grand âge.

Puis en 2019, la Ministre Agnès Buzyn confia à Myriam El-Khomri un nouveau rapport sur les métiers du grand âge.

De rapports en renoncement, ce qui était une priorité du quinquennat devint ainsi peu à peu une Arlésienne douloureuse.

Début 2019, Agnès Buzyn annonçait une loi pour l’automne 2019. Fin janvier 2020, la Ministre assurait que le projet de loi serait “présenté à l’été” 2020.

Puis vint la crise Covid et le départ d’Agnès Buzyn.

Comme dans tous les secteurs de la santé, cette pandémie a également agi comme un révélateur des dysfonctionnements de notre société, ainsi les personnes fragiles, les personnes âgées, ont été les premières victimes de ce virus. Mais elles ont été également victimes du manque de personnel dans nos établissements et du refus d’action du gouvernement depuis 2017.

Et la machine infernale de la réaction permanente, de l’agitation médiatique, se substituant à une réflexion de fond et une planification méthodique, s’est mise en branle. Et on ne parla plus de la grande loi annoncée ou alors uniquement pour en annoncer le report.

Durant l’été 2020, Olivier Véran annonçait une loi pour fin 2020. Fin 2020, Emmanuel Macron promettait une loi pour début 2021. Début 2021, on nous annonçait une loi pour après la crise sanitaire…

Les horloges, pourtant sous le contrôle de l’homme solitaire de l’Elysée, ont continué à tourner.

Et le temps du bilan approchant, on commença à entendre une petite musique sur le retour de la loi.

Pour masquer un échec sur un sujet précis, il suffit de renommer le sujet et de lui donner un calendrier.

C’est ce qui a été tenté avec cette loi « Autonomie Grand Age » rebaptisée loi « Génération solidaire ».

Mais toujours dans un moment où seule la cacophonie sur la Covid prenait le pas sur tout le reste.

Alors aujourd’hui, la dernière fausse « bonne idée » de Matignon, sous les ordres de l’Elysée, est de noyer cette loi dans le prochain examen du PLFSS.

Un PLFSS qui a vu lors de sa dernière édition, la création d’une cinquième branche fantôme.

Si le titre a bien été ajouté, c’est à budget constant que cela a été fait.

Au vu des débats précédents lors des examens du Plan de financement de la sécurité sociale, nous ne pouvons que déplorer qu’un tel sujet, qui concerne l’ensemble de nos concitoyens tant pour le vieillissement, phase normale d’une vie humaine, que pour le handicap, dont personne n’est à l’abri après un accident de la vie, soit traité sous le seul angle de la rigueur budgétaire, à la va-vite et dans le seul but de cocher les cases d’un bilan que le locataire de l’Elysée a complètement raté.

Loin d’être une bonne nouvelle, ce projet, s’il était mené à son terme, nous promet un enterrement définitif sous ce mandat de la moindre réforme d’envergure sur ce sujet de société universel.

Que faut il attendre du procès des attentats du 13 novembre ?

Mercredi 8 septembre 2021 à 21 heures, Anthony Gratacos, conseiller départemental de Seine-et-Marne et secrétaire général de la Gauche Républicaine et Socialiste, répondait aux questions de Stéphanie de Muru sur RT France, aux côtés d’Alexandre Touzet, vice président (LR) du conseil départemental de l’Essonne. Alors que s’est ouvert hier le procès du commando terroriste qui a conduit les attentats du 13 novembre 2015, le SG de la GRS a rappelé que la Justice est la réponse républicaine à la barbarie. Si certaines familles de victimes peuvent exprimer une légitime colère et chercher des boucs émissaires, il convient que notre société démontre qu’elle ne remettra en cause ses fondamentaux républicains et démocratiques comme l’espéraient sans doute les djihadistes. Le travail d’accompagnement des victimes d’attaques terroristes est quelque chose d’extrêmement fort dans notre pays depuis de nombreuses années. Le procès permettra sans doute de faire la lumière sur les failles du dispositif de sécurité au niveau national et européen ; il semble que les leçons aient été depuis tirées de manière opérationnelle, même s’il reste des progrès à faire, notamment pour renforcer les effectifs de renseignement humain, indispensables, et que le renseignement territorial est depuis Nicolas Sarkozy particulièrement désorganisé. Il conviendra également de prendre en compte l’évolution de la situation géopolitique, avec la reconquête de l’Afghanistan par les Taliban alors que les Islamistes avaient connu ses dernières plusieurs années de recul militaire au niveau international.

Laïcité : le fiasco consternant de la campagne Blanquer

EXPLIQUER CE QU’EST LA LAÏCITÉ : UNE BONNE IDÉE ET UNE NÉCESSITÉ.

MAIS SI LE MINISTRE PARAÎT AVOIR LES IDÉES CLAIRES, AU FINAL LA CAMPAGNE ENGAGÉE AJOUTE À LA CONFUSION. QUEL FIASCO !

Le ministère de l’éducation a lancé une campagne de communication sur le thème de la laïcité. Sur huit affiches, des groupes d’élèves sont mis en scène dans des situations scolaires : en classe, en cours de sport, en récréation, à la bibliothèque… avec slogan se voulant éducatif.

L’idée d’une campagne est bonne. Il y a aujourd’hui tellement de confusion dans le débat public. Entre les outrances de l’extrême-droite la confondant avec un outil anti-islam, les ambiguïtés consternantes de feu l’observatoire (national) de la laïcité ou son invocation par les uns et les autres à tout propos (et donc hors de propos), la laïcité, valeur lumineuse de notre République, devient incompréhensible pour de plus en plus de nos concitoyens.

Certes la laïcité, ce n’est pas que « à l’école » mais c’est important pour l’École donc pourquoi pas une campagne d’information civique pour tous.

D’autant plus que le ministre Jean-Michel Blanquer s’expliquant sur une radio nationale semble avoir les idées claires sur ce sujet : «La laïcité, c’est rappeler que chacun est libre d’avoir la croyance ou la non-croyance qu’il ou elle veut et que chacun doit se respecter, que personne ne doit faire pression sur personne sur ces enjeux. Et que l’école en particulier est un sanctuaire de neutralité sur ces enjeux.» Propos pertinents.

Mais que la campagne d’affichage qui prétendrait les illustrer ne reflète en rien. Le plus souvent hors sujet, elle est même quelques fois à contre sens complet. Et « mal nommé les choses » comme on le sait, c’est « rajouter au malheur du monde ».

Une seule légende des huit affiches parle du sujet : « Donner le même enseignement (…) quelques soient leurs croyances ».

La campagne du ministère de l’éducation nationale, parrainée par Jean-Michel Blanquer, développe une vision d’assignation communautaire et racialiste de la société : un contre-sens dangereux !

Pour le reste :

  • Le choix d’élèves aux couleurs de peau différentes et aux prénoms supposés évocateurs est déjà une vision « racialisée » ou communautariste des croyances religieuses réelles ou fantasmées des élèves. Le risque de renforcer une vision raciste de la société n’est pas mince.
  • La plupart des slogans se réfèrent à la sérénité de l’espace public, à la volonté de faire partie de la communauté nationale ou à l’objectif d’émancipation donné à l’École publique, toutes choses importantes desquelles la laïcité participe mais auxquelles elle ne se réduit pas. Cette objection est importante dans la mesure où faire porter à la laïcité des missions qui ne sont pas les siennes participe grandement de la confusion actuelle et des réticences qui se font jour.
  • Certains slogans sont ridiculement réducteurs : ainsi de « Permettre à Erynn et Edène d’être égales en tout » Ces deux petites filles souhaitent peut-être surtout être égales en tout avec leurs copains garçons ou être égales en tout avec les filles et les garçons de milieu social favorisé, toutes questions tout aussi importantes que d’être égales en tout quelque soit leur couleur de peau. Cependant aucune de ses trois revendications importantes n’a à voir avec la laïcité.
  • Enfin certains slogans sont même à contre-sens complet, ce qui est encore plus grave. Ainsi de « Permettre à Milhan et Aliyah de rire des mêmes histoires. C’est ça la laïcité. ». Rire des mêmes histoires ce serait chercher une conformité culturelle qui n’est en rien dans la nature de la laïcité. La laïcité, au contraire, c’est permettre à chacune et chacun de ne pas rire des mêmes histoires, et de pouvoir s’en expliquer au sein d’un débat respectueux.

La laïcité c’est la liberté de conscience individuelle qu’autorise la séparation des Églises et de l’État. Simplement cela, mais tout cela.

Oui, il est essentiel d’expliquer ce qu’est la laïcité.

La campagne ministérielle ne le fait manifestement pas. Bien au contraire. Au lieu d’éclairer le débat elle aggrave la confusion voire oriente nos concitoyennes et concitoyens sur une mauvaise voie.

Tout reste donc à faire pour défendre cette valeur si importante au cœur de notre projet républicain.

“Qui peut croire que soudainement des professeurs se précipiteraient dans les quartiers et écoles, où ils ne sont jamais candidats ?” – Marie-Noëlle Lienemann

Macron ressort une vieille lune des libéraux et de Blanquer, à savoir l’autonomie des chefs d’établissements pour recruter les enseignants et intervenants dans les écoles, et de la souplesse pour les équipes, faisant croire qu’ainsi on combattrait mieux l’échec scolaire…

Qui peut imaginer que soudainement des enseignants plus compétents, plus motivés vont se précipiter pour venir dans des quartiers et écoles dans lesquelles ils ne sont jamais candidats ?

Au contraire, ce choix risque plutôt de tirer vers le bas ces structures scolaires.
Or ces établissements ont besoin d’une forte implication des autorités académiques en direction des équipes éducatives. Trop souvent, ce soutien leur manque face aux difficultés rencontrées ! Mettre les chefs d’établissement comme les grands responsables du projet et de sa mise en œuvre revient, d’une part ,à leur confier une responsabilité excessive et risquée ( est-on sûr qu’ils sont en situation réelle de définir un projet optimal ?), et, d’autre part, à dédouaner les responsables académiques et rectoraux et à accroître les inégalités.

C’est une vision éclatée et inégalitaire de notre service public de l’Education Nationale .

C’est d’ailleurs aussi la thèse défendue par Valérie Pécresse, le week-end dernier lors de son meeting en Corrèze . Elle, elle franchit un pas supplémentaire allant jusqu’à proposer que les écoles soient privées et qu’on donne aux élèves des chèques pour garantir la gratuité…!?
Mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien cette logique concurrentielle, désarticulée de notre système d’éducation qui a été soutenue à Marseille par Emmanuel Macron…
Tout cela au nom de la prétendue souplesse … prétendue, car en fait ce n’est pas de la souplesse mais de la disparité quant aux contenus et aux savoirs transmis.

De la souplesse , il en faut pour favoriser des initiatives, des méthodes diverses mais pas sur les contenus programmatiques et les objectifs à atteindre qui doivent demeurer communs, identiques .

Emmanuel Macron ne fera aucune annonce sur les créations de postes pour dédoubler plus fortement les classes dans tous ces établissements, veiller à ce que les remplaçants soient en nombre suffisant. Cette histoire d’autonomie des chefs d’établissements est non seulement dangereuse pour l’égalité républicaine, mais elle sert aussi de rideau de fumée à l’absence d’enseignants, de surveillants supplémentaires.

On notera au passage qu’il n’a donné aucun chiffre sur les sommes dégagées pour remettre en état les écoles de Marseille… espérons qu’il sera plus net en novembre.

La clef pour la réussite des élèves issus des quartiers et milieux populaires – des autres aussi sans doute – est certainement à chercher dans un lien plus étroit entre l’éducation nationale, le temps extra-scolaire, la culture , le sport, l’éducation populaire … avec des projets de qualité, mis en œuvre dans chaque établissement avec des personnels compétents œuvrant aussi les forces vives de la ville et du quartier.

Au passage, Emmanuel Macron semble louer les cités éducatives mises en place dans certaines communes en “politique de la ville”, alors qu’il a fallu batailler ferme pour que ces projets puissent se poursuivre et se développer dans le cadre du plan de relance quand le gouvernement freinait des quatre fers…

Mettre en place une telle réforme suppose que l’Etat finance ces postes , veille à la qualification et compétences des animateurs, et ce partout (et pas seulement dans les territoires attractifs). Mais, si l’intention est parfois énoncée par le chef de l’Etat , aucun moyen n’est dégagé, aucuns postes créés, et en réalité Emmanuel Macron ne porte pas sérieusement cette évolution de notre système éducatif, qui est en fait à l’opposé du démantèlement qu’il envisage vraiment.

Les Outre-mer ne peuvent être tenus responsables de plusieurs années de politiques publiques inadaptées à leurs besoins !

La Martinique, la Guadeloupe et la Polynésie française ont été une à une reconfinées du fait d’une quatrième vague du Covid-19, causée principalement par le variant delta. Cette situation pandémique, qui s’est largement dégradée au mois d’Août, voit le taux d’incidence (nombre de tests positifs pour 100.000 habitants par semaine) atteindre des pics inédits avec plus de 1.165 cas pour la Martinique, 1.747 cas en Guadeloupe et 2.800 cas en Polynésie.

Les personnels soignants des Antilles et de la Polynésie doivent désormais gérer les pénuries de lits et de matériels au jour le jour. Ainsi, en Martinique et en Guadeloupe, l’accès des malades aux soins intensifs fait l’objet d’un tri drastique et dramatique avec des évacuations vers des hôpitaux de l’Hexagone. Heureusement, qu’au-delà des failles de l’État, c’est dans un élan de solidarité nationale que se sont organisées des renforts humains et matériels pour appuyer et soulager les structures sanitaires sur place.

Mais pourquoi une telle flambée épidémique ? Selon les autorités, elle est due à un faible taux de vaccination des populations des Antilles. Ainsi, en Martinique l’Agence Régionale de Santé (ARS) dénombre un taux de couverture vaccinale de 21,2% de la population majeure, 32,86% en Guadeloupe (contre 41,74% à Saint-Martin et 71,63% à Saint-Barthélémy) et 29,3% en Polynésie contre 68,5% à l’échelle de la France entière.

Pourquoi un aussi faible taux de vaccination ?

Pour expliquer ce faible taux de vaccination, certains parlent de réticences culturelles, dues entre autres à l’insularité, et à « un manque de responsabilité » des populations concernées face à la campagne vaccinale. D’autres sont même allés jusqu’à mettre en avant une « inclinaisons des populations » à se protéger de la maladie en pratiquant le Voodoo ou encore d’autres rituels mélangés à la médecine traditionnelle. La Gauche Républicaine et Socialiste rejette en bloc de telles insinuations qui ne font que stigmatiser nos compatriotes ultramarins tout en dédouanant l’État de ses responsabilités.

D’une part, n’oublions pas que ces territoires, ont un passé complexe du fait des blessures historiques héritées du passé colonial de notre pays et de l’esclavage. Certaines plaies sont encore ouvertes et reste alimentées par les erreurs stratégiques de l’État et les manques en termes de politiques publiques adéquates dans ces territoires. Cela ne permet pas d’améliorer la situation et la vision qu’ont une partie de nos compatriotes ultramarins vis-à-vis de la France Hexagonale.

D’autre part, ces territoires n’ont pas attendu la pandémie de Covid-19 pour connaître des difficultés sanitaires. Les problématiques engendrés par la pollution des Antilles par l’usage de la chlordécone et le flou qui existe autour des retombées radioactives des essais nucléaires en Polynésie en sont les meilleurs exemples. Les populations ont ainsi pu y constater les défaillances de l’État quand il aura été question de mettre en place des politiques de reconnaissance et de réparation adaptées à ces deux catastrophes sanitaires et écologiques.

D’ailleurs, la régularité des promesses, souvent non-tenues, et les déclarations dissonantes des membres du Gouvernement n’ont fait qu’alimenter les craintes et les angoisses des populations. Il n’y a donc rien d’étonnant quand on voit que les décisions et les annonces des autorités soient peu comprises, jugées incohérentes et vécues comme des « mensonges d’État ». Rappelons que les premières plaintes portées contre les ARS et le Préfet pour refus de traitements à l’hydroxychloroquine provenaient justement de la Guadeloupe et de la Martinique.

À partir de ce constat, comment pouvons-nous espérer créer une adhésion autour d’un vaccin produit en l’espace d’un an alors que des traumatismes profonds existaient déjà depuis plusieurs décennies ?

Des déserts hospitaliers patiemment installés

Une autre illustration concerne la lenteur de l’État à agir sur les problématiques hospitalières. Pour ne prendre que l’exemple de la Martinique, cela fait plusieurs années que le Centre Hospitalier Universitaire subissait une situation très dégradée avec des difficultés notamment sur les conditions de travail des agents hospitaliers, des manques d’effectifs de personnels de santé et de médicaments et de produits de désinfection, des locaux vétustes, des manques en matière d’équipement, etc. Il aura fallu attendre plusieurs années, des manifestations régulières et une pandémie, malgré les appels récurrents des élus locaux, pour qu’une enveloppe de 500 millions d’euros soit octroyée par le Gouvernement, seulement en mars 2021. Pendant ce temps, les populations souffraient en temps normal de difficultés d’accès aux soins.

Comment espérer qu’une enveloppe budgétaire, arrivée trop tard, puisse permettre aux structures hospitalières de s’armer correctement face à la virulence de la dernière vague pandémique ? Une communication appropriée et un travail de pédagogie sur l’importance de la vaccination auraient été plus efficaces que des moyens financiers tardifs.

Catastrophe économique et sociale

Au-delà des effets sanitaires de la pandémie, les implications économiques pour ces territoires sont terribles. Les Outre-mer connaissaient déjà des freins structurels alimentés par les spécificités telles que l’éloignement géographique, les conditions climatiques difficiles et de moins en moins prévisibles, et l’insularité. Pour rappel, la première vague épidémique avait eu des effets négatifs en Martinique avec un recul de la valeur ajoutée totale de 4,4%, 5,1% en Guadeloupe et 3% en Polynésie.

L’année 2021 devait leur permettre de rouvrir les vannes, notamment pour les secteurs en liens avec les activités touristiques et nautiques qui avaient souffert d’un fort manque à gagner. La nouvelle vague pandémique risque d’accentuer la dégradation du tissu économique dans des territoires où le taux de chômage, surtout des jeunes, et les destructions d’entreprises pesaient déjà sur les conditions de vie des populations.

D’autres territoires ultramarins restent fragiles face à cette pandémie, notamment Mayotte – où les infrastructures publiques ne permettent pas de respecter les gestes barrières convenablement – et la Guyane – où les peuples autochtones restent vulnérables. Nous y constatons des freins similaires et les populations risquent d’y connaître des difficultés similaires aux Antilles et à la Polynésie.

Face à cette situation est intenable pour nos compatriotes des Outre-mer, la Gauche Républicaine et Socialiste exhorte le Gouvernement à tout mettre en œuvre pour éviter, au-delà des effets négatifs de la pandémie, un embrasement politique et institutionnel qui pourrait mettre à mal le socle républicain.

“On peut reprocher à la France d’être peu combative”

Marianne · entretien publié le 6 août 2021 · PROPOS RECUEILLIS PAR R.S.

Marianne : Dans sa note, l’École de guerre économique explique que l’Allemagne cherche à imposer ses règles et à affaiblir la France, dont le modèle est fondé sur le nucléaire. Est-ce quelque chose que l’on constate au Parlement européen ?
Emmanuel Maurel : Il y a une offensive des Allemands pour leur « mix éolien et gaz ». Nos voisins prennent appui sur une entente entre les lobbies industriels et certains écologistes. Le problème, c’est que, sur le plan environnemental, ce modèle est intenable. Ses émissions de CO2 demeurent très élevées, bien plus qu’en France. Mais on ne peut pas ignorer les arguments contre le nucléaire. Les populations refusent l’enfouissement des déchets, qui resteront toxiques des dizaines (voire des centaines) de milliers d’années. On ne pense pas non plus assez à l’assèchement et au réchauffement des rivières utilisées aujourd’hui pour refroidir les réacteurs. Si on est lucide, le nucléaire l’emporte sur le gaz et a fortiori sur le charbon, mais faut-il pour autant l’exalter dans cette taxonomie européenne ? Je ne suis pas sûr. Je pense qu’il faut explorer d’autres pistes, au premier rang desquelles les économies d’énergie.

L’une des failles du modèle allemand, c’est qu’il s’appuie en partie sur la fourniture du gaz russe, au risque d’une dépendance européenne envers la Russie…
Sur « Nord Stream 2 », j’ai une position modérée. Si l’on s’oppose aux Russes sur ce gazoduc, qui est assemblé à 95%, on se met dans la main des Américains, qui veulent rendre l’Europe dépendante de leur gaz à eux en usant du chantage des sanctions extraterritoriales. Est-ce qu’on veut couper tout contact avec les Russes et dépendre encore plus des Américains ?

Historiquement, l’Europe s’est bâtie sur des enjeux énergétiques convergents avec le CECA en 1951. Pourquoi constate-t-on une divergence de fond sur ces enjeux stratégiques ?
Avec la France et l’Allemagne, on est confronté à deux États aux intérêts de plus en plus divergents. Les tensions vont au-delà des sujets énergétiques. On a vu cette divergence lors des négociations sur l’accord d’investissement avec la Chine, par exemple. L’Allemagne a précipité la signature de cet accord lors de la dernière semaine de sa présidence du Conseil européen, en décembre 2020… Autrefois, elle cherchait des compromis par fidélité à la construction européenne, aujourd’hui elle veut imposer son point de vue. Mais on pourrait aussi reprocher à la France d’être peu combative, et par là-même moins influente…

“Ne faisons pas de l’écologie contre les plus modestes”

tribune de Jean-Luc Laurent, publiée le mardi 3 août 2021 par Les Echos

Le maire GRS du Kremlin-Bicêtre déplore l’instauration « précipitée » des zones à faibles émissions dans le Grand Paris. Il estime, dans une tribune aux « Echos », que cette mesure accentue les inégalités entre ceux qui peuvent s’offrir un véhicule plus écologique… et les autres.

Depuis mardi 1er juin, tous les véhicules Crit’Air 4 et 5 n’ont plus le droit de circuler en semaine dans la zone à faibles émissions (ZFE) de la Métropole du Grand Paris. Cela représente 240.000 voitures, et presque autant de Franciliens.

Dès 2022, ce sont les véhicules Crit’Air 3 qui seront interdits, avant les Crit’Air 2 en 2024. Cette décision ne tient pas compte de la situation des ménages modestes et des classes moyennes. Elle préfère une écologie punitive à une écologie populaire.

Futur métro

La ZFE est une nécessité pour opérer une transition écologique et énergétique, notamment quand on sait que le transport est l’activité qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre en France et que la pollution est un réel enjeu de santé publique.

Malheureusement, il manque à cette mesure un accompagnement des Franciliens. En imposant la zone à faibles émissions sans concerter les principaux intéressés, nous les évinçons d’une politique écologique participative, nous créons des tensions sociales qui pourraient être évitées et nous alimentons une défiance de la part des Franciliens les plus fragiles face à des décisions politiques déconnectées de la réalité.

Cet accompagnement passe avant tout par une offre de transports en commun suffisante en banlieue. Le calendrier actuel de la zone à faibles émissions ne tient pas compte des mises en service des futures lignes de métro pour desservir la banlieue. La ligne 14 prolongée en 2024 et surtout la ligne 15, métro de banlieue à banlieue tant attendu, ne sera finalisée qu’en 2030. Dans ces conditions, pourquoi continuer à opposer « fin du monde » et « fin du mois » ?

Une taxe supplémentaire

L’écologie qui se construit contre les citoyens, les Français n’en veulent pas. Une telle mesure qui ne s’accompagne pas d’une politique sociale concrète risque de fracturer encore un peu plus notre société. Elle subit déjà actuellement une crise sanitaire sans précédent dont les répercussions économiques et sociales touchent de plein fouet les couches populaires.

D’autant plus quand cela conduit à créer une taxe supplémentaire par le biais de bornes de contrôle. Alors que les professionnels du transport bénéficient d’ores et déjà de dérogations, cette taxe sera payée par les Franciliens qui se rendent quotidiennement au travail. En somme, la double peine. Souhaitons-nous réduire la ZFE à une taxe supplémentaire, alors que l’enjeu est l’amélioration de la qualité de l’air ?

A minima, il faut que les aides financières pour acquérir un véhicule peu ou pas émetteur de gaz à effet de serre soient augmentées au regard du coût engendré pour les Franciliens modestes et les classes moyennes.

Ne creusons pas davantage les inégalités par une décision précipitée. Priver les habitants d’Ile-de-France de leur moyen de transport sans leur proposer d’alternatives (transports collectifs, auto-partage, RER Vélo…) conduit à les « assigner à résidence » et les cantonner à leur quartier. Il est encore temps de changer les choses pour rendre la ZFE populaire !