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Les actualités de la Gauche Républicaine et Socialiste

  • Création d’un statut de fonctionnaire pour les AESH : un premier pas franchi à l’Assemblée nationale !

    Création d’un statut de fonctionnaire pour les AESH : un premier pas franchi à l’Assemblée nationale !

    communiqué de presse de la Gauche Républicaine et Socialiste – jeudi 29 octobre 2026 – 19h55

    La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances a fêté ses vingt et un ans cette année. Elle a marqué une étape importante dans la reconnaissance des droits des personnes en situation de handicap et dans leur inclusion au sein de la société. Pourtant, force est de constater que cette inclusion reste aujourd’hui encore largement inachevée.

    Depuis de nombreuses années, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) exercent leur métier dans des conditions difficiles. Leur statut de contractuel les place dans une situation de précarité qui ne saurait être à la hauteur de leur rôle essentiel auprès des élèves. Les organisations syndicales de l’Éducation nationale dénoncent régulièrement ces difficultés et réclament la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B pour ces personnels indispensables à la réussite scolaire et à l’inclusion des élèves en situation de handicap.

    La Gauche républicaine et socialiste soutenait cette exigence. Emmanuel Maurel, son animateur national et député du Val-d’Oise, était par ailleurs signataire d’une proposition de loi visant à créer un statut de catégorie B pour les AESH (déposée le 14 octobre 2025). La GRS se réjouit donc de l’adoption de cette proposition de loi hier 29 octobre 2026, en première lecture à l’Assemblée Nationale, dans le cadre de la journée d’initiative parlementaire du groupe La France insoumise.

    Plus que jamais, il est urgent de reconnaître pleinement celles et ceux qui accompagnent nos enfants au quotidien, en leur garantissant un statut à la hauteur de leurs missions et de leur engagement.

    Cette première étape est donc l’aboutissement d’un long combat de la gauche, qui réussit lorsqu’elle est rassemblée. La GRS espère que cette proposition de loi poursuivra son parcours parlementaire jusqu’à son adoption définitive et sa mise en œuvre effective. La reconnaissance des AESH et l’amélioration de leurs conditions de travail sont des conditions indispensables à une école véritablement inclusive.

  • Mobilisation des lycéens : des premières victoires, le gouvernement passera-t-il aux actes ?

    Mobilisation des lycéens : des premières victoires, le gouvernement passera-t-il aux actes ?

    Il aura donc fallu attendre 6 semaines pour que le Gouvernement réponde enfin à un mouvement lycéen, qu’il n’avait jusqu’ici traité qu’au prisme de la répression.

    Ainsi donc après avoir moqué toute une génération et stigmatisé les jeunes scolarisés des banlieues populaires, où le mouvement avait commencé le 21 septembre dernier pour protester contre l’indécence de leurs conditions d’instruction, MM. Lecornu, Geffray et Baptiste accèdent à l’essentiel des exigences :

    • Parcoursup remplacé en 2028 ;
    • Remise en cause du contrôle continu en Première pour le baccalauréat ;
    • Indexation des bourses étudiantes sur l’inflation ;
    • 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur ;
    • de nouveaux crédits pour la rénovation du bâti ;
    • un maximum de 28 élèves par classe, à compter de septembre 2027, en priorité dans les quartiers populaires ;
    • création de 500 postes supplémentaires d’enseignants dès le budget 2027 ;
    • 1 200 postes d’enseignants seront créés pour les 10 000 places supplémentaires ouvertes en BTS ;
    • création de 200 postes supplémentaires d’infirmiers, de psychologues et d’assistants sociaux, en plus des 300 postes initialement annoncés ;
    • révision des combinaisons d’enseignements de spécialité en première et en terminale, afin de rendre les emplois du temps plus cohérents et plus équilibrés et de garantir une pause déjeuner d’une heure pour toutes et tous.

    Point positif : c’est une reconnaissance complète de la légitimité des revendications des lycéens et des lycéennes.

    Point négatif : en réalité, le gouvernement tire un chèque en blanc en reportant à l’après présidentielle la mise en œuvre de ces « promesses », dont la plus floue est celle du remplacement de Parcoursup (mais pourrait s’y adjoindre la facilitation de « prêts » aux régions pour financer l’investissement dans les Lycées), sans aucune garantie d’un vote d’un projet de loi de finances pour 2027 intégrant ces mesures.

    On voit difficilement comment le budget pourra disposer des crédits suffisants pour ces annonces, dans le cadre corseté porté par le gouvernement : s’il n’accepte pas les amendements sur l’accroissement des recettes portés par la gauche qu’il a rejeté en commission des finances, on voit difficilement comment il pourrait intégrer une partie des annonces d’hier sans faire un chantage malsain en déshabillant d’autres programmes budgétaires. On voit enfin difficilement comment le gouvernement prétend recruter des enseignants supplémentaires pour des postes fixes ou des remplacements, alors que l’insuffisance notoire des rémunérations dans l’éducation nationale plombe l’attractivité de la profession depuis plus de 10 ans maintenant : et aucune revalorisation suffisante n’est évidemment budgétée ni actuellement, ni dans les annonces…

    Ainsi, dès le 3 novembre, nous serons fixés sur la portée réelle des « engagements » de ce gouvernement.

    Il faut être franc avec les lycéens qui ont été méprisés et violentés pendant plusieurs semaines : sans changement conséquent de stratégie budgétaire par ce gouvernement, ils ne trouveront pas de réponses adaptées à leurs revendications. Plus généralement, après deux ans de blocages institutionnels dus au refus du président de la République et de ses amis politiques de reconnaître leurs défaites électorales, c’est effectivement avec l’élection présidentielle que se jouera l’avenir de la France et de l’éducation nationale dans notre pays.

    La mobilisation doit continuer pour montrer la détermination du mouvement social, et ne doit pas se laisser intimider par la brutalité de l’exécutif et le fond de l’air nauséabond qu’il entretient.

    Nous pouvons rompre avec la politique menée depuis plus de 10 ans, et répondre aux aspirations de la jeunesse et du monde du travail. Nous pouvons battre Marine Le Pen. Il faudra pour cela rassembler les Françaises et les Français.

  • Attentat de Trappes : horreur et effroi face à un crime de haine

    Attentat de Trappes : horreur et effroi face à un crime de haine

    communiqué de presse – vendredi 23 octobre 2026 – 16h05

    Après la fusillade meurtrière à Trappes et à La Verrière, la Gauche Républicaine et Socialiste fait part aux victimes et à leurs proches de sa pleine solidarité.

    Grâce à l’intervention rapide des forces de l’ordre, l’assassin a été rapidement appréhendé. Nous leur exprimons toute notre reconnaissance, ainsi qu’aux services de secours.

    Les raisons de cet acte barbare ne sont pas clairement établies à cette heure, mais la saisine du parquet anti terroriste et les premiers éléments d’enquête pointent la motivation raciste de l’auteur.

    N’oublions jamais que le rejet de l’autre et la pulsion raciste n’aboutissent à rien d’autre que la destruction du contrat social.

    La République Française, c’est l’égalité de toutes et tous, sans aucune distinction d’origine, de race ou de religion. Tous les républicains doivent s’unir contre ceux qui veulent défigurer la France.

  • Missions Locales du Grand Est : la jeunesse mérite mieux qu’un désengagement régional

    Missions Locales du Grand Est : la jeunesse mérite mieux qu’un désengagement régional

    communiqué de presse – jeudi 22 octobre 2026 – 15h45

    La Gauche Républicaine et Socialiste apporte son soutien aux Missions Locales du Grand Est, confrontées à la suppression du financement régional pour 2026, après une baisse moyenne de 43% en 2025.

    Cette décision fragilise un réseau essentiel qui accompagne près de 80 000 jeunes chaque année, au sein de 43 Missions Locales et de plus de 500 points d’accueil. En 2025, le réseau avait déjà perdu 71 équivalents temps plein.

    Derrière ces chiffres, ce sont des jeunes qui risquent de perdre un accompagnement précieux dans la construction de leur avenir.

    Les Missions Locales jouent un rôle déterminant dans l’accès à l’emploi, à la formation et à l’autonomie. Elles accompagnent aussi les jeunes confrontés à des difficultés de mobilité, de logement ou d’accès aux droits. Leur action est indispensable pour que chacun puisse trouver sa place dans la société, quels que soient son parcours et son territoire.

    Le contexte rend cette décision d’autant plus préoccupante. Le mouvement des lycéens a aujourd’hui largement dépassé la mobilisation de la seule jeunesse scolarisée ; il témoigne des inquiétudes de la jeunesse concernant ses décisions d’études et ses perspectives d’avenir et d’accès aux droits et à l’emploi. La région, actrice de l’information sur les métiers et les formations, doit prendre toute sa part à cet effort.

    L’orientation et l’insertion ne s’arrêtent pas à la sortie du lycée. Elles nécessitent un accompagnement dans la durée, précisément celui que proposent les Missions Locales. Fragiliser ces structures alors que les jeunes expriment leurs inquiétudes serait un signal particulièrement préoccupant.

    Pour la Gauche Républicaine et Socialiste, l’égalité républicaine ne peut se limiter aux discours : elle exige des moyens concrets pour accompagner la jeunesse. La maîtrise des dépenses publiques ne doit pas se traduire par un recul des services de proximité ni par une aggravation des inégalités sociales et territoriales.

    Déjà désengagée de la politique de la ville, la Région Grand Est, gérée par la droite et le centre, démontre une nouvelle fois son refus d’accompagner les jeunes vers l’emploi. Cette remise en cause permanente des moyens d’égalité réelle des chances pour les jeunes affaiblit durablement le vivre ensemble et notre pacte social.

    Nous demandons à la Région Grand Est de rétablir son financement des Missions Locales pour 2026 et d’engager sans délai un dialogue avec leurs représentants afin de garantir la continuité de leurs missions.

    Soutenir les Missions Locales, c’est donner aux jeunes les moyens de choisir leur avenir. La jeunesse doit être une priorité politique, pas une variable d’ajustement budgétaire.

  • 17 octobre 2026 : rétablir l’ordre républicain et satisfaire enfin les revendications

    17 octobre 2026 : rétablir l’ordre républicain et satisfaire enfin les revendications

    communiqué de la Gauche Républicaine et Socialiste – dimanche 18 octobre 2016, 14h00

    Des combats justes, des revendications légitimes. Des jeunes qui demandent simplement de pouvoir étudier dans de bonnes conditions. Des salariés qui veulent vivre dignement de leur travail, remplir leur réservoir et leur caddie sans avoir à compter chaque euro.

    Hier, ces revendications légitimes, portées par des manifestants en très grande majorité pacifistes, ont été effacées, médiatiquement et politiquement, par ceux qui profitent de cette colère légitime pour piller, vandaliser et incendier.

    Le Gouvernement a voulu minimiser l’ampleur de la contestation sociale. Il n’a pas pris la mesure de la situation ni mobilisé les moyens nécessaires au maintien de l’ordre.

    Il est temps de rétablir l’ordre républicain.

    Dans notre République, le droit de manifester est une liberté fondamentale. Le Gouvernement a échoué à garantir cette liberté, après avoir laissé faire, voire encouragé des réponses disproportionnées de la part des forces de l’ordre.

    Mais cette stratégie du pourrissement ne justifiera jamais qu’on se livre aux pillages, aux menaces de mort, aux violences et à l’incendie de nos bâtiments publics et de nos mairies !

    La République ne peut céder devant ceux qui s’en prennent à ses institutions, à ses symboles et à ses agents. Ils devront être appréhendés, jugés et punis à la hauteur de leurs délits et de leurs crimes.

    Nous ne devrions pas choisir entre la justice sociale et l’ordre républicain.
    Nous revendiquons les deux.

    Derrière ces violences, que nous condamnons avec la plus grande fermeté, des salariés, des commerçants ont perdu leur outil de travail, et des citoyens ont été privés des services publics dont ils ont tant besoin.

    Nous réaffirmons notre soutien aux revendications, qui étaient légitimes hier et qui le restent aujourd’hui. Le mouvement social doit pouvoir continuer, l’exécutif doit enfin l’entendre et négocier avec les forces vives de la Nation, au premiers rang desquelles la jeunesse et les syndicats de salariés, pour y répondre.

  • 17 octobre 1961 : Il y a 65 ans, la Préfecture de Police massacrait les manifestants algériens

    17 octobre 1961 : Il y a 65 ans, la Préfecture de Police massacrait les manifestants algériens

    En octobre 1961, en pleine guerre d’Algérie, le FLN – fortement divisé sur cette stratégie et ses conséquences probables pour les civils – décidait d’une manifestation pacifique encadrée par sa fédération la plus puissante, celle d’Île-de-France.

    Le Préfet de Police, Maurice Papon, ne tiendra aucun compte du fait que les manifestants sont en famille (femmes, enfants, vieillards et non armés). Les forces de l’ordre vont déclencher une violence inouïe contre les manifestants venus de toute la banlieue : rafles, internements, passages à tabac… des hommes sont abattus jusque dans la cour de la Préfecture de Police de Paris.

    On comptera de 120 à plus de 200 morts. Du Pont de Bezons jusqu’au cœur de Paris, les corps des victimes sont jetés à la Seine quand ce ne sont pas des manifestants qui son noyés. Le Président de la République Charles De Gaulle sera informé, mais ne prendra aucune sanction.

    Pourtant des journalistes et de militants courageux lutteront pendant des décennies contre le silence officiel.
    Le procès pour crimes contre l’Humanité de Maurice Papon, à partir de 1997, commencera à lever officiellement le voile.

    Le 17 octobre 2012, le président de la République François Hollande publie un communiqué : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits.
    51 ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes ».

    Le 28 mars 2024, l’Assemblée nationale adopte une résolution réclamant au gouvernement une journée commémorative.

    Nous considérons que l’instauration effective d’une cérémonie officielle ne serait que justice pour les victimes innocentes d’une conception de l’ordre qui n’aurait jamais dû avoir droit de citer dans notre démocratie républicaine.

    Frédéric Faravel

  • De la primaire à la présidentielle

    De la primaire à la présidentielle

    Au sortir de l’été, la GRS a choisi de s’associer au processus de primaire initié par le PS et Place Publique. Malgré ses limites et un périmètre que nous aurions préféré plus large, cette consultation militante a permis de faire vivre, dans les médias, les débats qui traversent la gauche. L’audience importante des débats télévisés a montré l’intérêt des Français pour les propositions de la gauche socialiste, afin de redresser un pays abîmé par dix années de macronisme.

    Emmanuel Maurel a porté dans ces débats la parole de GRS avec talent. La cohérence de sa ligne (démondialiser, démarchandiser, démocratiser) a été saluée. De la proposition d’un grand emprunt citoyen à la rénovation de la démocratie sociale, ses propositions programmatiques ont rencontré un large écho ont pu être diffusées bien au-delà de l’audience habituelle de notre parti. Les quelque 7000 voix (près de 6%) obtenues, lors de ce scrutin au périmètre très fermé, marquent tout à la fois un réel succès d’estime et l’ampleur du travail qui s’offre à nous pour diffuser nos propositions au plus grand nombre.

    Raphaël Glucksmann a remporté un succès aussi large qu’incontestable et aura donc la lourde tâche de représenter la gauche socialiste à la prochaine élection présidentielle. Il lui appartient maintenant de montrer sa capacité à rassembler à gauche et à tracer un chemin qui permette à la France d’échapper au retour au pouvoir d’une extrême droite xénophobe et capitularde. La victoire ne sera possible que si la gauche réussit à convaincre les Français de sa capacité à améliorer concrètement leurs conditions de vie et leur environnement. 

    La GRS apportera à ce combat son soutien déterminé et exigeant. Le rendez-vous est historique, le défi qui s‘annonce est immense, les vents médiatiques seront contraires, l’union à gauche sera plus que jamais un combat. Pour les militants politiques que nous sommes, la campagne n’en sera que plus exaltante !

  • INSCRIVEZ-VOUS AUX UNIVERSITÉS D’AUTOMNE DE LA GRS – 7 et 8 novembre 2026, Montpellier

    INSCRIVEZ-VOUS AUX UNIVERSITÉS D’AUTOMNE DE LA GRS – 7 et 8 novembre 2026, Montpellier

    L’Université d’automne de la Gauche Républicaine et Socialiste se tiendra les 7 et 8 novembre à Montpellier, à l’Espace Pitot, place du Professeur-Mirouze.

    Vous trouverez ci-dessous le programme prévisionnel, mais vous pouvez d’ores-et-déjà vous inscrire en ligne pour réserver votre place.

    La participation à cet événement est gratuite.

    Seule une contribution financière sera demandée pour le dîner du samedi soir.

    Nos travaux débuteront le samedi 7 novembre à 9h30 et s’achèveront le dimanche 8 novembre à 13h. Ce sera un nouveau moment fort pour le rassemblement à gauche.

    Ensemble, construisons le rassemblement de toutes celles et ceux pour qui la République jusqu’au bout, comme le disait Jaurès, reste une idée d’avenir !

    Inscrivez-vous dès maintenant et réservez vos voyages et hôtels.

    Samedi 7 novembre

    9h30 – 9h45
    Accueil des participants

    9h45 – 10h00
    Ouverture par les militants locaux

    10h00 – 11h30

    Table Ronde :
    Reconstruire l’école de la République

    11h30-12h30

    Table Ronde :

    Grand Emprunt : une solution souveraine et démocratique

    12h30-12h45
    Accueil républicain

    12h45– 14h30
    Déjeuner libre

    14h30 – 16h00

    Table Ronde :

    Intelligence artificielle : quelles conséquences pour le travail, la culture et la société ?

    16h30 – 18h00

    Table Ronde :

    La gauche en morceaux : comment reconstruire une force politique ?

    18h00 – 19h00
    Discours de Marie-Noëlle Lienemann et Emmanuel Maurel

    19h00 – 20h00
    Verre de l’amitié

    20h30
    Dîner militant
    (25€ sur inscription préalable par mail à contact@g-r-s.fr)

    Dimanche 8 novembre

    9h30-11h00

    Table Ronde :

    Réussir la transition écologique

    11h00-13h00
    Assemblée générale de la Gauche Républicaine et Socialiste
    (séquence réservée aux militants de la GRS)

  • « Les Mozart de la finance ont cramé la caisse » : Emmanuel Maurel ouvre les débats sur le budget 2027

    « Les Mozart de la finance ont cramé la caisse » : Emmanuel Maurel ouvre les débats sur le budget 2027

    Emmanuel Maurel remettait mardi 13 octobre 2026 les pendules à l’heure en ouverture du débat du projet de loi de finances pour 2027.
    La dette est abyssale, les Mozarts de la finance ont cramé la caisse, mais ils pensent toujours que leur politique est la seule et la meilleure possible.

    L’enferment minoritaire de la macronie n’a d’égale que sa déconnexion d’avec le réel.

    Et ils osent parler d’un « budget de justice », alors qu’ils s’en prennent aux travailleurs modestes, aux malades, aux fonctionnaires, à la jeunesse, et que dans le même temps, ils ne touchent ni aux superprofits, ni aux ultra-riches.

  • « Loi intégrale » toujours en sursis

    « Loi intégrale » toujours en sursis

    Le mardi 13 octobre 2026, la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants dite « loi intégrale » fera l’objet d’un vote solennel à l’Assemblée nationale.

    Malgré des échecs importants dans le débat parlementaire, la Gauche Républicaine et Socialiste soutiendra son adoption car elle apporte des avancées majeures. Mais il faut être conscient qu’à l’heure où nous écrivons rien n’est gagné : ni son adoption mardi soir, ni un parcours parlementaire complet (le texte sera transmis au Sénat, mais devra s’insérer dans l’agenda sénatorial ce qui n’est pas garanti) sans détricotage supplémentaire, et encore moins son financement. Raison de plus pour maintenir la pression : pour obtenir une véritable victoire, la coalition féministe et enfantiste et la gauche devront continuer à mobiliser pendant de longs mois, y compris pendant la campagne de l’élection présidentielle. C’est nécessaire à la fois pour faire adopter le texte et aussi pour informer et conscientiser nos concitoyens sur ce sujet.

    Des conquêtes arrachées à l’indifférence

    On ne le répétera jamais assez : rien ne prédisposait le Parlement français à examiner, à l’automne 2026, un texte aussi ambitieux que cette proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants.

    Le projet naît pourtant dès 2024, d’une coalition inédite de quelque 140 associations féministes et enfantistes, de syndicats et d’expertes, qui transforment en quelques mois un socle de 140 revendications en une proposition de loi globale, inspirée de l’exemple espagnol de 2004, couvrant l’ensemble de la chaîne : prévention, repérage, enquête, justice, santé, travail, sphère numérique. Le combat n’est pas nouveau – la criminalisation du viol en 1980, la loi de 2010 sur les violences psychologiques au sein du couple ou l’immense travail de la commission indépendante sur l’inceste en attestent –, mais il faut attendre l’été 2026 et la découverte du corps de la petite Lyhanna, violée et assassinée malgré des alertes ignorées par les autorités compétentes, pour que l’émotion populaire, les rassemblements hebdomadaires devant les tribunaux et le souvenir d’affaires judiciaires ubuesques mettent le gouvernement au pied du mur.

    Les chiffres donnent d’ailleurs la mesure de l’urgence : plus de 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année, 230 000 femmes majeures se déclarant victimes, une explosion des plaintes de 282% en six ans, et, en face, 73% de classements sans suite.

    C’est bien cette « crise systémique » de la police et de la justice que le texte entend affronter, en opérer une « rupture de paradigme ».

    De réelles avancées, mais la gauche a cédé du terrain

    Convenons d’abord de ce que le texte, tel qu’il sort de la première lecture à l’Assemblée, fait avancer des combats anciens. Des juridictions spécialisées et des postes de juges dédiés seraient créés ; un socle minimal d’actes d’enquête sera imposé ; les professionnels de santé mis en cause sont suspendus et l’allaitement rejoint les motifs de discrimination’inceste devient une infraction autonome du code pénal, élargie jusqu’aux cousins germains ; les violences obstétricales et gynécologiques sont pour la première fois précisément décrites et pénalement sanctionnées ; les « dick pics » deviennent un délit spécifique, la traque numérique furtive aussi.

    Mais à quel prix ? Sur presque tous les points durs, la « coalition » transpartisane, et singulièrement ses ailes de gauche, a fini par céder du terrain. Le maintien des cours criminelles départementales, ces juridictions sans jurés populaires qui traitent 85% des viols et que les associations voulaient abolir, en est le symbole le plus cruel : seuls les viols aggravés, punis de vingt ans et plus, iront devant des cours d’assises spécialisées – un compromis qu’aucun texte fondateur ne viendra masquer et que d’aucuns n’ont pas hésité à qualifier de trahison. L’entretien annuel de repérage à l’école, mesure clé héritée de la première recommandation de la commission sur l’inceste, a été vidé de son caractère obligatoire en commission avant d’être rétabli en séance dans une version tardive et diluée, avec une généralisation repoussée à 2032. L’obligation de négocier en entreprise sur l’impact des violences intrafamiliales a sauté ; la formation spécialisée des policiers d’un niveau élevé a été ramenée à un simple « choc de formation » moins bien ambitieux mais soutenu par le gouvernement. Or, renoncer au caractère obligatoire d’un repérage universel, c’est, au fond, accepter que cela puisse continuer.

    Ambition déçue sur les parcours de soin des victimes

    C’est sans doute sur le volet santé que le décalage entre l’affichage et la réalité est le plus criant. Le texte prévoit là-aussi de véritables avancées : prise en charge à 100% des soins consécutifs aux sévices sexuels, même sans plainte ; centres départementaux de prise en charge pluridisciplinaire ; fin des conciliations ordinales traumatisantes pour les plaintes visant des médecins. Mais les parcours de soin demeurent, littéralement, au rabais. Le fameux « parcours de soins coordonné » en psychotraumatisme, entièrement pris en charge, ne concernera que les mineurs : or, neuf enfants victimes sur dix ne révèlent les faits qu’à l’âge adulte, devenus inéligibles au dispositif, quand la majorité des plaignantes est précisément adulte. Les consultations de psychologues en libéral, elles, ne seront pas mieux remboursées qu’avant, ce qui exclut de fait l’essentiel des victimes ; les députées qui l’ont crié à l’hémicycle n’ont pas été contredites, simplement ignorées. Et le contenu précis de ces parcours restera suspendu à des décrets. La cause pratique est avant tout là-aussi budgétaire : faute de réels moyens – à peine 7 millions annoncés pour le parcours renforcé – et d’un périmètre volontairement restreint, la proposition de loi proclame des principes qui ne pourront devenir effectifs. Une « loi intégrale » sans « budget intégral » ne pourra pas atteindre son but.

    Mardi 13 octobre : un vote sous conditions

    Le rendez-vous du 13 octobre est donc tout sauf une formalité.

    L’Assemblée nationale sera d’abord appelée à revoter, en seconde délibération, l’article 46, ce congé payé d’au moins dix jours destiné à permettre aux victimes salariées de porter plainte, consulter, se mettre à l’abri sans perdre leur salaire – rejeté de justesse (77 voix contre 74) grâce aux délégations de vote de l’extrême droite et aux abstentions du centre et de la droite (et une partie de la gauche était en commission sur l’examen du projet de loi de finances). Une seconde délibération a donc été obtenue car la gauche a dénoncé l’utilisation massive de délégations de vote par le Rassemblement national.

    Mais il n’y aura pas de correction d’autres graves reculs. Les députés ont voté également le vendredi 9 octobre (par un vote net 121 voix contre 77, avec un large soutien du centre au RN) la suppression de l’article 62 qui interdisait de délivrer une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) à l’encontre d’une personne étrangère victime de violences sexuelles ayant déposé plainte : les droites ont osé évoquer une « nouvelle filière d’immigration ». Cette suppression était également soutenue par la ministre de l’Égalité femmes hommes, Aurore Bergé, invoquant un avis du Conseil d’État et des risques de détournement de la procédure, fermant la porte à une seconde délibération. Cette mesure n’est pourtant pas secondaire : comment porter plainte, quitter un conjoint violent, sortir d’un réseau de traite ou de proxénétisme, si on craint un renvoi à la frontière ? La protection contre les violences doit pourtant concerner toutes les femmes, qu’elles aient ou non des papiers : en réalité, l’argument des droites est cohérent avec leurs récriminations contre l’Aide médicale d’État. D’autres mesures auraient pu être réexaminées, mais il n’y aura finalement pas de seconde délibération : la gauche souhaitait revenir sur un amendement « Medef » adopté en séance, qui a supprimé à l’article 40 l’obligation pour les entreprises de négocier sur l’impact des violences intrafamiliales (privées) dans le monde professionnel ; la gauche souhaitait également ajuster (article 3) les modalités de formation obligatoire des forces de l’ordre face aux violences sexistes et sexuelles. Peine perdue.

    À cette heure, le rétablissement de l’article 46 n’est pas assuré, mais plus largement on peut s’interroger sur l’adoption solennelle du texte lui-même, dans un hémicycle où « l’alliance » transpartisane s’est fissurée toute la semaine et où l’extrême droite a déjà démontré qu’elle pouvait faire basculer des scrutins.

    Si le texte est adopté finalement demain, le parcours parlementaire à venir n’est pas moins incertain : le Sénat, majoritairement ancré à droite, ne s’ouvrira sur le dossier qu’en janvier 2027, et nul n’ignore le risque que le texte y soit dépecé.

    Sans crédits, la loi restera lettre morte

    Enfin, l’ombre portée sur toute cette architecture, c’est l’argent. Le chiffrage officiel oscille entre 3 et 4 milliards d’euros supplémentaires par an – dont 2,4 milliards pour l’Intérieur, 300 millions pour la Justice et jusqu’à 800 millions pour la Santé –, sans compter les 500 millions annuels du seul entretien de repérage scolaire, ou les 1 400 magistrats et 800 greffiers que l’application intégrale supposerait de recruter, là où quelque 300 seront effectivement recrutés en 2027. Face à cela, les engagements gouvernementaux relèvent de l’esquive : on promet un amendement de programmation « à l’issue de la navette », une budgétisation des mesures définitivement adoptées, un effort accru « dès 2027 » dans les lois de finances et de financement de la Sécurité sociale. Mais qui ne voit la contradiction ? On refuse de légiférer sur la pénurie, tout en s’apprêtant à voter une loi dont on sait qu’elle coûtera ce que l’on refuse de mettre sur la table, dans un contexte budgétaire où chaque euro sera compté et où le gouvernement prétend surtout baisser les budgets sociaux. Si les crédits nécessaires ne sont pas votés dans les semaines qui viennent, la loi intégrale rejoindra la longue cohorte des textes généreux restés lettre morte – les 82 recommandations de la commission sur l’inceste en ont déjà fait la démonstration.

    Les victimes et la société française dont elles font partie n’ont pas besoin de proclamations supplémentaires : ils ont besoin que la République mette enfin ses moyens au niveau de ses principes. Telle est, en définitive, l’unique question que trancheront les prochains budgets. À son niveau, au service des revendications de la coalition féministe et enfantiste, et avec le reste de la gauche, la Gauche Républicaine et Socialiste continuera de s’associer et de soutenir les mobilisations indispensables jusqu’à ce que cette concordance soit obtenue.

    Frédéric FARAVEL

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Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.