Remaniement : le naufrage en marche !


Au lendemain d’une défaite électorale d’une ampleur inédite pour l’exécutif, le changement de premier ministre et de gouvernement est une décision cosmétique. Malgré la crise sanitaire qui a révélé la faillite d’une politique qui affaiblit notre contrat social, le président de la République considère que le cap qu’il a défini en 2017 « reste vrai ». Le navire changera donc de chef mécanicien sans changer de cap.

Le discours qui accompagne ce changement de casting est à contretemps :
Face à la faillite de notre système hospitalier, il répond par une enveloppe très en-deça des besoins.
Face à la désindustrialisation qui poursuit ses ravages, il ne propose aucune piste de relocalisation de notre économie, aucune impulsion pour le made in France, ni de reconquête de notre souveraineté industrielle.
Aux Gilets jaunes qui réclament l’indivisibilité de la République et l’égalité territoriale, il répond par plus de différenciation territoriale.
Face à la colère populaire qui s’est exprimée contre la réforme des retraites, il refuse de renoncer à la retraite par points.
Face à la récession économique qui vient, il prodigue un plan de relance qui n’est pas à la hauteur.

Avec Jean Castex, le président de la République remplace un énarque de droite par un énarque plus à droite encore. La fable du progressisme libéral est définitivement éventée.
Dans ce contexte, avec des telles orientations, le changement de casting à venir relève de l’opération de com’, avec ses habituels jeux de cour et bals des ambitions. C’est une réponse hors-sol à la grève civique qui s’est exprimée massivement dimanche avec 60% d’abstention.

Procrastination et Pusillanimité: la relance économique de Macron est une sarbacane lorsque l’Allemagne sort le bazooka

Le gouvernement allemand a décidé d’un plan de soutien de la consommation de 20 milliards d’Euro, baissant à partir de mercredi les deux taux de TVA.

Il a également décidé de mettre 9 milliards dans Lufthansa et a obtenu en échange 20% supplémentaire du capital. C’est le modèle d’aide financière contre participation au capital qu’un certain Montebourg proposait dans les années 2012-2014 avant d’être écarté au profit d’un certain Macron.

C’est en tout 354 milliards qui sont annoncés financés par le budget fédéral dans le plan de soutien à l’économie allemand, et plus de 800 milliards de garanties.

Une partie importante du plan est pour la Santé (4 milliards d’achat de matériels de protection pour les personnels médicaux, 55 milliards de moyens supplémentaires pour les hôpitaux, les médecins, les aides soignants).

50 milliards sont des aides directes et “sans bureaucratie” pour les PME et TPE.

Les indépendants et entreprises de moins de 5 salariés reçoivent directement jusqu’à 9000 euros, de moins de 10 salariés 15000 euros.

100 milliards sont prévus pour des recapitalisations, comme dans le cas de Lufthansa, 400 milliards pour des crédits garantis, et 100 milliards pour des crédits par la banque d’investissement publique (KfW).

A tout cela s’ajoutent les mesures de report de paiement des impôts, de subvention du chômage partiel permettant de conserver emploi et niveau de pouvoir d’achat.

Les régions et les communes mettent également des moyens sur la table.

Par exemple, ce week-end, la région de Berlin (3,5 millions d’habitants) a annoncé un plan d’aide du secteur hôtelier de 1,5 milliards, dont 500 millions par le budget régional. C’est l’équivalent d’un plan de 40 milliards au niveau national…

La ville de Berlin avait également financé le revenu direct des indépendants et des précaires en versant 5000 euros sans contrôle préalable, seulement à posteriori.

Et la France?

Macron n’a pas annoncé de “Bazooka” (expression du ministre des finances allemand quant à son plan de relance), mais des … commissions d’étude pour préparer un plan … pendant l’été.


la relance économique de Macron est une sarbacane lorsque l’Allemagne sort le bazooka.


Les mesures sectorielles prises sont évaluées à 40 milliards. Les mesures de soutien au chômage partiel et de secours immédiat aux entreprises seraient d’un montant de 110 milliards.

Le gouvernement n’a pas réuni de conférences avec les présidents de région ni avec les maires pour coordonner des relances à tous les niveaux. Vu la raclée prise par le parti gouvernemental aux municipales, il est peu probable qu’il le fasse.

Il ne souhaite d’ailleurs pas relancer la demande pour, comme le disait le ministre de l’économie, “ne pas stimuler les importations chinoises” dans une économie dépendant, désindustrialisation conduite par ces gens oblige, à 52% de la consommation des ménages…

D’ailleurs, le tout Paris, sur toile de campagne électorale, a plus réfléchi sur l’hypothèse d’un remaniement gouvernemental que sur un moyen de soutenir l’économie, les françaises et les français, dans les conséquences sociales de la crise pandémique.

Les élites sont complètement déconnectées des réalités. Elles s’agitent dans un entre soi où le périphérique protégerait des remous du monde.

Procrastination, pusillanimité et division des français : Macron envisage de reprendre sa réforme des retraites, celle de l’assurance chômage, et n’a toujours rien annoncer pour l’hôpital et les EHPAD…

La France traverse une tempête avec un équipage rappelant dans sa stupéfaction immobile l’attitude du commandant du Titanic après le choc contre l’Iceberg…

Une pandémie ne s’arrête pas à la taille du portefeuille

L’Allemagne annonce reconfiner deux cantons autour de la ville de 100 000 habitants de Gütersloh. Elle y envoie également trois compagnies de policiers en renfort.

Le crime des habitants de cette ville? vivre à proximité de l’usine de viande – abattoir et empaquetage combinés – de 6000 salariés de Tönnies.

Son PDG, le patriarche Tönnies, est le propriétaire et président du club de football de première division Schalke 04.Il a doublé sa fortune entre 2015 et 2020 d’après Forbes, passant de 1 à 2 Milliards d’Euros. C’est l’un des grands donateurs au parti de la chancelière Angela Merkel.

Quant à l’usine Tönnies, elle compte aujourd’hui plus de 1700 cas positifs d’ouvriers contaminés au Coronavirus.

Nombre d’entre eux sont des travailleurs acheminés au début du confinement – le ministre de l’intérieur avait ouvert en mars les frontières à quelques dizaines de milliers de travailleurs venus de Roumanie et Bulgarie qu’on appelle plus “détachés” depuis les réformes de forme de 2018.

Les rabatteurs des “travailleurs détachés” ont depuis, comme le décrit le syndicaliste de la filière Brummer, créé des SARL de droit allemand, et, recrutant sous ce faux pavillon, poursuivi l’exploitation antérieure de “les faire travailler et vivre de manière indignes” dit Brummer.

Le pasteur Peter Kossen s’occupe des ouvriers roumains et bulgares de la filière de la viande pas chère allemande dans la région où se trouve l’usine Tönnies. Après être acheminés, ils sont logés dans des foyers, dans des chambres de 2, 3, 4 ou plus, dont ils doivent acquitter le loyer à … leurs employeurs. On parle de loyers de 300 euros, renforçant la dépendance économique de ces ouvriers aux donneurs d’ordre. Il a parlé, à la télévision publique, “d’esclavage moderne“.

La contamination dans ces foyers d’ouvriers est inévitable.

Entre temps, le procureur a ouvert 5 enquêtes judiciaires contre Tönnies, l’entreprise et le dirigeant.

Mais déjà en avril prés de 5 abattoirs d’entreprises concurrentes avaient connu, dans des conditions analogues, jusqu’à la moitié de leurs ouvriers contaminés.

En 2018, il y avait eu beaucoup de bruit et de vent brassé pour “annuler la directive du travailleur détaché”. On a réformé sur le papier un instrument formel, sans s’attaquer aux causes profondes du dumping salarial en Union Européenne. « Bien qu’on nous ait vendu un changement de paradigme avec la directive sur le travail détaché, censée mieux protéger les droits des travailleurs, nous voyons qu’il n’en est rien. (…) Nous constatons encore une fois que le discours sur le meilleur encadrement du travail détaché est une voie sans issue. Il faut en finir avec ce dispositif et abroger toute la législation qui permet le détachement des travailleurs. Sans cela, l’idée d’une Europe sociale et solidaire restera un slogan creux. » disait déjà notre député européen Emmanuel Maurel en 2019.

La filière de la viande allemande a profité à fond des concessions accordées par le président Hollande à l’axe Merkel-Cameron en 2013. Il a utilisé le dumping salarial d’ouvriers agricoles est-européens présents six mois par an pour liquider les filières d’élevage en France, en Grèce, en Italie. Loin d’accepter le principe d’une spécialisation progressive des espaces européens qui permettrait par exemple à la France, en exportant de l’agroalimentaire en Allemagne, d’avoir les moyens d’y acheter des machines et des voitures, l’Allemagne a tout voulu, préférant que ses voisins s’endettent pour lui acheter ses biens industriels, mais aussi ses biens agricoles, ses biens financiers. Un peu plus, et l’Allemagne supplantait la côte d’azur avec la mer baltique.

Entre 2012 et 2020, la France est devenue importatrice nette de produits agro-alimentaires avec l’Allemagne.

C’est la conséquence de deux idéologies consubstantielles aux traités existants, et destructeurs de toute ambition sociale en Europe : celle de la compétitivité, qui, en magnifiant la concurrence entre Nations, organise une guerre économique sans pitié aux dépens des classes populaires et moyennes, et celle de la libre concurrence, qui empêche les États de protéger leurs standards sociaux, sanitaires et politiques.

Ce système profite à un pays disposant d’un “hinterland” de ressources humaines et matérielles, ce que les grands pays de l’Est sont à l’Allemagne.

Tant que ce système dominera, il n’y aura aucun espace pour une harmonisation des salaires, sinon à la baisse, pour une harmonisation des protections sociales et sanitaires. Les Tönnies doubleront leurs fortunes tous les cinq ans au prix de la misère et la mortalité de leurs salariés.

L’idéologie du gain du propriétaire, qui touche toujours son dividende, contre le salaire, lui toujours poussé à la baisse, explique à la fois le doublement de la richesse de monsieur Tönnies, et la contamination de plus de 30% de ses salariés.

Un nouvel abattoir, de la marque Wiesenhof, est à son tour touché. 57 salariés sont déjà testés positifs, 1300 doivent encore l’être.

Mais cette logique est à l’œuvre dans toute l’Europe.

Il est temps, au nom du Bien Public, d’y mettre fin.

Une pandémie ne s’arrête pas à la taille du portefeuille.

Convention Citoyenne pour le Climat: Mais où est passée la justice sociale?

La Convention Citoyenne pour le Climat vient de rendre public ses travaux et ses propositions.

Ce processus, initié, au terme de la crise des gilets jaunes par l’exécutif à la demande de plusieurs collectifs devait permettre , selon la lettre de mission du président Macron : «  de définir les mesures structurantes pour parvenir, dans un esprit de justice sociale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990. »

Aux termes de ces travaux, elle adressera publiquement au Gouvernement et au Président de la République un rapport faisant état de ses discussions ainsi que l’ensemble des mesures législatives et réglementaires qu’elle aura jugées nécessaires pour atteindre l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elle pourra désigner, parmi les mesures législatives, celles dont elle jugerait qu’elles soient soumises à un référendum.

Sur le principe du tirage au sort, certains spécialistes de l’environnement ne croient pas du tout en la Convention. “Du point de vue du droit, c’est une régression”, tacle l’avocat Arnaud Gossement, qui a participé au Grenelle de l’environnement en 2007. Peu convaincu par “le mythe du tirage au sort”, il constate surtout que “la Convention pour le climat n’a aucune existence juridique et aucun droit”. “Ses membres ont moins de droits qu’une personne qui participerait à une enquête publique pour la construction d’un poulailler. Cette dernière a des droits et un juge pour les faire reconnaître”, rappelle Arnaud Gossement. L’avocat regrette que la Commission nationale du débat public, une autorité administrative indépendante, ait été écartée de la Convention et que l’État se retrouve seul à fixer les règles du jeu.

« Nous sommes dans une nouvelle procédure qui ne bénéficie d’aucune garantie et repose sur la volonté d’un homme, le président de la République. » déclare t’il sur France Info

Mais, si la légitimité et l’indépendance de la commission doivent être critiquées, on peut saluer le travail et l’implication des citoyens tirés au sort pour établir ces propositions, dans des conditions de connaissance , d’information, de contrainte de temps, et d’organisation parfois difficiles.

L’ensemble des mesures présentées s’inscrivent dans les thématiques imposées par le gouvernement, ce qui laisse finalement peu de place à la mise en place d’une intelligence collective inventive.

Il est toutefois regrettable que l’origine de cette convention ainsi que la première volonté exprimée par la lettre de mission ne soit pas respectée.

Car si on peut faire facilement consensus sur les pistes proposées, on ne peut que constater l’oubli de justice sociale qui devait guider les travaux de la convention. Notamment par l’absence de mesures visant à introduire la justice fiscale en rétablissant l’ISF par exemple comme le déclare Thomas  Piketty sur France inter « “On a quand même l’impression qu’on a cherché à éviter les sujets qui fâchent le plus. En particulier d’avoir un vote explicite sur la question d’ un rétablissement de l’impôt sur la fortune. […] La façon dont tout ça a été organisé, ne me permet pas de définir ce que pourrait être vraiment un objectif global de justice social face à la transition énergétique. Ce qui est quand même la question centrale et très difficile à laquelle il va falloir faire face.”.

Une des rares mesures fiscales proposées , vise les entreprises qui distribuent plus de 10 millions d’euros de dividendes annuels à participer à l’effort de financement collectif de la transition écologique, à hauteur de 4 % du montant des dividendes distribués, chaque année

Le sentiment de justice fiscale aurait été plus perceptible si la progressivité de cet effort avait été appliqué à l’ensemble du capital redistribué sous forme de dividende.

Ce rapport est aussi marqué par le manque d’objectifs chiffrés, de budgets, et de planification , ainsi que par l’oubli de mesures sur la taxe carbone.

Une des mesures ambitieuses, qui visait à diminuer le temps de travail à 28h hebdomadaire, n’a pas été voté par les membres de la commission juste après le discours du président qui nous indiquait son souhait de produire plus et de travailler plus.

Le président macron s’est encore une fois doté d’un outil artificiel de démocratie directe, comme il l’avait fait pour le grand débat, et il est a craindre que peu de propositions fassent l’objet de lois et engagent la France et les Français vers l’exemplarité et l’inventivité en faveur de la lutte contre les dérèglements climatiques.

De plus, d’un point de vue constitutionnel, nous déplorons qu’Emmanuel Macron, décide seul encore une fois, d’un nouvel outil , sans passer par la voie référendaire ou en réunissant le congrès, et donc en le soumettant à la souveraineté légitime du peuple.

Éducation : Reprise du 22 juin et effets d’annonce

Plutôt que de préparer sereinement la rentrée de septembre qui est le véritable enjeu, le gouvernement semble préférer encore des mesures d’affichage à court terme qui n’auront pas de grand impact sur les enfants. Du coup les établissements scolaires vont connaître leur troisième configuration d’organisation en un mois et demi, le tout pour une durée de 10 jours de cours seulement !

Ce sera donc tous en classe le 22 juin ! Juste avant la coupure de l’été, avec des enfants qui n’auront plus du tout la tête au travail. Une fois cette injonction du retour en classe lancée , qu’en sera-t-il des détails et de l’organisation concrète ? Qu’en sera-t-il du fameux protocole sanitaire, qui impose des contraintes importantes aux collectivités qui empêchent à ce stade que les établissements puissent accueillir plus d’élèves ? Et des personnes fragiles? Aucune information précise n’a été donnée à ce jour.

“Le président de la République hier soir semblait considérer que la crise du Covid était derrière nous, n’ayant plus un mot sur les précautions à respecter encore.”

Le ministre de l’Éducation nationale ce matin a déjà nuancé en expliquant qu’il faudrait continuer à respecter une distance d’un mètre entre les élèves en classe, ce qui exclut que deux élèves se retrouvent à la même table ; on ne pourra donc pas permettre d’avoir beaucoup plus d’élèves qu’aujourd’hui en même temps dans une salle puisque les salles de classe ne peuvent contenir plus de 17 ou 18 tables… bref, à nouveau des injonctions contradictoires et bien des questions qui restent en suspens après les annonces télévisées du pouvoir !

Depuis la mi-mars, le monde enseignant n’a eu de cesse de s’adapter à des situations inédites et bien souvent les chefs s’établissement ont dû improviser localement en 2 ou 3 jours des dispositifs d’accueil des élèves ; quant aux enseignant , ils ont assuré la « continuité pédagogique » en utilisant leur matériel informatique personnel, payé avec leurs propres deniers. La communauté pédagogique a été bien peu guidée par le ministère, et bien peu remerciée alors qu’on a vu ressurgir ces dernières semaines un #profbashing inacceptable pour lequel le chef de l’État n’a pas eu un seul mot hier soir.

La Gauche Républicaine et Socialiste pour sa part dit #MerciLesProfs et demande une plus grande clarté pour l’organisation de cette fin d’année scolaire et surtout pour la rentrée scolaire de septembre : Quels seront les dispositifs ? Quels seront les moyens pour être à la hauteur de cette situation inédite ? Comment faire en sorte que l’aide aux élèves les plus en difficulté ne reste pas un vœu pieu ou un slogan ?

La Gauche Républicaine & Socialiste propose pour préparer la rentrée de septembre :

    • d’augmenter les dotations horaires globales des établissements scolaires qui avaient été annoncées en janvier 2020, avant la crise sanitaire, afin de permettre davantage de dédoublements de classes, le travail en petits groupes et des approches pédagogiques individualisées ;
    • de faire un effort majeur pour compenser les pertes de recettes des collectivités, qui ont dans le même temps engagé des dépenses massives pour faire face à la crise et accompagner nos concitoyens. Il faut une augmentation exceptionnelle et massive des dotations globales de fonctionnement.

Restaurer une police républicaine

« Nous ne sommes pas dans le même camp ».

Cette réponse du Préfet de police de Paris à une citoyenne Gilet jaune qui l’interpellait calmement dit la fracture entre la police française et le peuple qu’elle est censée protéger. C’est cette fracture qui ressurgit aujourd’hui à travers les manifestations contre les violences policières.

C’est entendu, les forces de l’ordre sont au front depuis des années et ont été sollicitées dans des conditions souvent extrêmes. D’abord face à la déferlante terroriste qui a sévi à partir de 2015. Puis dans l’encadrement des mouvements sociaux, de la colère des Gilets jaunes aux manifestations contre la réforme des retraites. Aujourd’hui encore, elle est sur le pont face à l’épidémie de coronavirus. Les policiers sont aussi des travailleurs et les logiques comptables de l’État libéral pèse sur leurs effectifs, sur leurs rémunération, sur leur organisation et leurs moyens de travail.

Comment et pourquoi sommes-nous passés, en quelques années, des applaudissements et de la reconnaissance légitime que leur ont témoigné les Français lors des attentats de Charlie Hebdo aux réactions parfois virulentes qui s’expriment aujourd’hui à leur endroit ?

D’abord, il y a une responsabilité éminente dans la chaîne de commandement. Depuis Nicolas Sarkozy, la plupart des ministres de l’Intérieur ont cédé aux coups de mentons et au discours martial, conférant à notre Police une mission centrée de façon exclusive sur sa dimension répressive. C’est un défaut originel de la police française qui, à travers son histoire, a trop souvent été comprise comme protectrice des institutions avant de protéger les citoyens. La suppression de la police de proximité ne disait rien d’autre qu’une défiance envers les citoyens, la conception d’une autorité autoritaire, qui s’impose sans consentement.

Cette dérive n’est pas un accident de l’histoire. Elle résulte du libéralisme lui-même qui, en organisant les systèmes de hiérarchisation sociale et en accentuant les inégalités, a besoin d’un Etat régalien fort pour préserver des institutions qui lui sont favorables et protéger le capital et les richesses concentrées dans quelques mains. La ligne Bolsonaro est la destination finale de cette approche : un système économique dérégulé confié aux grandes firmes privées et un Etat autoritaire qui protège les intérêts du petit nombre.

La restauration d’une police républicaine est une impérieuse nécessité car les violences et les débordements qui ont eu lieu dans plusieurs affaires ne sont pas excusables : si des policiers ont abusé de leur autorité allant jusqu’à attenter à la vie de citoyens, ils doivent être jugés et sévèrement punis. Au-delà, nous nous devons de comprendre politiquement les raisons de ces dérives, et Il faut ne pas hésiter à remettre en cause la hiérarchie, les ordres, le changement de stratégie impulsé par le haut depuis une dizaine d’années pour le maintien de l’ordre et leur apporter une réponse globale.

Par ailleurs, Il faut résister à la surenchère et aux raccourcis : la police française n’est pas raciste, mais il y a, sans aucun doute, des racistes dans la police, comme partout ailleurs, dans l’ensemble de la société.

Et comme partout dans la société, le racisme est un délit et la culture de l’impunité ou le laisser faire, comme le montre le développement d’un groupe facebook de 8000 policiers qui assènent des propos racistes, contribuent à généraliser le sentiment de racisme de la police dans l’opinion.

La sécurité est un droit pour tous les Français, mais ne peut être garantie que dans un cadre strictement républicain.

Pour la restauration d’une police républicaine, la Gauche Républicaine et Socialiste propose 5 grandes mesures :

– Le rétablissement d’une vraie police de proximité, dotée de moyens conséquents, pour qu’elle puisse être au contact de la population
– L’augmentation des effectifs des forces de l’ordre de 25.000 postes pour assurer la sécurité des Français sur l’ensemble du territoire national
– L’augmentation de la rémunération des policiers et l’amélioration de leurs conditions de travail dans le cadre d’une négociation nationale avec les partenaires sociaux
– La systématisation des caméras mobiles pour l’ensemble des interpellations et l’instauration d’un récépissé pour les contrôles d’identité

– Une réforme de la doctrine d’emploi de la Compagnie Républicaine de Sécurité et la mise en place d’un corps de médiation de la police pour l’encadrement des manifestations

le 16 juin manifestons avec les soignants

Le 16 juin, tous avec l’hôpital

Ça y est, Ils ont tout compris !

Après 3 mois de résistance face au virus, au bout d’un engagement et d’un épuisement total, les soignants sont entendus et récompensés.
Le gouvernement autorise le don d’une journée de congé pour les soignants.
Si on ajoute les médailles et les primes inégalement distribuées, on ne voit vraiment pas ce qu’ils leurs faut de plus !
Voici en quelques mots l’intégralité de la vision politique de la santé du gouvernement.

Et pourquoi pas un tirage spécial du LOTO, ou alors la vente de timbres à l’effigie de l’hôpital ou l’édition d’un guide pratique pour ne pas tomber malade et ne pas surcharger les lits hospitaliers et ainsi permettre la rentabilité de la santé. « soyez responsables, ne vous soignez pas ! »

Parce que pour ce gouvernement, la santé n’est qu’un problème de rentabilité !

L’appel à manifester le16 juin est légitime, démocratique et responsable.

Légitime, parce que porté par un combat qui dure depuis de nombreux mois, suivi par une majorité de professionnels de la santé, en détresse et en situation de maltraitance institutionnelle et soutenu par la population.

Démocratique, parce que dans une période où les lois d’urgence confinent la représentation nationale, seule la voix de la rue peut se faire entendre.

Responsable, parce que la crise sanitaire que nous traversons n’a été gérée que par le dévouement et l’inventivité des soignants et de tous ceux qui sont désormais connus sous l’appellation des premiers de corvée pendant que le gouvernement continuait ses mensonges au sujet des masques et des tests.

La réponse du gouvernement à cet appel à manifester est portée par ses préfets : Interdiction de manifester !

Il n’y a rien de plus anticonstitutionnel que cette réponse autoritaire et nous ne pouvons nous y résoudre.

Parce que la santé ne peut se jouer à la loterie, parce que les soignants ne veulent pas la charité mais la solidarité de tous, parce que nos vies valent mieux que leurs profits, la Gauche Républicaine et Socialiste propose aux Français, plutôt que de donner un jour de congé aux soignants, de poser une RTT le 16 juin et de venir manifester aux côtés des professionnels de la santé pour enfin acter que la santé est un bien commun et que l’hôpital public en est son instrument.

Le 16 juin, en responsabilité, et en respectant les gestes barrières, nous devons faire corps solidaire pour sauver l’hôpital et lutter contre le virus de la financiarisation de la santé.

La Gauche Républicaine et Socialiste appelle toutes celles et tous ceux qui ont applaudi les soignants le soir à leur fenêtre pendant le confinement à rejoindre les manifestations dans la rue le 16 juin aux côtés des soignants.

Il y a 84 ans, les accords de Matignon et l’espoir d’une vie meilleure

Nous célébrons aujourd’hui le quatre-vingt-quatrième anniversaire des accords de Matignon, victoire éclatante du Front Populaire et de la mobilisation sociale des ouvriers en 1936.

Après la victoire des socialistes, des communistes et des radicaux aux élections législatives de mai, les ouvriers et les ouvrières avaient entamé une grève générale pour réclamer de justes améliorations de leurs conditions de vie. Le gouvernement, contrairement aux précédents, avait alors refusé d’envoyer la police briser la mobilisation. Le patronat fut alors obligé d’obtempérer et de négocier la reprise du travail.

Les conquêtes sociales furent obtenues en nombre en ce jour : augmentation des salaires, création des conventions collectives donnant naissance au dialogue social tripartite Etat-syndicats-patronat, pérennisation des libertés syndicales, et absence de sanction en conséquence des grèves massives qui venaient d’avoir lieu. Ces accords laissaient entrevoir la fin de l’impunité patronale et l’instauration de rapports sociaux favorables aux travailleuses et aux travailleurs, par le concours de l’Etat, garant de l’intérêt général.

Alors qu’aujourd’hui la part des revenus du travail ne fait que baisser, que le salariat régresse au profit d’un auto-entreprenariat précarisant et favorable au capital, que la liberté syndicale est menacée et leur rôle sans cesse dénigré par les représentants de l’économie libérale, que le gouvernement brise par la violence policière tout mouvement de contestation social avec une doctrine de maintien de l’ordre antirépublicaine autant qu’antisociale et que la protection du travail et la négociation tripartite est mise à mal gouvernements après gouvernements, les accords de Matignon doivent redevenir la ligne d’horizon la gauche. L’augmentation des salaires, l’amélioration des conditions de vie, la dignité au travail, la démocratie sociale, la coopération avec les syndicats et le respect des mobilisations et de la contestation sociale sont le creuset dans lequel il nous faut nous inscrire.

En outre, la gauche doit se rappeler ce qui a permis les accord Matignon et leur concrétisation durable après la Libération, elle doit marcher sur deux jambes, l’une politique et l’autre sociale. Les réformes et transformations profondes impulsées par un gouvernement socialiste et républicain doivent répondre à l’exigence de justice sociale et avoir été préparées avec la société pour être soutenues par un vaste mouvement populaire, garantie “gramscienne” de leur ancrage dans la durée.

La Gauche Républicaine et Socialiste rend hommage aux travailleuses et aux travailleurs qui se sont battu en 1936 pour la fin de misère et la liberté au travail, ainsi qu’au chef du gouvernement Léon Blum, au ministre du Travail Jean-Baptiste Lebas, futur martyr de la Résistance, et au secrétaire général de la CGT Léon Jouhaux, pour avoir obtenu ces accords fondateurs de la négociation sociale. Nous rappelons notre attachement à la constitution d’un Front Populaire du XXIème siècle pour remettre les conquêtes sociales au cœur de l’action politique.

Soutien aux salariés du Parisien

Les éditions départementales du Parisien sont aujourd’hui menacées en île de France et Oise, couvrant 13 millions d’habitants avec 10 éditions.

L’absence de pluralisme et la métropolisation au niveau de la presse quotidienne régionale tendent à uniformiser la pensée et à gommer la réalité sociologique et politique du Pays.

La situation de la Presse en France est avant tout un enjeu démocratique : l’ordonnance du 26 aout 1944 fixait pour objectif de sanctuariser la presse vis-à-vis des puissances de l’argent et de l’influence de l’État, tout en assurant l’indépendance des journaux et leur transparence, afin que la presse devienne une maison de verre. Ces principes sont très largement oubliés aujourd’hui et il est temps de leur redonner force de loi, notamment en donnant à la presse le statut dont elle a besoin pour être à l’abri des grandes entreprises qui veulent capter la puissance publique et cherche ainsi à l’utiliser pour peser sur l’opinion et les gouvernements.

La présence de la presse locale est d’autant plus important qu’à ce niveau, la proximité permet une forme de pluralité des expressions. Dans de nombreuses petites communes, les partis politiques ne sont pas présents, il n’y a pas d’opposition dans les conseils municipaux, les préfectures et tribunaux administratifs sont débordés .
Malgré quelques exemples de présentations partiales des faits et des situations, les éditions départementales du Parisien sont souvent les seules caisses de résonance pour des associations locales et des collectifs de citoyens face aux pouvoirs locaux.

La presse ne peut pas être regardée seulement comme un objet de profit et un outil de pression aux services d’intérêts financiers mais doit bien assurer une mission d’intérêt général.

C’est pourquoi la Gauche Républicaine et Socialiste soutient les salariés du Parisien pour le maintien des cahiers départementaux afin de faire vivre la démocratie localement. Elle demande également l’application des principes fixés à la Libération pour garantir l’indépendance et la pérennité de la presse.

SEGUR de la santé: Attention à l’arnaque!

Arnaque sur le SEGUR de la santé

technocratie et théorie du ruissellement en mode sanitaire!

La crise Covid19 a d’une certaine façon remis les pendules à l’heure et a permis de mettre sur le devant de la scène les difficultés de moyens du système de santé.

Portée depuis de longs mois par les professionnels de santé et soutenue par une large partie de la population, la lutte pour stopper l’hémorragie de l’hôpital public, et avec lui l’ensemble du système de soins pourra t elle trouver une issue à l’occasion de ce SEGUR ?

A observer la composition des différentes commissions, on peut raisonnablement en douter !

Le collectif inter urgence, fer de lance des revendications durant la longue grève de la majorité des services d’urgence n’est pas invité aux débats, sous prétexte de ne pas avoir de représentation catégorielle.

De même, des pans entiers de la représentation de l’offre de soins ne sont pas présents. C’est aussi le cas de la représentation des associations de malades.

Cette sous représentation en dit long sur les méthodes d’Olivier VERAN et d’Emmanuel Macron et sur leur application d’une politique de classes

C’est le retour des premiers de cordée

«  laissez nous discuter entre nous, le reste ruissellera »

Cette incapacité à instaurer une horizontalité constructive est symptomatique d’un pouvoir qui ne souhaite pas changer l’ordre des choses.

Comment imaginer remettre à plat un secteur aussi déterminant pour l’avenir de la nation si on n’écoute pas tous ses acteurs ? Qu’en est il du secteur médico social ? De nos ehpad ? De la médecine de ville ? Un médecin hospitalier peut il bien faire s’il n’est pas accompagné du corps infirmier et de celui des aides soignants ?,

Pourtant , l’intitulé des commissions, «Transformer les métiers et revaloriser ceux qui soignent», «Définir une nouvelle politique d’investissement et de financement au service des soins», «Simplifier radicalement les organisations et le quotidien des équipes» et «Fédérer les acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers» n’appelait il pas à une concertation large ?

Sur la méthode, on se rapproche de l’organisation du grand débat, à la suite du mouvement des gilets jaunes, avec l’instauration d’un cirque médiatique sur 7 semaines sans rien savoir du processus de construction des décisions .

Pour trouver un consensus large avec une représentation étriquée, le choix de nommer Nicole Notat, ancienne représentante de la CFDT, indique plutôt des positions tièdes et bienveillantes à l’égard du gouvernement qu’un véritable plan d’investissement pour la santé.

Il n’est pas trop tard pour changer de méthodes et c’est pourquoi la Gauche Républicaine et Socialiste invite le gouvernement à appeler tout le monde autour de la table et ainsi permettre de dégager un plan d’investissement massif pour l’hôpital et plus généralement pour le système de soins. Celui ci devra passer par une politique de recrutement sans précédent et de revalorisation des salaires, pour tous les acteurs de la santé. Nous ne pouvons ignorer les 29000 morts dus au Covid19 malgré le dévouement sans faille de tout le personnel soignant et continuer d’ignorer la tension du système et la fatigue de ses acteurs.

Pour reprendre le discours guerrier présidentiel, nous ne pouvons pas avoir de héros sans lendemain, il faut donc libérer l’hôpital de son carcan austéritaire.