Nouvelle Calédonie : Troisième référendum et toujours l’incertitude

Ce dimanche 12 décembre, les néo-calédoniennes et les néo-calédoniens ont été appelés aux urnes pour le troisième référendum d’indépendance du territoire. C’est avec un résultat de 96,5% et un taux d’abstention record (plus d’un électeur sur deux) que le «non» à l’indépendance a remporté ce scrutin.

C’est donc la troisième fois que le camp dit des « loyalistes » remporte un référendum (avec 56,7 % puis 53,3 % pour les deux premiers suffrages) prévu à l’origine par les accords de Nouméa de 1998. Cependant, cette nouvelle victoire ne signifie pas pour autant que la majorité des habitantes et des habitants de l’archipel sont favorable au maintien de l’archipel « au sein de la République Française». Il suffit de considérer les appels des responsables indépendantistes pour la tenue d’un nouveau référendum alors qu’au dernier scrutin, l’écart entre le « oui » et le « non » s’était rétréci.

Les principaux partis indépendantistes avaient appelé au boycott de ce troisième référendum dont la date avait été fixée contre leur avis au 12 décembre 2021 par le ministre des Outre Mer : à leur désaccord sur le calendrier s’était ajoutée l’arrivée violente et brutale de la crise sanitaire alors que la Nouvelle Calédonie avait été jusqu’alors épargnée par le COVID 19. Les populations mélanésiennes ont été particulièrement frappées, la campagne référendaire a été réduite à portion congrue et de manière accessoire les responsables politiques Kanaks dénonçaient également l’impossibilité de respecter les rites funéraires… La tension latente fait bien peser un risque sur l’avenir de l’archipel où d’importants renforts de gendarmes mobiles ont été envoyés.

Si les « Loyalistes » vont défendre la portée de l’écrasant 96,5 %, d’une certaine manière, les indépendantistes ont eux aussi remporté leur pari : alors que les référendums de 2018 et 2020 avaient connu une participation de 81 % et de 85,7 %, le scrutin d’hier n’a fait se déplacer que 43,9 % des électeurs néo-calédoniens. Voilà de quoi mettre en doute la portée politique à moyen et long terme du résultat et plonger l’archipel dans une période d’incertitude institutionnelle puisque le statut provisoire de la Nouvelle-Calédonie doit bientôt prendre fin.

Pour rappel, en cas d’indépendance, les conséquences pour l’archipel et la République Françaises auraient été :• institutionnelles avec un droit interne qui aurait été révisé, des traités internationaux, conclut par la France, qui ne se seraient plus appliqués aux néo-calédoniens, la perte de la citoyenneté européenne et des « avantages » en liens et la mise en place d’un processus de transition avec des inquiétudes sur le sort de celles et ceux qui ne voudraient pas vivre dans un nouvel « État Calédonien ». Par ailleurs, qu’une victoire du « oui » aurait eu pour effet d’alimenter des velléités d’indépendance dans d’autres territoires ultramarins comme les Antilles, qui connaissent en ce moment une situation politique, économique, sociale et pandémique très compliquée. • économiques sachant que la République française transfère environ 1,5 milliard d’euros chaque année à ce territoire de 271 407 habitants pour financer la fonction publique ou encore des activités minières ;• géographiques avec la perte de près d’1,4 millions de km² (14 %) de surface maritime et d’un ancrage géoéconomique – sachant que s’y trouve 20 % des réserves mondiales de nickel -, géopolitique et géostratégique dans le Pacifique alors que d’autres grandes puissances tentent d’y étendre leur influence. 

Le « non » à l’indépendance a pour résultat une nécessaire amplification des transferts de compétences de l’État au pouvoir local et, normalement, le retrait de la Nouvelle-Calédonie sur la liste des territoires non-autonomes à décoloniser de l’ONU. Bien évidemment tout cela dépendra du gouvernement français.

La Gauche Républicaine et Socialiste invite le gouvernement de la République française à tout mettre en œuvre enfin d’apaiser les tensions qui pourraient émaner de ce résultat, remettre du lien entre les néo-calédoniens au sortir de ce référendum qui aura créé une fracture au sien de la collectivité, permettre au territoire de gommer ses écarts de développement avec la France Hexagonale, repenser plus largement la manière dont sont administrées nos populations des Outre Mer à des milliers de kilomètres et enfin assurer l’indivisibilité de la République. C’est également un enjeu géopolitique déterminant car les appétits chinois dans cette partie du monde sont particulièrement aiguisés.

Les prochains mois resteront cruciaux alors que des contestations se font entendre depuis dimanche.

Nous n’avons jamais eu autant besoin de la Laïcité !

Voici 116 ans jour pour jour, la loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat était votée. Elle faisait de la République française un pays en avance sur son temps, garant des libertés et la protection de tous ses citoyens, en donnant à la Laïcité force de loi !

Pour assurer l’expression de la diversité de notre pays, permettre la coopération de tous dans une société apaisée, et véritablement assurer la liberté de pensée, nos prédécesseurs nous ont transmis la laïcité comme l’outil d’une triple libération : la libération du sujet accédant à l’indépendance intellectuelle et morale par l’exercice de la Raison ; la libération de l’État dégagé de la pression des religions et de leurs organisations ; la libération des religions échappant à la tutelle des autorités politiques qui voudraient en faire des instruments.

La laïcité sépare strictement les espaces civiques régis par la loi commune des espaces privés qui ne dépendent que de la conscience personnelle. Elle permet à chacun de vivre librement selon ses convictions et d’en changer quand on le veut. Elle permet le libre échange des idées dans un débat collectif dont découlera la loi commune.

L’attachement du Peuple français à la laïcité est réel. De multiples enquêtes l’ont montré. Pour autant, des forces de nature et d’origine diverses n’ont pas renoncé à la combattre.

La Gauche Républicaine et Socialiste ne cédera jamais un pouce de terrain face aux adversaires de la République et de la Laïcité. Nous ferons tout pour une application scrupuleuse de la loi de 1905 afin que la liberté de conscience soit notre boussole et que les discriminations soient combattues avec sévérité.

Olaf Scholz, une Chancelière comme les autres ?

La politique allemande serait un sport où les ordolibéraux gagent à la fin…

Aujourd’hui, le Bundestag élu en septembre dernier votera la confiance au gouvernement de coalition proposé par le SPD, les Verts et les Libéraux.

Ces trois partis, réunis en ce qui est appelé « coalition Feu de circulation » (Ampel Koalition) en référence aux couleurs traditionnelles des partis (Rouge, Vert, Jaune), ont négocié deux mois un contrat de gouvernement de 177 pages. Ce contrat est publié, il a également une valeur légale autant que politique. Pendant les 4 années de la législature, en cas de conflit entre partis membres, on reviendra au texte du contrat pour arbitrer. La constitution allemande ne prévoit pas de patron de l’exécutif tout puissant: les ministres sont pleinement responsables de leurs ministères, et ne peuvent recevoir du chancelier que des directives générales, et non des ordres ou des consignes.

Il est impossible au chancelier de dire en conférence de presse « on va faire cela en matière de transport et je vais demander au ministre demain de proposer un texte en ce sens en conseil des ministres » – c’est constitutionnellement dépasser ses prérogatives. Le contrat conclu après l’élection est donc bien plus sacré que tous les programmes communs français conclus avant l’élection.

Après cela, chaque parti a décidé des personnes occupant les ministères.

Le processus a lieu avant l’investiture: pas de chancelier tout puissant, de porte parole devant la chancellerie émoustillé d’être une heure durent l’homme ou la femme le plus écouté du pays, de négociations houleuses et secrètes dans les couloirs de la chancellerie, de poste perdu sur un SMS pas répondu à temps. Le pouvoir est d’essence parlementaire – et sa répartition collective nécessaire.

C’est le parlement ensuite qui décide si l’attelage lui convient.

Ces attributs de la démocratie républicaine allemande contrastent fortement avec la monarchie républicaine – en réalité une démocratie en crise septicémique, infectée de bonapartisme – à la française.

Nous avons déjà analysé ici les tendances de long terme de la politique allemande en étudiant le phénomène sous le terme de Weimarisation. Depuis, le concept est de plus en plus utilisé notamment pour décrire l’évolution parlementaire hollandaise ou dans les pays nordiques.

Nous avons aussi donné notre analyse de ce scrutin là… Nous y disions : «  Il ne faudra pas faire du “molletisme allemand”. Car il faut noter une forme de schizophrénie politique du SPD : le programme a été en grande partie porté par une partie de l’aile gauche (très anti-Schröder) qui contrôle l’appareil du parti depuis leur congrès de 2019, mais les candidats et notamment celui à la Chancellerie sont issus de l’aile la plus sociale-libérale ; dans les listes à la proportionnelle, les rares députés SPD sortants marqués à gauche ont été largement défavorisés.« 

Cependant, et ce point nous avait peut-être échappé, le résultat ayant entraîné une inflation du nombre de députés à entraîner une sur-représentation des jeunes du SPD, les Jusos (les jeunes socialistes allemands), comptant prés de 45 députés de moins de 35 ans. Leur tête de proue historique, Kevin Kühnert, est considéré comme l’architecte de la défaite de … Olaf Scholz en 2019 pour prendre la présidence du SPD.

Et c’est là peut-être l’indice que ce nouveau gouvernement doit être considéré avec une curiosité intéressée autant que par la méfiance due au passé « souverainiste léger » de la chancelière Merkel.

Le carrousel de personnes donne des clés quant aux rôles que se donnent les trois partis dans la nouvelle coalition.

Le SPD a décidé d’assumer le pôle de gauche de la coalition. Olaf Scholz a écarté TOUS les représentants de l’aile droite du parti – les Seeheimers (qui contrôlaient les rouages entre 2003 et 201) : il y a là autant un signe politique que des considérations tactiques sur lesquelles nous reviendrons quant aux risques de cette coalition.

Les Verts ont choisi des représentants réalistes, ou très en pointe sur les questions sociétales, mais rejetés leur personnalité la plus écolo-sociale.

Les libéraux ont tenu á tenir des ministères pour défendre la règle budgétaire, mais n’ont pas non plus choisi leurs personnels les plus Libéraux.

C’est que le contrat de coalition est un compromis à un haut niveau. Même l’aile la plus à gauche du SPD y trouve plus de motifs de satisfaction que de doutes. L’augmentation immédiate du smic horaire de 9,5 à 12 € mais aussi des mesures sur le maintien des retraites, la correction des lois Harz 4 en matière d’allocations chômage et minimum social, de limites à certaines formes de contrats précaires, sont des signes d’un vrai retour de la politique sociale, et de l’intégration économique des classes populaires à une prospérité dont elles n’ont rien vues sous Merkel.

Le plafonnement des loyers fera l’objet d’une loi fédérale, 400 000 logements serons construits chaque année dont 100 000 en main publique. Enfin, la coalition pense investir dans 100GW de capacités énergétiques renouvelables, 30 à 40 GW en gaz naturel et hydrogène, pour se débarrasser dés 2030 des centrales à charbon, et 2040 du gaz naturel. La fin du moteur thermique dans les voitures est prévu également à l’horizon dix ans.

Les trois partenaires ont les plus grands dénominateurs communs sur les questions sociétales : légalisation du cannabis, abaissement de l’âge du vote à 16 ans, suppression des derniers vestiges de criminalisation des LGBTQ dans la législation allemande (loi Transexuel, paragraphe 219a), réforme des législations sur l’immigration,pour l’ouvrir, et l’accès à la nationalité, pour l’étendre.

Il est ainsi paradoxal de voir en France de nombreux candidats vouloir jeter 200 ans d’histoire française pour se rallier à la conception germanique de la nationalité, alors que des allemands en rupture de germanisme nationaliste envisagent d’intégrer de plus en plus d’éléments de la philosophie républicaine française, universaliste, dans son propre code de la nationalité.

C’est que le principal point d’achoppement, ce n’est pas l’immigration, c’est l’argent. Qui et comment financer ?

Avant hier, la présidente du FMI lançait un avertissement paradoxal à l’Europe, et en réalité, au nouveau chancelier : « Ne rétablissez pas trop vite le règle d’or ! »

La crise pandémique n’est pas surmontée : les dangers d’une déflation budgétaire précipitée pourrait, comme en 2011-2013, plonger l’Europe dans une mini récession avant d’être sortie de la crise précédente. Il faut donc maintenir un haut niveau de déficit et d’endettement public, en partie rééquilibré par de l’inflation au dessus de 4%, pour surmonter la crise économique mondiale provoquée par la Covid 19.

C’est le FMI qui le dit !

Un autre danger guette aussi cette coalition: le chancelier, comme son secrétaire d’État Schmidt, sont tous les deux exposés aux conséquences de deux scandales financiers: l’affaire Warburg, du nom de cette banque de Hambourg, convaincue d’avoir participé à l’évasion fiscale et l’escroquerie d’argent public CumEx bénéficiant d’un traitement de faveur de la mairie de Hambourg à l’époque où Scholz en était le maire, et l’affaire Wirecard, du nom de cette startup de la finance cotée dans l’équivalent du Cac40 allemand qui se révéla être une gigantesque escroquerie à 1,9 milliards, un de ses PDG étant depuis en prison, et l’autre en cavale.

Justement, le chef de l’aile des Seeheimers au SPD était député de Hambourg jusqu’en 2020, et la découverte que sa section avait acceptée 45 000 euros de dons de … la banque Warburg. Sa démission surprise semble avoir eu comme objet d’éviter de mettre en danger Olaf Scholz.

D’ailleurs, les Linke, qui espéraient faire plus de 6% et entrer dans la coalition à la place du FDP, s’était bien gardée d’attaquer Scholz sur le dossier alors que son expert budgétaire, le député Fabio de Masi, siégeait à la commission d’enquête parlementaire. Celui-ci, dégoûté par son parti, ne s’est pas représenté en 2021.

Enfin, si la coalition a une confortable majorité théorique, les tendances sont très différentes – un nombre relativement réduit de députés peut mettre en danger des projets qui ne serons pas suffisamment négociés en amont.

Une première alerte a été donnée dès aujourd’hui : il a manqué 15 voix de la nouvelle majorité au vote investissant Olaf Scholz chancelier.

RT France – Changement de genre : faut-il l’inscrire dans la Constitution ?

Le 15 novembre dernier, le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu’il souhaitait introduire la liberté de changer de genre dans la Constitution. La reconnaissance des identités de genre et du changement de genre nous paraît nécessaire mais la constitution n’est pas le vecteur adapté.
Attention il existe de réelles offensives des identitaires de tout bord, religieux ou d’extrême droite : les militants républicains et universalistes doivent se réveiller en France et en Europe pour se concentrer sur les priorités de conquêtes de nouveaux droits collectifs et la défense des libertés collectives, plutôt que de s’affronter artificiellement sur des sujets certes importants mais qui ne concernent qu’une toute petite minorité, alors même que c’est aujourd’hui le cadre républicain, social et démocratique de nos sociétés qui est mis en cause.

Anthony Gratacos, secrétaire général de la GRS et conseiller départemental de Seine-et-Marne, affrontait le mercredi 1er décembre à 21h Jean Messiha, mauvais polémiste d’extrême droite sur le plateau de RT France.

Pour une planification des systèmes agricoles et alimentaires

Nous publions une série d’articles visant à mettre en valeur les propositions de notre programme pour 2022, adopté à Marseille le 26 septembre 2021.

La Gauche Républicaine et Socialiste défend un modèle agricole émancipateur et rémunérateur pour les agriculteurs et agricultrices. Il sera protecteur de l’environnement et des écosystèmes. Il sera garant du droit à une alimentation saine et nutritive. Enfin, il sera acteur majeur du dynamisme économique de nos territoires et de leur souveraineté alimentaire.

Nous accompagnerons une transformation agroécologique de nos systèmes alimentaires du champ à l’assiette. La coopération remplacera la compétition au sein de nos territoires pour en maximiser les performances économiques, sociales et environnementales. Cela ne pourra pas se faire sans une planification agricole et alimentaire : par l’élaboration d’une stratégie globale, par l’échelonnement de nos moyens d’actions avec une vision sur le temps long, par l’appui des pouvoirs publics.

Au sein du plan que nous proposons se trouvent la protection du foncier rural en renforçant l’action de la SAFER ou encore le rachat public de terres agricoles pour la contractualisation de baux environnementaux afin d’accompagner la nouvelle génération d’agriculteurs dans une installation économiquement et humainement viable.
Il intègre, de plus, le renforcement des moyens des services territoriaux publics d’accompagnement ou celui de la recherche dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation dans le but de donner les moyens financiers, humains et techniques aux acteurs du monde agricole pour généraliser les pratiques agroécologiques.

Enfin, nous proposons aussi une traçabilité encadrée et visible à l’achat. De contraindre les distributeurs à faire apparaître des indices de l’impact environnemental sur les produits alimentaires ou la mention “ultra-transformé” sur ceux qui le sont pour garantir aux consommateurs une maîtrise de ce qui finit dans leur assiette.

Promouvoir la raison et la liberté de conscience

Nous publions une série d’articles visant à mettre en valeur les propositions de notre programme pour 2022, adopté à Marseille le 26 septembre 2021.

Les revendications identitaires fleurissent à nouveau dangereusement. Elles agissent comme une tenaille qui divise notre société. S’exprime également une remise en cause radicale de la rationalité et de l’esprit scientifique ; les suites de la crise sanitaire ont par ailleurs catalysé ce rejet parmi certains de nos concitoyens. Nous devons remettre la Raison et la République au cœur de la Cité. La République doit reprendre l’offensive, non pas assénant une morale mais en faisant en sorte de rendre concrets les principes d’unicité et d’égalité de l’humanité, partout où des années d’abandon public l’ont rendu évanescentes dans la vie quotidienne.

Pour retrouver une dynamique de rassemblement des Français autour d’un projet commun, pour leur redonner confiance et ramener à la rationalité qui fait trop souvent défaut dans le débat public, il faudra redonner force à nos services publics, ce patrimoine essentiel de ceux qui n’en ont pas. Les services publics sont la traduction concrète de la solidarité nationale et nous nous emploierons à leur égal accès partout. Au premier rang de nos priorités, il y a l’École à laquelle nous consacrons de nombreuses propositions sur lesquelles nous reviendrons. Garantir que les établissements scolaires restent « l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas », selon Jean Zay, et offrent à nos enfants l’instruction et la morale civique qui leur permettront de devenir des individus autonomes et responsables et des citoyens éclairés est indispensable. C’est l’École qui peut offrir aux Français les moyens d’exercer un esprit critique indispensable fondé sur la Raison.

La société française est forte d’une formidable richesse qu’elle tient de la diversité des femmes et des hommes qui la composent et qui, chacun, apportent au collectif leur culture, leur conviction, leurs engagements et leurs espoirs.

Pour assurer l’expression de cette diversité, permettre la coopération de tous dans une société apaisée, et véritablement assurer la liberté de pensée, nos prédécesseurs nous ont transmis la laïcité comme l’outil d’une triple libération : la libération du sujet accédant à l’indépendance intellectuelle et morale par l’exercice de la Raison ; la libération de l’État dégagé de la pression des religions et de leurs organisations ; la libération des religions échappant à la tutelle des autorités politiques qui voudraient en faire des instruments.

La laïcité sépare strictement les espaces civiques régis par la loi commune des espaces privés qui ne dépendent que de la conscience personnelle. Elle permet à chacun de vivre librement selon ses convictions et d’en changer quand on le veut. Elle permet le libre échange des idées dans un débat collectif dont découlera la loi commune.

Pour l’ensemble de ses raisons, la GRS a décidé de porter dans son projet pour 2022 des propositions fortes qui contribueront à renforcer l’unité du pays contre les ferments de la division :

  • Supprimer le Concordat en Alsace-Moselle et les dispositions contraires à la laïcité dans les départements et régions d’Outre-Mer ;
  • Rétablir et renforcer des outils et moyens nécessaires pour combattre les dérives sectaires comme la MIVILUDES ;
  • Interdire les écoles privées hors contrat ;
  • Réserver exclusivement les financements publics à l’école publique à l’issue d’un plan organisant le retour au principe « école publique : financement public ; école privée : financement privé » ;
  • Mettre en œuvre un plan de relance de l’éducation populaire laïque dans l’ensemble de nos territoires ;
  • Promouvoir le respect de la liberté de conscience (pas seulement de croyance) en Europe.

Rendre le pouvoir aux citoyens

Nous publions une série d’articles visant à mettre en valeur les propositions de notre programme pour 2022, adopté à Marseille le 26 septembre 2021.

Notre démocratie républicaine est mal en point… Comme dans nombre de pays d’Europe, la France est touchée par une préoccupante langueur civique : abstention grandissante, défiance envers les institutions, crise des partis et des syndicats, montée de l’extrême droite et des thèses complotistes. Il y a urgence à réinventer notre modèle démocratique. Cela ne sera possible qu’en restaurant une souveraineté populaire confisquée ; cela ne sera possible qu’en remettant les citoyens au cœur du processus démocratique, en renforçant leur capacité d’intervention. En France, cela suppose aussi de réformer en profondeur nos institutions.

Les dérives monarchiques des institutions de la Vème République ont atteint un niveau que n’auraient pas même imaginé ses concepteurs. Emmanuel Macron a définitivement rabaissé le Parlement, qui est censé représenter pourtant la diversité politique des citoyens français, au rang d’accessoire encombrant… Cette humiliation progressive de la démocratie représentative s’est doublée d’un mépris total pour les corps intermédiaires et les partenaires sociaux, sans qu’aucune avancée sur le plan de la démocratie participative ne vienne les contrebalancer. Confrontée à des défis économiques, sociaux, écologiques et sanitaires monumentaux, la réduction de la démocratie finira par avoir raison de notre République.

Nous voulons rompre avec cette logique de dépression citoyenne, de mépris des Français et de leurs représentants… Nous considérons que notre démocratie sera plus forte si nous faisons confiance à nos concitoyens, cela suppose bien sûr un parlement respecté et plus représentatif mais également de garantir une intervention directe des citoyens dans le débat public et l’élaboration des décisions.

C’est pourquoi parmi ses propositions la GRS défend la nécessité de :

  • Élargir et développer la pratique du référendum : ratification par le peuple de tout nouveau traité européen – et des traités négociés par l’UE –, facilitation du référendum d’initiative partagé en abaissant le seuil à un million de signatures d’électeurs (y compris pour abroger une loi) ;
  • Rendre sa place centrale au Parlement :
    • suppression du droit de dissolution du président de la République ;
    • désignation du Premier ministre par le Parlement ;
    • suppression du dispositif des ordonnances sauf pour les procédures de législation à droit constant (codification, transposition) ;
    • suppression du « vote bloqué » ;
    • remplacement du 49.3 par une procédure de « motion de censure constructive » ;
    • restauration de la compétence du Parlement en matière budgétaire (suppression de l’article 40) ;
  • Développer les pratiques participatives en généralisant la consultation numérique avant l’établissement de nouvelles lois, voire avant les délibérations des collectivités locales…

Kohler : l’affaire relancée ?

Mediapart a raison de dire : « c’est un système ».

Dans une affaire connexe, la réforme, voulue par Hollande, abandonnée suite à la bronca des principaux acteurs (dont un certain Henri Emmanuelli), du rattachement de l’Agence française du développement à la Caisse de dépôts et consignations, le regretté landais se plaignait d’une culture de la haute fonction publique « ignorant le services public », avec un personnel plus soucieux de sa carrière et des intérêts financiers que de l’intérêt général.

Or, il se trouve que c’est l’AdF qui se trouverai au cœur du conflit entre Vincent Bolloré, et son instrumentalisation d’un de ses salariés comme torpille revancharde, et Emmanuel Macron, sur l’Afrique. En favorisant les (conflits d’) intérêts de Kohler avec l’armateur italien MSC en Afrique, le président français gêne les intérêts du corrupteur (il a plaidé coupable en la matière) Bolloré.

L’affaire Kohler est au cœur de la gouvernance macroniste, ce mélange de libéralisme autoritaire et d’affairisme qui rappelle tant le couple Badinguet/de Morny du Second Empire, et au cœur des convulsions de cette pré-campagne présidentielle. Zemmour n’est qu’une monnaie d’échange et un outil d’intimidation dans des manœuvres rappelant le roman L’argent d’Émile Zola – roman d’ailleurs inspiré de faits réels.

Ce qui laisse pantois, c’est qu’une vieille et respectable (bien qu’adversaire) famille politique, la droite républicaine, que l’on pensait plus sereine que cela, perde les nerfs et semble avoir organisé tout son scrutin interne pour séduire l’instrument d’un règlement de compte très trivial entre hommes d’affaires. La chasse au Zemmour est un sport bien fragile : ils trouveraient sans doute plus d’appuis dans la chasse au Kohler.

On est très loin des intérêts des Français, de la France, de la démocratie ou de la République.

C’est pourquoi il va falloir changer de régime, transformer la haute fonction publique et multiplier les champions économiques de taille moyenne pour s’affranchir de la dépendance à quelques familles aux intrigues matrimoniales et financières opaques.

C’est le projet : remonter l’esprit du bien commun, la République, notre économie productive, le pouvoir d’achat de notre peuple, et in fine, le pays.

La remontée est une reconquête.

Eradiquons les violences faites aux femmes

La journée du 25 novembre la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Instaurée le 25 novembre 1999 par l’Organisation des Nations Unies (ONU). Cette date a été choisie en mémoire des trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines brutalement assassinées sur les ordres du chef d’État, Rafael Trujillo.

La violence à l’égard des femmes s’entend comme englobant sans y être limitée, les formes de violences physiques, sexuelles et psychologiques, telles que :

  • la violence d’un partenaire intime (coups, violences psychologiques, viol conjugal, féminicide) ;
  • la violence sexuelle et le harcèlement (viol, actes sexuels forcés, avances sexuelles non désirées, abus sexuels sur enfants, mariage forcé, harcèlement dans la rue, harcèlement criminel, cyber-harcèlement) ;
  • le trafic d’êtres humains (esclavage, exploitation sexuelle) ;
  • la mutilation génitale féminine ;
  • le mariage précoce, le mariage forcé.

Notre pays accuse un retard criant dans la lutte contre les violences faites aux femmes… En 2017, le président de la République disait faire de cette lutte une priorité du quinquennat. Or, depuis 5 ans, les chiffres n’ont cessé d’empirer. Durant les confinements, les appels pour violences conjugales ont triplé et les chiffres continuent de progresser. Le 18 novembre 2021, 101 féminicides étaient dénombrés, déjà 11 de plus qu’en 2020. Au total, ce sont 543 féminicides qui ont eu lieu depuis 2017.
Loin de nous l’idée d’affirmer que rien n’aura été fait : le déploiement de 3000 téléphones grave danger, le renforcement du recours au bracelet électronique anti-rapprochement, le renforcement du contrôle des armes ou encore la création d’un fichiers des auteurs de violences conjugales sont évidemment des mesures utiles… mais elles sont loin du compte.

La lutte contre les violences faites aux femmes ne peut pas être déconnectée de l’environnement dans lequel elles prennent place

Rappelons d’abord que la lutte contre les violences faites aux femmes ne peut pas être déconnectée de l’environnement dans lequel elles prennent place : pour recueillir la parole des femmes victimes, pour les accompagner dans la détresse, pour mener au bout les procédures, punir et réparer, il faut des services publics forts et préparés à cette tâche, dans la police, dans la gendarmerie, dans l’action sociale, dans la santé publique, dans la justice… Ils sont tous à l’os, et sans même parler de la nécessaire formation et sensibilisation des personnels (qui progresse) comment pourraient-ils mener à bien leurs missions sans ajouter de la maltraitance involontaire aux violences subies s’ils sont débordés et manquent des moyens essentiels à leurs missions ?
Il n’y a rien de trivial à dire qu’au-delà même de résoudre de toute urgence la paupérisation du service public, il manque plus d’un milliard d’euros aux dispositifs de lutte contre les violences faites aux femmes. Ajoutons à cela qu’un effort spécifique est nécessaire en matière d’éducation dès le plus jeune âge à l’égalité entre les femmes et les hommes…

En priorité, nous réclamons :

  • le vote d’une loi cadre sur le modèle de celle adoptée en Espagne en 2004 ;
  • le triplement du nombre de bracelets anti-rapprochement (1000 ont été budgétés en France, l’Espagne en compte 2300 pour 47 millions d’habitants quand la France compte 20 millions d’habitants de plus !) ;
  • la mise en place de brigades spécialisées de policiers et de gendarmes ;
  • le triplement des places d’hébergement pour les victimes, avec une action directe de l’Etat (on ne peut laisser l’initiative aux seules communes volontaires), pour garantir un éloignement effectif pour une protection réelle. Plus de 22 000 femmes auraient besoin d’un hébergement pour sortir des violences, puis d’un logement social. En 2021, 7 820 places sont disponibles, soit 1 500 places de plus qu’en 2018 ;
  • la systématisation des prises en charge et des mécanismes d’exfiltration, en lien avec les procureurs, dès les premiers signaux faibles pour lutter contre les phénomènes d’emprise ;
  • la création de juridictions spécifiques, au civil et au pénal, avec des peines plus fortes pour ces actes ;
  • une formation obligatoire pour tous les agents publics qui peuvent être confrontés à de tels faits ;
  • la mise en place systématique d’une protection policière pour les victime et la généralisation des ordonnances de protection (27 000 rendues en Espagne en 2018, contre 1600 en France).

BENTELER AUTOMOTIVE MIGENNES : Maintien inconditionnel du site et des emplois industriels

Arnaud Montebourg est aujourd’hui, mardi 23 novembre en déplacement à Migennes dans l’Yonne pour défendre la lutte des 400 salariés de cette usine d’équipements automobiles, propriété de l’équipementier allemand Benteler. Nous demandons avec lui que le gouvernement agisse pour sauver le site industriel et ses 400 emplois. La société mère prétexte pour fermer le site des difficultés financières depuis 2007 et l’absence de repreneur : nous savons qu’il existe cependant des repreneurs et que l’Etat peut agir. Nous devons plus laisser défaire nos sites industriels et au contraire accompagner leur mutation.

Nos camarades du département de l’Yonne avaient réagi dès le lendemain de l’annonce de la fermeture du site par Benteler le 18 novembre 2021. Voici leur communiqué de presse :

« Hier, 18 novembre, les dirigeants du site icaunais de Benteler Automotive, équipementier automobile, a annoncé la fermeture de son usine icaunaise, provoquant une menace directe sur les 400 emplois locaux.
La Gauche républicaine et socialiste 89 soutient le mouvement de grève illimitée déclenché hier lors de l’annonce de cette terrible perspective ainsi que toute démarche unitaire organisée en vue de la défense de ce site.
Elle considère qu’il faut créer un front commun des élus et organisation politiques pour s’opposer à cette nouvelle étape de la désindustrialisation du département après la fermeture de SKF Avallon en mai dernier (près de 200 salariés).
Elle soutient un traitement de même nature que celui réservé à Ascoval dont la délocalisation vient d’être temporairement stoppée.
L’emploi industriel est une valeur centrale du redressement économique du territoire. Il doit être inconditionnellement défendu et développé. »