Réforme des retraites : pas de pitié pour les cheminots, courbettes pour le clergé

Le Président de la République et sa majorité n’en finissent de vanter le prétendu universalisme de leur réforme des retraites. On savait déjà que ce terme était dévoyé en raison des inégalités profondes qui vont être amplifiées par cette réforme. La trahison de l’universalisme a atteint une nouvelle sphère, celle de la laïcité.

La « mise à plat » des régimes spéciaux de retraites aurait pu être l’occasion de mettre fin à un régime spécial particulièrement insupportable dans une République laïque, celui du clergé d’Alsace-Moselle. Las, le gouvernement a choisi de prolonger l’exception concordataire et de continuer de financer spécialement et séparément les retraites des ministres du culte de trois religions dans trois départements.

De quelle universalité peut se targuer le gouvernement lorsque qu’il prépare la baisse des pensions de tous, sauf d’un clergé injustement rémunéré par l’impôt ?

La Gauche Républicaine et Socialiste rappelle son souhait que les entorses cléricales du Concordat en Alsace-Moselle soient dénoncées, et regrette que le gouvernement ne profite pas de la réforme des retraites pour mettre fin au régime spécial des clergés. La République est censée ne reconnaître ni subventionner aucun culte. Dans la baisse générale des pensions programmée par le gouvernement, il est troublant de constater que l’exception concordataire contraire au principe de laïcité soit préservée. Nous souhaitons que, le plus tôt possible, les ministres du cultes des religions concordataires d’Alsace-Moselle ne soient plus fonctionnaires, et que dès maintenant ils intègrent le régime de retraite des ministres du culte appliqué dans le reste de la République.

Cependant, cette mesure doit se faire dans une remise à plat laïque totale du Concordat. En l’état, c’est l’ensemble de cette réforme des retraites qui doit être retiré, préalable à tout dialogue sur une réforme juste et sociale.

Elections municipales 2020 : orientations GRS Agriculture Alimentation

Dans un contexte de crise sociale et environnementale, les élections municipales se présentent comme un véritable enjeu pour agir sur nos politiques alimentaires, agricoles et territoriales.

Mener des actions à l’échelle locale fait partie intégrante d’une politique de long terme en faveur d’une agriculture et d’une alimentation plus respectueuses des hommes et de la nature.

Attachée aux enjeux de santé, d’emploi et d’avenir pour l’agriculture et l’environnement, la Gauche Républicaine et Socialiste défend une politique locale ambitieuse. Celle-ci se traduit par des solutions concrètes pour une alimentation de qualité en lien avec les potentialités du territoire et protégeant la production de proximité (re-territorialisation), avec la préservation des terres agricoles et le soutien à une alimentation saine et de qualité pour tous.

Notre objectif doit être à terme que les repas servis dans les restaurants scolaires et publics soient 100% bio/local.

La relocalisation de l’alimentation est un levier d’action, direct et indirect, des collectivités pour développer le territoire. La re-territorialisation agricole et la consommation locale ont un effet direct sur le développement économique local avec la création d’emplois non délocalisables et sur le tourisme et l’attractivité du territoire par la valorisation des savoir-faire locaux et du patrimoine.

La santé des enfants et des seniors, par exemple, est directement concernée par la restauration collective mise en place par les municipalités. Celle-ci touche principalement les enfants en crèches ou scolarisés, et les personnes âgées. Les politiques publiques conduites dans ce domaine sont donc essentielles pour fournir une alimentation de qualité, lutter contre la malbouffe et contre l’obésité infantile, agir pour la santé des personnes à long terme et éduquer aux goûts et à la diversité.

Nous défendons une synergie des différentes politiques publiques concernant l’approvisionnement de la restauration collective pour répondre à ces enjeux. En faisant moins appel à la sous-traitance des grandes entreprises de restauration collective et en intégrant des critères d’“empreinte carbone” et de qualité des produits, nous cherchons à favoriser les circuits courts, de proximité et limitant bien sûr les intrants chimiques. Nos villes et intercommunalités devront privilégier :

  • Les groupements d’achats permettant une mutualisation des commandes entre plusieurs établissements et participant à structurer l’approvisionnement local, avec des clauses dans les marchés publics privilégiant le bio et le local.
  • Les plateformes collectives d’approvisionnement, majoritairement gérées par les producteurs.
  • Les légumeries – espaces de stockages et de préparation situés en amont des cuisines – permettant aux collectivités d’acheter des produits bruts.
  • Les régies agricoles – avec des exploitations communales ou intercommunales – pouvant répondre aux besoins de la restauration collective locale.
  • Les cuisines centrales publiques permettant aux collectivités de reprendre le contrôle des plats servis et de la qualité de l’approvisionnement.
  • Les ateliers de transformation et conserveries dédiés aux produits végétaux, qui recevraient et transformeraient la production locale ainsi que celle des agriculteurs locaux.
  • Les partenariats associatifs, de type jardins familiaux, partagés, ouvriers, etc.

– Une lutte systématique contre le gaspillage alimentaire.

D’autre part, la multifonctionnalité de l’agriculture (alimentation, environnement, emploi, paysages, loisirs, etc) est un enjeu pour le développement local du territoire.

La GRS défend des projets territoriaux pour la préservation de la nature et des espaces et activités agricoles. La re-territorialisation de l’agriculture permettrait de réaffirmer un élément clé de l’identité des villes, de leur qualité de vie et de leur attractivité.

La GRS promeut une agriculture durable, respectueuse de l’environnement, économiquement viable et génératrice de lien social. La relocalisation de la restauration collective est une voie de soutien pour les agriculteurs locaux et engagés dans des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Mais la défense d’une agriculture locale et de qualité passe également par des politiques publiques orientées vers des projets agri-urbains basés sur :

  • La défense des terres agricoles, en luttant contre l’étalement urbain par la gestion des PLU, de l’acquisition foncière à destination agricole, des pépinières d’entreprise agricole et la reconquête des friches.
  • Une priorité envers les démarches agroécologiques d’installation ou reconversion des exploitations, en soutenant des débouchés locaux et une aide économique (subventions, déductions fiscales…)
  • Le soutien à l’expérimentation et l’innovation dans les pratiques agricoles.
  • La valorisation des boues etcomposts.
  • L’intégration de l’agriculture à la ville concrétisant le concept d’une agriculture urbaine. Il s’agit là d’utiliser les déchets urbains, de mettre en place des jardins productifs et écologiques en ville.
  • La promotion des produits locaux en créant du lien au territoire avec les marchés, la restauration collective locale, les manifestations agri-culturelles, le patrimoine culinaire…
  • Le soutien des AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) et des jardins partagés.

– Le développement d’un Projet Alimentaire Territorial.

  • Le soutien à l’emploi et l’insertion socialeliés à ce secteur dynamique et ses professionnels.

On peut citer comme exemple la commune de Mouans-Sartoux dans les Alpes-Maritimes, d’une population de 10 500 habitants, qui a mis en place une régie agricole communale en 2010. Les 4 ha de terres cultivables gérées par un agriculteur communal, couvrent l’ensemble de la consommation de légumes annuelle des cantines municipales scolaires. Cette initiative permet d’approvisionner les cantines en produits bio et de proximité, les groupes scolaires étant équipés de cuisines individuelles autonomes où sont confectionnés l’ensemble des repas des restaurants scolaires.

Thuringe: plutôt la peste brune que le Front Populaire pour les alliés d’Emmanuel Macron

Le 27 octobre dernier, la Thuringe, Land allemand d’Allemagne de l’Est, élisait un parlement sans majorité apparente. La gauche radicale au pouvoir se maintenait à un haut niveau, de même que les écologistes. Les sociaux-démocrates, minés par l’alliance mortifère avec les chrétiens-démocrates, perdaient un tiers de leurs députés, ce qui a coûté sa majorité à l’union de la gauche derrière Die Linke.

Avec 22 députés de l’AFD sur 90, le parlement semblait ingouvernable. La CDU avait fermé la porte à une union avec l’AFD ou avec Die Linke, et le parti centriste FDP avait rejeté un soutien sans participation à la coalition de gauche.

Le dénouement de cette situation est un coup de tonnerre pour la vie politique allemande. En constituant une alliance de dernière minute, les alliés d’Emmanuel Macron au niveau européen, le FDP, ont fait élire leur chef de file président de la région en s’alliant avec la CDU et l’AFD. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre Mondiale, l’extrême droite participe à une majorité régionale. La scélératesse politique du FDP paye ses fruits. Rentrés au Parlement de Thuringe avec 5 députés et franchissant le seuil limite pour avoir des députés d’à peine quelques dizaines de voix, ils finissent à la tête de la région en reniant convictions et valeurs.

L’extrême-droite en Thuringe fait partie de l’aile dure de l’AFD, son dirigeant local n’hésitant pas à qualifier le mémorial de l’holocauste de “mémorial de la honte”. Le FDP vérifie bien que l’extrême-droite xénophobe et raciste et le libéralisme sont les deux faces d’une même médaille, prêts à s’allier pour empêcher la gauche de parvenir ou de se maintenir au pouvoir. Ce coup de tonnerre politique doit nous rappeler que les libéraux centristes sont ceux qui font céder les digues et ouvrent les portes à l’extrême-droite, par leurs politiques de casse sociale et par leurs alliances électorales dans les couloirs des parlements. Pour reprendre la formule de la majorité, les « extrêmes qui se touchent », ce sont les extrémistes libéraux et les extrémistes racistes qui s’allient pour faire barrage à la gauche.