Usine Seveso de Rouen : vérité et protection après l’incendie

Après une communication parcellaire et défaillante il est désormais urgent que les services de l’Etat et le Gouvernement fassent toute la lumière sur la situation liée à l’incendie de l’entreprise Lubrizol du site Seveso de Rouen. Les autorités doivent mettre en œuvre pleinement le principe de précaution, tant pour la santé de nos concitoyens que pour la préservation environnement. 

Nos concitoyens doivent dans de telles circonstances être non seulement immédiatement informés mais aussi associés au suivi et aux expertises indépendantes qui doivent être engagées en plus de celles des administrations compétentes. Il est important que les salariés et leurs organisations syndicales soient mieux associés aux décisions concernant la sécurité et l’application des règles protectrices dans les sites SEVESO tant pour ceux qui travaillent dans l’entreprise que pour les habitants concernés. 

Rien ne doit être caché, rien ne doit être négligé 

Les graves événements de ce type doivent par ailleurs servir de leçon pour améliorer la prévention et la gestion des risques, cela passe par un meilleur partage de l’information. La Gauche Républicaine et Socialiste exercera sa plus grande vigilance sur les suites données aux demandes légitimes des citoyens en matière de transparence et de protection de la santé publique.

 

Hommage au Président Chirac

Le Président Jacques Chirac est mort ce matin. C’est avec émotion que nous avons appris la disparition de celui qui a exercé la plus haute responsabilité dans notre pays pendant 12 ans.

En dépit de nos divergences idéologiques, de nos désaccords sur les questions sociales et la politique économique, nous saluons la mémoire de l’homme d’Etat ainsi que de l’authentique Républicain qu’il fut. Il laisse dans l’esprit de nos concitoyens le souvenir d’un homme affable dont la proximité et le contact direct avec les Français auront imprégné et marqué 40 ans de vie politique.

Nous lui savons gré d’avoir refusé d’engager la France dans une aventure militaire désastreuse en Irak en 2003. Cette décision restera le sommet politique de ses deux mandats, réaffirmant l’indépendance stratégique de la France dans la droite ligne de la tradition Gaulliste. 

Dernier Président à avoir connu une cohabitation, il aura respecté les institutions de la Ve République durant cette période et laissé son Premier ministre gouverner.

Il fut également le dernier Président à avoir organisé un référendum, sur le projet de constitution européenne, décision capitale pour la souveraineté de la France. Il aura respecté jusqu’au bout et sans hésiter la décision des Français de refuser la constitution européenne. 

Nous retiendrons enfin cette phrase, qui raisonne cruellement aujourd’hui, prononcée lors du sommet de la terre de Johannesburg en 2002 : « notre maison brûle, et nous regardons ailleurs. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. »

La Gauche Républicaine et Socialiste présente en ce jour ses plus vives condoléances à sa famille et à ses proches et s’associe au deuil national.

La folie de la privatisation d’EDF !

C’est un véritable bras de fer pour les syndicats du groupe EDF qui commence aujourd’hui avec la Commission Européenne et le Gouvernement pour défendre le caractère public et d’intérêt national, non désintégré et non privatisable d’EDF.

Qui pourrait croire que la Commission Européenne et le Gouvernement Français marcheraient main dans la main pour démanteler le groupe EDF, monopole d’Etat assurant la production et la distribution d’électricité à nos concitoyens à un tarif unique et encadré ?

Cette situation ubuesque est pourtant symptomatique de la gestion du groupe EDF depuis plusieurs années par l’Etat. Aucune feuille de route, des choix industriels contestables voire désastreux, un démantèlement progressif de l’entreprise : tout a été fait pour préparer la privatisation du groupe. Ne manquait plus qu’à tronçonner les activités du groupe pour en faire des « paquets » privatisables les uns après les autres.

C’est exactement ce à quoi s’est attelé le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, qui dirige EDF depuis 2014 avec l’appui indéfectible … d’Emmanuel Macron. Rappelons à toute fin utile que c’est ce même duo infernal qui en 2016 a défendu bec et ongle, contre l’avis à l’époque des syndicats de l’entreprise, de Matignon et de la quasi majorité des députés de la commission des affaires économiques de l’Assemblée, le projet EPR d’Hinkley Point. Un projet fou à 20 milliards d’euros pour une génération de réacteurs encore jamais mis en service (Flamanville et Olkiluoto accumulant les retards). A cette même époque EDF, faisant face à des difficultés financières liées au montant de sa dette (actuellement 37 milliards €), cherchait à dégager des marges financières pour son plan « grand carénage » (maintenance des centrales) estimé à 51 milliards € sur la période 2014-2025. Thomas Pikemal, alors directeur financier d’EDF avait à cette occasion claqué la porte en faisant grand bruit pour protester contre une décision inconsciente.

Depuis le mois de juin le Jean-Bernard Lévy présente en interne un projet baptisé “Hercule”, préparé en concertation / supervision par l’Elysée et le Gouvernement. Il vise une séparation des activités du groupe EDF entre production et distribution afin de se conformer aux exigences de libéralisation et privatisation de la commission de Bruxelles. Ces exigences, en elles-mêmes contestables, confinent à l’absurde dès lors qu’il s’agit de marché de réseaux (énergie et transport notamment).

L’objectif semble être une privatisation des bénéfices commerciaux et une nationalisation des pertes liées à l’endettement inhérent à l’effort de production comme le soulignent plusieurs observateurs du secteur énergétique français. Peu ou prou la logique est toujours la même, l’Etat absorbe les pertes et les dettes, conserve les actifs les moins côtés et revend à vil prix les actifs les plus profitables à des entreprises privées. 

La Gauche Républicaine et Socialiste s’insurge contre cette nouvelle folie préparant le démantèlement et la vente au privé d’un groupe stratégique, un outil à la main de l’Etat et au service de nos concitoyens, une fierté nationale qui permet à tous de bénéficier d’une électricité abordable et distribuée dans tout le pays.

Au contraire c’est à la création d’un véritable pôle public de l’énergie à la fois instrument stratégique de notre souveraineté nationale et service public indispensable à tous les français que nous devons procéder !

La GRS soutient les mobilisations contre la réforme Macron des retraites

Suite aux annonces du Gouvernement sur la réforme de notre système de retraites la GRS appelle ses militants et sympathisants à participer massivement aux grèves et manifestations qui auront lieu le Samedi 21 et mardi 24 septembre à l’appel des organisations syndicales FO et CGT.

Le calendrier de la réforme est volontairement flou et allongé dans la durée. Le vote de la loi repoussé après les municipales, ne doit pas faire illusion : le gouvernement prépare une terrible régression sociale à l’encontre de millions de travailleurs et retraités en cassant le système de répartition solidaire à prestation définie pour le remplacer par un système individualisé qui conduira à un renforcement des inégalités entre catégories socio-professionnelles et à une baisse massive pour tous des pensions de retraite. La situation financière de nos régimes de retraite actuellement stabilisée ne justifie en rien ces attaques menées en concertation avec la frange la plus dure des libéraux et du patronat.

Contre l’allongement de la durée de cotisation et contre le système par points inégalitaire nous défendons le système de répartition à prestations définies et l’âge de départ à 60 ans. La réforme doit porter sur l’assiette du financement en augmentant les cotisations patronales et la fiscalité sur les super profits des multinationales. La GRS sera dans les manifestations syndicales pour un rapport de forces en faveur de la justice sociale et du monde du travail.

Pour une agriculture plus respectueuse du vivant

Retrouvez ci-dessous le texte fondateur du pôle thématique agriculture de la Gauche Républicaine et Socialiste

L’agriculture s’inscrit dans une évolution de la société et des choix politiques. L’ordre actuel du monde entraîne l’humanité sur une voie dangereuse, car il pervertit les bases même de la politique, qui sont de définir des orientations d’intérêt général.

Tout concourt – dans la mondialisation financière – pour ne pas tenir compte du parti du vivant. C’est l’inverse qu’il faut faire. Il faut changer l’ordre du monde, prendre le parti du vivant, mettre sous contrôle les puissances économiques et financières, en faisant en sorte que la société soit plus sobre, plus harmonieuse et mieux intégrée dans son environnement.

Changer l’ordre du monde en agriculture, c’est engager une transformation profonde du mode de production actuel, trop soumis à la pression des marchés mondiaux, trop tourné vers des objectifs de productivité du travail et de rentabilité du capital.

Livrer l’agriculture au libre-échange mondial et au marché, c’est la mettre dans la main des entreprises multinationales et de la grande distribution. Le revenu des agriculteurs et leur santé ainsi que celle des consommateurs, la pérennité des terres agricoles, sont autant de problèmes qui semblent de plus en plus insolubles. 

Depuis le traité de Rome, en 1957, et les accords européens créant la Politique Agricole Commune (PAC) au début des années 1960, l’agriculture française est placée sous gestion européenne. Elle en a bénéficié, ainsi que l’industrie en amont et en aval, mais la PAC se réduit aujourd’hui à des mécanismes, ce n’est plus une politique, en dehors de servir les intérêts des firmes multinationales.

Les objectifs initiaux du traité de Rome ont été perdus de vue. Les responsables des Etats se sont privé volontairement des outils de régulation des productions agricoles, de manière à satisfaire l’idéologie libérale des dirigeants institutionnels européens. C’est ainsi que l’agriculture a été livrée au libre-échange et au marché mondial sans protection, avec l’objectif premier de conquérir des parts de marché à l’export, face à la concurrence des marchés américains. 

Les conséquences ont été, notamment :

– la concentration excessive des moyens de production et des fermes,

– la recherche d’une productivité toujours plus grande, délaissant les principes de base de l’agronomie, utilisant à l’excès les produits chimiques,

– la tendance généralisée à la baisse et à la variation des revenus agricoles, entraînant de trop nombreuses cessations d’activité et suicides d’agriculteurs,

– la dégradation de la capacité de production des sols,

– les risques croissants pour la santé des producteurs et des consommateurs. 

Ce constat rassemble les différents courants politiques de gauche mais c’est au niveau des moyens à prendre qu’il faudra approfondir les réflexions et les discussions.                                     

Nous affirmons, dans le texte d’orientation de la Gauche Républicaine et Socialiste, intitulé “La grande bifurcation”, qu’il faut “engager la révolution agricole”, en sachant que cela ne concerne pas que l’agriculture, mais aussi les politiques liées à l’alimentation, à la santé, à l’environnement, à la ruralité. 

La révolution agricole nécessite de mobiliser l’ensemble des citoyens, concernés en tant que consommateurs de produits alimentaires et au niveau de leur santé. Elle exige une cohérence globale, intégrant les modifications climatiques, le mode de production agricole et la réorientation des aides européennes.

La révolution agricole conduit à respecter le principe de la souveraineté alimentaire au niveau le plus approprié, par pays ou par groupe de pays, ou les deux à la fois, la question alimentaire et l’agriculture étant traitées aux deux niveaux, de l’Union européenne et des Etats. 

La politique agricole est organiquement liée à la politique alimentaire :

– Les consommateurs doivent avoir confiance dans les produits alimentaires.

– Les agriculteurs doivent avoir des revenus suffisants pour produire dans des conditions satisfaisantes (qualité, environnement).

Il faut donc tirer vers le haut à la fois la qualité de l’alimentation et la qualité des revenus agricoles :

– Tenir compte de ce qu’attendent les consommateurs.

– Réguler l’offre de produits alimentaires aux niveaux national et européen. 

L’assiette du consommateur doit être de meilleure qualité, pas seulement de produits issus de l’agriculture biologique. Il faut une politique publique d’offre alimentaire, sachant que les liens entre aliments et maladies sont très importants (cancers, maladies cardio-vasculaires, notamment). Les aliments ultra-transformés, avec additifs et conservateurs alimentaires, ont des effets sur la santé.

Et il faut agir sur la demande alimentaire :

– informer le consommateur, encadrer la publicité,

– agir sur les conditions de la production agricole,

– faire en sorte que l’Etat ait des moyens de contrôle suffisants.

La question alimentaire a un lien direct avec les conditions sociales (précarité et obésité, mal bouffe). C’est pourquoi il faut une politique agricole et alimentaire, à la fois cohérente et volontariste.

Sur ces bases, il est certainement possible de nouer des accords au sein de la gauche. L’agriculture pourrait être le fer de lance du rapprochement nécessaire des forces de gauche lors des prochaines échéances électorales qui suivront les élections européennes.