Incendies de l’été 2026 : solidarité, reconnaissance et devoir d’anticipation

communiqué de presse de la Gauche Républicaine et Socialiste, mardi 28 juillet 2026, 11h15

La Gauche républicaine et socialiste exprime et renouvelle son soutien le plus total aux populations touchées par les terribles incendies des derniers jours et heures en Gironde, dans les Landes, dans le Var et en Corse.

Nous adressons toute notre solidarité aux familles sinistrées, aux personnes évacuées, aux agriculteurs, aux entreprises et à toutes celles et ceux dont la vie est bouleversée par cette catastrophe.

Nous saluons avec une profonde reconnaissance le courage et le combat remarquable des sapeurs-pompiers qui affrontent des conditions d’une extrême difficulté pour protéger les vies humaines, les habitations et notre patrimoine naturel.

Leur engagement force le respect, la reconnaissance et l’admiration de la Nation.

Nous tenons également à saluer la formidable solidarité et à remercier l’ensemble des agents de l’État, des collectivités territoriales et des services publics mobilisés : militaires et agents de la sécurité civile, forces de sécurité intérieure, agents de l’Office national des forêts, services préfectoraux, personnels des communes, départements et régions, professionnels de santé, associations agréées, ainsi que les élus locaux qui assurent, souvent dans l’urgence, la protection et l’accompagnement des habitants.

Ces événements rappellent tragiquement que la France est désormais confrontée à un risque d’incendies d’une ampleur nouvelle.

Le changement climatique, l’allongement des périodes de sécheresse, les épisodes de chaleur extrême et l’évolution de la végétation imposent de revoir durablement notre niveau de préparation.

La France dispose déjà d’un modèle de sécurité civile reconnu en Europe et dans le monde, et nos capacités aériennes dans le domaine de la lutte contre les incendies sont loin d’être négligeables.

Mais l’intensification des phénomènes climatiques exige désormais un changement d’échelle que les gouvernements d’Emmanuel Macron n’ont pas su organiser.

Cette crise révèle, à l’instar de la crise Covid, les failles de l’impréparation et l’absence de planification de l’Etat autant que le sacrifice des politiques publiques écologiques sur l’autel des arbitrages budgétaires.

Nous devons donc tirer collectivement les leçons de l’été 2026 afin de bâtir une stratégie nationale renouvelée d’adaptation aux feux de forêt et de végétation.

La Gauche républicaine et socialiste appelle ainsi à :

  • renforcer durablement les moyens techniques et humains des SDIS, de la Sécurité civile, de l’ONF et des services de l’État ; à l’encontre des coupes budgétaires dramatiques des dernières années.
  • accélérer le renouvellement et l’augmentation des capacités aériennes de lutte contre les incendies ainsi que des moyens terrestres et de détection précoce ;
  • développer et confirmer une politique ambitieuse de prévention, de débroussaillement, d’aménagement forestier et de protection des interfaces entre espaces naturels et zones habitées ;
  • soutenir financièrement les collectivités confrontées à ces risques croissants et accompagner les territoires sinistrés dans leur reconstruction ;
  • inscrire l’adaptation au changement climatique au cœur des politiques publiques, en complément indispensable des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Face à ces défis, notre pays ne peut se contenter de réagir dans l’urgence. Il doit investir, anticiper et planifier.

À Grenoble, la censure et l’intimidation ne passeront pas

communiqué de presse de la Gauche Républicaine et Socialiste le lundi 20 juillet 2026, à 20h30

La Gauche Républicaine et Socialiste condamne avec la plus grande fermeté l’interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble par un groupe de militants se réclamant de la cause palestinienne. Empêcher une artiste de se produire, intimider le public et substituer la pression militante au débat démocratique constituent une atteinte grave aux libertés publiques.

Nous condamnons avec une égale détermination le fait que Barbara Butch ait été désignée comme cible en raison de sa confession juive. Si cette motivation est confirmée, il s’agit d’un acte antisémite qui appelle une réponse politique et judiciaire sans ambiguïté. Rien, absolument rien, ne saurait justifier que des Français soient pris pour cible en raison de leur religion réelle ou supposée.

La défense des droits du peuple palestinien est une cause politique légitime lorsqu’elle s’inscrit dans le respect du droit international, de la paix et des principes universels. Mais elle est déshonorée lorsqu’elle sert de prétexte à la haine des Juifs, à la désignation d’ennemis intérieurs ou à la censure d’artistes. Ceux qui confondent solidarité avec un peuple et stigmatisation d’une communauté rendent un très mauvais service à la cause qu’ils prétendent défendre.

Depuis plusieurs années, nous assistons à la montée d’une logique de censure, d’intimidation et de confrontation identitaire qui menace la République. Des groupes minoritaires prétendent décider qui a le droit de parler, de chanter, de créer ou de débattre. Cette logique est incompatible avec la liberté d’expression, la liberté de création et l’universalisme républicain.

La Gauche Républicaine et Socialiste refuse toutes les assignations identitaires. Nous refusons que des citoyens soient réduits à leur origine, à leur religion ou à leur appartenance supposée. Nous refusons que la vie culturelle soit soumise aux injonctions de groupes de pression. Nous refusons que les conflits internationaux soient importés sur notre sol au point d’opposer les Français les uns aux autres.

Notre pays a besoin de davantage de République, pas de davantage de communautarisme. Il a besoin de laïcité, non comme instrument d’exclusion, mais comme principe d’émancipation garantissant à chacun la même liberté et la même dignité. Il a besoin de l’universalisme, qui reconnaît chaque personne comme un citoyen libre et égal, et non comme le représentant d’une identité.

Nous apportons notre soutien à Barbara Butch, aux organisateurs et au public. Nous demandons que toute la lumière soit faite sur ces événements et que leurs auteurs répondent de leurs actes.

La gauche républicaine ne cédera ni devant les fanatismes religieux, ni devant les extrémismes politiques, ni devant les entrepreneurs de haine. Elle continuera de défendre la liberté, la laïcité, l’universalisme et la fraternité républicaine contre tous ceux qui cherchent à les faire reculer.

Face aux censeurs, nous choisissons la liberté.

Face aux haines, nous choisissons la République.

Nous défendons l’égalité des citoyens devant la Loi, c’est le principe républicain par essence !

La GRS défend avec Emmanuel Maurel l’idée que l’introduction d’une logique de communautés distinctes de la communauté nationale dans la constitution ne résoudra en rien les aspirations économiques et sociales de nos concitoyens corses, alors que les difficultés qu’ils rencontrent méritent toute l’attention de la Nation.

Créer dans la Constitution une «communauté ayant un lien singulier à sa terre» pose un grave problème, car le risque d’inégalité de traitement entre habitants de Corse, qui ne sont pas tous de cette « communauté », est trop fort ; cela conduit à créer un précédent qui pourrait par ailleurs fracturer la société française au-delà de la Corse ou du cas de telle ou telle région et territoires déterminés.

Ce débat est essentiel : il mérite d’être abordé avec respect et gravité et ne devrait pas souffrir d’arguties empêchant l’expression démocratique et parlementaire au prétexte que le projet aurait été négocié entre le gouvernement et les élus corses. Rien ne saurait remettre en cause l’égalité entre citoyen·nes devant la loi. C’est une question posée à toute la Nation et donc à toute la représentation nationale qui ne saurait se contenter du rôle de chambre d’enregistrement.

C’est le message que notre animateur national et député Emmanuel Maurel a porté lors des débats du 16 juin 2026 à l’Assemblée Nationale. Nous lui renouvelons l’expression de notre entier soutien et de notre solidarité face à l’attitude déplacée qui s’est exprimée contre lui et quelques autres députés sur les bancs les plus proches des nôtres.

Première étape franchie à l’Assemblée nationale pour la proposition de loi sur la présomption d’utilisation des contenus culturels par l’IA

communiqué de presse d’Emmanuel Maurel, mercredi 3 juin 2026 – 13h30

Une très large majorité de députés membres de la Commission des Affaires culturelles ont adopté le 2 juin 2026 la proposition de loi du Sénat sur la présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs de systèmes et de modèles d’intelligence artificielle, dont Emmanuel Maurel était le rapporteur.

Pour le monde de la culture et de la presse, cette victoire permet d’envisager l’approbation du Parlement et le vote définitif de ce texte avant la fin de la législature en 2027.

Pour entraîner leurs intelligences artificielles, les entreprises du secteur ont massivement « moissonné » les œuvres de l’esprit, livres, films, articles de presse, mais sans jamais payer de droits d’auteur. Or sans l’accès à ces millions de données, les IA telles que nous les connaissons aujourd’hui n’existeraient pas.

Le modèle économique de l’IA rémunère tout (les infrastructures, les ingénieurs, les composants électroniques, l’électricité…), sauf la matière première indispensable à leur développement et leur fiabilité : la création humaine ! En particulier, le secteur de la presse subit un pillage si massif que sa pérennité est compromise à court terme.

Quant aux œuvres culturelles, on voit proliférer à une vitesse fulgurante les contenus « synthétiques » (faux livres, fausses chansons) sur les catalogues des plateformes comme Amazon, Deezer etc.

Pour protéger le droit d’auteur et permettre ainsi une négociation de bonne foi entre le secteur de la Tech et le secteur de la culture, il n’y a pas d’autre solution qu’instaurer une présomption d’utilisation des contenus culturels par les IA.

La modification du Code de la Propriété Intellectuelle introduite par la proposition de loi offrira ainsi un point d’appui solide au secteur de la création, qui pèse 100 milliards d’euros et plus d’un million d’emplois en France.

C’est une étape importante pour préserver l’exception culturelle française et européenne, qui ne peut pas être la variable d’ajustement gratuite du développement de l’intelligence artificielle.

Emmanuel MAUREL
Député du Val-d’Oise
Animateur national et co-fondateur
de la Gauche Républicaine et Socialiste

Élections en Israël : l’enjeu central de la laïcité et de l’État de droit

La Knesset va être dissoute car les partis religieux ont claqué la porte de la majorité qui soutenait le cabinet d’extrême droite dirigé par Benyamin Netanyahu. Le gouvernement propose donc le vote d’une motion de dissolution pour s’assurer que ce ne soit pas celle déposée par l’opposition qui soit symboliquement adoptée. La motion de dissolution passera donc a la quasi unanimité.

La rupture avec les partis religieux, pourtant gavés de subventions publiques par Nethanyahu, découle de leur exigence de continuer à exempter totalement les Haredim (juifs observants orthodoxes) du service militaire au motif que leurs prières seraient indispensables à la protection divine sur Tsahal… Cette clause baroque vient du fait qu’en 1947 David Ben Gourion ne voulait pas s embarrasser avec 2% d’ultra-orthodoxes (alors essentiellement ashkénazes) peu sionistes et peu politisés, alors que maintenant les ultra-orthodoxes représentent 13% de la population (+509% entre 1979 et 2023, contre +135% pour le reste des Israéliens juifs ou arabes) et de surcroît ultranationalistes (il faut y ajouter quelques 10 % d’orthodoxes « classiques »). Les projections démographiques donnent les Haredim à 2,15 millions d’individus, soit 18 % de la population, en 2038, 2,86 millions et 21,2 % de la population pour 2048. Le gros de la population et tout l’état major « historique », qui a largement été limogé par Netanyahu, refusent la perpétuation de ce compromis dépassé : c’est un très fort clivage public.

Deuxième sujet, Netanyahu a, tout comme Trump, de nombreux procès en corruption en attente qu’il tente à tout prix de bloquer, ce qui sous-tend en partie ses alliances avec l’ultra droite des suprémacistes kahanistes, version Ben Gvir et Smotrich qui prônent ouvertement l’expulsion ou l’éradication de tous les Palestiniens, et les barbus ; mais il a contre lui la Cour suprême qui ne plie pas. Il s’oppose également au Président de la République Isaac Herzog qui a refusé l’énorme pression exercée par Donald Trump pour gracier Benyamin Netanyahu : l’enjeu de l’élection à venir sera donc également la préservation de l’État de droit en Israël, les dossiers de la réforme de la Cour suprême (violent affrontement politique qui est antérieur aux massacres du 7 octobre 2023 et aux massacres qui ont suivi à Gaza) ou celui de la réforme de la peine de mort pour les prisonniers palestiniens s’ajoutant à la question des poursuites contre l’inamovible premier ministre.

Tout ça fait beaucoup et l’élection israélienne à la Knesset se jouera plus sur ces sujets que sur la Paix à laquelle personne en croit à court terme dans la séquence actuelle. Si le renversement de la coalition d’extrême droite permettrait peut-être un apaisement dans la bande de Gaza et en Cisjordanie (en vue de s’accorder avec d’autres États arabes), il est moins sûr que cela règle la confrontation avec l’Iran et au Liban.

La coalition centre et droite « laïques » menée par Yaïr Lapid (centre) et Naftali Bennet (très à droite), aidée par les officiers rebelles, ainsi que par une gauche encore divisée malgré la réunification Meretz/Ahavoda, à l’air bien partie ; il faut ajouter dans ce contexte qu’une liste unitaire arabe (allant des communistes aux islamistes) peut tout à fait atteindre une quinzaine de sièges sur 120. Bennet et Lapid se sont engagés ramener la loi qui a disparu en Cisjordanie et à en finir avec les exactions meurtrières et les provocations des colons.

Bien sûr, les massacres du 7-octobre et la guerre horrible et meurtrière pour les habitants de Gaza qui a suivi, pèseront également, mais il est utile de rappeler que Netanyahu empêche là-aussi les commissions d’enquête réclamées sur le conflit, ce qui montre bien qu’il craint ce qui pourrait en sortir et notamment la sur-protection des colons d extrême droite en Cisjordanie et la sous protection des kibboutz progressistes près de Gaza avant le 7 octobre : questions de clientèles…

À suivre…

Apprentissage : le gâchis monumental

Parmi les rares succès du macronisme, il y a eu, entre 2018 et 2024, la très forte augmentation de l’apprentissage, dont les effectifs ont été multipliés par 2,5 sur la période : 429.000 apprentis en 2017, plus d’1 million en 2024.

Il faut dire que l’Etat n’avait pas lésiné sur les moyens budgétaires, qui au total (aides à l’embauche, exonérations de cotisations sociales, prise en charge des coûts pédagogiques, etc) étaient passés de 7 milliards en 2018 à 24 milliards en 2024.

Cette politique, très coûteuse, a surtout favorisé les formations en alternance dans l’enseignement supérieur. Mais la très grande majorité des étudiants apprentis se félicitent de leur parcours. Ils ont appris sur le terrain et trouvent plus vite un emploi, et mieux payé, que les étudiants classiques.

Quant aux filières historiques de l’apprentissage, artisanat, industrie, niveaux de qualifications allant du CAP au technicien, elles avaient aussi bénéficié du coup de booster de l’Etat, avec une moyenne de 100.000 apprentis de plus par rapport à 2017. Et en parallèle, les centres de formation d’apprentis (CFA) avaient poussé comme des champignons.

Mais à partir de 2023, il a fallu trouver de l’argent pour réduire les déficits publics, et cela sans (évidemment) toucher aux privilèges fiscaux accordés aux plus riches. L’apprentissage est ainsi devenu une cible de choix pour Bercy, qui n’a eu de cesse de raboter les primes à l’embauche, les subventions aux CFA et les dotations aux Régions, opératrices territoriales de l’apprentissage.

Et ça ne s’arrête plus. Les financements s’écroulent aussi vite qu’ils étaient montés. Les marges des CFA s’effondrent, sans que les coups de rabot distinguent les bons CFA des mauvais. Le risque de faillite plane à présent sur au moins 30% des CFA. Les entreprises ne savent plus quelle « régulation budgétaire » leur tombera dessus, et les recrutements d’apprentis fléchissent : 5% de baisse en 2025, et probablement plus en 2026.

En à peine plus d’un quinquennat, une politique publique aura été totalement inversée, et cela au pire moment pour des entreprises qui peinent à trouver les compétences requises et pour des jeunes qui subissent la remontée du chômage.

Le Président de la République est-il conscient de l’immense gâchis que cette politique de gribouille est en train de provoquer ? Je suis très inquiet, et très affligé.

Comme Vice Président de la Région Île de France charge de la formation professionnelle et de l’apprentissage entre 2010 et 2015, j’avais vu (et accompagné) les investissements matériels et pédagogiques de cette voie de formation que je tiens en très haute estime.

Dix ans plus tard, comme député à la commission des Finances, co-rapporteur du budget de l’apprentissage, j’assiste à la chute orchestrée par Bercy, face à des macronistes qui avalent stoïquement la couleuvre et brûlent sans broncher ce qu’ils avaient adoré.

Il faut se mobiliser pour sauver l’apprentissage en France. Je me battrai pour que le dernier budget du dernier quinquennat Macron stabilise la situation et maintienne l’excellence de cette voie de formation.

Emmanuel Maurel, animateur national de la GRS et député du Val-d’Oise

Accession des familles à la propriété : faut-il créer un PTZ familial ?

À l’heure où la crise du logement pèse toujours davantage sur les trajectoires familiales, la question de l’accession à la propriété revient au cœur du débat public. Une proposition de loi (PPL) concernant la création d’un Prêt à taux zéro pour les familles devait être discutée à l’Assemblée nationale ce 28 mai 2026 ; faute de temps pour couvrir l’ensemble de l’ordre du jour, elle n’a finalement pas été examinée, mais le sujet resurgira forcément d’ici l’élection présidentielle, au parlement ou dans le débat public… Derrière l’ambition affichée de soutenir les familles, le dispositif soulève toutefois de nombreuses interrogations sur son ciblage, son efficacité sociale et les priorités réelles de l’action publique en matière de logement. Une analyse de Maxence Guillaud, publiée le 28 mai 2026 dans Le Temps des Ruptures.

Nous le savons bien et c’est une articulation de faits sur laquelle il convient de ne pas cesser d’alerter : l’un des freins les plus importants à la réalisation des projets familiaux est d’ordre matériel.

Dans la mesure où les ménages en France consacrent en moyenne un tiers de leurs ressources au logement, on peut placer ce poste au sommet des priorités sur lesquels agir si l’on veut contribuer à améliorer la situation démographique. En 2025, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le solde naturel de la France est devenu négatif. En outre, selon un sondage récent de l’Ifop, près d’un Français sur cinq déclare avoir renoncé à avoir un enfant pour des raisons liées au logement, et près des trois quarts l’identifient comme un frein majeur à leur projet familial. 21 % même des 18-34 ans déclarant même avoir renoncé à un ou plusieurs enfants en raison de difficultés d’accès à un logement correspondant à leurs besoins, selon un autre sondage d’Odaxa !

Le désir d’enfant reste pourtant stable, à plus de deux enfants par femme selon l’Institut national d’études démographiques. En clair, les Français veulent toujours autant d’enfants, mais n’en ont pas toujours les moyens.

Pour tenter de répondre à ce constat, le groupe LIOT a déposé, dans le cadre de sa niche parlementaire, une proposition de loi rapportée par Constance de Pélichy, proposant la création d’un PTZ « familial » visant à faciliter l’accès à la propriété des familles.

Pour en brosser le portrait, tel qu’amendé et adopté en commission des finances le 19 mai 2026, celui-ci serait plafonné à 100 000 euros, la quotité retenue pour le calcul de son montant ne pouvant être ni supérieure à 50 % ni inférieure à 20 % du coût total de l’opération. Il serait accessible dès la déclaration de grossesse et jusqu’aux cinq ans de l’enfant, cumulable avec le PTZ primo-accédants et l’éco-PTZ, et permettrait de financer l’acquisition ou l’agrandissement de la résidence principale dans l’ancien comme dans le neuf.

Un PTZ parmi d’autres PTZ ?

Le prêt à taux zéro n’est pas une disposition de politique publique nouvelle ; existant depuis 1995, il a connu de nombreuses réformes, a été plusieurs fois restreint puis élargi, et décliné sous diverses formes (à l’instar de l’éco-PTZ pour la rénovation énergétique). Nous n’accomplirons pas ici l’inventaire de cette politique ; le rapport parlementaire sur cette proposition de loi, et notamment sa partie consacrée à l’état du droit, s’y emploie extrêmement bien.

Tâchons cependant de rappeler son fonctionnement : le taux d’intérêt que paierait normalement l’emprunteur est pris en charge intégralement par l’État, sous la forme d’un crédit d’impôt accordé aux établissements bancaires prêteurs.

Depuis la réforme du PTZ entrée en vigueur au 1er avril 2024, près de 29 millions de foyers y sont éligibles, soit une très large portion de la population (la question de la solvabilité réelle de ces foyers étant une autre affaire, traitée plus loin dans cette analyse). L’une des réserves que l’on pourrait formuler est donc que créer un PTZ « familial » distinct risque d’ajouter une couche de complexité à un dispositif déjà touffu, au risque de brouiller la lisibilité d’ensemble du système d’aide à l’accession.

Cependant, la direction générale du Trésor a indiqué que la moitié des bénéficiaires du PTZ actuel sont des couples, dont seulement un tiers avec enfants. Ainsi, à peine 16,7 % des bénéficiaires du PTZ sont des couples avec enfants, alors que ces derniers représentent 23,4 % de la population.

De fait, les familles sont structurellement sous-représentées parmi les bénéficiaires de ce dispositif. On peut postuler que l’accession à la propriété arrive tôt dans les parcours de vie des individus, ce qui pose éminemment la question de la portabilité (c’est-à-dire la possibilité, pour un emprunteur, de transférer son prêt en cours sur un nouveau bien lors d’un déménagement, plutôt que d’avoir à le rembourser et d’en souscrire un nouveau aux conditions du moment) des dispositifs de prêt, qui n’est pas toujours assuré par les banques qui y rechignent pour des raisons que l’on devine… Il est absolument certain que ce sujet de la portabilité réelle devrait être prioritaire pour que tout dispositif de PTZ soit pleinement efficace.

Sans condition de ressources, l’État aiderait certains ménages déjà aisés à se constituer du patrimoine avec l’argent du contribuable

En l’absence de condition de ressources formelle — absence que la rapporteure a défendue en commission au nom de l’universalité de la politique familiale (bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler d’une politique familiale mais d’une politique du logement !) —, le PTZ familles risque de bénéficier particulièrement à des ménages qui n’en ont pas le plus besoin ; c’est-à-dire des ménages déjà propriétaires, déjà solvables aux yeux des établissements de crédit, qui pourraient chercher à agrandir un patrimoine existant à moindre coût grâce à une subvention publique déguisée en prêt.

Dans sa version initiale, la proposition de loi ne réserve pas ce nouveau PTZ aux primo-accédants. Un couple déjà propriétaire d’un appartement de deux pièces, souhaitant acheter un logement plus grand pour accueillir un deuxième enfant, pourrait donc bénéficier du dispositif tout en conservant son bien initial… lequel pourrait par exemple, en l’absence de dispositifs contraignants être mis en location saisonnière sur une plateforme de type Airbnb !

Un amendement adopté en commission module au demeurant la quotité du prêt entre 20 % et 50 % du coût total de l’opération — cela dans le but de réduire les conséquences budgétaires d’une mesure initialement jugée très coûteuse par le ministère de l’économie.

Par ailleurs, pourquoi l’État subventionnerait-il l’agrandissement patrimonial de ménages déjà propriétaires, alors que des dizaines de milliers de familles locataires attendent depuis des années un logement social plus grand ?

Quelle solvabilité pour les foyers modestes ?

La solvabilité réelle des bénéficiaires potentiels est un enjeu central que le texte ne traite pas. Un PTZ, quel qu’il soit, ne se suffit pas à lui-même mais vient seulement en complément d’un crédit principal, dont les conditions d’octroi dépendent du taux d’endettement de l’emprunteur. Or les règles prudentielles du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) limitent ce taux à 35 % des revenus nets.

Dans les grandes agglomérations, il est souvent difficile de trouver un logement familial à moins de 400 000, voire 500 000 euros. Pour emprunter une telle somme dans le respect de cette règle, il faut des revenus bien supérieurs au revenu médian français…

Dans ces conditions, un PTZ de 100 000 euros, aussi bienvenu soit-il, ne résout pas le problème fondamental des ménages dont les revenus ne leur permettent tout simplement pas de constituer un dossier de crédit viable aux yeux des banques, quelles que soient les aides publiques complémentaires !

La part des ménages modestes parmi les primo-accédants est passée de 27 % à 18 % entre 2020 et 2023, soit une chute de neuf points en trois ans. Ce n’est pas un PTZ supplémentaire qui inversera cette tendance, parce que le problème n’est pas tant l’absence de dispositif de solvabilisation, mais bien le décrochage entre les prix de l’immobilier et les revenus des ménages…

Selon l’INSEE, depuis les années 2000, les prix ont été multipliés par 2,6 en moyenne nationale, et par trois dans certaines agglomérations, là où les revenus progressaient beaucoup moins vite. Tandis que le logement représente désormais plus de la moitié du revenu disponible des ménages les plus précaires.

La question des locataires, angle mort de la proposition

L’angle mort le plus sérieux du texte est sans doute son silence total sur les familles locataires. La proposition de loi aborde la question du logement des familles exclusivement par le prisme de l’accession à la propriété, et ne dit rien des familles qui attendent depuis des années un logement social plus grand, ni de celles qui sont locataires dans le parc privé et dont les revenus ne leur permettront jamais de constituer un dossier de crédit, et cela que ce soit avec ou sans PTZ.

Le parc HLM est saturé dans la quasi-totalité des grandes agglomérations ; la réduction de loyer de solidarité (RLS), introduite en 2018 et dénoncée par les organismes HLM comme une ponction massive sur leurs capacités d’investissement, a contribué à ralentir la production de logements sociaux neufs.

Les ménages modestes avec un enfant en bas âge qui cherchent à obtenir un logement social plus grand se heurtent à une liste d’attente interminable… Autant dire que ces ménages ne bénéficieront pas du PTZ familial, n’ayant de toute manière et tout simplement pas accès au crédit immobilier.

Et quand bien même cette politique n’est pas incompatible avec d’autres, dans le contexte budgétaire que nous connaissons, le financement d’un PTZ « familial » se fera nécessairement au détriment d’autres arbitrages. Chaque euro consacré à solvabiliser des accédants à la propriété est un euro qui ne va pas au financement de logements sociaux supplémentaires ou au soutien aux organismes HLM.

Quelle priorité pour le logement ?

La politique du logement se doit de répondre à plusieurs besoins concernant plusieurs strates de la population, et doit comprendre notamment comme clé de voûte (parmi d’autres) la relance du logement social. Qu’un PTZ s’adressant aux familles, bien (mieux) calibré, puisse en constituer l’un des leviers n’est pas, en soi, une idée exécrable. La mesure en elle-même pourrait avoir un effet bénéfique sans creuser de manière disproportionnée les finances publiques : le coût des intérêts non perçus par les banques serait en partie compensé par la perception de la TVA sur les achats dans le neuf, par les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) sur les transactions dans l’ancien, ainsi que par la création d’emplois dans le secteur du bâtiment — qui a lui aussi bien besoin d’être soutenu par l’action publique — et par les recettes fiscales et sociales qui en découlent.

Mais toute politique se résumant souvent à ce que l’on prélève et à ce que l’on dépense, il est juste de penser que des dispositifs ciblant le logement social restent beaucoup plus prioritaires dans la situation actuelle de crise aiguë de ce secteur — d’autant que certains de ces investissements pourraient produire des externalités positives comparables, notamment pour le secteur du bâtiment.

Malgré tout, ce texte a le mérite de poser devant la représentation nationale la question du lien entre politique du logement — et plus largement conditions matérielles d’existence — et natalité, dans un contexte où des propositions disons parfois douteuses émergent sur le sujet dans le débat public.

En ouvrant la voie à un ciblage plus fin, notamment en faveur des ménages plus modestes, en permettant une modulation selon les ressources du foyer et en mettant en place certains garde-fous drastiques sur l’usage des biens déjà détenus, et surtout en l’articulant au sein d’une politique du logement beaucoup plus ambitieuse et structurelle, cette mesure pourrait trouver son intérêt, car il est vrai que le lien entre la fécondité et la sécurité afférente à la propriété est établi, et qu’il est souhaitable que les catégories modestes puissent devenir, elles aussi, propriétaires de leurs logements.

Dans l’état, cette proposition de loi souffre de carences certaines… Espérons que la représentation nationale se saisira de ces chantiers, que ce soit durant la navette parlementaire relative à cette proposition de loi ou dans le cadre de projets plus structurants à venir.

Maxence Guillaud

Face à la honte, « L’Abandon » hymne à la liberté de conscience

Communiqué de presse de la Gauche Républicaine et Socialiste, mercredi 20 mai 2026, 21h35

L’Abandon, présenté à Cannes la semaine dernière et actuellement en salle, raconte les 10 derniers jours de Samuel Paty, avant son assassinat par un terroriste islamiste. C’est un film indispensable en ce qu’il incarne la résistance des principes républicains face à l’obscurantisme.

Une résistance qui tint jusqu’au bout malgré l’aveuglement (volontaire ?) d’une autorité qui aurait dû très tôt prendre la mesure des menaces qui pesaient sur Samuel Paty pour la seule raison qu’il faisait son métier de manière exemplaire. L’Abandon est là pour nous rappeler que notre société, que notre communauté politique ne peuvent en rien justifier une telle défaillance si elle venait à se reproduire.

Mais au-delà cette œuvre cinématographique a pour intérêt de rappeler une vérité essentielle : la Laïcité y est présentée non pas comme une contrainte, mais comme une libération : celle de pouvoir penser par soi-même, de douter, de s’affranchir des dogmes. Ce combat, c’est celui de la gauche, celle qui défend l’idée d’une école qui émancipe, d’une société solidaire, et d’une justice sociale qui va de pair avec la liberté de conscience.

Les critiques ironiques, souvent marquées par le cynisme ou une certaine complaisance envers les replis communautaires et les intégrismes religieux, oublient que Samuel Paty a payé de sa vie pour ces Principes. Son souvenir nous rappelle que la laïcité n’est pas un concept abstrait, mais un rempart concret contre la barbarie.

L’Abandon refuse l’autocensure et l’abandon de nos principes : c’est un hommage à celles et ceux qui, comme lui, choisissent le courage plutôt que le renoncement.

AMÉLIORER LE SERVICE PUBLIC DE L’AUDIOVISUEL, OUI, LE DÉMANTELER, NON !

Malgré des centaines d’audition, une couverture médiatique sans précédent et un fort intérêt des Français, les travaux de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public n’ont pas permis d’avancer de façon rationnelle sur les grands enjeux qui lui étaient adressés. 

Les auditions furent souvent mouvementées et marquées par des attitudes plus inquisitoriales que constructives. Il ne suffit pas, pour enquêter, de poser les mêmes questions portant sur les mêmes allégations de faits mineurs et dérisoires montés en épingle, et ce quelle que soit la personne auditionnée. A bien des égards, cette commission d’enquête a illustré la quintessence de la société du spectacle, tout entière tournée vers la recherche du buzz, du clash et du trash, en lieu et place du travail sérieux, méthodique et rigoureux qu’elle aurait mérité. 

Le secteur de la création audiovisuelle, cinéma compris, emploie directement et indirectement 340.000 personnes et a généré un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros en 2024. Il s’agit donc d’une véritable industrie, fortement ancrée dans les territoires, qui contribue de façon décisive à notre développement économique et notre rayonnement culturel. Et dans ce paysage, France Télévisions est un acteur incontournable. 

Or le modèle audiovisuel français est fragilisé par des mutations profondes. La montée en puissance de plateformes numériques globales comme Netflix ou Amazon, accélère la concentration du marché et des modes de production, de financement et de diffusion des œuvres. Aborder la question du financement de l’audiovisuel public sous un angle étroitement comptable revient donc de facto à favoriser la concurrence internationale. 

Emmanuel MAUREL,
Député du Val-d’Oise,
Membre de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public
Co-fondateur de la Gauche Républicaine et Socialiste

Congrès d’Aubervilliers – 6 et 7 juin 2026

Le congrès de la Gauche Républicaine et Socialiste s’est déroulé les samedi 6 et dimanche 7 juin 2026 à Aubervilliers (93) à l’Hôtel de Ville d’Aubervilliers.

Ce rendez-vous a été un moment essentiel de la vie démocratique de notre parti, pour débattre, confronter nos analyses et choisir collectivement l’orientation politique qui guidera notre engagement dans la période à venir. Vous trouverez plus bas le texte d’orientation définitivement adopté par le congrès après qu’il ait été amendé par les délégué(e)s (les amendements étaient envoyés par les adhérent(e)s.

Dans quelques jours, nous ajouterons aussi quelques photos des différentes séquences.

samedi 6 juin 2026

9h30
accueil des participant(e)s

10h00
ouverture des travaux du congrès

10h15-12h30
discussion générale autour du texte d’orientation et examen des amendements
ouvert à toutes et tous

14h00-16h00
GRS : quelle stratégie pour 2027 ?
séquence réservée aux adhérent(e)s de la Gauche Républicaine et Socialiste

16h30-18h30
Reprise des débats d’orientation sur le texte et les amendements
ouvert à toutes et tous

18h30
Intervention de l’animateur national sortant : Emmanuel Maurel, député du Val-d’Oise
ouvert à toutes et tous

19h00
Pot militant – ouvert à toutes et tous

Dimanche 7 juin 2026

9h30-10h30 – ouvert à toutes et tous
Reprise des débats d’orientation
Débat autour des contributions thématiques déposées par les adhérent(e)s de la GRS

10h30-12h30 – séquence réservée aux adhérent(e)s de la GRS
Débat statutaire
Rapport d’activité et vote du quitus
Élection des instances nationales

12h30-13h00
Clôture du congrès

Nous avons besoin de vous !

Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.