Démission du Premier ministre québécois : retour du Phœnix à venir du souverainisme ?

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Le Premier ministre québécois François Legault a annoncé le 14 janvier 2026 sa démission. Au plus bas dans les sondages, il anticipe une probable débâcle aux élections d’octobre prochain.

Sa démission et l’effondrement en popularité de son parti semblent signer le glas d’une autre forme de « en même temps » qui a marqué la fin des années 2010. Son parti, la Coalition Avenir Québec, avait dépassé la question de la souveraineté du Québec, conjuguant les aspirations nationalistes au respect de l’identité québécoise et les inquiétudes fédéralistes de ceux qui ne veulent pas entendre parler d’indépendance.

Artisan d’une loi de laïcité inédite dans un pays au droit anglo-saxon mais très attendue par le peuple québécois, il avait été conspué par tout le Canada anglophone, incapable de comprendre que séparer les Églises et l’État ne relève pas du racisme mais provient au contraire d’une volonté universelle d’émancipation.

Le reste de son bilan est marqué par des politiques économiques libérales qui ont aggravé les inégalités. Sur la question constitutionnelle, le retour du réel a encore cogné. Ne pouvant plus tenir d’être « en même temps » pour le maintien du Québec dans le Canada et pour le respect des aspirations québécoises à vivre selon des préceptes opposés au mode de vie et de gouvernement anglo-saxon, il a été rattrapé par le « vieux clivage ».

Alors que les enquêtes d’opinion donnent aujourd’hui les souverainistes largement vainqueurs aux élections d’octobre prochain, elles donnent aussi un éventuel referendum sur la souveraineté largement perdant. C’était le cas, un an avant le référendum de 1995, manqué d’un cheveu. Si un tel referendum devait se tenir, la France ne saurait se contenter de rester silencieuse. Le Québec, deuxième Nation francophone, ne peut pas rester ainsi ignoré.

La politique de la France, de Georges Pompidou à François Hollande, et à l’exception notable de Nicolas Sarkozy, s’est résumé en « ni ingérence ni indifférence ». Cet équilibre, qui affirme que le sort de la Nation québécoise sœur de la France ne saurait être ignoré, mais qu’il ne sera pas l’objet d’ingérence française, a été balayé par Emmanuel Macron, qui s’est déclaré ouvertement hostile à la souveraineté québécoise.

La gauche française aurait beaucoup à apprendre de la gauche québécoise. Deux partis, Québec Solidaire et le Parti Québécois, ont adopté des stratégies opposées. Pour le premier un souverainisme de façade, couplé à de l’agit-prop constante et à une radicalité toujours plus minoritaire. Le second a pris à bras le corps le sujet de la souveraineté dans toutes ses dimensions, économique, sociale, environnementale, migratoire, constitutionnelle. Il est désormais en position de changer la vie.

La route sera longue jusqu’aux élections d’octobre, mais une certaine voie semble se tracer. La gauche et la France devront la regarder attentivement, et agir courageusement.

Augustin Belloc

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