Renault – Nissan Mitsubishi et maintenant Fiat Chrysler ? Attention danger !

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Par le pôle entreprise de la Gauche Républicaine et Socialiste

En dépit de l’annonce de l’abandon par FCA (Fiat- Chrysler) du projet de fusion “entre égaux” avec Renault mercredi 5 juin, l’analyse des conséquences d’une telle fusion reste d’actualité, l’idée d’une fusion entre FCA et Renault n’était pas définitivement écartée.

Renault semble penser qu’une aventure avec Fiat Chrysler pourrait sauver son alliance avec Nissan Mitsubishi qui 20 ans après est dans l’impasse. Est-ce pour autant une raison pour se jeter dans les bras de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) ? 

Fiat n’est pas dans une situation confortable et risque de lourdes amendes pour n’avoir pas anticipé les contraintes européennes en termes de CO2.

L’initiative du projet de fusion revient à John Elkann (petit fils de Gianni Agnelli et président de FCA).  Depuis des années, son groupe doté d’une ingénierie aux moyens limités, sans projets d’avenir dans les motorisations électriques et la voiture autonome, trop concentré sur les marchés américain et européen, cherche désespérément à se marier.  Après avoir été écarté par PSA, Elkann tente de profiter de la situation troublée chez Renault depuis l’arrestation de Carlos Ghosn, en présentant une fusion dite “à 50/50”. Or la réussite des mariages entre égaux est rare, de surcroît alors que le probable futur Directeur Général va devoir céder son siège prochainement. Il n’est pas exclu que Renault puisse être englouti dans le nouvel ensemble.      

Si l’on voit bien l’intérêt que pourrait représenter cette opération pour le groupe italo-américain, pour Renault les inconvénients surpassent largement les avantages. Des proches du dossier pointent la naïveté du camp français qui pourrait bien être le dindon de la farce.

Le conseil d’administration et l’Etat français, qui détient 15 % du capital, ont donné leur feu vert pour poursuivre les négociations avec FCA. Mais des questions importantes se posent.

Bénéfices aléatoires pour Renault : 

La capitalisation de Renault est au plus bas depuis l’affaire Ghosn et les 43% que détient Renault dans Nissan sont valorisés quasiment à zéro. Donc en fusionnant avec Renault, FCA prendrait le contrôle du japonais pour presque rien. L’état autoriserait ainsi une véritable braderie. Certains vont jusqu’à parler d’un hold-up des italiens.

Quid de Nissan qui n’a été mis dans la confidence que tardivement ? En se lançant dans une opération complexe, aux bénéfices aléatoires, Renault complique encore une peu plus ses relations avec Nissan. In fine, se profile la perspective que le vrai patron soit le premier actionnaire du nouvel ensemble, c’est-à-dire John Elkann.

Quelles conséquences pour les parts de l’Etat ?

La part de l’Etat tomberait à 7,5 %. Il perdrait du même coup ses droits de vote double et sa minorité de blocage qui lui permet de bloquer une décision d’assemblée générale. Certes Bruno Lemaire a précisé qu’il entendait bien obtenir des garanties en termes de préservation des sites industriels français et des emplois mais nous savons ce qu’il en est de ce genre de promesses. Rappelons-nous les engagements de Général Electric lors du rachat d’Alstom, de créer 1000 emplois qui reviennent comme un boomerang puisque qu’au final ce seront 1000 emplois supprimés.

Il n’y a rien de bon à attendre d’un projet basé sur une économie d’échelle et une captation à bon compte d’un savoir-faire dont manque cruellement FCA qui entraînerait la chasse aux doublons, des suppressions d’effectifs et une perte de revenus pour la France. Les coopérations avec d’autres constructeurs doivent être privilégiées sur les prises de participation. Au lieu de brader son industrie l’Etat doit se doter d’une stratégie et soutenir l’investissement dans son industrie automobile qui a permis à Renault l’avance industrielle et en termes d’ingénierie dont elle fait preuve aujourd’hui et que d’autres nous envient. 

Aux dernières nouvelles le groupe Fiat Chrysler Automobiles laisse entendre que son offre de fusion serait à prendre ou à laisser ; de quoi faire capoter le projet. Ce ne sont pas les salariés qui s’en plaindront.

 

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