Le déclin de l’agriculture française, désormais structurel, se manifeste par un effondrement de sa balance commerciale, passée d’un excédent de 3,9 milliards d’euros en 2024 à 200 millions seulement en 2025, tandis que sa part dans la production européenne a chuté de 19% à 16% en une décennie. Ce recul s’explique par l’exposition croissante au libre-échange, qui soumet les agriculteurs à une concurrence déloyale, notamment face à des pays aux normes sociales et environnementales moins exigeantes, et par un modèle productiviste dépendant des importations de soja, d’énergie et d’engrais, rendant le secteur vulnérable aux crises géopolitiques et climatiques. La Politique Agricole Commune, vidée de sa substance depuis les années 1990, ne compense plus les pertes de revenus par des subventions toujours plus réduites et complexes, tandis que la mécanisation et la standardisation des cheptels accentuent les risques sanitaires et environnementaux. Face à ce constat, la Gauche Républicaine et Socialiste propose un Régime Agricole Complémentaire (RAC), inspiré des Appellations d’Origine Protégée, qui permettrait aux agriculteurs volontaires de s’organiser en filières pour négocier collectivement des prix garantis et des cahiers des charges stricts, sous la supervision de l’État, tout en réservant leur production aux marchés nationaux, afin de restaurer la souveraineté alimentaire sans perturber les économies tierces.




