LE GOUVERNEMENT DOIT RÉPONDRE AUX ASPIRATIONS LÉGITIMES DES LYCÉENS ET DES ÉTUDIANTS

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communiqué de presse de la Gauche Républicaine et Socialiste – vendredi 2 octobre 2026

Depuis le 21 septembre 2026, la mobilisation des lycéens prend de l’ampleur et se transforme aujourd’hui en un mouvement à l’échelle nationale.

Ce mouvement, qui semble s’étendre aux universités parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets, dit l’état de l’Education nationale dans notre pays. Après toutes les réformes calamiteuses imposées sous les quinquennats d’Emmanuel Macron, ParcourSup en tête, le dernier classement PISA démontre l’étendue de la crise, et d’abord dans la fonction première de l’école : la transmission des savoirs et le niveau général des connaissances.

Il faut arrêter de regarder les manifestations lycéennes de haut et de les traiter avec mépris : elles ont toujours existé et la mobilisation des lycéens est aussi une étape de l’apprentissage de la citoyenneté. Contrairement à ce que disent le gouvernement et ses soutiens, les lycéens expriment très clairement des revendications pratiques. Les jeunes qui se mobilisent pour de meilleures conditions d’études, pour une meilleure orientation, contre la sélection, le font à juste titre.

Nous n’avons pas à dire aux lycéens et aux étudiants ce qu’ils doivent faire. Le devoir de la gauche est de les comprendre et de les aider.

Ce n’est pas facile d’avoir 18 ans en 2026 : cette génération a subi le confinement, elle a subi Parcoursup, elle subit déjà et subira le dérèglement climatique. Elle a toutes les raisons d’être en colère et même en révolte.

Nous avons constaté évidemment une montée de la violence ; certains comportements sont intolérables et mettent en danger les biens et les personnes dans la collectivité. Ceux, parmi les responsables politiques, qui pourraient encourager ces comportements seraient des irresponsables. Il est évidemment difficile de faire face à des incidents où se retrouvent des centaines d’adolescents et de jeunes adultes. C’est un crève-cœur de voir des biens publics dégradés ou un prof molesté. Mais c’est un crève-cœur de voir une jeune fille brutalisée par des policiers ou un élève de 14 ans, qui se bat pour ses droits, perdre toutes ses dents suite à un tir de policier au lance-grenades. Les policiers font certes un boulot très difficile, mais disons-le fermement, nous avons un problème majeur dans la chaîne de commandement et les méthodes employées, car depuis trop longtemps le pouvoir macroniste est incapable de dialoguer : il a appliqué aux lycéennes et aux lycéens la même violence que celle qu’ont connu les « gilets jaunes » ou d’autres mouvements, il a encouragé la hiérarchie des forces de l’ordre à une réponse disproportionnée. Est-ce une réponse légitime de tirer au LBD sur des mineurs ? Et il se cache derrière une théorie du complot, finalement classique chez tous les gouvernements de droite cédant à l’autoritarisme : la manipulation par l’extrême gauche, c’est l’expression d’un mépris supplémentaire pour l’intelligence des jeunes Français·es.

Les forces de l’ordre doivent protéger les biens et les personnes, mais elles doivent aussi et surtout protéger la liberté d’expression en République. Cet équilibre est aujourd’hui rompu. Et cette rupture nourrit l’extension du conflit.

Nous ne dirons pas aux lycéens de rentrer chez eux, mais de s’exprimer dans le calme, de dire ce dont ils ont envie et d’engranger des gains, comme la fin de la hausse des droits d’inscription en BTS et en classes prépa ! Le gouvernement doit cesser d’aborder ce mouvement sous le seul angle sécuritaire, entrer dans un véritable dialogue, écouter les revendications et y répondre, c’est-à-dire rétablir des conditions dignes d’enseignement dans les lycées publics et redonner enfin la priorité absolue à l’Éducation nationale.

Alors que la situation de l’Éducation nationale n’a cessé de se dégrader depuis 24 ans, le corps enseignant est héroïque de poursuivre ses missions dans de telles conditions. Le premier devoir de l’État est d’être à ses côtés de façon inconditionnelle. Je soutiens tous les personnels de l’Éducation nationale, qui font tout leur possible pour que nos enfants réussissent. Il est temps de redonner de l’attractivité à ces métiers pour que nos enfants retrouvent un encadrement digne de leur avenir.

Nous avons besoin de vous !

Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.