Nouvelle Calédonie : Troisième référendum et toujours l’incertitude

Ce dimanche 12 décembre, les néo-calédoniennes et les néo-calédoniens ont été appelés aux urnes pour le troisième référendum d’indépendance du territoire. C’est avec un résultat de 96,5% et un taux d’abstention record (plus d’un électeur sur deux) que le «non» à l’indépendance a remporté ce scrutin.

C’est donc la troisième fois que le camp dit des « loyalistes » remporte un référendum (avec 56,7 % puis 53,3 % pour les deux premiers suffrages) prévu à l’origine par les accords de Nouméa de 1998. Cependant, cette nouvelle victoire ne signifie pas pour autant que la majorité des habitantes et des habitants de l’archipel sont favorable au maintien de l’archipel « au sein de la République Française». Il suffit de considérer les appels des responsables indépendantistes pour la tenue d’un nouveau référendum alors qu’au dernier scrutin, l’écart entre le « oui » et le « non » s’était rétréci.

Les principaux partis indépendantistes avaient appelé au boycott de ce troisième référendum dont la date avait été fixée contre leur avis au 12 décembre 2021 par le ministre des Outre Mer : à leur désaccord sur le calendrier s’était ajoutée l’arrivée violente et brutale de la crise sanitaire alors que la Nouvelle Calédonie avait été jusqu’alors épargnée par le COVID 19. Les populations mélanésiennes ont été particulièrement frappées, la campagne référendaire a été réduite à portion congrue et de manière accessoire les responsables politiques Kanaks dénonçaient également l’impossibilité de respecter les rites funéraires… La tension latente fait bien peser un risque sur l’avenir de l’archipel où d’importants renforts de gendarmes mobiles ont été envoyés.

Si les « Loyalistes » vont défendre la portée de l’écrasant 96,5 %, d’une certaine manière, les indépendantistes ont eux aussi remporté leur pari : alors que les référendums de 2018 et 2020 avaient connu une participation de 81 % et de 85,7 %, le scrutin d’hier n’a fait se déplacer que 43,9 % des électeurs néo-calédoniens. Voilà de quoi mettre en doute la portée politique à moyen et long terme du résultat et plonger l’archipel dans une période d’incertitude institutionnelle puisque le statut provisoire de la Nouvelle-Calédonie doit bientôt prendre fin.

Pour rappel, en cas d’indépendance, les conséquences pour l’archipel et la République Françaises auraient été :• institutionnelles avec un droit interne qui aurait été révisé, des traités internationaux, conclut par la France, qui ne se seraient plus appliqués aux néo-calédoniens, la perte de la citoyenneté européenne et des « avantages » en liens et la mise en place d’un processus de transition avec des inquiétudes sur le sort de celles et ceux qui ne voudraient pas vivre dans un nouvel « État Calédonien ». Par ailleurs, qu’une victoire du « oui » aurait eu pour effet d’alimenter des velléités d’indépendance dans d’autres territoires ultramarins comme les Antilles, qui connaissent en ce moment une situation politique, économique, sociale et pandémique très compliquée. • économiques sachant que la République française transfère environ 1,5 milliard d’euros chaque année à ce territoire de 271 407 habitants pour financer la fonction publique ou encore des activités minières ;• géographiques avec la perte de près d’1,4 millions de km² (14 %) de surface maritime et d’un ancrage géoéconomique – sachant que s’y trouve 20 % des réserves mondiales de nickel -, géopolitique et géostratégique dans le Pacifique alors que d’autres grandes puissances tentent d’y étendre leur influence. 

Le « non » à l’indépendance a pour résultat une nécessaire amplification des transferts de compétences de l’État au pouvoir local et, normalement, le retrait de la Nouvelle-Calédonie sur la liste des territoires non-autonomes à décoloniser de l’ONU. Bien évidemment tout cela dépendra du gouvernement français.

La Gauche Républicaine et Socialiste invite le gouvernement de la République française à tout mettre en œuvre enfin d’apaiser les tensions qui pourraient émaner de ce résultat, remettre du lien entre les néo-calédoniens au sortir de ce référendum qui aura créé une fracture au sien de la collectivité, permettre au territoire de gommer ses écarts de développement avec la France Hexagonale, repenser plus largement la manière dont sont administrées nos populations des Outre Mer à des milliers de kilomètres et enfin assurer l’indivisibilité de la République. C’est également un enjeu géopolitique déterminant car les appétits chinois dans cette partie du monde sont particulièrement aiguisés.

Les prochains mois resteront cruciaux alors que des contestations se font entendre depuis dimanche.

Nous n’avons jamais eu autant besoin de la Laïcité !

Voici 116 ans jour pour jour, la loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat était votée. Elle faisait de la République française un pays en avance sur son temps, garant des libertés et la protection de tous ses citoyens, en donnant à la Laïcité force de loi !

Pour assurer l’expression de la diversité de notre pays, permettre la coopération de tous dans une société apaisée, et véritablement assurer la liberté de pensée, nos prédécesseurs nous ont transmis la laïcité comme l’outil d’une triple libération : la libération du sujet accédant à l’indépendance intellectuelle et morale par l’exercice de la Raison ; la libération de l’État dégagé de la pression des religions et de leurs organisations ; la libération des religions échappant à la tutelle des autorités politiques qui voudraient en faire des instruments.

La laïcité sépare strictement les espaces civiques régis par la loi commune des espaces privés qui ne dépendent que de la conscience personnelle. Elle permet à chacun de vivre librement selon ses convictions et d’en changer quand on le veut. Elle permet le libre échange des idées dans un débat collectif dont découlera la loi commune.

L’attachement du Peuple français à la laïcité est réel. De multiples enquêtes l’ont montré. Pour autant, des forces de nature et d’origine diverses n’ont pas renoncé à la combattre.

La Gauche Républicaine et Socialiste ne cédera jamais un pouce de terrain face aux adversaires de la République et de la Laïcité. Nous ferons tout pour une application scrupuleuse de la loi de 1905 afin que la liberté de conscience soit notre boussole et que les discriminations soient combattues avec sévérité.

Olaf Scholz, une Chancelière comme les autres ?

La politique allemande serait un sport où les ordolibéraux gagent à la fin…

Aujourd’hui, le Bundestag élu en septembre dernier votera la confiance au gouvernement de coalition proposé par le SPD, les Verts et les Libéraux.

Ces trois partis, réunis en ce qui est appelé « coalition Feu de circulation » (Ampel Koalition) en référence aux couleurs traditionnelles des partis (Rouge, Vert, Jaune), ont négocié deux mois un contrat de gouvernement de 177 pages. Ce contrat est publié, il a également une valeur légale autant que politique. Pendant les 4 années de la législature, en cas de conflit entre partis membres, on reviendra au texte du contrat pour arbitrer. La constitution allemande ne prévoit pas de patron de l’exécutif tout puissant: les ministres sont pleinement responsables de leurs ministères, et ne peuvent recevoir du chancelier que des directives générales, et non des ordres ou des consignes.

Il est impossible au chancelier de dire en conférence de presse « on va faire cela en matière de transport et je vais demander au ministre demain de proposer un texte en ce sens en conseil des ministres » – c’est constitutionnellement dépasser ses prérogatives. Le contrat conclu après l’élection est donc bien plus sacré que tous les programmes communs français conclus avant l’élection.

Après cela, chaque parti a décidé des personnes occupant les ministères.

Le processus a lieu avant l’investiture: pas de chancelier tout puissant, de porte parole devant la chancellerie émoustillé d’être une heure durent l’homme ou la femme le plus écouté du pays, de négociations houleuses et secrètes dans les couloirs de la chancellerie, de poste perdu sur un SMS pas répondu à temps. Le pouvoir est d’essence parlementaire – et sa répartition collective nécessaire.

C’est le parlement ensuite qui décide si l’attelage lui convient.

Ces attributs de la démocratie républicaine allemande contrastent fortement avec la monarchie républicaine – en réalité une démocratie en crise septicémique, infectée de bonapartisme – à la française.

Nous avons déjà analysé ici les tendances de long terme de la politique allemande en étudiant le phénomène sous le terme de Weimarisation. Depuis, le concept est de plus en plus utilisé notamment pour décrire l’évolution parlementaire hollandaise ou dans les pays nordiques.

Nous avons aussi donné notre analyse de ce scrutin là… Nous y disions : «  Il ne faudra pas faire du “molletisme allemand”. Car il faut noter une forme de schizophrénie politique du SPD : le programme a été en grande partie porté par une partie de l’aile gauche (très anti-Schröder) qui contrôle l’appareil du parti depuis leur congrès de 2019, mais les candidats et notamment celui à la Chancellerie sont issus de l’aile la plus sociale-libérale ; dans les listes à la proportionnelle, les rares députés SPD sortants marqués à gauche ont été largement défavorisés.« 

Cependant, et ce point nous avait peut-être échappé, le résultat ayant entraîné une inflation du nombre de députés à entraîner une sur-représentation des jeunes du SPD, les Jusos (les jeunes socialistes allemands), comptant prés de 45 députés de moins de 35 ans. Leur tête de proue historique, Kevin Kühnert, est considéré comme l’architecte de la défaite de … Olaf Scholz en 2019 pour prendre la présidence du SPD.

Et c’est là peut-être l’indice que ce nouveau gouvernement doit être considéré avec une curiosité intéressée autant que par la méfiance due au passé « souverainiste léger » de la chancelière Merkel.

Le carrousel de personnes donne des clés quant aux rôles que se donnent les trois partis dans la nouvelle coalition.

Le SPD a décidé d’assumer le pôle de gauche de la coalition. Olaf Scholz a écarté TOUS les représentants de l’aile droite du parti – les Seeheimers (qui contrôlaient les rouages entre 2003 et 201) : il y a là autant un signe politique que des considérations tactiques sur lesquelles nous reviendrons quant aux risques de cette coalition.

Les Verts ont choisi des représentants réalistes, ou très en pointe sur les questions sociétales, mais rejetés leur personnalité la plus écolo-sociale.

Les libéraux ont tenu á tenir des ministères pour défendre la règle budgétaire, mais n’ont pas non plus choisi leurs personnels les plus Libéraux.

C’est que le contrat de coalition est un compromis à un haut niveau. Même l’aile la plus à gauche du SPD y trouve plus de motifs de satisfaction que de doutes. L’augmentation immédiate du smic horaire de 9,5 à 12 € mais aussi des mesures sur le maintien des retraites, la correction des lois Harz 4 en matière d’allocations chômage et minimum social, de limites à certaines formes de contrats précaires, sont des signes d’un vrai retour de la politique sociale, et de l’intégration économique des classes populaires à une prospérité dont elles n’ont rien vues sous Merkel.

Le plafonnement des loyers fera l’objet d’une loi fédérale, 400 000 logements serons construits chaque année dont 100 000 en main publique. Enfin, la coalition pense investir dans 100GW de capacités énergétiques renouvelables, 30 à 40 GW en gaz naturel et hydrogène, pour se débarrasser dés 2030 des centrales à charbon, et 2040 du gaz naturel. La fin du moteur thermique dans les voitures est prévu également à l’horizon dix ans.

Les trois partenaires ont les plus grands dénominateurs communs sur les questions sociétales : légalisation du cannabis, abaissement de l’âge du vote à 16 ans, suppression des derniers vestiges de criminalisation des LGBTQ dans la législation allemande (loi Transexuel, paragraphe 219a), réforme des législations sur l’immigration,pour l’ouvrir, et l’accès à la nationalité, pour l’étendre.

Il est ainsi paradoxal de voir en France de nombreux candidats vouloir jeter 200 ans d’histoire française pour se rallier à la conception germanique de la nationalité, alors que des allemands en rupture de germanisme nationaliste envisagent d’intégrer de plus en plus d’éléments de la philosophie républicaine française, universaliste, dans son propre code de la nationalité.

C’est que le principal point d’achoppement, ce n’est pas l’immigration, c’est l’argent. Qui et comment financer ?

Avant hier, la présidente du FMI lançait un avertissement paradoxal à l’Europe, et en réalité, au nouveau chancelier : « Ne rétablissez pas trop vite le règle d’or ! »

La crise pandémique n’est pas surmontée : les dangers d’une déflation budgétaire précipitée pourrait, comme en 2011-2013, plonger l’Europe dans une mini récession avant d’être sortie de la crise précédente. Il faut donc maintenir un haut niveau de déficit et d’endettement public, en partie rééquilibré par de l’inflation au dessus de 4%, pour surmonter la crise économique mondiale provoquée par la Covid 19.

C’est le FMI qui le dit !

Un autre danger guette aussi cette coalition: le chancelier, comme son secrétaire d’État Schmidt, sont tous les deux exposés aux conséquences de deux scandales financiers: l’affaire Warburg, du nom de cette banque de Hambourg, convaincue d’avoir participé à l’évasion fiscale et l’escroquerie d’argent public CumEx bénéficiant d’un traitement de faveur de la mairie de Hambourg à l’époque où Scholz en était le maire, et l’affaire Wirecard, du nom de cette startup de la finance cotée dans l’équivalent du Cac40 allemand qui se révéla être une gigantesque escroquerie à 1,9 milliards, un de ses PDG étant depuis en prison, et l’autre en cavale.

Justement, le chef de l’aile des Seeheimers au SPD était député de Hambourg jusqu’en 2020, et la découverte que sa section avait acceptée 45 000 euros de dons de … la banque Warburg. Sa démission surprise semble avoir eu comme objet d’éviter de mettre en danger Olaf Scholz.

D’ailleurs, les Linke, qui espéraient faire plus de 6% et entrer dans la coalition à la place du FDP, s’était bien gardée d’attaquer Scholz sur le dossier alors que son expert budgétaire, le député Fabio de Masi, siégeait à la commission d’enquête parlementaire. Celui-ci, dégoûté par son parti, ne s’est pas représenté en 2021.

Enfin, si la coalition a une confortable majorité théorique, les tendances sont très différentes – un nombre relativement réduit de députés peut mettre en danger des projets qui ne serons pas suffisamment négociés en amont.

Une première alerte a été donnée dès aujourd’hui : il a manqué 15 voix de la nouvelle majorité au vote investissant Olaf Scholz chancelier.

De la prévention au climat : un plan d’investissement isolation & ventilation pour un air plus sain et des bâtiments plus sobres

COVID19 : de la pandémie à l’endémie

Depuis son apparition au début 2020 la pandémie COVID19 a causé en France près de 120 000 morts, (l’équivalent de 10 % des décès sur la période 2020-2021) ; un nombre au moins équivalent de patients sont passés par les services de soin intensif et y ont subi des soins lourds entraînant séquelles et/ou congés maladie de longue durée, d’autres, affectés de manière moins aiguë ont à subir les effets invalidants d’un COVID « long » encore mal compris. En décembre 2020 nous subissons la 5e vague de cette pandémie. Même si la vaccination en France n’est pas aussi complète qu’en Espagne ou au Portugal (qui ont réussi à vacciner plus de 98 % des personnes de plus de 70 ans alors qu’environ 10 % de cette population reste à vacciner en France) le taux de vaccination français dans la population adulte est suffisamment élevé pour qu’avec la généralisation du rappel (3e dose), on puisse espérer voir notre système de santé tenir (une fois de plus) face à cette 5e vague.

La nécessité d’une politique de prévention

Même si la vaccination se généralise, même si des traitements curatifs devraient devenir progressivement disponibles, il est à craindre que le COVID19 ne devienne une maladie endémique, i.e. qu’elle devienne comme la grippe (10 000 morts par an en France) une affection annuelle. Dans ce contexte, il est certes indispensable de remettre à remettre à flot le système de santé et tout particulièrement l’hôpital public. Mais s’il faut se donner les moyens de soigner, il convient également de se donner les moyens de prévenir, de façon à limiter en amont la propagation de l’épidémie.

L’exemple de la sécurité routière

Avant d’aborder le cas spécifique du COVID, revenons rapidement sur un exemple de prévention réussie : la sécurité routière. Entre 1972 (le pic de mortalité) et 2019 (avant la pandémie), le nombre de morts sur la route est passé de 18034 à 3244 (une baisse de plus d’un facteur 5) alors même que le trafic a lui augmenté d’un facteur presque 3. Le nombre de tués par milliard de voiture-kilomètres parcourus est ainsi passé de 77 à 5.2. Ce succès historique tient à la mise en place progressive d’un ensemble de mesures complémentaires qui ont porté sur : l’encadrement des comportements individuels (limitations de vitesse, du taux d’alcoolémie, interdiction des stupéfiants, port de la ceinture des sécurité ; un travail normatif sur la sécurité des véhicules (résistance aux crash-test, airbag, pare-brises feuilletés) ; un travail de sécurisation des infrastructures routières (identification et sécurisation des points les plus dangereux, diminution des passages à niveau, etc.). C’est la combinaison de l’ensemble de ces mesures qui a permis de faire de la route un endroit plus sûr1.

1 chiffres extraits du site de l’observatoire national interministérielle de la sécurité routière: https://www.onisr.securite-routiere.gouv.fr

La prévention du COVID ne saurait s’appuyer sur la seule stratégie vaccinale

Aussi efficaces soient les vaccins, leur couverture ne saurait être totale, ni leur protection parfaite. On constate d’ailleurs dans le cas du variant delta l’importance de la différence entre l’efficacité (préservée) de la protection vaccinale vis-à-vis de la gravité de la maladie et l’efficacité (altérée) vis-à-vis de la transmission. Du fait de son manque d’efficacité vis-à-vis de la transmission, ces vaccins initialement conçus pour le variant alpha demeurent un outil de prévention (de protection) individuelle mais ont pour partie perdu leur statut d’outil de prévention collective : ils permettent de diminuer l’afflux de patients à l’hôpital mais pas de juguler la propagation de l’épidémie.

Responsabilisation individuelle et coercition

Jusqu’ici la politique de prévention s’est essentiellement appuyée sur l’encadrement des comportements individuels (port du masque, distanciation sociale), une stratégie vaccinale fondée sur le seul concept de l’offre (pas d’obligation vaccinale non plus que de convocations individuelles comme le pratiquent avec succès l’Espagne et le Portugal), la mise en place de restriction des libertés individuelles (confinement, couvre-feux, pass sanitaire), la facilitation/massification de l’accès au dépistage (gratuit jusqu’à octobre dernier) et une politique (assez inefficace) de traçage : solutionnisme technologique via le développement de l’application stop-covid devenue ensuite tous-anti-covid ; manque d’investissement humain pour constituer des brigades de traçage1.

1https://www.mediapart.fr/journal/france/041221/sous-effectif-precarite-regles-obsoletes-le-tracing-est-deborde-par-le-coronavirus

Transmission aérosol

La difficulté et l’échec relatif des politiques de traçage tiennent notamment à une caractéristique du COVID19. A l’instar d’autres maladies respiratoires (grippe, tuberculose), sa transmission est essentiellement aéroportée : le virus SARS-COV2 est transporté dans l’air via l’émission des micro-gouttelettes (de tailles inférieure à 50-100 microns, le diamètre d’un cheveu) que nous émettons en respirant ou en parlant. A l’inverse des postillons, celles-ci sont suffisamment petites pour rester très longtemps (plusieurs heures) en suspension dans l’air et contaminer des personnes distantes de l’émetteur, même après que celui-ci a quitté la salle. Afin de diminuer les risques de transmission, il est donc crucial d’aérer, de ventiler et de contrôler l’atmosphère intérieure des logements, lieux de travail et autres bâtiments recevant du public.

Aération-ventilation-Taux de CO2

Malgré les alertes précoces (dès l’été 2020) d’une partie de la communauté scientifique, notamment au travers de l’initiative ProjetCO21 , l’existence de méthodes de mesure de la qualité de l’air (via le taux de CO2 – également émis lorsque nous respirons) et de normes tant sur la ventilation que les taux de CO2 dans les espaces clos, la communication sur l’importance de l’aération et la ventilation est restée jusqu’ici très en retrait vis à vis des autres mesures recommandées pour la prévention.

Pas plus qu’il n’y avait de fatalité à accepter de voir la jeunesse française fauchée par les accidents automobiles, il n’y a de fatalité de voir hôpitaux et établissements scolaires devenir les principaux foyers de contamination de la pandémie au COVID du fait d’une mauvaise ventilation. Comme le souligne l’Académie des Sciences dans son avis du 11 juin 20212, la relation entre la santé des enfants ou des adultes et l’aération des lieux fermés n’est pas une question nouvelle. Qu’il s’agisse d’écoles ou d’universités, de transports en commun, d’ateliers ou d’immeubles de bureaux, ces questions ont fait l’objet d’analyses scientifiques, préconisations légales et incitations multiples. Par ailleurs, au-delà de la crise sanitaire due au COVID19, l’aération et la ventilation des lieux fermé sont des méthodes de prévention déjà connues de la plupart des maladies respiratoires (au premier rang desquelles la grippe), ainsi que de la pollution intérieure (Composés Organiques Volatils, fibres, monoxyde de carbone, moisissures, etc.) connue pour être souvent très supérieure à la pollution atmosphérique3. Enfin le taux de CO2 est également important à contrôler dans le contexte scolaire puisqu’au delà de 1000 ppm, il est connu pour altérer les performances cognitives des élèves.

Si la France est un des rares pays européens à n’avoir pas revu les règles relatives à la ventilation des logements depuis plus de 30 ans4, il reste que des règles existent, généralement fondées sur des travaux de la fin du XIXe siècle. L’arrêté du 20 novembre 1979 portant règlement sanitaire du département de Paris5 stipule ainsi dans son article 64 : « En aucun cas, dans les conditions habituelles d’occupation, la teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone ne doit dépasser 1 pour mille avec tolérance de 1,3 pour 1000 dans les locaux où il est interdit de fumer. » Alors même que depuis près de 2 ans les Français vivent sous un régime d’exception, il ne s’est trouvé personne au gouvernement pour faire simplement appliquer la législation existante.

1https://projetco2.fr/

2 https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/2021_06_11_Avis_CO2.pdf

3Site de l’Office de la Qualité de l’Air Intérieur: https://www.oqai.fr/fr

4 Le guide technique de la ventilation – Terre vivante 2013

5 https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006070308/2021-05-27/

Propositions

Pour compléter la politique vaccinale et l’indispensable remise à flot de l’hôpital public nous proposons de développer une politique de prévention basée sur la ventilation, la mesure des taux de CO2 dans les locaux fermé, et tout particulièrement dans l’habitat, les établissements scolaires, les hôpitaux et les entreprises.

Travail normatif – il sera entrepris en partenariat avec des partenaires institutionnels, tels que l’Office de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI), le Centre Scientifique et technique du Bâtiment (CSTB) pour mettre à jour la réglementation sanitaire relative à la qualité de l’air intérieur, sa mesure (en particulier le taux de CO2) et à la ventilation.

Commande publique – Un plan de mise aux normes des établissements publics sera lancé pour équiper en capteurs de CO2 et rénover leurs système de ventilation. La priorité sera donnée aux hôpitaux et aux établissements scolaires et universitaires. L’élaboration des éléments techniques associés à cette commande publique sera effectuée en partenariat avec des partenaires tels que l’ADEME en sus du CSTB et de l’OQAI. La ventilation des bâtiments ne saurait en effet être mise en œuvre sans prendre en compte la qualité de leur isolation (intérêt de la ventilation double flux, de la ventilation naturelle assistée).

Développement d’une filière technologique isolation/ventilation – L’isolation des bâtiments comme la mise en place, le contrôle et la maintenance d’un système de ventilation requièrent un savoir faire et des technologies de haut niveau. Si la commande publique peut permettre de viabiliser un réseau de TPE/PME spécialisées dans l’installation, il convient aussi de pouvoir s’assurer du respect de la qualité des travaux, de pouvoir fabriquer les matériaux et les équipements nécessaires et de développer des certifications, des mentions et/ou des diplômes spécifiques à tous les niveaux nécessaires (BEP, Bac, DUT, ingénieur).

-Plan de mise aux normes isolation/ventilation du bâti ancien – La question de l’isolation de l’habitat et du bâti ancien peut sembler dépasser le cadre de cette note motivée par la prévention COVID. Du point de vue technique, isolation et ventilation sont pourtant étroitement liées et requièrent un grand savoir-faire technique. Combiner ces deux approches et ainsi pertinent du point de vue industriel et technologique mais permet également de porter un point de vue original sur un sujet devenu consensuel, la sobriété énergétique via l’isolation. Si l’accord est général sur la nécessité d’isoler le bâti ancien, la question de sa mise en œuvre, est quant à elle beaucoup plus problématique et en fait très politique. Depuis 20 ans au moins, celle-ci repose sur des politiques d’incitations, en particulier via des crédits d’impôt. Ces politiques ont été d’une efficacité médiocre, voire ont généré des escroqueries variées. Par ailleurs la qualité des travaux effectués, et donc les gains énergétiques n’ont pas toujours été au rendez-vous. Sur ce sujet la différenciation politique doit se faire sur la méthode. Il faut sans doute assumer une stratégie de planification beaucoup plus dirigiste, accompagnée de la mise en place d’une filière technologique.

RT France – Changement de genre : faut-il l’inscrire dans la Constitution ?

Le 15 novembre dernier, le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu’il souhaitait introduire la liberté de changer de genre dans la Constitution. La reconnaissance des identités de genre et du changement de genre nous paraît nécessaire mais la constitution n’est pas le vecteur adapté.
Attention il existe de réelles offensives des identitaires de tout bord, religieux ou d’extrême droite : les militants républicains et universalistes doivent se réveiller en France et en Europe pour se concentrer sur les priorités de conquêtes de nouveaux droits collectifs et la défense des libertés collectives, plutôt que de s’affronter artificiellement sur des sujets certes importants mais qui ne concernent qu’une toute petite minorité, alors même que c’est aujourd’hui le cadre républicain, social et démocratique de nos sociétés qui est mis en cause.

Anthony Gratacos, secrétaire général de la GRS et conseiller départemental de Seine-et-Marne, affrontait le mercredi 1er décembre à 21h Jean Messiha, mauvais polémiste d’extrême droite sur le plateau de RT France.

Pour une planification des systèmes agricoles et alimentaires

Nous publions une série d’articles visant à mettre en valeur les propositions de notre programme pour 2022, adopté à Marseille le 26 septembre 2021.

La Gauche Républicaine et Socialiste défend un modèle agricole émancipateur et rémunérateur pour les agriculteurs et agricultrices. Il sera protecteur de l’environnement et des écosystèmes. Il sera garant du droit à une alimentation saine et nutritive. Enfin, il sera acteur majeur du dynamisme économique de nos territoires et de leur souveraineté alimentaire.

Nous accompagnerons une transformation agroécologique de nos systèmes alimentaires du champ à l’assiette. La coopération remplacera la compétition au sein de nos territoires pour en maximiser les performances économiques, sociales et environnementales. Cela ne pourra pas se faire sans une planification agricole et alimentaire : par l’élaboration d’une stratégie globale, par l’échelonnement de nos moyens d’actions avec une vision sur le temps long, par l’appui des pouvoirs publics.

Au sein du plan que nous proposons se trouvent la protection du foncier rural en renforçant l’action de la SAFER ou encore le rachat public de terres agricoles pour la contractualisation de baux environnementaux afin d’accompagner la nouvelle génération d’agriculteurs dans une installation économiquement et humainement viable.
Il intègre, de plus, le renforcement des moyens des services territoriaux publics d’accompagnement ou celui de la recherche dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation dans le but de donner les moyens financiers, humains et techniques aux acteurs du monde agricole pour généraliser les pratiques agroécologiques.

Enfin, nous proposons aussi une traçabilité encadrée et visible à l’achat. De contraindre les distributeurs à faire apparaître des indices de l’impact environnemental sur les produits alimentaires ou la mention “ultra-transformé” sur ceux qui le sont pour garantir aux consommateurs une maîtrise de ce qui finit dans leur assiette.

Promouvoir la raison et la liberté de conscience

Nous publions une série d’articles visant à mettre en valeur les propositions de notre programme pour 2022, adopté à Marseille le 26 septembre 2021.

Les revendications identitaires fleurissent à nouveau dangereusement. Elles agissent comme une tenaille qui divise notre société. S’exprime également une remise en cause radicale de la rationalité et de l’esprit scientifique ; les suites de la crise sanitaire ont par ailleurs catalysé ce rejet parmi certains de nos concitoyens. Nous devons remettre la Raison et la République au cœur de la Cité. La République doit reprendre l’offensive, non pas assénant une morale mais en faisant en sorte de rendre concrets les principes d’unicité et d’égalité de l’humanité, partout où des années d’abandon public l’ont rendu évanescentes dans la vie quotidienne.

Pour retrouver une dynamique de rassemblement des Français autour d’un projet commun, pour leur redonner confiance et ramener à la rationalité qui fait trop souvent défaut dans le débat public, il faudra redonner force à nos services publics, ce patrimoine essentiel de ceux qui n’en ont pas. Les services publics sont la traduction concrète de la solidarité nationale et nous nous emploierons à leur égal accès partout. Au premier rang de nos priorités, il y a l’École à laquelle nous consacrons de nombreuses propositions sur lesquelles nous reviendrons. Garantir que les établissements scolaires restent « l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas », selon Jean Zay, et offrent à nos enfants l’instruction et la morale civique qui leur permettront de devenir des individus autonomes et responsables et des citoyens éclairés est indispensable. C’est l’École qui peut offrir aux Français les moyens d’exercer un esprit critique indispensable fondé sur la Raison.

La société française est forte d’une formidable richesse qu’elle tient de la diversité des femmes et des hommes qui la composent et qui, chacun, apportent au collectif leur culture, leur conviction, leurs engagements et leurs espoirs.

Pour assurer l’expression de cette diversité, permettre la coopération de tous dans une société apaisée, et véritablement assurer la liberté de pensée, nos prédécesseurs nous ont transmis la laïcité comme l’outil d’une triple libération : la libération du sujet accédant à l’indépendance intellectuelle et morale par l’exercice de la Raison ; la libération de l’État dégagé de la pression des religions et de leurs organisations ; la libération des religions échappant à la tutelle des autorités politiques qui voudraient en faire des instruments.

La laïcité sépare strictement les espaces civiques régis par la loi commune des espaces privés qui ne dépendent que de la conscience personnelle. Elle permet à chacun de vivre librement selon ses convictions et d’en changer quand on le veut. Elle permet le libre échange des idées dans un débat collectif dont découlera la loi commune.

Pour l’ensemble de ses raisons, la GRS a décidé de porter dans son projet pour 2022 des propositions fortes qui contribueront à renforcer l’unité du pays contre les ferments de la division :

  • Supprimer le Concordat en Alsace-Moselle et les dispositions contraires à la laïcité dans les départements et régions d’Outre-Mer ;
  • Rétablir et renforcer des outils et moyens nécessaires pour combattre les dérives sectaires comme la MIVILUDES ;
  • Interdire les écoles privées hors contrat ;
  • Réserver exclusivement les financements publics à l’école publique à l’issue d’un plan organisant le retour au principe « école publique : financement public ; école privée : financement privé » ;
  • Mettre en œuvre un plan de relance de l’éducation populaire laïque dans l’ensemble de nos territoires ;
  • Promouvoir le respect de la liberté de conscience (pas seulement de croyance) en Europe.

L’anti-République en campagne

Ici l’ombre ! Le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour est donc candidat à l’élection présidentielle.
Singeant l’Appel du 18 Juin, après avoir voulu réhabiliter Philippe Pétain, il a choisi de se déclarer le jour où une véritable résistante entre au Panthéon, date anniversaire de la naturalisation de Joséphine Baker. L’artiste engagée est le vibrant symbole de tout ce que le nouveau candidat méprise. Le contraste entre l’optimisme de l’artiste et le déclinisme du mauvais essayiste ne peut que le jeter dans une ombre aussi crépusculaire que le clip vidéo qu’il a diffusé aujourd’hui. Eric Zemmour ne convaincra que le milieu de la petite bourgeoisie réac qui se réveille la nuit en sueur en imaginant se faire « grand-remplacer » et qui lui est déjà acquise.

Les travaux de Johann Chapoutot sur l’effondrement des grands récits nous renseignent en partie sur le « phénomène » Zemmour : Le monde est complexe, très complexe, il est devenu indéchiffrable, tant tout est entremêlé (effet de la mondialisation néo-libérale des 40 derniers années) mais en réalité, le monde a toujours été complexe, l’histoire est une science complexe et vouloir lui donner un sens a toujours été un réflexe humain pour la rendre intelligible… La difficulté, c’est que bien que nous construisions sans cesse des « fictions nécessaires », il n’existe pas de sens à l’histoire.

Les grands récits permettaient de donner un sens à l’histoire, de l’expliquer, l’homme a besoin de sens, il a besoin de croire, pas de savoir. Le socialisme, le communisme, le christianisme ou le républicanisme en France donnaient une vision, un sens clair, simple, lisible, compréhensible. Aujourd’hui tout cela a été balayé. Nous avons besoin de ces récits structurant pour décrypter et comprendre notre monde contemporain. C’est un besoin (Harari, vivement critiquable l’explique néanmoins très bien).

Zemmour arrive, se fout de la vérité, comme le dit si bien Marcel Gauchet il est dans la transgression, la vérité n’a pas d’importance et ça plaît. Qu’importe alors que le caractère plus qu’approximatif et très souvent mensonger de ses affirmations en matière d’histoire ait été largement démontré à plusieurs reprises.

Il répond à l’attente d’un public, il lui propose un récit, une vision du monde et de l’histoire logique, simpliste, caricaturale même et fausse, mais il permet pour beaucoup de s’y retrouver, de donner un sens, une grille de lecture et d’analyse, il répond à ce besoin.
Il s’engouffre dans la brèche laissée par la fin des grands récits. Pour y imposer le sien, celui d’une France fantasmée, chrétienne et blanche, en déclin, au bord de la mort, à sauver. Il offre une nouvelle vie, un nouvel écho, un nouveau porte voix à un camp politique qui n’avait plus connu une telle audience depuis la collaboration. Car c’est exactement ce que porte Eric Zemmour jusqu’à la fin de son discours de candidature où il n’ose pas regarder la France dans les yeux.

« Vive la République, et SURTOUT, vive la France », a-t-il dit… L’adverbe dit tout : il résume l’homme d’extrême-droite dans toute sa (dé)mesure. Cette phrase explique que sa réhabilitation de Pétain n’est pas un accident ou un « dérapage ». Le fond de la pensée zemmouriste tient dans ce surplomb du pays, d’une France éternelle venant exciter sa nostalgie, par-dessus l’idéal républicain et notre démocratie. Ce « surtout » signifie par dessus tout, et en toutes circonstances. La France avant la République quoi qu’il arrive et, en fin de compte, de préférence sans la République. Les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain qu’il tenait tant à réhabiliter ne disaient rien d’autre : dans l’imaginaire du zemmourisme, Pétain sauve la France de la République. Et finalement quand il vante le « pays des chevaliers et des gentes dames », on pourrait rire de l’absurdité de la déclaration mais on se dira avec prudence qu’il préfère donc la France monarchique, qu’il préfère Louis XVI quand il fuit « pour sauver la France » avant d’être découvert à Varennes, qu’il le préfère aux armées républicaines de Valmy, aux poitrines que les citoyens français opposèrent aux armées princières coalisées d’Europe. S’il prétend donc « sauver » la France, souvenons nous des modèles qu’il se donne pour le « sauvetage ».

Rendre le pouvoir aux citoyens

Nous publions une série d’articles visant à mettre en valeur les propositions de notre programme pour 2022, adopté à Marseille le 26 septembre 2021.

Notre démocratie républicaine est mal en point… Comme dans nombre de pays d’Europe, la France est touchée par une préoccupante langueur civique : abstention grandissante, défiance envers les institutions, crise des partis et des syndicats, montée de l’extrême droite et des thèses complotistes. Il y a urgence à réinventer notre modèle démocratique. Cela ne sera possible qu’en restaurant une souveraineté populaire confisquée ; cela ne sera possible qu’en remettant les citoyens au cœur du processus démocratique, en renforçant leur capacité d’intervention. En France, cela suppose aussi de réformer en profondeur nos institutions.

Les dérives monarchiques des institutions de la Vème République ont atteint un niveau que n’auraient pas même imaginé ses concepteurs. Emmanuel Macron a définitivement rabaissé le Parlement, qui est censé représenter pourtant la diversité politique des citoyens français, au rang d’accessoire encombrant… Cette humiliation progressive de la démocratie représentative s’est doublée d’un mépris total pour les corps intermédiaires et les partenaires sociaux, sans qu’aucune avancée sur le plan de la démocratie participative ne vienne les contrebalancer. Confrontée à des défis économiques, sociaux, écologiques et sanitaires monumentaux, la réduction de la démocratie finira par avoir raison de notre République.

Nous voulons rompre avec cette logique de dépression citoyenne, de mépris des Français et de leurs représentants… Nous considérons que notre démocratie sera plus forte si nous faisons confiance à nos concitoyens, cela suppose bien sûr un parlement respecté et plus représentatif mais également de garantir une intervention directe des citoyens dans le débat public et l’élaboration des décisions.

C’est pourquoi parmi ses propositions la GRS défend la nécessité de :

  • Élargir et développer la pratique du référendum : ratification par le peuple de tout nouveau traité européen – et des traités négociés par l’UE –, facilitation du référendum d’initiative partagé en abaissant le seuil à un million de signatures d’électeurs (y compris pour abroger une loi) ;
  • Rendre sa place centrale au Parlement :
    • suppression du droit de dissolution du président de la République ;
    • désignation du Premier ministre par le Parlement ;
    • suppression du dispositif des ordonnances sauf pour les procédures de législation à droit constant (codification, transposition) ;
    • suppression du « vote bloqué » ;
    • remplacement du 49.3 par une procédure de « motion de censure constructive » ;
    • restauration de la compétence du Parlement en matière budgétaire (suppression de l’article 40) ;
  • Développer les pratiques participatives en généralisant la consultation numérique avant l’établissement de nouvelles lois, voire avant les délibérations des collectivités locales…

Kohler : l’affaire relancée ?

Mediapart a raison de dire : « c’est un système ».

Dans une affaire connexe, la réforme, voulue par Hollande, abandonnée suite à la bronca des principaux acteurs (dont un certain Henri Emmanuelli), du rattachement de l’Agence française du développement à la Caisse de dépôts et consignations, le regretté landais se plaignait d’une culture de la haute fonction publique « ignorant le services public », avec un personnel plus soucieux de sa carrière et des intérêts financiers que de l’intérêt général.

Or, il se trouve que c’est l’AdF qui se trouverai au cœur du conflit entre Vincent Bolloré, et son instrumentalisation d’un de ses salariés comme torpille revancharde, et Emmanuel Macron, sur l’Afrique. En favorisant les (conflits d’) intérêts de Kohler avec l’armateur italien MSC en Afrique, le président français gêne les intérêts du corrupteur (il a plaidé coupable en la matière) Bolloré.

L’affaire Kohler est au cœur de la gouvernance macroniste, ce mélange de libéralisme autoritaire et d’affairisme qui rappelle tant le couple Badinguet/de Morny du Second Empire, et au cœur des convulsions de cette pré-campagne présidentielle. Zemmour n’est qu’une monnaie d’échange et un outil d’intimidation dans des manœuvres rappelant le roman L’argent d’Émile Zola – roman d’ailleurs inspiré de faits réels.

Ce qui laisse pantois, c’est qu’une vieille et respectable (bien qu’adversaire) famille politique, la droite républicaine, que l’on pensait plus sereine que cela, perde les nerfs et semble avoir organisé tout son scrutin interne pour séduire l’instrument d’un règlement de compte très trivial entre hommes d’affaires. La chasse au Zemmour est un sport bien fragile : ils trouveraient sans doute plus d’appuis dans la chasse au Kohler.

On est très loin des intérêts des Français, de la France, de la démocratie ou de la République.

C’est pourquoi il va falloir changer de régime, transformer la haute fonction publique et multiplier les champions économiques de taille moyenne pour s’affranchir de la dépendance à quelques familles aux intrigues matrimoniales et financières opaques.

C’est le projet : remonter l’esprit du bien commun, la République, notre économie productive, le pouvoir d’achat de notre peuple, et in fine, le pays.

La remontée est une reconquête.

Nous avons besoin de vous !

Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.