Révoltes mondiales et souveraineté populaire

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Equateur, Chili, Bolivie, Soudan, Irak, Liban, Hong Kong, partout dans le monde, des manifestations et des émeutes éclatent. Les causes de ces soulèvements populaires sont hétéroclites, et méritent que l’on s’y attarde.

En Equateur et au Chili, la vie chère et les inégalités ont déclenché des émeutes populaires. L’Equateur a connu un état d’insurrection pendant plus d’une semaine à la suite d’une mesure antisociale – la fin du soutien de l’Etat au prix de l’essence – imposée par le FMI et appliquée par le président Moreno sans protestation. La mobilisation de la classe populaire, menée par les indigènes, a été telle que la mesure a été abrogée. Un parallèle avec la situation en France au moment de la crise des gilets jaunes peut être dressé : une hausse brutale du prix de l’essence a déclenché un mouvement de colère sociale qui n’a pu être interrompu qu’avec l’annulation de cette hausse. La répression menée par l’armée et ayant entraîné la mort d’une dizaine de manifestants a été encore plus violente qu’en France, et les manifestants plus déterminés encore. Ils n’ont pas hésité à occuper la capitale et à en incendier plusieurs bâtiments. Au Chili, c’est aussi une hausse du prix des transports qui a provoqué la déflagration sociale. L’augmentation du prix des tickets de transport public a réveillé la colère sourde et dormante d’un peuple aux prises du néolibéralisme depuis cinquante ans. Le dictateur Augusto Pinochet, conseillé par les pontes de l’économie néolibérale Friedrich Hayek et Milton Friedman, a jeté les bases d’une économie reposant sur les mécanismes sauvages du marché déréglementé. Le bilan, cinquante ans après, est sans appel, le Chili est un des pays les plus inégalitaires de l’OCDE, et des émeutes ont éclaté à la suite d’une énième mesure antisociale, dont la répression n’est pas venue à bout.

Au Soudan, la hausse du prix du pain a déclenché un processus révolutionnaire qui n’a pas pu être interrompu par le pouvoir en place, malgré les tirs à balles réelles sur les manifestants. Celui-ci a finalement été chassé, et à la suite des accords des négociations pour mettre fin à la grève générale, un Conseil de souveraineté dirige le pays depuis fin août.

En Irak et au Liban, le déclencheur des manifestations a été la corruption de la classe politique. Les inégalités, le chômage et la qualité désastreuse des infrastructures publiques ont tout de même servi de catalyseurs pour que ces manifestations prennent une ampleur nationale et massive. Dans ces deux pays multiculturels et multiconfessionnels, ces manifestations sont inédites car elles n’ont pas de fondement ethniques ou religieux. Chiites, sunnites et chrétiens, Kurdes et Arabes ne manifestent pas en tant que membres d’une communauté particulière, mais comme citoyens d’un même peuple trahi par ses élites politiques.

A Hong Kong, la révolte populaire est née de la volonté de vivre en démocratie. La modification de la loi sur les extraditions fait craindre aux habitants de Hong Kong que le régime chinois puisse intervenir dans le régime juridique de la commune autonome. Plusieurs millions de personnes participent à des manifestations durement réprimées. En Bolivie, une grève générale a éclaté à la suite de l’annonce de la victoire dès le premier tour du président Morales, qui était jusqu’à présent mis en ballotage, à la suite d’un dépouillement douteux.

Le monde connaît ainsi une vague de soulèvement populaire. Selon les pays, les origines des émeutes, des manifestations ou de la grève générale peuvent être la pauvreté, le manque de démocratie ou la corruption, le plus souvent un mélange des trois. Une chose lie cependant ces révoltes entre elles : toutes émanent de la volonté populaire de souveraineté. Les peuples veulent massivement reprendre le contrôle de leur vie face à la pauvreté, de leur gouvernement face au manque de démocratie, de leur destin national face à la corruption. La volonté de souveraineté populaire explose et les répressions policières et militaires ne l’interrompent pas. Les demandes injustes du FMI, les politiques néolibérales, la mondialisation qui maintient les peuples dans la pauvreté, la corruption des élites politiques, la division orchestrée entre ethnies et entre confessions pour masquer une colère commune et populaire, le truandage des élections et le bafouement de l’Etat de droit sont partout contestés, et nous nous en félicitons. Nous réitérons ainsi notre soutien indéfectible à tous les mouvements qui veulent mettre en place une souveraineté démocratique au sein d’une République laïque et sociale.

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