CONFORAMA cède à l’injonction de ses actionnaires en supprimant 1900 postes !

 Les organisations syndicales ont été reçues lundi par la Direction Générale qui leur a révélé un plan de restructuration consistant à supprimer 1900 emplois au sein de Conforama France :

·      32 magasins seront fermés (8 en Ile de France, dont 2 à Paris intra-muros), soit 1050 postes supprimés. Les magasins d’Antibes, Grenoble, Saint Ouen, Paris Pont neuf et Etoile sont condamnés. La Seine et Marne est fortement impactée avec trois magasins Conforama concernés à Torcy, Chelles et Meaux.

·      600 postes seront supprimés au sein des 164 magasins restants pour « optimiser » le fonctionnement, à grands coups de polyvalence forcée donc d’augmentation de charge de travail. On s’y dirigerait vers un « parcours client 100% autonome » d’après un délégué syndical central. 

·      Les 10 magasins Maison Dépôt seront fermés soit 100 emplois.

·      26 postes seront supprimés au Service Après-Vente basé à Compiègne.

·      124 postes seront supprimés au Siège social, toutes les directions étant concernées. 

Ce plan a été présenté comme le seul moyen de « redresser l’entreprise ». A son issue, Conforama France sera, a assuré la direction, redevenu profitable, après des pertes cumulées de 480 M€ sur 6 ans. Par ailleurs, la cession de Conforama est pour le moment « arrêtée » car la Direction Générale ne souhaite pas « brader » Conforama.

La Direction souhaitait que la réunion extraordinaire du Comité Central d’Entreprise, prévue mardi 2 juillet 2019, voit son ordre du jour modifié afin de détailler son plan aux élus. Celui-ci n’a finalement pas eu lieu du tout. 

Pour les créanciers, octroyer un prêt à un taux exorbitant engageant tout le patrimoine immobilier de Conforama n’a pas suffi. Ils ne s’en cachent pas : ils veulent désormais récupérer leur argent, quelles qu’en soient les conséquences sociales.

Les organisations syndicales ont demandé à rencontrer le Comité Interministériel de Restructuration Industrielle pour mettre l’Etat devant ses responsabilités. C’est grâce aux dispositifs des lois dites « travail », El-Khomri et Macron que les salariés vont faire l’objet d’un plans social facilité pour l’entreprise et vont venir grossier les rangs des demandeurs d’emploi.

La Gauche Républicaine et Socialiste soutient les salariés, et leurs organisations syndicales en première ligne, qui vont injustement et après d’importants efforts être « remerciés » par leur entreprise. Et cela alors que l’actionnaire, Steinhoff International, responsables de malversations financières, a aggravé les difficultés de l’entreprise dont pâtissent aujourd’hui les salariés.

Fermetures d’écoles à la rentrée 2019, J. M Blanquer : rien que des mots !

Le ministre Blanquer s’était vanté au mois d’avril dernier qu’aucune fermeture d’écoles n’aurait lieu en France à la rentrée prochaine, et ce pour la première fois depuis fort longtemps (« Nous ne fermerons pas d’écoles primaires à la rentrée, c’est la première fois qu’un gouvernement s’engage à cela, rendez-vous compte, c’est énorme », déclarait-il sur France Info). En cela il reprenait une des promesses que le président Macron avait faite pour répondre à la mobilisation des gilets jaunes. Or, nous apprenons cette semaine qu’en fait ce sont près de 400 écoles qui seront fermées à la rentrée 2019 !

On nous aurait donc menti ? 

Le ministre de l’éducation nationale a bien tenté d’allumer des contre-feux aujourd’hui en indiquant que ces fermetures se sont toutes faites avec l’accord des maires…

Tout cela amène plusieurs remarques : d’abord, mais nous y sommes désormais malheureusement habitués, la méthode Blanquer c’est avant tout de la communication, des effets d’annonce, des mots, encore des mots, et derrière, une réalité souvent bien différente ! Un numéro constant d’habile prestidigitateur en quelque sorte, qui détourne notre regard pour mieux nous faire oublier qu’en vérité ce sont bien 400 écoles qui vont disparaître, le plus souvent dans la ruralité ! Ensuite, si on se penche sur les chiffres, il y a bien parmi ces suppressions d’écoles plus de 110 fermetures qui ont été décidées par l’Éducation nationale elle-même, ce qui contredit le discours ministériel ! 

Enfin, si 250 de ces suppressions ont en effet reçu l’aval des élus locaux dans le cadre de projets de fusions et de regroupements d’écoles, cet accord des maires est là encore à relativiser fortement. Nombreux sont les maires de communes rurales à dénoncer en effet les conditions qui les ont conduits à de telles décisions : pressions, disparition des classes de leur commune les unes après les autres…Rappelons que plus de 800 classes ont déjà fermé lors de la dernière rentrée en zones rurales !

C’était l’une des demandes des gilets jaunes : enrayer la disparition progressive des services publics près de chez eux, qui les oblige à prendre de plus en plus fréquemment leur voiture pour des distances de plus en plus lointaines. On ne peut pas dire qu’ils aient été entendus !

La Gauche Républicaine et Socialiste appelle le gouvernement à revenir sur ces fermetures afin de garantir une réelle égalité devant le service public d’éducation partout sur le territoire national.

Décollage réussi pour le RIP ADP !

Deux semaines après le lancement de la campagne de collecte des signatures de citoyens en faveur de la tenue d’un référendum, le Conseil Constitutionnel annonce aujourd’hui près de 500 000 ( 480 000) soutiens enregistrés avec un taux de validation de 97% ! Le début de la première étape du Référendum d’Initiative Partagée (RIP) est un véritable succès démocratique qui traduit bien l’aspiration des français à décider de leur destin et à maîtriser leurs biens communs contre la volonté de brader nos actifs stratégiques à des intérêts privés. 

Ce premier bilan d’étape est un véritable encouragement à amplifier la dynamique enclenchée sur les réseaux sociaux, dans nos villes et autour de nous avec nos amis et proches. Malgré les obstacles techniques et la faible couverture médiatique 1/2 million de citoyens en très peu de temps se sont déjà mobilisés. Si nous continuons sur ce rythme nous imposerons le référendum avant mars ! Raison de plus pour ne pas s’arrêter en si bon chemin et amplifier l’action partout sur le territoire de la République !

La Gauche Républicaine et Socialsite est d’ores-et-déjà en ordre de bataille dans les villages, villes, départements, régions et au Parlement ainsi que dans les comités unitaires, et sur le terrain avec un kit militant. La grande campagne républicaine contre la privatisation des biens communs de la Nation continue !

Pour signer c’est ici : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/

Pour découvrir et télécharger le Kit de campagne GRS : https://g-r-s.fr/campagne-adp-materiel-grs/

Sea Watch 3 : Sauver des vies et respecter le droit maritime international ne doit pas conduire en prison !

Sauver des vies et respecter le droit maritime international ne doit pas conduire en prison !!!

La capitaine allemande Pia Klemp, ancienne commandante des navires de sauvetage Luventa et Sea Watch 3 et son équipage sont sous la menace d’un procès en Italie et encourent ainsi jusqu’à 20 ans de prison.

Le crime reproché à ces marins (capitaines et équipages) est d’avoir permis le sauvetage en mer de milliers de personnes notamment des enfants en 2016 et 2017. Le gouvernement italien les accuse d’avoir aidé et encouragé l’immigration illégale. Ils sont donc interdits de navigation au large des côtes italiennes, au risque d’être arrêtés et placés en détention.

A présent, c’est au tour de Carola Rackete, nouvelle capitaine du Sea Watch qui se voit contrainte de forcer le blocage italien pour faire débarquer sur le port de Lampedusa 42 migrants qui connaissent depuis 14 jours des conditions de vie dégradantes et inhumaines, sans parler des épreuves endurées auparavant. Ces gens sont à bout.

En criminalisant le sauvetage, le gouvernement italien rend l’immigration illégale passible de mort. En effet, un naufrage en mer, qui plus est dans les conditions des traversées en question, est synonyme de mort. Il n’y a pas de demi-mesure.

C’est pour cela que le droit international condamne le marin qui, en capacité de secourir d’autres marins en péril, déciderait de ne pas agir. Car son inaction volontaire est mortelle.

Quelles que soient les circonstances d’intervention des navires de sauvetage Juventa et Sea Watch 3, Pia Klemp, Carola Rackete et leurs équipages ceux-ci ont sauvé des êtres humains d’une mort certaine. Le statut migratoire de ces personnes n’a en comparaison aucune importance.

Remettre ces principes en cause, comme le fait le gouvernement italien, comme l’a fait dans une moindre mesure l’actuel ministre de l’intérieur en accusant les ONG humanitaires de « faire le jeu des passeurs », c’est accepter de laisser mourir les migrants.

La Gauche Républicaine et Socialiste condamne ces poursuites politiques qui remettent en cause les droits humains et la solidarité entre individus. Nous saluons les courageux dockers du port Gênes qui ont déclarés le port ouvert pour le SeaWatch 3. Dans les ports et sur les mers, la solidarité n’est pas un vain mot.

Emigrer dans ces conditions c’est avant tout fuir. Personne ne fuit son pays par plaisir quand il s’agit de fuir la guerre, fuir la dictature, fuir la misère, fuir les conséquences du changement climatique, fuir les persécutions. Chaque être humain émigre d’abord pour vivre mieux, vivre libre et décemment de son travail et offrir un avenir à ses enfants. Ce qui leur est devenu impossible dans leur pays.

La finance fait sa loi chez Sanofi, avec la complicité de l’État

Communiqué de presse de la Gauche Républicaine & Socialiste – pôle thématique Entreprises

Pour le gouvernement, l’augmentation des marges des entreprises est une priorité, et les profits d’aujourd’hui seraient les investissements de demain et les emplois d’après demain. L’évolution de l’emploi en France et chez SANOFI depuis 10 ans nous prouve le contraire.

 

Le discours officiel de SANOFI – fleuron français de l’industrie de la santé patiemment construit – sur le bien-être des patients est démenti par une stratégie purement financière. Ce groupe ne rencontre aucune difficulté justifiant de fermer des usines, de se séparer de savoirs-faire, de ne plus croire à la puissance publique et de battre pavillon étranger. SANOFI est l’entreprise la plus rentable du CAC40 avec 8,4 Mds€ de bénéfices. Sa structure financière est saine : on table sur un retour de la croissance du taux de marge opérationnelle dès 2020 ; la diversité accrue des activités promet une forte croissance des ventes (acquisition de Bioverativ et Ablynx, progression en immunologie) ; la résistance des produits historiques devrait dégager environ 4,6 Mds€ en 2023.

 

 

Nous assistons pourtant à une stratégie de désinvestissement des sites français (production, R&D, chimie) au profit de l’étranger sans réaction des ministères du travail et de l’économie. La puissance industrielle de nos sites est captée par une stratégie financière à courte vue qui reflète une défaillance des politiques publiques d’investissement dans une industrie forte sur nos territoires. Or SANOFI a largement profité du crédit impôt recherche, détourné aujourd’hui pour financer l’externalisation de la recherche et des emplois à l’étranger ! De 6 800 personnes en 2008 en France, le groupe est passé à 3 800 personnes. Pour 2019, la suppression de 1 500 postes est programmée… pour « s’adapter » aux évolutions du secteur pharmaceutique : recentrage de la R&D sur des pathologies plus porteuses en marges financières ; productions pharmaceutique et chimique jugées moins rentables ; fin programmée de la recherche en cardiologie ; réduction des investissements sur le diabète qui ne serait plus rentable à court terme. Le long terme est sacrifié !

 

 

L’usine de Mourenx est menacée de fermeture pour cause de non respect des normes environnementales. La solution annoncée est un projet de délocalisation de la production en Inde ! Ces entreprises non européennes, aux standards de qualité bien inférieurs, se sont vues refuser l’accès à l’Europe de nombreux lots de produits non conformes. Cela implique des ruptures d’approvisionnements pour les hôpitaux et pharmacies. Le gouvernement veut croire en une stratégie sans coûts excessifs pour la collectivité, éludant les coûts sociaux et sanitaires.

 

 

SANOFI a enfin décidé d’user à plein de la Rupture Conventionnelle Collective, prévue par les ordonnances Macron-Pénicaud, pour accélérer ses transferts d’activités dans des pays à bas coûts, aux politiques sociales décriées par les institutions internationales (Roumanie, Hongrie, Chine…).

 

La Gauche Républicaine & Socialiste demande au gouvernement d’intervenir pour redéfinir avec les dirigeants de SANOFI et les salariés une stratégie de long terme privilégiant la conversation de l’emploi, des sites de production et des savoirs-faire industriels en France. Le groupe en a largement les capacités ; c’est aussi un enjeu industriel et de santé publique essentiel. La Santé n’est pas un produit comme un autre, elle doit passer avant la finance.

Suppressions de postes à Sanofi : L’entreprise va bien, notre politique industrielle non

Par le pôle entreprise de la GRS
 

Le gouvernement ne cesse de nous expliquer que l’augmentation des marges des entreprises est une priorité. Les profits d’aujourd’hui seraient les investissements de demain et les emplois d’après-demain. L’évolution de l’emploi en France chez Sanofi depuis 10 ans nous prouve une nouvelle fois le contraire.

 

 

Ainsi, la presse a annoncé ces derniers jours le départ anticipé (1 an et demi avant la fin de son mandat) de son directeur général. Le groupe a annoncé, vendredi 7 juin, le remplacement d’Olivier Brandicourt, qui occupe le poste depuis 2015, par le britannique Paul Hudson, l’actuel patron de la division pharmaceutique du suisse Novartis. La passation de pouvoirs se fera le 1er septembre.

 

Pour 2019, la suppression de 1 500 postes est déjà programmée… au motif de l’adaptation aux évolutions du secteur pharmaceutique : digitalisation des fonctions support, recentrage de la recherche et développement sur des pathologies plus porteuses (en marges financières), productions pharmaceutique et chimique jugées moins rentables… Les motifs avancés par la direction sont si larges que les salariés sont légitimes à s’attendre au pire, instruits par l’expérience. 

 

Le groupe Sanofi a saisi les opportunités offertes par le dispositif de Rupture Conventionnelle Collective depuis les ordonnances Macron-Pénicaud pour accélérer ses transferts d’activités dans des pays à bas coûts et dont les politiques sociales sont décriées par les instances internationales, comme la Roumanie, la Hongrie ou la Chine… Aujourd’hui les services paie des salariés du groupe sont gérés dans les pays de l’Est ! La stratégie du nouveau patron de la R&D du groupe est clairement de réorienter la recherche et regarnir le pipeline de produits en développement…à l’étranger. SANOFI a également décidé de mettre un terme à sa recherche en cardiologie, de réduire son investissement sur le diabète qui ne serait plus rentable à court terme (5ans). Le groupe veut en revanche se focaliser de nouveau sur l’oncologie aux États-Unis d’Amérique, après avoir réduit drastiquement l’investissement en R&D ces dernières années …en France. Quant aux suppressions de postes prévues aux affaires réglementaires et à la pharmacovigilance, elles traduisent l’externalisation croissante de ces activités à l’étranger jugées à faible valeur ajoutée, combinées à l’effet de la numérisation.

 

Or SANOFI est un fleuron français de l’industrie de la santé patiemment construit. On voit de moins en moins traduit en actes le discours officiel de la société sur le bien-être des patients au profit d’une stratégie purement financière : le groupe serait-il à ce point en difficulté qu’il lui faudrait vendre ses usines, se séparer de son savoir-faire, ne plus croire à la puissance publique et de battre pavillon étranger ?

 

Un cabinet d’expertise, Secafi, spécialisé dans l’activité des laboratoires pharmaceutiques a fait le constat suivant sur la stratégie et l’emploi du groupe. En 2018, la dette financière nette de Sanofi a triplé pour atteindre 17,6 Mds €. Malgré tout, la structure financière du groupe reste saine : si l’intégralité de la trésorerie d’exploitation (environ 7 Mds €) était utilisée pour rembourser la dette, Sanofi serait totalement désendetté en 2 ans et 6 mois. Les analystes tablent sur un retour de la croissance du taux de marge opérationnelle dès 2020. La diversité accrue des activités du groupe laisse par ailleurs présager une forte croissance des ventes de la société (acquisition de Bioverativ et Ablynx, progression en immunologie, etc.). La résistance des produits historiques,  malgré la concurrence des biosimilaires / génériques, Lantus, Plavix et Lovenox, devraient dégager environ 4,6 Mds€ de ventes en 2023.

 

Nous assistons donc à une stratégie de recentrage au profit d’une politique de désinvestissement des sites français (production, R&D, chimie). Le spectre du mal d’Alcatel, d’Alstom, de General Electric, de Ford France, est bel et bien là. Or la performance des sites industriels français permet de dégager des excédents de trésoreries ; mais cette puissance industrielle ne bénéficie pas des fruits de ses efforts, elle est confisquée par la stratégie financière à courte vue et reflète une défaillance des politiques publics d’investissement dans une industrie forte sur nos territoires. Sanofi a largement profité du crédit impôt recherche qui finance aujourd’hui une politique d’externalisation de la recherche à l’étranger ! Dans ce secteur, nous sommes passés de 6 800 personnes en 2008 Sanofi est passé à 3 800 personnes en France. Et la spirale continue ; la France voit son pôle d’expertise R&D vidé progressivement et partir sur l’étranger sans réaction du ministère du travail et des Finances.

 

En février 2012, l’entreprise affichait un profit net consolidé de 5,7 milliards d’euros et un profit net de ses activités de 8,8 milliards d’euros. Elle s’inquiétait pourtant de la fin de certains brevets, et justifiait ainsi des suppressions d’emplois. De nombreux sites français furent touché par des mouvements sociaux pour s’opposer aux licenciements dans les années qui suivirent ; les démonstrations timides de soutien de la majorité parlementaire.

 

Sept ans après, Sanofi est l’entreprise la plus rentable du CAC40 avec 8,4 milliards de bénéfices. Elle continue de limiter les investissements sur son outil industriel français, ayant des conséquences graves sur la collectivité, l’usine de Mourenx (Pau) est menacée de fermeture pour cause de non respects aux normes environnementales. La solution apportée par le groupe est un projet de délocalisation de sa production auprès d’un prestataire basé en Inde ! La conséquence en sera un risque qualité accru des principes actifs. Ces entreprises non européennes, aux standards bien inférieurs de qualité, se sont vu refuser l’accès à l’Europe de nombreux lots de produits non conformes. Couplé aux stratégies financières, elles engendrent des ruptures d’approvisionnements dans les hôpitaux et pharmacie.

 

Le gouvernement est rassuré : il est convenu que Sanofi adapte sa stratégie sans coûts excessifs pour la collectivité… sur le court terme. Sanofi s’engage ainsi dans l’accompagnement de ses collaborateurs impactés par ces licenciements avec la mise en place d’un laboratoire de reconversion professionnelle, le « carreer lab » qui prend le relais de Pôle emploi : accompagner le repositionnement des salariés dans le groupe sur la base de test psychotechniques, entretiens avec les managers. L’objet aussi est de préparer un CV au cas où le nombre de places internes est insuffisant. SANOFI se fabrique une image d’employeur relativement responsable pour masquer les effets désastreux de sa stratégie en matière industrielle et de développement des savoirs faire en France.

 

Les représentants des personnels dans les entités R&D, SAG et Chimie ont cependant multiplié les alertes en direction du gouvernement, dont les réponses ont donné lieu à de pâles copies des communications diffusées auprès des salariés par la société : « l’entreprise a initié un projet de reconversion… ». Un aveu de faiblesse et de fatalisme de la part de la puissance publique.

 

La Gauche Républicaine & Socialiste demande au gouvernement d’intervenir pour redéfinir avec les dirigeants du groupe et les salariés une stratégie de long terme qui privilégie la conversation de l’emploi, des sites de production et des savoirs faire industriels en France. La bonne santé de SANOFI le permet largement et c’est un enjeu industriel et de santé publique essentiel pour notre pays. La Santé n’est pas un produit comme un autre, elle doit passer avant la finance.

 

Conseil de l’Ordre des journalistes : une nouvelle attaque contre le pluralisme

Par Simon Jolles

Le Gouvernement, par la voix du secrétaire d’Etat au numérique, a annoncé souhaiter la création d’un Conseil de l’Ordre des Journalistes. Une telle proposition, si elle venait à se concrétiser, marquerait un nouveau recul dangereux de la liberté d’expression en France. 

Rappelons que la carte de presse ne définit pas un journaliste. L’obtention de la carte de presse est notamment conditionnée au fait de tirer 50% de ses revenus d’activités journalistiques (ce qui de fait amène les jeunes journalistes à exercer leur métier sans carte lors de leurs débuts).

La création d’un conseil de l’ordre des journalistes serait un recul indéniable de la liberté d’expression. Le magazine Marianne a rappelé avec justesse l’opposition formulée par le candidat Macron le 2 mai 2017 à une proposition similaire défendue par Marine Le Pen. Le président actuel s’exprimait en ces termes : 

« Je vois le projet, qui a été ébruité, d’un ordre des journalistes, qui est une pratique intéressante, que je vous recommande, mais moi depuis l’Italie des années 30, je n’avais pas vraiment croisé ça. »

Deux années passées, l’affaire Benalla ébruitée, le Gouvernement aux aguets semble chercher une porte de salut dans un contrôle de la presse. Cette presse qui a eu le mauvais goût de révéler l’affaire Benalla, de démasquer les mensonges de Christophe Castaner sur la prétendue attaque de l’APHP par des gilets jaunes, de relever les imprécisions et les contre-vérités que nous assènent régulièrement des ministres et des membres de la majorité parlementaires.

Nous ne pouvons pas faire confiance à un gouvernement qui ment si régulièrement aux français sur des faits graves pour lutter contre les Fake News. Nous ne pouvons pas faire confiance à ce pouvoir et ses soutiens pour organiser une profession dont la crédibilité repose sur un impératif d’indépendance. 

Un conseil de l’ordre des journalistes poserait plus de questions qu’il n’en résoudrait. Qui serait légitime pour y siéger ? Quel serait le mode de désignation de ses membres ? Quels seraient les contours de ses pouvoirs ? Il est surtout à craindre que ce conseil, s’il venait à voir le jour, tente d’imposer une vision de la presse légitime et « autorisée », ce qui serait bien évidemment contraire à notre tradition politique dans laquelle la caricature, la polémique et parfois l’outrance ont toute leur place. Il est aussi à craindre qu’un tel conseil tente d’infléchir la ligne éditoriale » de certains organes de presse restreignant ainsi l’indépendance de la presse et la liberté d’expression.

Nous dénonçons les pressions de l’exécutif et de ses soutiens contre la liberté d’expression, dont les contours sont déjà clairement définis par les lois sur la presse. Notre justice dispose déjà des moyens législatifs et réglementaires pour lutter contre la calomnie, la diffamation, l’injure, l’incitation à la haine. 

La Gauche Républicaine et Socialiste soutient les journalistes qui exercent leur métier dans le respect de la charte de déontologie de leur profession. Nous appelons les membres de la majorité à se ressaisir, et l’ensemble des républicains à se mobiliser pour la liberté de la presse contre toute forme de pression du pouvoir exécutif.

Élections municipales en Turquie : défaite symbolique pour Erdogan.

Pour la première fois depuis vingt-cinq ans, le Parti républicain du peuple (CHP), kémaliste, allié à cette occasion à la droite laïque du Bon parti (IYI), reprennent des couleurs dans les grandes villes. Lors des élections municipales la coalition a gagné dans la capitale politique Ankara, dans son fief historique d’Izmir et, à nouveau ce dimanche, à Istanbul malgré la remise en cause du premier scrutin par la Haute Commission Electorale suite à une requête du parti islamo-conservateur (AKP) d’Erdogan.

De même pour le Parti démocratique des peuples (HDP), historiquement lié à la cause kurde, qui a réussi à reconquérir des villes, comme Diyarbakir, dans lesquelles le gouvernement avait remplacé les maires élus par des administrateurs nommés par l’Etat.

S’il faut, en tant que social-républicains, se féliciter de ces résultats obtenus dans un contexte difficile pour l’opposition avec un temps de parole durant la campagne très inégalitaire, il est inadéquat de parler de défaite cuisante ou de gifle pour le pouvoir en place comme l’ont fait certains médias. L’AKP et ses alliés recueillent encore 51% des voix au plan national. Il tient la majorité des régions, contrôle assez de districts au sein des deux grandes villes du pays pour en perturber la gestion et reste la principale force politique du pays.

Néanmoins, il s’agit d’une défaite symbolique importante pour le régime et pour Erdogan qui fut maire d’Istanbul. Elle illustre une double déception.

Une déception économique d’abord, la Turquie connait une baisse de sa croissance sans précédent depuis une décennie avec une inflation dépassant les 20% par an et un taux de chômage atteignant les 13,5%. Avec cette crise et la fin de ses bons résultats économiques, l’AKP perd son principal argument face à ses opposants.

Une déception politique ensuite face au tournant encore plus autoritaire que prend le pouvoir depuis l’échec du coup d’Etat de 2016. Erdogan a tout fait durant cette campagne pour nationaliser ces élections locales en multipliant les meetings partout dans le pays. Cette stratégie de l’hyper personnalisation s’est retournée contre lui : la défaite de son ancien premier ministre à Istanbul en est aujourd’hui le point d’orgue.

Quelles conséquences peut-on donc espérer de ces résultats ?

La Turquie sort d’un long cycle électoral. Les prochaines élections ne sont prévues que pour 2023, cela peut laisser le temps à l’opposition de continuer et d’approfondir cette stratégie d’union, le CHP et le Bon Parti s’étant alliés et le HDP n’ayant pas investi de candidat à Istanbul et Ankara.

Si le régime n’arrive pas à résoudre la crise économique qui frappe le pays, ne remet pas en cause la conception d’inspiration néo-ottomane de la nation Turque qui l’isole sur la scène international, et si les partis d’opposition arrivent se mettre d’accord sur la question kurde, une nouvelle ère pourrait s’ouvrir pour une Turquie sociale, républicaine et laïque.

Madame Schiappa, encore un effort pour être féministe !

Dans une interview au Parisien le 23 juin, Marlène Schiappa déclare vouloir passer à l’action pour les femmes de chambre dans les hôtels. Cette prise de conscience des conditions de travail imposées à des salariées précaires est salutaire, elle reste néanmoins insuffisante eu égard aux enjeux.

Le président de la République Emmanuel Macron avait annoncé au début de son quinquennat vouloir faire de l’égalité femme-homme le chantier prioritaire de son mandat. Son action a pourtant eu l’effet opposé. 

Les ordonnances Pénicaud ont favorisé et encouragé le développement de la précarité. Cette précarité touche d’autant plus les services, et les services où la proportion de femmes parmi les salariés est élevée. La grande distribution reçoit chaque année des millions d’euros en CICE, et se voit encouragée à employer des salariées avec des statuts précaires, temps partiels subits et CDD en cascade.

Le gouvernement se montre sourd aux souffrances des personnels médicaux en lutte, préférant la réquisition de personnels grévistes ou en arrêt-maladie à la négociation. Dans le secteur des services à la personne et notamment dans l’aide aux personnes âgées, nombreuses sont les salariées à se voir imposer des cadences infernales, avec des déplacements multiples, pour des salaires dérisoires. Aucune mesure ne vient lutter contre les horaires fractionnés qu’imposent certains employeurs à leurs salariées, souvent peu diplômées, et ne bénéficiant souvent que d’une formation sommaire. 

Nous pourrions saluer la récente prise de conscience de Madame la Secrétaire d’État chargé(e) de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, mais ce serait faire abstraction du bilan du Gouvernement auquel elle appartient. Ce gouvernement a affaibli les droits et les protections des salariés, rendu complexe l’accès aux Prud’hommes diminuant d’autant les capacités d’actions contre les abus. Ce gouvernement favorise la précarité, les CDD, les temps partiels.

Marlène Schiappa et son gouvernement nous ont habitué à ce genre de déclarations contredites par les faits. Aucune réponse n’a par exemple été apportée aux associations luttant contre la pauvreté qui alertent sur les risques sanitaires pour les femmes les plus défavorisées privées d’accès aux protections hygiéniques du fait de leur coût trop élevés. Aucune réponse sérieuse n’a été apportée au recul du droit à l’avortement dans certains territoires, ce, alors même qu’infirmiers et sages-femmes sont qualifiés et compétents pour administrer la pilule abortive, revendication des sages-femmes depuis plusieurs années. 

La Gauche Républicaine et Socialiste dénonce le double discours du Gouvernement sur la défense des droits des femmes. Ces droits sont bien souvent sacrifiés sur l’autel des choix budgétaires contestables, baisse de l’impôt sur les sociétés, suppression de l’ISF, fermetures de lits et de services et suppressions de postes dans les hôpitaux publics, moyens insuffisants de contrôle de l’inspection du travail.

L’égalité femme-homme et la défense des droits des femmes méritent mieux que quelques déclarations fracassantes.

Etats-Unis / Iran : ne pas sous-estimer le risque de guerre

Les bruits de bottes retentissent de plus en plus fort au Moyen Orient : à peine un drone américain avait été abattu par l’armée Iranienne, celui-ci ayant, selon l’État-major Iranien, survolé le territoire sans autorisation, que nous apprenions qu’une attaque américaine contre différentes cibles stratégiques Iraniennes était annulée de la main de Donald Trump. A la place, celui-ci adressait une proposition de négociation, via Oman, aux dirigeants de la République Islamique. Ce matin même, deux jours après l’affaire du drone, l’échec d’une cyberattaque contre leurs réseaux de défense était annoncé par les autorités Iraniennes qui accusent les Américains, tendant un peu plus encore la situation. Donald Trump continue donc de souffler le chaud et le froid sur une région qui n’a plus connu la paix depuis 2003 et l’invasion de l’Irak par les Américains.

Cette stratégie de la carotte (la négociation) et du bâton (la menace d’une guerre) poursuit deux objectifs, national et international. 

Au plan national, il s’agit d’une part de donner un os à ronger aux farouches défenseurs de la guerre préventive dont le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John R. Bolton, est le principal porte-voix. D’autre part, cela offre, si ce n’est un motif de satisfaction, du moins une raison d’espérer aux contempteurs de l’engagement militaire tous azimuts qui militent pour un retrait des troupes américaines de la zone, conformément à la promesse du Président pendant la précédente campagne. Dernier bénéfice politique : installer Donald Trump dans le rôle de chef de guerre, rôle qu’il n’a jusqu’ici pas endossé, face à un Rogue state (« Etat voyou »), adversaire de longue date des États-Unis.

Au plan international, il s’agit d’accentuer la pression sur l’Iran après l’échec de la politique de sanctions qui avaient accompagné le retrait des États-Unis du traité de Vienne (traité dit « P5+1 » sur le nucléaire Iranien). Politique de la « pression maximale » visant à asphyxier l’économie Iranienne pour pousser la population à se révolter et in fine forcer le changement de régime. Cette technique de « siège » économique se révèle jusqu’à présent inefficace, poussant le régime Iranien à radicaliser ses positions anti-américaines alors même que le traité sur le nucléaire Iranien avait eu pour effet d’ouvrir économiquement le pays à l’Occident. Depuis, les entreprises européennes commerçant avec les États-Unis sont interdites de commercer avec l’Iran sous peine de sanctions. Effet de la désormais fameuse autant qu’inacceptable extra-territorialité des lois américaines, nos entreprises Françaises comme Renault et PSA ont dû plier bagage. 

La grande inconnue à l’heure actuelle demeure le rôle que la Russie est, ou non, prête à jouer pour empêcher son principal allié dans la région de se lancer dans un dangereux face-à-face avec les États-Unis.

Le silence des chancelleries occidentales nous alerte sur le degré de vassalisation de l’Europe vis-à-vis des États-Unis : face à un Président qui ne tient pas parole, d’un Etat prompt à déclencher inconsidérément une guerre dans un territoire déjà explosif, nous nous laissons imposer une politique belliqueuse qui nuit à nos intérêts. Nous refusons de remettre en cause notre appartenance à l’OTAN qui nous oblige pourtant à nous aligner sur la politique étrangère américaine. 

La France et plus largement l’Union Européenne doivent se rendre à cette douloureuse évidence : les intérêts américains et les intérêts européens ne sont pas superposables. Nous ne pouvons soutenir par un silence coupable une politique qui compromet le mince espoir d’un retour de la stabilité dans cette région clé, déjà ravagée par presque 20 ans de guerres ininterrompues.

Nous avons besoin de vous !

Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.