Hommage aux quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris

Quatre fonctionnaires de police sont tombés le jeudi 3 octobre 2019 pour la France, victimes du terrorisme islamiste. Cet odieux attentat contre nos forces de sûreté républicaine, commis par un agent radicalisé au cœur de la direction du renseignement de la préfecture de Police de Paris endeuille la Nation et appelle un hommage républicain en mémoire de ses morts.

La Gauche Républicaine et Socialiste rend hommage aux policiers morts pour la République dans le combat contre la menace djihadiste islamiste. Ce combat sans relâche contre nos ennemis mortels doit conduire à un sursaut de toutes les forces du pays, dans toute la société. Il appelle aussi de la part du président de la République comme du gouvernement une politique ferme et résolue dans le traitement des racines et des auteurs, soutiens et commanditaires du terrorisme. 

Usine Seveso de Rouen : vérité et protection après l’incendie

Après une communication parcellaire et défaillante il est désormais urgent que les services de l’Etat et le Gouvernement fassent toute la lumière sur la situation liée à l’incendie de l’entreprise Lubrizol du site Seveso de Rouen. Les autorités doivent mettre en œuvre pleinement le principe de précaution, tant pour la santé de nos concitoyens que pour la préservation environnement. 

Nos concitoyens doivent dans de telles circonstances être non seulement immédiatement informés mais aussi associés au suivi et aux expertises indépendantes qui doivent être engagées en plus de celles des administrations compétentes. Il est important que les salariés et leurs organisations syndicales soient mieux associés aux décisions concernant la sécurité et l’application des règles protectrices dans les sites SEVESO tant pour ceux qui travaillent dans l’entreprise que pour les habitants concernés. 

Rien ne doit être caché, rien ne doit être négligé 

Les graves événements de ce type doivent par ailleurs servir de leçon pour améliorer la prévention et la gestion des risques, cela passe par un meilleur partage de l’information. La Gauche Républicaine et Socialiste exercera sa plus grande vigilance sur les suites données aux demandes légitimes des citoyens en matière de transparence et de protection de la santé publique.

 

Hommage au Président Chirac

Le Président Jacques Chirac est mort ce matin. C’est avec émotion que nous avons appris la disparition de celui qui a exercé la plus haute responsabilité dans notre pays pendant 12 ans.

En dépit de nos divergences idéologiques, de nos désaccords sur les questions sociales et la politique économique, nous saluons la mémoire de l’homme d’Etat ainsi que de l’authentique Républicain qu’il fut. Il laisse dans l’esprit de nos concitoyens le souvenir d’un homme affable dont la proximité et le contact direct avec les Français auront imprégné et marqué 40 ans de vie politique.

Nous lui savons gré d’avoir refusé d’engager la France dans une aventure militaire désastreuse en Irak en 2003. Cette décision restera le sommet politique de ses deux mandats, réaffirmant l’indépendance stratégique de la France dans la droite ligne de la tradition Gaulliste. 

Dernier Président à avoir connu une cohabitation, il aura respecté les institutions de la Ve République durant cette période et laissé son Premier ministre gouverner.

Il fut également le dernier Président à avoir organisé un référendum, sur le projet de constitution européenne, décision capitale pour la souveraineté de la France. Il aura respecté jusqu’au bout et sans hésiter la décision des Français de refuser la constitution européenne. 

Nous retiendrons enfin cette phrase, qui raisonne cruellement aujourd’hui, prononcée lors du sommet de la terre de Johannesburg en 2002 : « notre maison brûle, et nous regardons ailleurs. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. »

La Gauche Républicaine et Socialiste présente en ce jour ses plus vives condoléances à sa famille et à ses proches et s’associe au deuil national.

La folie de la privatisation d’EDF !

C’est un véritable bras de fer pour les syndicats du groupe EDF qui commence aujourd’hui avec la Commission Européenne et le Gouvernement pour défendre le caractère public et d’intérêt national, non désintégré et non privatisable d’EDF.

Qui pourrait croire que la Commission Européenne et le Gouvernement Français marcheraient main dans la main pour démanteler le groupe EDF, monopole d’Etat assurant la production et la distribution d’électricité à nos concitoyens à un tarif unique et encadré ?

Cette situation ubuesque est pourtant symptomatique de la gestion du groupe EDF depuis plusieurs années par l’Etat. Aucune feuille de route, des choix industriels contestables voire désastreux, un démantèlement progressif de l’entreprise : tout a été fait pour préparer la privatisation du groupe. Ne manquait plus qu’à tronçonner les activités du groupe pour en faire des « paquets » privatisables les uns après les autres.

C’est exactement ce à quoi s’est attelé le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, qui dirige EDF depuis 2014 avec l’appui indéfectible … d’Emmanuel Macron. Rappelons à toute fin utile que c’est ce même duo infernal qui en 2016 a défendu bec et ongle, contre l’avis à l’époque des syndicats de l’entreprise, de Matignon et de la quasi majorité des députés de la commission des affaires économiques de l’Assemblée, le projet EPR d’Hinkley Point. Un projet fou à 20 milliards d’euros pour une génération de réacteurs encore jamais mis en service (Flamanville et Olkiluoto accumulant les retards). A cette même époque EDF, faisant face à des difficultés financières liées au montant de sa dette (actuellement 37 milliards €), cherchait à dégager des marges financières pour son plan « grand carénage » (maintenance des centrales) estimé à 51 milliards € sur la période 2014-2025. Thomas Pikemal, alors directeur financier d’EDF avait à cette occasion claqué la porte en faisant grand bruit pour protester contre une décision inconsciente.

Depuis le mois de juin le Jean-Bernard Lévy présente en interne un projet baptisé « Hercule », préparé en concertation / supervision par l’Elysée et le Gouvernement. Il vise une séparation des activités du groupe EDF entre production et distribution afin de se conformer aux exigences de libéralisation et privatisation de la commission de Bruxelles. Ces exigences, en elles-mêmes contestables, confinent à l’absurde dès lors qu’il s’agit de marché de réseaux (énergie et transport notamment).

L’objectif semble être une privatisation des bénéfices commerciaux et une nationalisation des pertes liées à l’endettement inhérent à l’effort de production comme le soulignent plusieurs observateurs du secteur énergétique français. Peu ou prou la logique est toujours la même, l’Etat absorbe les pertes et les dettes, conserve les actifs les moins côtés et revend à vil prix les actifs les plus profitables à des entreprises privées. 

La Gauche Républicaine et Socialiste s’insurge contre cette nouvelle folie préparant le démantèlement et la vente au privé d’un groupe stratégique, un outil à la main de l’Etat et au service de nos concitoyens, une fierté nationale qui permet à tous de bénéficier d’une électricité abordable et distribuée dans tout le pays.

Au contraire c’est à la création d’un véritable pôle public de l’énergie à la fois instrument stratégique de notre souveraineté nationale et service public indispensable à tous les français que nous devons procéder !

La GRS soutient les mobilisations contre la réforme Macron des retraites

Suite aux annonces du Gouvernement sur la réforme de notre système de retraites la GRS appelle ses militants et sympathisants à participer massivement aux grèves et manifestations qui auront lieu le Samedi 21 et mardi 24 septembre à l’appel des organisations syndicales FO et CGT.

Le calendrier de la réforme est volontairement flou et allongé dans la durée. Le vote de la loi repoussé après les municipales, ne doit pas faire illusion : le gouvernement prépare une terrible régression sociale à l’encontre de millions de travailleurs et retraités en cassant le système de répartition solidaire à prestation définie pour le remplacer par un système individualisé qui conduira à un renforcement des inégalités entre catégories socio-professionnelles et à une baisse massive pour tous des pensions de retraite. La situation financière de nos régimes de retraite actuellement stabilisée ne justifie en rien ces attaques menées en concertation avec la frange la plus dure des libéraux et du patronat.

Contre l’allongement de la durée de cotisation et contre le système par points inégalitaire nous défendons le système de répartition à prestations définies et l’âge de départ à 60 ans. La réforme doit porter sur l’assiette du financement en augmentant les cotisations patronales et la fiscalité sur les super profits des multinationales. La GRS sera dans les manifestations syndicales pour un rapport de forces en faveur de la justice sociale et du monde du travail.

Pour une agriculture plus respectueuse du vivant

Retrouvez ci-dessous le texte fondateur du pôle thématique agriculture de la Gauche Républicaine et Socialiste

L’agriculture s’inscrit dans une évolution de la société et des choix politiques. L’ordre actuel du monde entraîne l’humanité sur une voie dangereuse, car il pervertit les bases même de la politique, qui sont de définir des orientations d’intérêt général.

Tout concourt – dans la mondialisation financière – pour ne pas tenir compte du parti du vivant. C’est l’inverse qu’il faut faire. Il faut changer l’ordre du monde, prendre le parti du vivant, mettre sous contrôle les puissances économiques et financières, en faisant en sorte que la société soit plus sobre, plus harmonieuse et mieux intégrée dans son environnement.

Changer l’ordre du monde en agriculture, c’est engager une transformation profonde du mode de production actuel, trop soumis à la pression des marchés mondiaux, trop tourné vers des objectifs de productivité du travail et de rentabilité du capital.

Livrer l’agriculture au libre-échange mondial et au marché, c’est la mettre dans la main des entreprises multinationales et de la grande distribution. Le revenu des agriculteurs et leur santé ainsi que celle des consommateurs, la pérennité des terres agricoles, sont autant de problèmes qui semblent de plus en plus insolubles. 

Depuis le traité de Rome, en 1957, et les accords européens créant la Politique Agricole Commune (PAC) au début des années 1960, l’agriculture française est placée sous gestion européenne. Elle en a bénéficié, ainsi que l’industrie en amont et en aval, mais la PAC se réduit aujourd’hui à des mécanismes, ce n’est plus une politique, en dehors de servir les intérêts des firmes multinationales.

Les objectifs initiaux du traité de Rome ont été perdus de vue. Les responsables des Etats se sont privé volontairement des outils de régulation des productions agricoles, de manière à satisfaire l’idéologie libérale des dirigeants institutionnels européens. C’est ainsi que l’agriculture a été livrée au libre-échange et au marché mondial sans protection, avec l’objectif premier de conquérir des parts de marché à l’export, face à la concurrence des marchés américains. 

Les conséquences ont été, notamment :

– la concentration excessive des moyens de production et des fermes,

– la recherche d’une productivité toujours plus grande, délaissant les principes de base de l’agronomie, utilisant à l’excès les produits chimiques,

– la tendance généralisée à la baisse et à la variation des revenus agricoles, entraînant de trop nombreuses cessations d’activité et suicides d’agriculteurs,

– la dégradation de la capacité de production des sols,

– les risques croissants pour la santé des producteurs et des consommateurs. 

Ce constat rassemble les différents courants politiques de gauche mais c’est au niveau des moyens à prendre qu’il faudra approfondir les réflexions et les discussions.                                     

Nous affirmons, dans le texte d’orientation de la Gauche Républicaine et Socialiste, intitulé « La grande bifurcation », qu’il faut « engager la révolution agricole », en sachant que cela ne concerne pas que l’agriculture, mais aussi les politiques liées à l’alimentation, à la santé, à l’environnement, à la ruralité. 

La révolution agricole nécessite de mobiliser l’ensemble des citoyens, concernés en tant que consommateurs de produits alimentaires et au niveau de leur santé. Elle exige une cohérence globale, intégrant les modifications climatiques, le mode de production agricole et la réorientation des aides européennes.

La révolution agricole conduit à respecter le principe de la souveraineté alimentaire au niveau le plus approprié, par pays ou par groupe de pays, ou les deux à la fois, la question alimentaire et l’agriculture étant traitées aux deux niveaux, de l’Union européenne et des Etats. 

La politique agricole est organiquement liée à la politique alimentaire :

– Les consommateurs doivent avoir confiance dans les produits alimentaires.

– Les agriculteurs doivent avoir des revenus suffisants pour produire dans des conditions satisfaisantes (qualité, environnement).

Il faut donc tirer vers le haut à la fois la qualité de l’alimentation et la qualité des revenus agricoles :

– Tenir compte de ce qu’attendent les consommateurs.

– Réguler l’offre de produits alimentaires aux niveaux national et européen. 

L’assiette du consommateur doit être de meilleure qualité, pas seulement de produits issus de l’agriculture biologique. Il faut une politique publique d’offre alimentaire, sachant que les liens entre aliments et maladies sont très importants (cancers, maladies cardio-vasculaires, notamment). Les aliments ultra-transformés, avec additifs et conservateurs alimentaires, ont des effets sur la santé.

Et il faut agir sur la demande alimentaire :

– informer le consommateur, encadrer la publicité,

– agir sur les conditions de la production agricole,

– faire en sorte que l’Etat ait des moyens de contrôle suffisants.

La question alimentaire a un lien direct avec les conditions sociales (précarité et obésité, mal bouffe). C’est pourquoi il faut une politique agricole et alimentaire, à la fois cohérente et volontariste.

Sur ces bases, il est certainement possible de nouer des accords au sein de la gauche. L’agriculture pourrait être le fer de lance du rapprochement nécessaire des forces de gauche lors des prochaines échéances électorales qui suivront les élections européennes.

G7 de Biarritz : des bravades, mais pas d’acte fort !

Le sommet du G7, réunissant sept des pays parmi les plus riches de la planète, s’achève ce lundi après plusieurs jours de coup d’éclats et de coups de communication bien huilés depuis l’Élysée. Un premier bilan politique s’impose et il est loin d’être reluisant en regard des objectifs affichés pour une réunion sous l’égide de la France cette année.

Le président de la République a commencé le G7 sur un air tonitruant par un accrochage en direct avec le président du Brésil, Jair Bolsonaro, suite aux tragiques incendies en Amazonie. Nous actons à cette occasion la décision bienvenue mais néanmoins opportuniste d’Emmanuel Macron de refuser le traité de libre-échange dit « Mercosur », qu’il a pourtant signé en juin 2019, avec les pays d’Amérique du sud dont le Brésil. Pourtant cette annonce cache mal l’absence d’engagements concrets pour la défense de l’environnement ni le bilan écologiquement déplorable des autres traités de libre échanges acceptés par Emmanuel Macron, notamment avec le Canada présent au G7.  

Ces bravades sur l’Amazonie, s’ajoutant à celles au sujet du nucléaire Iranien, ont occulté le fait que le G7 devait initialement être dédié à la lutte contre les inégalités dans le monde. Sur ce thème, rien de substantiel n’a été décidé par les membres du G7.

La lutte contre l’évasion fiscale pratiquée par les GAFAM enregistre au contraire de nouveaux reculs après la proposition de Bruno Le Maire de retirer la fameuse « taxe GAFAM » pourtant votée récemment par les députés à l’Assemblée Nationale.

Emmanuel Macron a multiplié les déclarations et les postures lors de ce G7 sans apporter de résultats probants et sans convaincre ses homologues, ni les peuples concernés. Comment pourrait-il en être autrement ? Les réformes néolibérales depuis le début de son mandat s’inscrivent précisément dans le système économique capitaliste qu’il fait mine de combattre au niveau international. 

L’urgence sociale, écologique et démocratique commande plutôt de mettre en œuvre un réel multilatéralisme qui fasse la part belle aux coopérations entre pays du Nord et du Sud et aux organisations plus ouvertes aux grandes puissances émergées. De ce point de vue la réussite populaire du contre-sommet du G7 est un premier signe positif de la capacité de résistance et de propositions alternatives des mouvements sociaux.

Boris Johnson premier ministre : un Brexiter à l’épreuve du feu !

Depuis le 24 juillet, le débonnaire et fantasque Boris Johnson est désormais Premier ministre du Royaume-Uni. Le député conservateur a été un ardent promoteur du « vote leave » lors de la campagne du référendum de 2016. Utilisant avec habileté la rhétorique du « take back control » (« reprenez le contrôle ») dans un pays miné par les inégalités sociales et économiques, se tenant bien souvent à la limite de la « fake news »[1], ses détracteurs l’accusent en sus d’être homophobe, raciste et sexiste. Nul hasard s’il a été nommé le candidat « marmite » du nom de cette pâte à tartiner bien anglaise que l’on ne peut qu’adorer … ou détester.

Au-delà de ses frasques Boris Johnson agit depuis 2016 en fin stratège. Après avoir été le plus bruyant des conservateurs sur le thème du « leave », il se déclare hors course pour le poste de Premier ministre à la démission de David Cameron et laisse Theresa May se briser la nuque sur des négociations impossibles avec la Commission et le Conseil Européen. Il n’hésite pas ensuite à dénoncer l’accord trouvé par May, qu’il considère comme une trahison du Brexit, joue de l’« affection » que lui porte Trump pour humilier May lorsque le Président Américain est en visite à Londres, et ne cesse de plaider pour un hard-Brexit, un Brexit sans accord. Cet éternel opposant chez les Tories consolide ses troupes, attend son heure et, avant même la démission de May, son nom est déjà sur toutes les lèvres pour lui succéder. 

Mais voilà que celui que l’on surnomme BoJo, ce pur produit de l’élite Anglaise (diplômé de grec ancien, passé par Eton et Oxford, ancien maire de Londres) fait l’épreuve du feu à peine nommé. Lors du discours suivant sa nomination au poste de Premier ministre, exclusivement dédié au Brexit, il réaffirme sa volonté d’honorer la parole donnée au peuple de respecter le choix des urnes et de sortir de l’UE au 31 octobre, avec ou sans accord. Johnson espère pouvoir rouvrir des négociations avec l’UE en jouant à fond la carte de la sortie « sèche » que Theresa May n’avait jamais fait que brandir comme un joker dans ses discussions avec les 27. Pourtant derrière cette volonté affichée de respecter la souveraineté populaire, trois dangers le guettent : 

·      Les difficultés économiques qu’un hard Brexit ne manquerait pas de provoquer au Royaume-Uni. Si les bourses Européennes ont accueilli sans émotion sa nomination (attendue), la city reste sur le qui-vive et les banques, assurances et fonds d’investissement prêts à délocaliser leurs activités. Par ailleurs le rétablissement des droits de douanes avec les 27 (suivant les règles génériques de l’OMC) impacterait la compétitivité de l’économie Britannique à l’export et renchérirait le coût de ses importations. Une dévaluation compétitive pourrait alors intervenir pour récupérer des marges à l’export. Une période de turbulences économiques s’ouvrirait pour le Royaume.

·      Les velléités indépendantistes Ecossaises qui se trouvent renforcées. Après l’échec cuisant du référendum de 2014 (près de 56% favorable au maintien dans le Royaume), Nicolas Sturgeon, Première ministre d’Ecosse voit dans le risque d’un hard Brexit l’occasion d’imposer un second référendum sur l’indépendance, sur cette terre où le « non » à la sortie de l’UE a recueilli 62% des suffrages en 2016. Boris Johnson, en visite dans les trois autres nations qui composent le Royaume-Uni, a pu mesurer en Ecosse son déficit de popularité : l’Anglais issu de l’establishment Tories a été accueilli par les sifflets et, après son entrevue avec Sturgeon, a dû s’éclipser par une porte dérobée. 

·      Le cas explosif de l’Irlande. Dès les premières discussions en 2016 le cas Irlandais est apparu comme l’épine dans la botte des négociateurs britanniques et européens. Le risque d’un rétablissement de la frontière entre l’Irlande du Nord (Ulster) et l’Irlande (Eire) est de nature à enflammer l’Irlande du nord, ravivant la menace d’un affrontement entre unionistes (majoritairement protestants) et séparatistes (majoritairement catholiques) moins de quinze ans après la dissolution officielle de l’IRA. Un conflit qu’alimenterait la mauvaise entente depuis 2017 entre les responsables politiques du DUP (le parti Unioniste démocrate, loyalistes, favorable au maintien de l’Irlande du Nord au sein du Royaume et favorable au Brexit) mis en cause dans plusieurs affaires de corruption et ceux du Sin Féin (parti républicain, « nationaliste » et de gauche, défavorable au Brexit) qui ont par conséquent fait exploser le gouvernement d’union de la province d’Irlande du Nord. Dernière donnée de cette délicate équation politique : les Tories ont besoin des députés du DUP pour conserver leur majorité à Westminster, compliquant ainsi les arbitrages en Irlande du Nord. L’ombre des « troubles » continue ainsi de planer sur ces négociations tendues.

Le respect de la souveraineté populaire exprimée dans les urnes est la condition de la démocratie, et il faut faire crédit à Boris Johnson d’avoir su le rappeler avec vigueur. Mais le Brexit fait courir un risque économique à toute l’Europe et menace l’unité même du Royaume. Gageons que les dirigeants européens et la Commission Européenne ne souffleront pas sur les braises de l’instabilité comme l’a fait Emmanuel Macron dans les mois précédents le report de la date du Brexit.

Qu’ils soient ou non membres de l’UE, nous sommes liés aux Britanniques par le poids de l’histoire, nous siégeons ensemble au Conseil de sécurité de l’ONU en vertu même de cette histoire. Un affaiblissement du Royaume-Uni ne profiterait à personne ; cessons alors de prétendre les « châtier » pour leur vote, comme le veulent les libéraux prêts à accueillir l’Ecosse pour affaiblir le Royaume. Les Britanniques ont fait le choix de quitter l’Union Européenne et l’on peut s’en désoler, mais ils ne quittent pas l’Europe !

Pour aller plus loin sur les conséquences économiques du Brexit, retrouvez le dossier réalisé par Emmanuel Maurel à ce sujet en cliquant ici


[1] Sur la Turquie par exemple, dont il prétendu durant la campagne que des négociations étaient en cours pour son entrée dans l’UE.

Greta Thunberg, CETA : le climato-cynisme des macronistes

Greta Thunberg était aujourd’hui reçue à l’Assemblée nationale. Après une courte allocution et une séance de questions-réponses, elle était invitée à assister aux questions d’actualité dans la tribune d’honneur de l’hémicycle.

Si nous sommes au diapason avec la jeune activiste et militante écologiste lorsqu’il s’agit d’alerter sur l’urgence écologique, il est du devoir des responsables politiques de conserver une distance critique.

Bien sûr, pour une certaine frange conservatrice des LR, l’occasion était trop belle de dénoncer « un pur objet de communication et d’instrumentalisation du débat politique »[1] ou un « gourou apocalyptique »[2].

Ces mêmes responsables politiques de droite, qui réclament l’audition de scientifiques et boycottent Thunberg, sont atteints de surdité aigüe lorsque le GIEC publie un rapport. Cette bronca à coup de tweets assassins cache ainsi très mal leur climato-cynisme.

Au-delà des provocations et des postures, le véritable enjeu est celui du CETA. Le jour même où Greta Thunberg était reçue à l’Assemblée nationale, les députés s’apprêtaient à voter pour le traité de libre-échange avec le Canada. Un traité qui va augmenter mécaniquement, par l’effet du transport de marchandises, les émissions de gaz à effet de serre. Un traité aux répercussions écologiques néfastes puisque des marchandises fabriquées avec du pétrole de schiste canadien pourront être importées ainsi que des produits agricoles utilisant des pesticides interdits en France (tel l’atrazine). 

Interrogée au sujet du CETA lors de la conférence de presse ayant suivi son allocution, Greta Thunberg a refusé de se positionner indiquant qu’elle n’avait aucune opinion à ce sujet[3]. Cela a d’ailleurs permis à Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, de clamer lors des questions d’actualité « Oui à Greta, oui au CETA ! »

De ce paradoxe on peut tirer deux enseignements : d’une part qu’En Marche et le Gouvernement ont fait une nouvelle démonstration de leur cynisme en matière écologique en invitant Greta Thunberg le jour même de la ratification du CETA. D’autre part que le militantisme écologique finalement très consensuel pratiqué par Greta Thunberg butte sur un obstacle : le fait politique. Le combat contre le dérèglement climatique est un combat politique qui implique d’assumer des positions tranchées. Si la jeunesse et les militants écologiques dans leur ensemble se bornent à traiter l’urgence écologique comme un enjeu infra ou supra-politique, leurs discours se perdront dans l’écho comme un prêche dans le désert et la cause écologique restera vaine. La GRS soutient tous les militants de conviction qui assument de rompre avec le dogme du libre-échange et ses conséquences écologiques désastreuses.

 

[1] Déclaration de Julien Aubert sur BFMTV mardi 23 juillet

[2] Déclaration de Guillaume Larrivé sur twitter samedi 20 juillet

[3] Déclaration de Greta Thunberg lors de la conférence de presse ayant suivi son audition à l’Assemblée nationale mardi 23 juillet

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