communiqué de presse de la Gauche Républicaine et Socialiste – dimanche 20 septembre 2026, 20h50
La Remontada de Manuela Schwesig (SPD) a évité le pire mais ne parvient pas à freiner l’AFD en Mecklembourg-Poméranie occidentale. La victoire de Elif Eralp (Linke) à Berlin sur le logement et la vie chère montre la voie.
Aujourd’hui 20 septembre 2026, deux régions votaient en Allemagne, après le choc des élections du 6 septembre en Saxe Anhalt.
Rappelons le contexte : la coalition gouvernementale Droite (CDU-CSU) et SPD est impopulaire. Le chancelier Merz bat tous les records historiques d’impopularité. La coalition n’a plus dans les sondages que le soutien de 30% des votants.
L’extrême droite AFD s’est établie comme premier parti d’Allemagne à 28% dans les sondages nationaux.
En Saxe Anhalt, elle a atteint 43% le 6 septembre dernier et manqué de 3 sièges seulement la majorité absolue au parlement régional.
Suite à ce choc, les voix tant à droite qu’à gauche se sont multipliées pour exiger un changement des directions des deux partis. Merz pourrait perdre son poste.
Au Mecklembourg Poméranie occidentale, la présidente du Land s’appuyait sur un bilan correct de sa coalition avec les Linke et une forte popularité personnelle. Donnée pourtant à 8 points de retard au printemps dernier, elle a construit sa remontée à 36% sur son nom comme rempart à l’AFD, et une politique centrée sur les enjeux matériels : logement, vie chère, sécurité des personnes. Le candidat local de l’AFD, contrairement à Sigmund en Saxe-Anhalt, n’a jamais émergé. Son score à 38% est ainsi le témoignage de la profondeur d’une colère et d’un divorce de classes sociales entières en Allemagne d’avec la démocratie sociale.
Cette polarisation a coûté beaucoup à la CDU, qui devrait disparaitre d’un parlement régional pour la première fois depuis 1949, aux verts, et affaibli les Linke (6,5%).
À Berlin, la coalition CDU-SPD a été affaiblie par de nombreux scandales. Le maire sortant a dû renoncer à se représenter et le candidat SPD est mis en cause dans une affaire de financement illégal.
L’AFD a un temps causé la surprise dans la capitale, région la plus à gauche d’Allemagne, en étant en tête des sondages.
Mais depuis, les Linke, avec une campagne centrée sur le coût du logement, la recommunalisation de l’habitat, et la lutte contre la vie chère, est repassée en tête.
Elif Eralp, la candidate des Linke, est comparée à Mamdani à New York. Avec 26%, elle arrive ainsi largement en tête.
Les Verts à 15% semblent en mesure de depasser l’AFD (13,5%), récupérant une partie de l’électorat déçu par le SPD (12%).
La CDU donne l’illusion d’avoir résisté à 20% et pourrait espérer garder la mairie en coalition avec les verts et le SPD. Ces deux partis cependant commettraient selon nous un suicide politique en refusant une coalition avec les Linke, et en reconduisant peu ou prou une coalition discréditée.
Les résultats confirment deux réalités politiques que nous décrivons depuis des années :
- La personnalisation seule ne permet pas de compenser des déséquilibres structurels profonds et des crises sociales laissées sans réponses depuis une décennie.
Manuela Schwesig a échoué. Elle a certes obtenu un vote utile affaiblissant ses potentiels alliés à gauche, mais cela ne suffit pas pour battre l’extrême droite. Le SPD est comptable des profondes crises du modèle social allemand et du divorce des classes populaires. Pour s’opposer, il faut des contenus radicalement différents. - Les Linke berlinois n’ont pas joué la popularité personnelle de Elif Eralp, relativement inconnue, et réalisent pourtant un score bien supérieur aux sondages. La campagne concentrée sur le logement, la vie chère, a convaincu 26% des Berlinois. Les Linke n’ont pas mis en avant la guerre culturelle, les enjeux communautaires, mais les enjeux matériels. Elif Eralp le dit ce soir « nous allons bâtir un Berlin meilleur, que l’on peut se payer ! »
- C’est la recette pour battre l’extrême droite. Les enjeux sont d’abord matériels.
La Gauche Républicaine et Socialiste a conscience de l’ampleur des transformations à mener pour rétablir la promesse de la République Sociale, seule à même de nous protéger des guerres civiles et de l’appauvrissement. Elle appelle toute la gauche, en France et en Europe à se mobiliser enfin.
Le chancelier Merz refuse ce soir dans un discours surprise de démissionner. Le fait qu’il ressente le besoin de prononcer un tel discours en ce sens est déjà le signe que ses jours à la Chancellerie sont comptés.
La facture de dix ans de paradigmes fallacieux, de mercantilisme socialement injuste et violent, est présentée aux deux anciens partis de masse, CDU/CSU et SPD.
Nous restons convaincus que le choix est encore possible entre un tournant social et humaniste, ou la bascule autoritaire. Nous devons prendre les bonnes décisions pour éviter cette dernière.




