Face à la violence, Tous aux urnes !

Alors que se préparaient et s’organisaient diverses manifestations pour la journée internationale du droit des femmes, issue de l’histoire des luttes féministes pour le droit de vote, le droit au travail et la fin des discriminations au travail, et qui cette année, s’inscrit dans un mouvement mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, l’état a répondu, par l’intermédiaire du préfet Lallement, d’une manière illustrant la constance et la détermination de l’idée que se fait ce gouvernement du dialogue social.

Le site d’investigations en ligne Mediapart a publié une longue enquête samedi dans la journée -quelques heures avant la manif féministe nocturne- avec pour objet les pratiques “illégales” de Didier Lallement. 

Dans des notes de septembre 2019 que le média a pu consulter ,de hauts responsables de la gendarmerie en charge du maintien de l’ordre à Paris jugent les pratiques prônées par le haut fonctionnaire invitant ses troupes à “impacter” les manifestants, “légalement douteuses et aux conséquences politiques potentiellement néfastes.”

Ces pratiques, en cours depuis le début des manifestations des gilets jaunes, ne sont pas à mettre sous le coup d’un éventuel dérapage. La constance et l’utilisation systématique (gilets jaunes, cortèges syndicaux, manifestations féministes,…) de la violence et de la répression sont à mettre en parallèle avec le traitement des oppositions politiques.

Depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont systématiquement et mécaniquement rejeté tout ce qui vient d’ailleurs. Sans entendre, sans écouter, sans analyser, sans tenter de comprendre. Un des derniers faits d’arme des pantins tristes de la majorité est ce refus d’allongement du congé parental de 5 à 12 jours pour la perte d’un enfant. La justification donnée par le gouvernement qui déclare par l’intermédiaire de la députée LREM Sereine Mauborgne : « quand on s’achète de la générosité à peu de frais sur le dos d’une entreprise, c’est quand même un peu facile”,avant la tentative de rattrapage du chef de l’État ,donne tout son sens à la politique menée.

Pendant l’examen du texte de loi sur la réforme des retraites, tout a été utilisé pour empêcher le débat au sein de l’assemblée nationale, des réductions de temps de parole, aux intimidations et insultes des députés LREM, jusqu’à cet ultime aveu de faiblesse qu’est l’utilisation de l’article 49 alinéa 3 de la constitution.

En rapprochant les méthodes employées pour faire taire et réprimer l’opinion publique dans son usage populaire et légitime du droit de manifester, le refus d’écouter et le muselage systématique de la représentation nationale et la musique lancinante des éditorialistes aux ordres d’un pouvoir contesté par la quasi totalité du corps social de ce pays, on ne peut que constater la dérive autoritaire d’une petite classe de possédants.

L’organisation conjointe des forces de la rue et des forces politiques de gauche, sans ambiguïté ni complaisance vis a vis du pouvoir macronien, devient jour après jour la seule réponse possible pour obtenir une alternance et porter un grand projet alternatif pour notre nation.

A l’occasion de ces élections municipales, même si l’attente des électeurs est locale, nous devons porter un coup, ouvrir une brèche dans cette dangereuse mise en place de la pensée unique au profit du grand capital.

La gauche Républicaine et Socialiste appelle à voter et à soutenir les listes d’union de la gauche qui portent cet idéal et qui seront en mesure de rompre la dynamique funeste d’un faux match qui opposerait LREM et le RN, dont nous sortirons tous perdants.