Budget Bayrou 2026 : fonctionnaires sacrifiés, la fausse solution

Au lendemain de la fête nationale et de la clôture de la session d’un Parlement où ses partisans sont minoritaires, François Bayrou a dévoilé son « plan » pour réduire la dette.

Alors que les profits générés par les grandes entreprises n’ont jamais été aussi élevés, que les entreprises pratiquent le « cumcum » sans honte (voir notre article1), le locataire de Matignon a sorti les recettes de grand-mère qui n’ont jamais produit le moindre effet : le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois, reprise à peine atténuée de la vieille formule de Nicolas Sarkozy, avec la réforme générale de la fonction publique (RGPP), déjà recyclée par François Hollande. Depuis 20 ans, les fonctionnaires seraient trop nombreux et coûteraient trop chers, tandis que leurs missions n’ont jamais été aussi nombreuses et cruciales (réindustrialisation, défense, transition énergétique…).

Le rapport de la commission d’enquête du Sénat remis la semaine dernière par Fabien Gay nous confirme que 211 milliards d’euros sont versés aux entreprises sans réel contrôle mais le premier réflexe du gouvernement Bayrou est de diminuer le nombre d’agents publics.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets : la diminution des recettes et l’augmentation des dépenses fiscales crééent un déficit de plus en plus grand, augmentant mécaniquement le poids de la dette et des intérêts. Réduire année après année les moyens donnés aux agents publics pour effectuer correctement leurs missions ne leur permettra pas de gagner en efficacité, bien au contraire.

Une fonction publique méprisée

Depuis plusieurs années, la fonction publique rencontre une crise d’attractivité. Alors que les études tendent à monter que les travailleurs cherchent un sens à leur emploi, ils se détournent paradoxalement de la fonction publique, pourtant riche de sens. Travailler pour l’intérêt général et améliorer le quotidien de ses concitoyens devrait être un puissant levier d’attractivité. C’est pourquoi le rapport publié le 9 décembre 2024 par France Stratégie2 appelle ainsi à une valorisation de la fonction publique dans les discours, une meilleure communication autour de ses atouts et des préjugés qui l’entoure et, enfin, une reconnaissance salariale. François Bayrou, ex-Haut-Commissaire au Plan (dont on peine à trouver le bilan), fait tout le contraire avec le projet de budget 2026.

Le Premier ministre actuel, constant dans l’incohérence, veut donc augmenter la charge de travail pour les agents publics qui continueront de travailler, alors que les services sont aujourd’hui réduits à l’os. Par ailleurs, réduire le nombre de fonctionnaires contribuerait à déséquilibrer le régime de retraite de la fonction publique en baissant une nouvelle fois le nombre d’actifs par rapport au nombre de retraités. Les mêmes viendront ensuite s’étonner du déficit des retraites et proposeront encore d’augmenter la durée de cotisation. Double peine pour les agents : des conditions de travail détériorées pendant plus longtemps !

Un autre rapport, rédigé par Le Sens du service public et la Fondation Jean-Jaurès3 indique que l’Intelligence Artificielle ne doit pas permettre une réduction des effectifs mais bien un rapprochement des services publics avec les usagers. En procédant au nom remplacement d’un fonctionnaire sur trois, le gouvernement Bayrou provoquera immanquablement un nouvel éloignement de la puissance publique comme lors de la précédente phase de dématérialisation.

Et concrètement, il propose quoi ?

Mais une question essentielle se pose : tous les services publics sont-ils concernés ? Le président a annoncé une augmentation du budget de la défense, il est donc peu probable que les fonctionnaires du ministère des Armées soit concerné. La Justice ? Le ministère de l’Intérieur ? Ces ministères bénéficient également d’une protection politique. L’éducation nationale (alors que tous s’accordent à dire qu’ils devrait être prioritaire) ? La santé, appelée à faire un effort d’économie de 5 milliards d’euros dans ce projet de budget ? Les collectivités locales à qui l’on confie toujours plus de tâches tout en limitant les financements ? François Bayrou procède donc à une restructuration des missions de l’État et de la puissance publique sans avoir le courage politique de l’assumer !

Les fonctionnaires rêvent de pouvoir mener leurs missions correctement et dignement. Ce n’est pas en réduisant continuellement leurs moyens, en les privant de perspectives d’amélioration de leurs conditions de travail et en multipliant les injonctions contradictoires que la puissance publique se redressera.

Plus que jamais, la France a besoin d’agents publics engagés dans leurs missions. Plus que jamais les service de l’État et de la puissance publique ont besoin d’un cap pour œuvrer dans le sens de la cohésion sociale et nationale.

Joffrey Robécourt

  1. https://g-r-s.fr/qui-paye-qui-pour-maintenir-limpunite-des-escrocs-cumcum/ ↩︎
  2. https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/travailler-fonction-publique-defi-de-lattractivite ↩︎
  3. https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/07/03/fonction-publique-un-rapport-recommande-d-encadrer-le-deploiement-de-l-ia_6617516_823448.html ↩︎

Le contrôle effectif des écoles privées est un enjeu politique majeur

Depuis plusieurs années, le financement par les fonds publics des établissements privés sous contrat d’association est l’objet de débats. D’une part, la publication des Indices de position sociale depuis 2022 montre clairement que l’école privée est à l’origine d’une ségrégation sociale et scolaire qu’elle contribue à perpétuer. D’autre part, les rapports de la cour des comptes, de parlementaires ou de l’OCDE montrent que le contrôle des fonds alloués aux établissements privés est imparfait, voire inexistant. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que le contrôle pédagogique soit également imparfait et donne lieu aux scandales actuellement dévoilés par d’anciens élèves et par la presse, comme dans l’établissement Notre-Dame de Bétharram.

Les établissements privés sous contrat d’association remplissent une mission de service public. Leur non-contrôle par l’État illustre la volonté de l’exécutif de déréguler un secteur fondamental pour l’avenir. L’exemple du lycée privé musulman Averroès montre pourtant qu’il est possible de contrôler ces établissements et de dénoncer le contrat d’association quand les valeurs de la République sont attaquées directement. Malgré la décision (qui nous interroge encore) du tribunal administratif de rétablir le contrat d’association, la démarche de l’État a cette fois, à juste titre, été volontariste.

Dans ce cadre, la GRS appelle à renforcer les moyens de contrôle et d’inspection de ces établissements et à lancer un plan organisant le retour au principe « école publique : financement public ; école privée : financement privé ». A court terme, le financement des écoles privées doit être soumis au respect d’engagements de mixité sociale. A plus moyen terme, la loi Debré doit être abrogée et le soutien extra-légal des collectivités territoriales aux établissements privés interdit.

L’école publique, laïque, gratuite et obligatoire doit être la priorité du pays. Elle seule a une visée émancipatrice et universelle. Les attaques qu’elle subit de la part des réactionnaires de tous bords et l’absence systémique de moyens allouée l’affaiblissent structurellement, alors que la République doit la soutenir entièrement et pleinement.

Simon Billouet
Conseiller départemental GRS de l’Isère

« Ferroviaire : a-t-on abandonné le centre de la France ? » – France Culture, la question du jour, avec Chloé Petat [podcast et vidéo]

Mardi 15 avril, 400 usagers des lignes Paris-Clermont-Ferrand et Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT) se sont rendus à Paris pour alerter sur l’état du service proposé par la SNCF dans leur région. Retards et vétusté des rames, comment expliquer une telle situation sur ce territoire ?

Le mercredi 16 avril 2025 à 7h15 Chloé Petat était l’invitée de Guillaume Erner et de Marguerite Catton dans la « question du jour » des Matins de France Culture pour faire le point sur le dossier.

En podcast :

À bord des « trains de la colère », des centaines d’habitants du centre de la France ont débarqué à Paris hier, pour manifester leur mécontentement face aux multiples retards et dysfonctionnements des trains Intercités qui maillent leur territoire. Si le réseau ferroviaire paraît particulièrement vétuste sur l’ensemble du territoire, quelle est la spécificité de cette région et de ces lignes ? Pourquoi parle-t-on d' »enclave ferroviaire » et comment la SNCF a-t-elle prévu de remédier à cette situation face à la demande croissante en mobilité ferroviaire ?

en vidéo :

Constitution du Collectif national « Pour un véritable service public de l’énergie ! »

Les organisations signataires de ce communiqué s’opposent au projet destructeur « Hercule » de scission du groupe EDF en 3 entités.

Le projet « Hercule », inspiré par des banques d’affaires, ne s’inscrit absolument pas dans une logique d’intérêt général mais dans une logique strictement financière. Logique initiée avec la déréglementation imposée par l’Union européenne et conduite par les gouvernements successifs : la facture des usagers a flambé, les investissements nécessaires sur l’outil productif ne sont plus assurés, la péréquation tarifaire est menacée alors que c’est un élément essentiel à notre démocratie.

Nous exigeons que soit effectué le bilan financier, humain, écologique des directives de déréglementation du secteur de l’énergie.

A l’unisson de l’ensemble des fédérations du secteur de l’énergie et des personnels du groupe EDF, ainsi que de plusieurs confédérations, nous demandons au Président de la République de renoncer au projet « Hercule ».

Puisque l’avenir énergétique du pays est intimement lié à celui d’EDF, il nous paraît indispensable que son avenir et sa mobilisation au service des enjeux énergétiques et climatiques du pays fassent l’objet d’un véritable débat social et démocratique avec l’ensemble des citoyens : que l’on soit usager, salarié du secteur ou élu, l’énergie est notre bien commun !

Toutes et tous doivent se mobiliser avec l’ensemble des organisations associatives, syndicales et politiques (aux niveaux national et local) pour la défense et le développement du service public et la promotion de ses valeurs.

Toutes et tous ont vocation à converger pour se mobiliser dans le cadre collectif créé ce jour : le Collectif national « Pour un véritable service public de l’énergie ! ».

Ce collectif a vocation à sensibiliser et mobiliser les usagers, les élus et les salariés du secteur en vue d’établir de fortes convergences.

La nécessaire transition énergétique et l’accès à tous de l’énergie, imposent de structurer les services d’efficacité et de performances énergétiques permettant de gérer collectivement nos ressources dans le seul souci de l’intérêt général et de la réponse aux besoins de nos concitoyens.

Le débat public, que nous demandons a vocation à dépasser le seul cadre du groupe EDF et à intégrer l’ensemble des filières du secteur de l’énergie, au-delà de la seule électricité, en vue de jeter les bases d’un véritable grand service public de l’énergie.

Un service public de l’énergie répondant, notamment :

  • • aux besoins de l’ensemble des usagers, en premier lieu les plus précaires, et des territoires, y compris les plus fragilisés ; le droit à l’énergie, droit fondamental et essentiel, doit devenir pleinement effectif pour toutes et tous, partout ; l’égalité de traitement des usagers, la péréquation tarifaire et la tarification réglementée doivent être pérennisées.
  • • aux défis de la précarité énergétique qui touche près de 5,5 millions de ménages (3 500 000 ménages déclarent souffrir du froid dans leur logement),
  • • aux besoins d’investissements considérables de l’indispensable transition énergétique et écologique,
  • • à la nécessité d’un développement durable : assurer notre indépendance énergétique, consolider et développer un modèle énergétique pilotable et respectueux de l’environnement, diversifier nos sources d’énergie en investissant dans la recherche et le déploiement d’énergies renouvelables, répondre aux enjeux du réchauffement climatique,
  • • aux attentes légitimes des personnels du secteur de l’énergie en matière de conditions de travail et d’exigence de qualité du service rendu aux usagers.

Pour atteindre ces objectifs, il faut renoncer aux politiques strictement financières de libéralisation et de privatisation mais, au contraire, faire le choix d’une maîtrise publique complète du secteur de l’énergie.

Convergence Services Publics – Droit à l’énergie SOS FUTUR – INDECOSA-
CGT – Fédération Nationale Mines Energie (FNME) CGT – Fédération des
syndicats SUD Energie – Union des familles laïques (UFAL) – ATTAC – CAP
A GAUCHE 19 – Parti communiste français (PCF) – Ensemble ! – Réseau
Education Populaire – SUD PTT – Ma Zone Contrôlée – Résistance Sociale
– Générations .s – Gauche démocratique & sociale (GDS) – République &
Socialisme – Emancipation collective – CV70-Comité de Vigilance pour le
Maintien des Services publics de proximité en Haute-Saône – SNUP Habitat

Comité National CGT des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires –
Collectif de Défense et Développement des Services Publics en Combrailles
– Convergence Nationale Rail – La France insoumise – PEPS (Pour une
écologie populaire et sociale) – Coordination des Gilets Jaunes de l’Isère –
Stop précarité – Les Économistes Atterrés – Union des syndicats CGT du
groupe Caisse des dépôts – Syndicat CGT de l’établissement public Caisse
des dépôts et consignations – Confédération Nationale du Logement (CNL)
– Syndicat CGT Banque de France – Collectif Ne nous laissons pas tondre
– Les Gilets Jaunes du 05 – CGT Fonction Publique – Syndicat National des
Certifiés et Agrégés (SNAC) e.i.L Convergence – Fédération des syndicats
e.i.L Convergence – Fondation Copernic – DAL (Droit au Logement) –
Collectif « Faisons barrage » – Collectif « Changer de cap » – Fédération
CGT Banques et Assurances (FSPBA-CGT) – AITEC – FSU – MNLE Réseau
Homme & Nature – Union syndicale Solidaires – Parti socialiste – Gauche
républicaine et socialiste (GRS) – Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)
– Energie 2060 – CGT Enseignement Privé de Paris – RPS FIERS – Syndicat
CGT Cheminots du QNEMP (Quart Nord Est Midi-Pyrénées) – Confédération
Générale du Travail de la Réunion (CGTR) – Parti Radical de Gauche (PRG)
– Association des familles victimes du saturnisme (AFVS) – Génération
Ecologie – ENSEMBLE & SOLIDAIRES-UNRPA – GLOBAL LABOUR
INSTITUTE PARIS (GLI PARIS) – REACT

Soutien à la mobilisation des personnels hospitaliers

Nous soutenons la mobilisation et les manifestations des personnels hospitaliers unis ce mardi 14 novembre pour exiger un véritable plan d’urgence en faveur du service public.

Alors que les services d’urgences sont en mouvement depuis près de huit mois et que nombres d’établissements hospitaliers, ehpad et établissements de psychiatrie tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs années cette journée est un point d’orgue pour que le gouvernement prenne enfin la mesure des besoins.
Le plan de refondation annoncé en septembre est insuffisant.

Sur les salaires, les recrutements et les réouvertures de lits le président de la République et son gouvernement doivent désormais apporter des réponses sans délai aux revendications des professionnels de santé.

Les médecins, infirmier-e-s, aides soignant-e-s, sont en première ligne pour assurer les soins dans nos hôpitaux dans des conditions particulièrement dégradées. Ils méritent toute la considération de la Nation et son soutien plein et entier.

La Gauche Républicaines et Socialiste se tient à leurs côtés et partage les revendications des grandes organisations syndicales.

Nous avons besoin de vous !

Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.