Retraites à points et « âge pivot » à 64 ans, attention dangers !

Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire du Gouvernement, rendait ce mardi 18 juillet au Premier ministre son rapport. Ce rapport préconise sans surprise une réforme des retraites selon le système à points inspiré des modèles techno-libéraux. Ces propositions remettent en cause la retraite à 62 ans et la sécurité de futurs retraités incapables d’anticiper le montant du point donc le montant de leur retraite. Cette entreprise de démolition d’un système par répartition qui a fait ses preuves trouverait son point d’aboutissement en 2025.

Le Haut-Commissaire agit sur commande et participe à un séquençage bien huilé depuis Matignon et l’Élysée. Objectifs poursuivis par Emmanuel Macron : mettre en scène et en mots une réforme qui veut présenter les dehors de la concertation et la justice sociale afin de mieux imposer une politique régressive socialement au détriment de la majorité des travailleurs.

Un système à points ou le basculement vers une flexibilité brutale sur le dos des retraités

Le rapport gouvernemental préconise de passer d’un système par répartition à prestation définie à un système par cotisation soumise à variation selon la conjoncture économique, politique et démographique. La retraite sera perçue non plus en fonction des meilleures années des revenus d’activité mais de l’ensemble de la carrière des salariés et des fonctionnaires, ce qui constitue un grand bond en arrière pour l’immense majorité des Français. La pension sera liquidée en fonction de points corrélés à l’activité économique, à la pression démographique et au bon vouloir politique. La prestation devient individualisée sans égards pour le métier, la précarité du travail, les aléas de la vie ou la maladie. Les jeunes, qui rencontrent actuellement le plus de difficulté à accéder à un travail stable, seront les premières victimes de cette réforme. Les projections établies par Le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) ne laissent d’ailleurs que peu de doutes sur les véritables finalités du système à points si l’on considère les tendances à la baisse de 10 à 30 % des pensions dans les années à venir. 

L’âge pivot, la grande supercherie de cette opération gouvernementale !

L’âge pivot est l’autre nom de l’âge de départ à la retraite qui est repoussé de 62 à 64 ans pour faire travailler plus longtemps l’ensemble des travailleurs. Avec le système de décote avant cet âge pivot directement inspiré par le Président de la République, c’est à une chute toujours plus forte des pensions et à un maintien en activité forcé auquel les français seront soumis avec cette mesure. Ou alors à une baisse encore plus forte des pensions si les entreprises imposent, comme c’est souvent le cas, un départ anticipé. 

Des aménagements sociaux à la marge qui masquent mal l’injustice du projet

Le Gouvernement s’était empressé en 2017 de supprimer la timide réforme instaurant un compte pénibilité pour la retraite des travailleurs ayant exercé des métiers difficiles pour leur santé. Le rapport Delevoye ne fait que confirmer cette suppression et ne prévoit rien de substantiel permettant de prendre en compte la pénibilité. Les mesures sur le minimum vieillesse ou l’égalité homme femme tiennent plus du maquillage que d’un véritable souci d’équilibre si l’on considère l’ampleur des reculs sociaux explosifs contenus dans les préconisations de ce rapport. 

En préconisant un système unique et uniforme ne prenant plus en compte les spécificités de certains métiers, le Gouvernement agit en contradiction avec son attaque contre le régime d’indemnisation, dans lequel l’égalité de traitement en fonction des cotisations a été dogmatiquement exclu afin de réintroduire une dégressivité des indemnités. A chaque réforme sociale, le but du gouvernement est clair : faire des économies et attaquer les fondements solidaires de notre système social.

La Gauche Républicaine et Socialiste défend une autre réforme

La Gauche Républicaine et Socialiste défend une autre réforme fondée sur une plus juste répartition des richesses entre les classes sociales assurant un financement pérenne du système par répartition à prestations définies. Nous proposons de rétablir les cotisations patronales à hauteur des besoins de financement ainsi que la fiscalité sur les stocks options et d’instaurer un nouvel impôt sur les super profits des multinationales. Enfin c’est un véritable débat qui doit s’ouvrir, prenant en compte les revendications et propositions des organisations syndicales.

Nous serons au rendez-vous des mobilisations à venir en septembre !