Les salariés, l’enseignement et la transition écologique paieront pour les « économies » gouvernementales

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé dimanche soir au JT de TF1 devoir trouver 10 milliards d’euros d’économies dès les prochaines semaines pour faire face à la baisse des prévisions de croissance. Le passage d’une prévision de croissance de 1,4 à 1% (au-delà de l’imprudence de l’hypothèse initiale) devrait entraîner une baisse de recettes de 6 milliards d’euros au moins. Il faut ajouter à cela les annonces récentes de dépenses supplémentaires : 400 millions d’euros pour les agriculteurs le 1er février par Gabriel Attal, une « aide exceptionnelle » de 500 millions d’euros pour soutenir les établissements de santé publics et privés et 3 milliards d’euros d’aide militaire supplémentaire pour l’Ukraine annoncés le vendredi 16 février. Voilà pour les 10 milliards à trouver, en évitant au gouvernement d’avoir recours dès le mois de février à un projet de loi de finances rectificatif (le budget a été promulgué fin décembre 2023).

On ne reviendra pas sur l’irrationalité néolibérale des gouvernements Macron qui refusent par principe d’augmenter les impôts – notre ami David Cayla l’a parfaitement expliqué dans l’entretien qu’il a accordé à La Croix. Mais il convient ici de pointer avant toute chose la fragilité dans laquelle l’État s’est trouvé du fait du choix du gouvernement de poursuivre la suppression progressive de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) : la nouvelle étape coûtera 1 milliard d’euros en 20241… Ces recettes fiscales qui nourrissaient les budgets des collectivités territoriales doivent donc être compensées à ces dernières ; comme à chaque fois qu’il y a transfert de charges, la compensation de l’État aux collectivités est plus qu’imparfaite : cette baisse des « impôts de production » coûte donc cher à l’État, aux collectivités et aux Français, dont les impôts directs ou indirects2 financent ses nouvelles facilités offertes aux entreprises.

Or, pour respecter son engagement à redresser des finances publiques dégradées tout en refusant d’augmenter les impôts et en continuant à les baisser pour les entreprises, le gouvernement français va devoir opérer des coupes claires dans les dépenses publiques en 2024, sur fond de crainte d’une dégradation de sa notation financière. Ce nouveau serrage de vis s’ajoute aux 16 milliards d’économies pour 2024 avec la suppression du bouclier énergétique.

Quels axes d’économies ? Abaisser le budget de fonctionnement des ministères : 700 millions sur les dépenses de personnel, 742 millions sur l’aide publique au développement, 750 millions sur une baisse des achats de l’État… et transformer en annulation les gels de crédits à hauteur de 4% envisagés en loi de finances pour 2024 au titre de la réserve de précaution, dans les conditions que nous connaissons depuis juin 2022. Néanmoins, il est intéressant de voir où ces crédits initialement gelés par précaution vont ouvertement être rabotés. On en perçoit immédiatement le coût pour les salariés, les fonctionnaires (coupes sombres du côté de l’enseignement et de la recherche) et aussi très fortement une coloration anti-écologique.

Faire payer les travailleurs et l’éducation

Dans le cadre du compte personnel de formation (CPF), une participation forfaitaire équivalant à 10% du prix des formations va être demandée dès cette année aux salariés, soit 200 millions d’euros sur une dépense de 2 milliards d’euros. Thomas Cazenave, ministre délégué au budget, a aussi évoqué la une baisse de 200 millions d’euros des montants de prise en charge pour les contrats d’apprentissage. De manière concrète, le décret acte que l’accès et le retour à l’emploi perdent près de 228 millions d’euros, plus de 863 millions d’euros pour l’accompagnement des mutations économiques et développement de l’emploi…

Sur la fonction publique, Le Maire a esquivé toute réponse sur la revalorisation du point d’indice pour les agents de la fonction publique territoriale, mais s’est montré ferme dans sa volonté « de ne laisser aucune marge aux ministères dans le champ de la politique salariale et des dépenses de personnel [de l’État] ». Cela conduira certains ministères à ne pas mettre en place de mesures catégorielles ou bien même à devoir décaler certains recrutements. L’État central ou déconcentré étant déjà à l’os depuis près de vingt ans, l’efficacité administrative va sans aucun doute en faire à nouveau les frais.

Mais c’est surtout dans l’enseignement scolaire que les dégâts sont importants : sur 691 millions de crédits annulés sur cette ligne, c’est plus de 478 millions d’euros qui proviennent des frais de personnels. Sacrifices aussi pour la recherche et l’enseignement supérieur, avec plus de 904 millions de crédits annulés (dont 383 millions pour les Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires, près de 193 millions pour la recherche spatiale et 125 millions pour la vie étudiante). Et au moment où Gabriel Attal multiplie les annonces dilatoires pour calmer le monde agricole, son gouvernement supprime près de 4 millions d’euros de frais de personnel pour l’enseignement supérieur et la recherche agricole (on n’est pas près de trouver des alternatives françaises aux pesticides).

Faire payer la transition écologique … et les pauvres

Bruno Le Maire prétendait dimanche soir avoir fait des choix de politique publique pour éviter une solution de facilité qui aurait consisté à passer le rabot sur l’ensemble des dispositifs ; en réalité, certaines politiques publiques vont faire les frais de ce coup de rabot. Là encore, les collectivités locales et la qualité de vie vont souffrir : ainsi plusieurs opérateurs travaillant directement avec les collectivités, comme l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) ou l’Ademe, justement celles qui les accompagnent dans l’amélioration des conditions de vie urbaine et dans la transition écologique. La cohésion des territoires se voit amputée de plus de 736 millions d’euros, dont 300 millions sur l’aide à l’accès au logement et près de 360 millions sur l’urbanisme, les territoires et l’amélioration de l’habitat…

Le décret annule concrètement plus de 2,2 milliards d’euros prévus initialement pour l’Écologie, le développement et les mobilité durables, dont 1,3 milliard sur la ligne énergie-climat et plus de 340 millions d’euros sur les infrastructures et services de transports (les investissements dans le ferroviaire ralentiront donc).

Le dispositif MaPrimeRénov’ qui aide les particuliers à réaliser leurs travaux de rénovation énergétique ne bénéficiera plus que d’une enveloppe supplémentaire de 600 millions d’euros entre 2023 et 2024, au lieu des 1,6 milliard d’euros supplémentaires annoncés initialement. Cumulé avec la révision des règles d’élaboration du diagnostic de performance énergétique (un nombre impressionnant de « passoires thermiques » vont ainsi pouvoir rester à la location et éviter des travaux pourtant indispensables), il y aura « moins de rénovations », a asséné Cazenave dans les « 4 vérités » lundi matin sur France2.

Une autre décision aura des conséquences directes sur les projets des collectivités : celle de ramener le fonds vert de 2,5 milliards à 2,1 milliards d’euros dès 2024. Le fameux fonds créé en 2023 pour accompagner communes et intercommunalités dans la mise en œuvre de leurs projets de transition écologique sera don baissé de 430 millions d’euros, là aussi avec moins de projets à la clef.

La décision de réduire le fonds vert en 2024 semble avoir été prise très récemment, car, le 12 février encore, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, annonçait, dans un communiqué, que le fonds vert « a été renforcé à hauteur de 2,5 milliards d’euros en 2024 » (contre 2 milliards d’euros en 2023). « À partir de 2024, le fonds vert s’inscrit dans la trajectoire pluriannuelle à hauteur de 2,5 milliards d’euros par an jusqu’en 2027 », avait par ailleurs indiqué une circulaire du 28 décembre dernier.

La stratégie de gel des crédits à hauteur de 4% laissait déjà planer un doute sur la sincérité de certaines annonces en matière de politique publique, or le fonds vert est amputé de 16% (donc 4 fois plus que les gels initialement prévus pour tout le monde) : une belle illustration de la considération réelle du gouvernement pour cette politique nécessaire.

L’État met ainsi directement en péril la capacité d’investissement local, pourtant l’un des leviers les plus efficaces pour la transition écologique. Alors que la planification écologique a entamé sa déclinaison territoriale, il fallait au contraire garantir aux collectivités des ressources pérennes pour investir et porter des projets de transition structurants. Leur retirer des ressources pourtant annoncées en 2024 est un signal déstabilisateur pour les investissements pour l’adaptation climatique.

Les premiers à en payer les conséquences seront sans doute les plus modestes : que ce soit dans la nouvelle série de contrats de ville pour 2024-2027 (qui perdent au passage 49 millions d’euros) ou pour le Pacte des solidarités (nouveau nom du plan de lutte contre la pauvreté), il était prévu que, sous le label de la « transition juste », les actions de transition écologique dans les quartiers prioritaires de la ville et en direction des ménages pauvres (sur tout type de territoires) soient enfin initiées : elles devraient logiquement en frais les frais les premières. Les classes populaires et les plus pauvres peuvent faire une croix sur toute perspective d’amélioration de leur confort et d’allègement de leur facture d’énergie.

On n’est pas au bout de nos peines

Le décret d’annulation de ces 10 milliards d’euros de crédit est paru dans la nuit du 21 au 22 février3, et un projet de loi de finances rectificative pourrait suivre éventuellement cet été. Mais Bruno Le Maire a d’ores et déjà prévenu : les efforts devront se poursuivre en 2025, avec une revue des dépenses qui devra aboutir à « au moins 12 milliards d’euros » d’économies.

Oui il faudra continuer de payer pour le confort du capital… Ne changeons rien surtout !

1 qui s’ajoutent aux 7 milliards d’euros perdus par an depuis 2021 au titre des premières coupes dans la CVAE.

2 n’oublions pas que la TVA représente 37,5 % des recettes fiscales brutes de l’État et qu’elle pèse particulièrement lourd dans le budget de nos compatriotes les plus modestes, dits « non imposables ».

3 Vous trouverez tout en détail ici : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049180270

La fabrique des pauvres pour rendre les riches plus riches

La pauvreté a augmenté en 2021 et en 2022 en France, les 10% les plus riches ont profité tant de l’inflation que des réformes fiscales.

L’Insee a publié en novembre 2023 une batterie de rapports et de tableaux statistiques (que vous retrouverez en bas de l’article) dont les conclusions sont sans appel : la France va mal, la majorité des Français perd en niveau de vie, seuls les 10% les plus riches et les habitants des centres urbains profitent des évolutions économiques et de la politique “pro-business” du gouvernement.

Hélas, une partie de la presse économique tord les faits pour masquer sa vision néolibérale. Même La Tribune, pourtant réputée pour sa rigueur d’analyse, s’acharne à vouloir y déceler une augmentation du niveau de vie des plus modestes – laquelle augmentation serait même plus élevée que celle des riches – et bien plus élevée que celle des classes moyennes1, en 2022. C’est faux !

Ce mensonge alimente la campagne de la droite et de l’extrême droite qui fustigent « les pauvres » comme étant à la fois « des immigrés », vivant « dans les banlieues criminelles des grands centres urbains », volant le niveau de vie « des classes moyennes des villes moyennes et des villages », tout en étant « ingrats » à la société et l’identité française en la rejetant. En clair des vrais « parasites de la société ».

L’Insee décrit évidemment une toute autre réalité : les classes populaires des villes périphériques et des villages partagent le (mauvais) sort de leurs concitoyens des classes moyennes inférieures et des habitants des banlieues, tandis qu’un groupe beaucoup plus restreint – moins de 10% des Français – vivant principalement au cœur des grandes villes (notamment à l’ouest de Paris et de l’île de France) tire objectivement profit du système.

1 https://www.latribune.fr/economie/france/les-classes-moyennes-grandes-perdantes-des-mesures-du-gouvernement-en-2022-983965.html


L’Insee dit où sont, géographiquement comme socialement, les profiteurs de l’après Covid et de l’inflation

Le Rapport sur l’état social de la France en 2021 ne laisse aucune place au doute : « eb 2021, les inégalités et la pauvreté augmentent », « le niveau de vie des ménages les plus aisés augmente plus fortement, tiré par la reprise de l’activité », « le taux de pauvreté augmente en 2021 et dépasse son niveau de 2019 ».

L’Insee conclut que 2021 fut pour la majorité des Français aussi douloureuse que 2011 et 2018, années de crises sociales aiguës – dont la seconde vit naître le mouvement des Gilets Jaunes.

Le taux de pauvreté – un français sur 7 – dépasse en 2021 les niveaux de 2017 et 2019 ; et les indicateurs d’inégalité retrouvent à la fin 2020 les records atteints en 2011 et 2018. On ne peut qu’y voir un résultat incontestable de la maltraitance du Gouvernement contre les français.

En 2022, l’Insee, toujours à rebours de La Tribune, dit qu’« au total, la hausse du niveau de vie (monétaire) a compensé une part importante des dépenses additionnelles, 90% en moyenne pour l’ensemble de la population. Cette part varie néanmoins selon le niveau de vie ou selon le lieu de vie. Elle oscille entre 80% et 85% pour les 80% les plus modestes et pour les habitants des communes hors unités urbaines ou des unités urbaines de moins de 200 000 habitants. Elle est sensiblement plus haute, autour de 90% en moyenne, pour les personnes aux niveaux de vie entre le 8e et le 9e décile et les habitants des communes de plus de 200 000 habitants hors Paris. Elle dépasse en moyenne 100% pour les 10% les plus aisés et pour les habitants de l’agglomération parisienne. »

Traduisons : les habitants des villes moyennes et des villages, les classes populaires dans leur ensemble, ont perdu 20 points de niveau de vie réel après inflation et réformes fiscales.


Tout le monde perd, sauf les 10% les plus riches, gagnants de l’inflation et des réformes fiscales

Les habitants prospères des grandes villes ont eux vu leur niveau de vie réel augmenter, parvenant à esquiver l’inflation, particulièrement grâce aux réformes sur la fiscalité du capital. Ces grands gagnants sont bien peu de monde : 6 millions de gagnants, 60 millions de perdants.


Le solde est négatif pour tous les territoires, sauf Paris

À la lumière (crue) de ces données, on comprend mieux pourquoi la droite, le RN et le gouvernement s’acharnent tant à marteler leurs préjugés stupides sur les chômeurs qui piquent dans l’assiette de ceux qui travaillent. Sauf que les vrais pique-assiettes, ce sont en réalité les détenteurs de capitaux et les rentiers de Versailles et du 7ème arrondissement de Paris, par la grâce du néolibéralisme aussi « assumé » qu’agressif de Macron.

Malheureusement, on n’entend plus la gauche rappeler ces évidences, ni la vieille social-démocratie ni même le parti soi-disant insoumis, qui ont abandonné toute analyse matérialiste (au sens philosophique) de la société, préférant passer leur temps à copier-coller des élucubrations intersectionnelles venues d’Outre-Atlantique et qui n’ont pas la moindre prise sur la vie quotidienne de nos compatriotes de toutes origines, cultures et orientations sexuelles.

Le prolétariat et la petite-bourgeoisie des villes moyennes et des villages sont tout autant maltraités que le prolétariat et même la petite-bourgeoisie des grandes villes. Les statistiques de l’INSEE nous donnent les clés pour engager vraiment le débat : faire prendre conscience aux 60 millions de travailleurs et à leur famille qu’ils s’appauvrissent au profit d’à peine 10% des Français ; et qu’il est grand temps qu’ils défendent leurs propres intérêts matériels et moraux.

Le 15 novembre dernier Bruno Le Maire déclarait sur Cnews : « Notre modèle social tel qu’il existe aujourd’hui ne nous permettra pas d’arriver à 5% de taux de chômage ».

Le ministre de l’économie n’a pas choisi cette chaîne par hasard, qui comme tout robinet d’infos met en scène à longueur de « talks shows » la fausse opposition entre « réactionnaires » et « libéraux progressistes », qui sont en dernière analyse d’accord sur l’essentiel : défendre leurs privilèges et mettre au pas les classes populaires en détruisant l’État social. Tout cela, bien sûr, pour le bien des Français : quand on appauvrit un chômeur de plus de 55 ans comme le souhaite le ministre de l’économie, ça l’incite à trouver un emploi, même si aucun employeur ne lui en proposera un.

Il est vraiment urgent de revenir au réel – contre lequel, à force de désagrégation sociale, finiront aussi par se cogner les gagnants (provisoires) de la crise : défendons les intérêts économiques et sociaux de 80 % des Français ! Pour vaincre Zemmour, Le Pen et Macron, la voie identitaire est une impasse. La seule issue qui nous préservera de la guerre de tous contre tous sera de forger un nouveau contrat social pour la France.

Mathias Weidenberg

Ici l’Europe : notre continent s’installe dans la pauvreté

Public Sénat et France 24 diffusaient samedi 7 octobre l’émission “Ici l’Europe” enregistrée au Parlement Européen.

L’Europe s’installe dans la pauvreté : la solidarité est-elle encore une priorité ? Alors que l’inflation continue de frapper les pays européens, la question de la pauvreté en Europe est d’autant plus urgente. La politique sociale des de l’Union européenne est de toute évidence gravement insuffisante.

Emmanuel Maurel, député européen et animateur national de la GRS, répondait aux questions de Marie Brémeau et Caroline De Camaret. Il débattait avec Alin Mituţa, député européen de Roumanie, membre du groupe Renew Europe (Libéraux et Macronistes).

La lutte contre la pauvreté n’a pas vu les effets du “ruissellement”

La rentrée est marquée par l’alarme sur le front de la pauvreté et de la faim. Nous n’engagerons pas la polémique sur les dons de Bernard Arnault et sur l’usage de ce que l’on peut voir comme son “argent de poche” : face à l’urgence, un don est un don, d’autant qu’il ne bénéficiera pas d’exonération fiscale. Ce qui est en cause, ce n’est pas la bonne volonté individuelle de tout citoyen, qu’il soit modeste ou ultra privilégié, mais le caractère profondément inégalitaire de notre mode de développement et les limites, voire les impasses, des politiques publiques. Car les difficultés vitales exprimées par les Les Restos du Cœur, mais aussi l’ensemble des organisations caritatives comme le Secours populaire ou Secours Catholique – Caritas France, marquent en réalité un triple échec des gouvernements français et de leurs politiques néolibérales croissantes.

1️⃣ L’échec de déléguer aux associations et aux collectivités la « gestion » de la pauvreté et de la faim… comme c’était pratique de demander à des réflexes de “charité chrétienne” améliorée (qu’importe la religion ici) pour camoufler la misère et faire édredon tout en se défaussant de ses responsabilités et en n’assumant plus vraiment le rôle de la République sociale ! Le constat d’une augmentation des besoins, annoncé depuis longtemps par une augmentation du nombre de pauvres, devraient mobiliser tout responsable politique à trouver des solutions pour en traiter la cause (inflation, chômage, problème de mobilité et de garde d’enfants, inégalités territoriales…), or à l’issue de la prise de parole du président des Resto du cœur c’est un parapluie communicationnel du gouvernement et des dons de nos concitoyens fortunes qui sont arrivés et ont répondu à la conséquences plutôt qu à la cause.

2️⃣ L’échec de sa stratégie de réduire les crédits pour la solidarité… dans une république on ne fait pas d’économies sur le malheur du monde ! Cette stratégie des baisses de crédits successives sur les politiques de solidarité s’inscrit dans la droite ligne de la pensée “du pognon de dingue”.

3️⃣ L’échec annoncé, enfin, des politiques indignes de “retour à l’emploi” par la logique de punition (hein parce que pour Sarkozy, Hollande, Macron et Le Pen, finalement les chômeurs et les pauvres sont des fainéants). La stigmatisation croissant des personnes sans emploi, les radiations de pôle emploi, le nouveau calcul des indemnités ne pouvaient que conduire à la catastrophe que nous vivons aujourd’hui, notamment en période d inflation. : la « baisse du chômage » devait faire reculer la pauvreté ? c’est surtout le nombre des Travailleurs Pauvres et chômeurs pauvres qui augmente… Le gouvernement se plaint souvent de trop en faire pour les pauvres pourtant ils sont toujours aussi pauvres et certains les rejoignent. L’inflation des prix alimentaires et de l’énergie fait le reste : alors que le prétexte de “la crise” – crise de la reprise trop rapide de l’activité après la “crise pandémique”, crise de la guerre en Ukraine … – est un prétexte abusif, alors qu’il a été démontré que les grands groupes abusent à tort et à travers de ce prétexte pour élargir leurs marges, l’exécutif est ici bien silencieux et immobile.

C’est une question de priorité : nous n’avons visiblement pas les mêmes.

Frédéric Faravel et Caroline Dugué

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