Thuringe: plutôt la peste brune que le Front Populaire pour les alliés d’Emmanuel Macron

Le 27 octobre dernier, la Thuringe, Land allemand d’Allemagne de l’Est, élisait un parlement sans majorité apparente. La gauche radicale au pouvoir se maintenait à un haut niveau, de même que les écologistes. Les sociaux-démocrates, minés par l’alliance mortifère avec les chrétiens-démocrates, perdaient un tiers de leurs députés, ce qui a coûté sa majorité à l’union de la gauche derrière Die Linke.

Avec 22 députés de l’AFD sur 90, le parlement semblait ingouvernable. La CDU avait fermé la porte à une union avec l’AFD ou avec Die Linke, et le parti centriste FDP avait rejeté un soutien sans participation à la coalition de gauche.

Le dénouement de cette situation est un coup de tonnerre pour la vie politique allemande. En constituant une alliance de dernière minute, les alliés d’Emmanuel Macron au niveau européen, le FDP, ont fait élire leur chef de file président de la région en s’alliant avec la CDU et l’AFD. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre Mondiale, l’extrême droite participe à une majorité régionale. La scélératesse politique du FDP paye ses fruits. Rentrés au Parlement de Thuringe avec 5 députés et franchissant le seuil limite pour avoir des députés d’à peine quelques dizaines de voix, ils finissent à la tête de la région en reniant convictions et valeurs.

L’extrême-droite en Thuringe fait partie de l’aile dure de l’AFD, son dirigeant local n’hésitant pas à qualifier le mémorial de l’holocauste de “mémorial de la honte”. Le FDP vérifie bien que l’extrême-droite xénophobe et raciste et le libéralisme sont les deux faces d’une même médaille, prêts à s’allier pour empêcher la gauche de parvenir ou de se maintenir au pouvoir. Ce coup de tonnerre politique doit nous rappeler que les libéraux centristes sont ceux qui font céder les digues et ouvrent les portes à l’extrême-droite, par leurs politiques de casse sociale et par leurs alliances électorales dans les couloirs des parlements. Pour reprendre la formule de la majorité, les « extrêmes qui se touchent », ce sont les extrémistes libéraux et les extrémistes racistes qui s’allient pour faire barrage à la gauche.