J’ai souvent pour habitude sur les réseaux sociaux de m’épancher sur la situation politique nantaise, mais aujourd’hui, je souhaite évoquer les élections municipales à Maisons-Laffitte, ville où j’ai grandi et où mes parents vivent encore.
À Maisons-Laffitte, les murs voteraient à droite s’ils en avaient l’occasion. Les meilleurs résultats d’un candidat de gauche à ma connaissance sont pour Jean-Paul Huchon aux régionales de 2010 avec 38% et François Hollande en 2012 avec 37%, c’est vous dire si les vagues roses passent loin de la tête de l’électorat local. Les anciens rappellent avec angoisse l’époque où en 1981, la circonscription avait eu un député socialiste à cause des communes alors communistes de la circonscription de l’époque. L’horreur. (rires enregistrés)
Dans une ville comme la nôtre, l’état des partis de gauche est à l’image de ce que vous pouvez imaginer en connaissant l’état général déplorable de ces mêmes partis au niveau national. Arrivent les élections municipales, comme pour tout le monde. Il faut 35 personnes pour faire une liste. Et ce n’est pas si évident que ça. Et cette année, comme il y a 6 ans, le secrétaire de la section PS locale a pris son bâton de pèlerin. Et la magie a opéré : quelques dizaines de personnes qui ne se connaissaient pas ou peu pour la plupart se sont rassemblées, ont beaucoup débattu, écrit un programme, puis milité pour faire connaître la liste. Très peu de « vieux militants », des gens d’horizons très divers, d’orientation politiques différentes, certains plus proches de Place Publique, d’autres de LFI, etc. Et ça a fonctionné : ils sont passés de 10% en 2020 à presque 15 en 2026, de un à deux élus. C’est peut-être un détail pour vous, ça ne l’est pas quand on est un îlot de gauche au milieu d’une droite Yvelinoise hégémonique au point de pouvoir se permettre de présenter 5 listes différentes au premier tour. Aller rechercher les électeurs qui avaient pu déjà voter à gauche à d’autres élections, un par un, convaincre, gagner le respect des listes de droite et de leurs électeurs, c’est un sacré travail pour des bénévoles qui n’attendent rien du scrutin en lui-même si ce n’est éventuellement la joie de faire mieux que la fois précédente.
Alors, pourquoi je vous raconte ça ? Comme je l’ai dit, j’ai grandi à Maisons-Laffitte. C’est là que j’ai pris ma première carte dans un parti, le Parti Socialiste. C’est dans cette section que j’ai distribué mes premiers tracts, connu mes premiers débats. On reste forcément toujours marqué par sa sociabilisation première, c’est tellement un truisme que j’ai presque honte de le rappeler. J’ai de fait souvent gardé une forme de distance avec les « grands élus » quand j’étais au PS, mais aussi avec les militants des « bastions » qui se sentaient légitimes, plus légitimes que d’autres à s’exprimer, le réflexe du minoritaire. Un professeur de sciences politiques de ma section PS à Villeurbanne m’a donné un article sur les rétributions symboliques du militantisme, je suis tombé des nues. J’ai aussi découvert ces rétributions, l’invitation aux vœux de la mairie, les adhérents de soutien du parti qui ne liront jamais un texte de leur vie, mais qui viennent dire en section qu’ils votent comme le maire pour le soutenir, les plans de carrière de certains se voyant avancer aussi logiquement qu’on grimpe les échelons dans la fonction publique … J’ai été permanent de deux fédérations du Parti Socialiste, j’ai contribué à une forme de système militant, j’y ai revu la forme d’opposition que je connaissais entre les « professionnels » des bastions et les « amateurs » des « territoires de combats ». Un de mes anciens patrons, à l’époque premier adjoint et président de la communauté de commune dans une ville conquise de haute lutte sur la droite en 2008 m’a un jour présenté une militante en me disant en gros : tu vois la personne là-bas, elle et son mari se sont présenté à toutes les municipales et cantonales depuis les années 70. Si nous en sommes là, c’est parce qu’ils étaient là pour faire vivre la gauche à l’époque.
La gauche se rétracte de plus en plus, y compris sur un plan territorial. Elle vit, surtout médiatiquement, et cet impact médiatique est évidemment important, de ses grands élus, de ce que j’appelle ses « professionnels ». Ils sont évidemment importants, et je ne méprise évidemment pas non plus la compétence politique et technique nécessaire pour exercer de hautes responsabilités. La chute des systèmes partisans a contribué à faire s’étioler la présence des amateurs : maintenir une section de 8 personnes dans un territoire sans espoir de pouvoir demande une énergie folle, pour une reconnaissance médiocre quand ce qui compte au congrès des partis est le nombre de voix que tu apportes. Alors qu’il faudrait aller les rechercher, les écouter, en tout cas, moi, je les aime et je pense que sans eux, rien ne sera possible.
Bref, je suis fier d’avoir été mandataire financier d’une liste qui ne visait pas la victoire, mais qui a potentiellement contribué à faire que demain, de meilleurs scores soient possibles.
Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 sont un nouveau signal d’alarme dans une démocratie républicaine qui accumulent les clignotants. Certains commentateurs tentent encore de se rassurer en élargissant le spectre et en disant que sur les parmi les 100 plus grandes villes, les équilibres seraient stables : la gauche (LFI, PCF, PS, écologistes) conserve ou emporte 43 villes contre 46 en 2020, le centre 13 contre 9, la droite 38 contre 41 et l’extrême droite 5 contre 2. Ce dernier résultat aurait fait bondir n’importe quel républicain conséquent voici 10 ans, mais la banalisation du Rassemblement National et de ses alliés est si avancée que c’est une nouvelle parmi d’autres dans ce scrutin. Personne ne soulève non plus le durcissement du discours de la droite classique qui s’aligne de plus en plus fréquemment sur sa droite : les maires de 2026 ne sont pas ceux de 2020. Mais avant tout, la France ne saurait se résumer à ces 100 communes. Dans la France urbaine, où les enjeux politiques apparaissent les plus affirmés, là où habitent plus de 30 millions de Français, le tableau qui se dessine est tristement binaire : une gauche en globalement en baisse et divisée ; des droites en hausse dans leur pluralité. Les forces de gauche ne peuvent ignorer le messages des électeurs à un an de l’élection où elles se condamnent toutes à l’échec et la République française à un avenir trouble.
Une gauche en baisse et divisée
Les succès visibles de la gauche dans les plus grandes villes (Paris, Lyon, Marseille, Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg, etc.) masquent une réalité électorale beaucoup moins reluisante au sortir de ces élections municipales.
En effet, en nombre de mairies de plus de 14 000 habitants (30 millions de Français), le total « gauche 2026 » (incluant la « gauche radicale », dont le PCF) ressort nettement inférieur à celui du mauvais cru électoral de 2014 : 205 contre 233.
Par rapport à 2020, la gauche a perdu 28 de ces villes. Sur ces pertes, la gauche socialiste et écologiste en totalise 21. L’usure du pouvoir dans plusieurs villes ou la simple respiration démocratique n’expliquent pas à elles seules une telle chute. La division de la gauche et l’incompréhension face à certains revirements opportunistes du PS y ont aussi contribué, ainsi que des mouvements plus profonds, de nature socio-géographique, ou « centre versus périphérie ».
Fait plus surprenant au regard des annonces tonitruantes de LFI au soir du 1er tour, le total « gauche radicale » n’enraye pas la chute du communisme municipal. En 2014, la gauche radicale gérait 51 villes de plus de 14 000 habitants ; puis 38 en 2020 ; et finalement 31 en 2026. Après avoir perdu 25% de ses villes en 2020, la gauche radicale en perd 18% en 2026. Il n’en demeure pas moins que LFI s’installe dans les banlieues populaires, viaun phénomène de vases communicants au sein de la gauche, en prenant par exemple Saint-Denis, Vaulx-en-Velin, Creil, Sarcelles, Vénissieux ou La Courneuve au PS et au PCF (on notera cependant que l’accord départemental LFI-PCF en Seine-Saint-Denis – à l’exception de cette dernière commune – a connu une certaine efficacité politique et sociologique). Ainsi, les succès de La France Insoumise se font généralement sur le dos du reste de la gauche et ne la font pas progresser.
Un barrage « anti-LFI / alliances avec LFI » a été constaté localement dans plusieurs grandes villes, allant jusqu’à provoquer des transferts de la gauche vers la droite entre les deux tours : outre Toulouse et Limoges, on pense par exemple à Brest, où le total gauche atteint 51% au 1er tour et échoue à 38% au second tour après la fusion. On pense aussi à… Tulle, où la droite bénéficie d’un vote utile du RN mais aussi d’une partie de la gauche, ainsi qu’à Besançon et Clermont-Ferrand. Notons aussi que dans ces villes, certains des maires usés (François Cuillandre se présentait pour un 5e mandat) ou des candidats de centre gauche avaient été particulièrement virulents contre toute idée d’alliance avec LFI avant de changer leur fusil d’épaule : on peut aisément imaginer que leurs électeurs n’aient pas suivi un tel opportunisme. A contrario, sans fusion gauche+LFI à Lyon, Grenoble et Nantes, ces villes auraient basculé à droite.
À un an de la présidentielle, toute la gauche est perdante, et pas simplement les écologistes. Les clivages sont profonds, même si à l’exception notable d’un centre-gauche ulcéré par LFI, les électeurs de gauche demeurent encore relativement unitaires. Retrouver le chemin de l’unité et de l’espoir paraît hors de portée à ce stade. Un changement de ton serait bienvenu, ne serait-ce que pour amorcer une désescalade.
Dans les banlieues populaires des grandes métropoles de notre pays, une nouvelle génération politique accède également aux responsabilités. Elle n’est pas exclusivement LFI, même si les changements dans ces banlieues populaires ont pu aussi traduire un remplacement des équipes PCF ou PS par des équipes « insoumises ». Il faut surtout noter que l’émergence de cette génération politique suit une forme de resocialisation politique d’une partie des classes populaires issues de l’immigration à travers le vote LFI (à l’occasion des campagnes présidentielles et législatives de 2022 et de la législative anticipée de 2024). Dans ces conditions, la gauche socialiste et écologiste aurait tort de faire l’autruche et de préparer les futurs rendez-vous politiques avec une ligne ignorant les attentes des électeurs de LFI : tenir compte de leurs aspirations, les écouter et les entendre sont une condition indispensable au demeurant pour réduire l’influence de LFI, l’enfermement identitaire et la brutalisation du débat public (elle n’est pas toujours seule sur ce créneau), dont elle accompagne trop souvent son emprise. Dans le même temps, la gauche non insoumise ne peut non plus ignorer cette France périurbaine et des sous-préfectures où elle recule face à une droite qui se radicalise (voir plus bas) et qui reste méprisée par LFI : l’urgence de trouver un discours unificateur des classes populaires n’a jamais été aussi forte.
Sans résolution de cette quadrature du cercle, pour la gauche, l’équation principale reste inchangée. À ce stade, elle est incapable d’offrir un débouché politique susceptible de franchir son plafond de verre de 30%. LFI empêche la reconquête du centre évadé chez Macron, tandis que la sociologie et le système de valeurs du PS et des écologistes empêchent la reconquête des classes populaires.
Des droites en hausse dans leur pluralité
Le total « droite 2026 » enregistre aussi un recul dans les villes de plus de 14 000 habitants, mais moins marqué. Par rapport à 2020, elle n’en perd que 7, passant de 305 à 298. Une érosion bien plus faible qu’entre 2014 et 2020, où elle en avait perdu 34.
Mais en comptant l’ensemble des communes de plus de 3 500 habitants (70% des Français), l’image est plus nette : la droite est la gagnante des municipales, avec 1 267 villes gagnées sur 3 343 (contre 1 250 en 2020).
Le total « centre » (essentiellement Modem + UDI) reste globalement stable entre 2020 et 2026, avec 92 villes de plus de 14 000 habitants, contre 94 en 2020. Il se maintient à un point haut par rapport à 2014, où il n’avait gagné que 79 de ces villes – mais en comptant l’illusion d’optique due aux défections du PS vers Macron (une dizaine de villes).
À noter que sur l’ensemble des villes de plus de 3 500 habitants, les candidats étiquetés centristes passent de 471 victoires en 2020 à 586 en 2026. Cela ne signifie pas du tout une progression du macronisme, qui rate à nouveau ces municipales, mais plutôt une recomposition, pour ne pas dire une re-dénomination de la valse des étiquettes dans l’ensemble « droite + centre droit ».
Cette lame de fond peut s’expliquer par un fort réflexe conservateur. Dans de nombreuses « villes moyennes de classes moyennes », les électeurs ont voulu conforter une forme de statu quo. La figure rassurante de l’édile de droite modérée qui ne cherche pas à transformer, ni à « bâtir » (du logement social, ndlr), mais simplement à maintenir l’ordre, la tranquillité et la propreté, a séduit beaucoup de Français. Force est de constater que désormais, l’idée du changement est devenue inquiétante.
Enfin, le total « extrême-droite » réalise une forte progression. De 8 villes de plus de 3 500 habitants en 2014 et 9 en 2020, elle est passée à… 64. Son échec dans les grandes villes (hormis Nice) est donc largement compensé par la prise de nombreuses villes moyennes et petites. La carte des élections nationales imprime davantage celle des élections locales. Les zones de domination de l’extrême-droite, particulièrement en Hauts-de-France et surtout Occitanie et PACA, se cristallisent à présent en mairies sonnantes et trébuchantes.
Le RN demeure favori pour la présidentielle, dans une France où la progression des droites semble inexorable. Au lendemain de ces élections municipales, le centre-droit retrouve son potentiel d’accession au 2nd tour face au RN, et risque, si la gauche reste ce qu’elle est, de devenir le porte-étendard le plus crédible du « front antifasciste », réduit à une offre d’immobilisme néolibéral et conservateur.
Un an pour éviter l’échec ?
Les responsables des organisations de gauche ont retrouvé le soir des élections municipales et quelques jours plus tard – le décès de la figure unificatrice et nostalgique de Lionel Jospin a offert un court répit – , leur réflexe habituel : l’invocation des gauches irréconciliables et de la radioactivité de LFI et de ses supplétifs.
Pourtant, les résultats des 15 et 22 mars auraient dû inciter chacun d’entre eux à plus d’humilité :
Le Parti Socialiste s’est déjugé sur les alliances de second tour (et n’explosera pas pour autant) et il ne saurait prétendre imposer à lui seul une ligne directrice, car son maintien dépend essentiellement de sa position favorable acquise au cours des décennies précédentes et à la capacité (imposée par la nécessité) à opérer dès le 1er tour de vastes rassemblements de la gauche républicaine et des écologistes, sans qu’il y soit forcément hégémonique.
Il n’existe pas dans le paysage politique de parti centriste qui soit autonome vis-à-vis de la droite et qui soit capable de porter (quelle que soit l’avis que l’on porte sur sa pertinence idéologique) une stratégie de « troisième voie », telle que voudrait l’incarner Raphaël Glucksmann (lui-même ne peut pas mener campagne sans le PS) qui compenserait électoralement la « gauche radicale ».
Si plus personne ne peut ignorer l’implantation locale de LFI dans une partie des banlieues populaires, ses succès sont limités à des terres déjà relativement acquises à la gauche et ne la font progresser en rien dans la perspective de briser le plafond de verre que Jean-Luc Mélenchon a déjà rencontré deux fois. L’irritabilité que la brutalisation de la vie politique produit lui ôte sans doute toute capacité à atteindre le second tour (sauf éparpillement massive de l’offre politique) en 2027 et surtout à battre l’extrême droite au moment décisif. Et tout le monde peine à imaginer une dynamique quelconque après la dernière candidature possible du candidat insoumis.
Si la gauche s’enferme dans un débat sans fin sur les alliances possibles et impossibles, sur des primaires au périmètre incertain, c’est que malheureusement ses organisations ont collectivement négligé le travail programmatique et la réflexion collective sur les transformations sociales à initier. Plutôt que de s’émouvoir des déclarations sans cesse plus provocatrices de Jean-Luc Mélenchon ou de promouvoir un nouveau concours de popularité sans projet, les partis et mouvements de gauche devraient collectivement s’atteler à débattre publiquement, sereinement et de manière organisée de leur vision du monde et de la société : que pensent-ils du nouveau capitalisme, des alternatives économiques à inventer, de l’avenir de la France et des Européens face à des impérialismes toujours hostiles, de l’intelligence artificielle, du vieillissement accéléré du pays, de l’organisation de l’État et des services publics, de l’école publique en grande difficulté, de notre souveraineté industrielle et donc de nos emplois, de la transition énergétique et de la manière de réussir la nécessaire sortie du carbone ?… La gauche saura-t-elle proposer autre chose aux travailleurs que des crédits d’impôt pour améliorer leur pouvoir d’achat ?
François Mitterrand l’avait compris en son temps : la gauche républicaine et socialiste ne peut pas gagner si elle ne prend pas en charge une partie de la radicalité qui s’exprime dans la société, la gauche ne peut pas s’unir si elle n’a que des egos à proposer. Il lui faut si ce n’est un programme commun, tout du moins une plateforme programmatique commune qui soit connue et comprise de nos concitoyens. Les socialistes, les écologistes, les communistes, la gauche républicaine, les ex-« insoumis » et tous les déçus du macronisme doivent avoir pour impératif d’engager enfin ce travail fédérateur qui cesse d’ignorer, des banlieues aux anciens bassins industriels, des pans entiers de leur camp social. Nous n’avons que trop tardé, il est urgent de se réveiller.
Performance des partis aux trois dernières élections municipales
en nombre d’élus par formation politique communes de plus de 14.000 habitants soit 30 millions d’habitants
Le samedi 11 octobre 2025, la Gauche Républicaine et Socialiste organisait ses journées de rentrée. Le premier des débats de l’après-midi était consacré au thème : La gauche est-elle condamnée à faire 30% des voix ? avec – Vincent Jarrousseau, photojournaliste, documentariste et réalisateur – Renaud Large, Fondation Jean-Jaurès, rédacteur du rapport sur la « troisième gauche » – Corinne Narassiguin, sénatrice, secrétaire nationale du PS – David Cayla, économiste et essayiste, Maître de conférences à l’université d’Angers, responsable de la GRS Le débat était animé par Damien Vandembroucq, membre du collectif de direction national de la GRS.
Mardi 4 novembre, à Lyon, la majorité de gauche et écologiste lance officiellement sa campagne pour les municipales de 2026. Grégory Doucet (élu écologiste et maire de Lyon) se positionne comme chef de file de cette alliance de la « gauche républicaine et socialiste », comme la nomme Rue 89 Lyon. Autour de Doucet on retrouve les partis comme le Parti socialiste, le Parti communiste français, l’Après, Génération·s, Place publique, Voix commune et, évidemment, la Gauche Républicaine et Socialiste autour de notre camarade Adrien Drioli. Lors de ce lancement place Antonin-Jutard (3ᵉ arrondissement), le Maire Grégory Doucet a déclaré que « chacun devra avoir sa place pour 2026 ». La campagne de cette gauche unie portera avant tout sur les préoccupations concrètes et quotidiennes des classes moyennes et populaires de Lyon : services publics, logement, l’accès à la propriété via le bail réel solidaire, encadrement des loyers… Ce positionnement se fait avant même la dimension écologique, ce qui marque un ordre de priorités explicite pour cette alliance, alors que d’autres font le choix d’une aventure solitaire face à une offensive brutale d’une droite au parfum ultra-conservateur avec Jean-Michel Aulas. La campagne se veut également participative : un rendez-vous prévu le samedi 8 novembre en presqu’île pour présenter les résultats d’une « Grande écoute », série d’échanges avec les habitants que les Verts avaient lancé dès l’été dans tous les arrondissements. La majorité de gauche à Lyon entre désormais en campagne, et reprend l’initiative après que les droites ont fait beaucoup de bruit depuis la rentrée.
« Penser, c’est chouette » a reçu Emmanuel Maurel, député, membre fondateur et animateur national de la Gauche républicaine et socialiste, à la veille du mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre 2025. Ils lui ont demandé de leur présenter sa vision de la situation dans laquelle se trouve la France, pourquoi nous en sommes là et quoi faire pour inverser la tendance afin de redresser la situation économique, politique et sociale et d’améliorer la vie des Français.
Comme les années précédentes, la Gauche Républicaine et Socialiste sera présente avec un stand à la Fête de L’Humanité (Base 217 au Plessis-Pâté, gare RER de Brétigny-sur-Orge) dans l’Essonne.
Nous vous accueillerons avec notre bar, notre librairie, des séances de dédicaces et quelques débats : notez d’ores-et-déjà le verre de l’amitié et l’intervention d’Emmanuel Maurel le samedi à 14h et le débat Benjamin Morel/Rémi Lefebvre le même jour à 17h. Notre Stand se situera cette année Avenue Louis-Viannet, en face du forum social (côté place Marie-Curie -cf. plan de la fête en bas de page).
Découvrez nos RDV et activités sur notre Stand qui sera ouvert dès le vendredi 12 midi.
Vendredi 12 septembre : – ouverture du stand de la Gauche Républicaine et Socialiste à midi – inauguration du stand du Parti de la Gauche Européenne à 16h00 (Place du Colonel-Fabien)
Samedi 13 septembre : – ouverture du stand de la Gauche Républicaine et Socialiste à 10h00 – Verre de l’Amitié de la GRS à 14h00
16h15 : Chloé Petat, membre du collectif de direction de la GRS et spécialiste du transport ferroviaire
Le débat du samedi – 17h : Rémi Lefebvre et Benjamin Morel débattront avec vous sur le thème : « La Gauche et les institutions ». Comment aborder les prochaines élections présidentielles ? Quelle réforme institutionnelle peut-elle ou doit-elle défendre ?
Les livres de Rémi Lefebvre et Benjamin seront évidemment disponibles dans la librairie du stand de la GRS. N’hésitez pas à demander à nos deux politistes de vous faire dédicacer leurs ouvrages.
Dimanche 14 septembre : – ouverture du stand de la Gauche Républicaine et Socialiste à 9h30 – Le débat du dimanche – 11h00 : « Peut-on encore mener une politique de gauche distincte dans une commune ? » Débat libre introduit et animé par Frédéric Faravel, Nathalie Moine et Adrien Drioli…
communiqué de presse de la Gauche Républicaine et Socialiste, mercredi 2 juillet 2025
Dans un monde chaotique et violent, défiguré par la montée des nationalismes, de la prédation économique et de l’obscurantisme, il est vital d’inventer un nouveau chemin progressiste.
Aucun pays n’est épargné par la vague brune. L’Europe, longtemps considérée comme un continent attaché aux libertés fondamentales et à un certain modèle social, voit prospérer sur son sol des forces politiques fascinées par les modèles autoritaires et brutaux.
Parce que nous refusons cette grande régression idéologique, parce que nous restons des militants du progrès dans la justice, nous en appelons à un grand sursaut collectif.
Face à l’adversité, la gauche française a toujours su se rassembler quand l’urgence l’exigeait, comme l’a montré la création rapide du Nouveau Front Populaire en juin 2024. Il faut donc saluer toutes les initiatives qui vont dans le sens de l’unité du camp progressiste.
Si l’idée d’un processus politique permettant l’émergence d’un candidat commun à l’élection présidentielle de 2027, tel que discuté aujourd’hui à Bagneux, est intéressante, elle ne peut se substituer au débat programmatique et à la nécessité d’un large rassemblement.
L’essentiel reste pour nous l’élaboration collective d’une plateforme commune de transformation économique, sociale et écologique capable d’enrayer le déclin du pays.
La France connaît une grave crise industrielle, un recul préoccupant de ses services publics, une érosion de sa souveraineté dans des domaines essentiels, la dégradation du travail, un déni croissant des réalités écologiques et scientifiques et, enfin, un affaiblissement de son pacte républicain. La gauche ne retrouvera de la crédibilité et de la force que si elle est capable de répondre à ses défis existentiels.
Pour fédérer les classes populaires autour de la République, pour créer une dynamique susceptible de rassembler une majorité de Français, l’élaboration d’une plateforme commune de transformation est une étape indispensable.
Le gouvernement a décidé de mettre les drapeaux français en berne sur les bâtiments publics samedi 26 avril, jour des funérailles du pape François. Une décision que critiquent, dans cette tribune publiée dans Marianne le 24 avril 2025, plusieurs personnalités juridiques, associatives, politiques ou universitaires au nom de la laïcité.
En décidant de mettre les drapeaux en berne pour la mort du pape François, Emmanuel Macron engage la Nation dans un deuil qui n’a rien de républicain. Ce geste n’a rien d’automatique : la France ne l’a pas fait pour Benoît XVI, ni pour Jean-Paul Ier. Elle ne l’a accordé qu’à des figures dont le rayonnement dépassait tout cadre spirituel ou dogmatique – Nelson Mandela, la reine Elizabeth II, le roi Hussein de Jordanie.
Or le pape, quel qu’il soit, reste avant tout une autorité religieuse. François n’échappe pas à la règle. Chef d’un État dont la vocation première est religieuse, il est l’incarnation du dogme catholique. Si ses prises de position sur le climat ou les inégalités ont pu séduire au-delà de l’Église, elles ne font pas de lui une figure universelle dont les valeurs rejoignent celles de notre République.
Laïcité malmenée
Mettre les drapeaux en berne, c’est associer symboliquement l’ensemble de la République à cette peine. C’est demander à des millions de citoyens, croyants d’autres religions, agnostiques, athées ou indifférents, de porter un deuil qui n’est pas nécessairement le leur.
C’est une confusion grave entre ce qui relève de l’intime et ce qui engage l’État, le peuple, la nation. Dans une République laïque, on ne pleure pas au nom de tous en fonction d’un culte. Ce n’est pas la première fois que le président malmène la laïcité. On se souvient de son discours aux évêques de France, appelant à « réparer le lien abîmé » entre l’Église et l’État.
De sa visite au Vatican, assumée comme une démarche « intime ». D’un déjeuner à l’Élysée avec bénédiction à la clé. Le report d’un projet de loi sur la fin de vie en raison de la venue de ce même pape. Plus récemment, il a allumé les bougies de Hanouka dans les salons de la République. À chaque fois, la même logique, la même confusion entre l’observance d’un principe fondamental de notre République qui impose à l’État la neutralité à l’égard des cultes et une laïcité édulcorée, envisagée comme sensible à tel ou tel culte selon les circonstances. Mais la laïcité n’est pas et ne doit pas être un principe à géométrie variable ! La laïcité n’est pas la coexistence des religions sous le regard bienveillant de l’État. Ce n’est pas un dialogue interreligieux orchestré depuis l’Élysée. Ce n’est pas l’État qui s’incline devant les dogmes.
La laïcité, c’est la séparation. C’est la liberté absolue pour chaque citoyen de croire, de ne pas croire, de ne pas savoir, de douter, de changer d’avis ou d’être indifférent à la chose religieuse. C’est la possibilité d’afficher ce que sont ses convictions dans le cadre de la loi, mais aussi de les garder pour soi si on le souhaite. Et le seul moyen d’assurer cela, réside dans la neutralité stricte de l’État face à toutes les croyances. C’est une République qui protège toutes les consciences, tous les individus, chaque citoyen sans préférence.
Ne pas ménager les sensibilités
À l’approche des 120 ans de la loi de 1905, il est plus que temps de remettre les pendules à l’heure. Cette loi fondatrice n’a pas instauré un quelconque respect qui serait dû aux religions – elle les a sorties de la sphère publique pour garantir la liberté de tous. Elle ne visait pas à ménager les susceptibilités religieuses, mais à permettre la souveraineté de l’espace civil et politique, un espace autonome, affranchie des dogmes.
Les bâtiments publics sont les temples de la République, pas ceux de la foi. Les drapeaux tricolores n’ont pas à s’abaisser pour honorer un chef religieux, aussi respecté et aussi respectable soit-il. Chacun est libre d’éprouver du chagrin. Mais personne ne peut imposer son ressenti à la communauté nationale toute entière.
La laïcité n’est pas la négation de la foi : elle est la condition de sa liberté. Mais la République ne peut être le réceptacle d’une seule partie de la population et de sa peine légitime. Elle ne reconnaît que les citoyens qui la composent, en cette seule qualité.
Mettant soigneusement en scène le retrait des USA de l’Accord de Paris sur le climat, le rejet des engagements financiers internationaux liés dont le soutien aux pays du sud, la fin des aides allouées à l’achat de véhicules électriques, un moratoire sur le développement du parc éolien, … Donald Trump, nouveau président en exercice des États-Unis d’Amérique avec un programme mêlant néofascisme et libertarianisme au profit de l’oligarchie la plus caricaturale, signe l’abandon des politiques américaines en faveur du climat. Et il enfonce le clou en décrétant un état d’urgence énergétique visant à doper la production de pétrole et de gaz des États-Unis, déjà premier producteur mondial, en revenant sur des interdictions de forage dans des zones protégées dont l’Alaska.
Les incendies ravageurs de Californie, conséquence du dérèglement climatique, la fonte exponentielle des glaces des deux pôles, la multiplication des tornades meurtrières balayant les zones habitées des océans comme à Mayotte ou à la Nouvelle-Orléans, le réchauffement général constaté du hot spot méditerranéen à la Sibérie, … Tant et tant d’exemples et d’analyses chiffrées ! Face à ces faits, Donald Trump oppose son refus de comprendre la portée du dérèglement climatique. Ceci est incompréhensible pour les Américains mais aussi pour l’humanité alors que l’objectif de l’accord de Paris limitant à 1,5°c la hausse de températures n’a pas pu être tenu. Les États-Unis, première puissance et premier pollueur historique, ont une obligation vitale pour éviter le pire, leur Président la foule aux pieds.
Gageons que d’autres populistes aux visions « bas du front » lui emboîteront le pas. Le président argentin l’a confirmé, tout comme les formations d’extrême-droite européennes, au pouvoir ou non.
L’internalisation de ce phénomène de déni de l’urgence climatique pourrait provoquer un «effet domino», incitant d’autres nations à relâcher leurs propres engagements environnementaux. Une telle dynamique pourrait compromettre grandement notre capacité à relever ce défi global, dont on sait qu’il nécessite un degré de collaboration international important.
Toutefois, si l’Europe est, pour une fois, réactive sur le plan industriel et si la France en était le fer de lance, cela pourrait être une opportunité pour notre vieux continent.
En effet, le secteur des énergies renouvelables croît et l’absence des USA sur ce marché porteur donne un avantage économique indéniable à l’industrie et l’agriculture française. C’est ce que nous dit Laurence Tubiana, architecte de l’accord de Paris « La transition mondiale bénéficie d’un élan économique imparable ». C’est ce pour quoi nous avons déjà plaidé à plusieurs reprises dans nos prises de position.
Nous militons pour qu’en France un Plan pluriannuel d’investissements soit fléché vers les énergies propres (géothermie, éoliennes, nucléaire, hydrauliques, hydrogène, …) et les économies d’énergie, activité profitable aux entreprises et plus particulièrement au Bâtiment.
Ceci nécessite que les parlementaires et l’exécutif se donnent les moyens d’une fin de non recevoir ferme à la revendication par la droite et l’extrême droite de Le Pen et Wauquiez d’un retour de bâton contre les opérateurs nécessaires à ce virage industriel :
l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) qui finance pour 92% les projets de décarbonation industriels ou de collectivités locales ;
l’Office français de la Biodiversité qui nous protège des atteintes aux espaces naturels, à la biodiversité et, surtout au cycle de l’eau (dont les agences sur le terrain font les frais d’actions de vandalisme ou même d’occupation) ;
l’Agence Bio qui accompagne 89 000 acteurs économiques pour 215 00 emplois.
Cela implique que l’ensemble des politiques publiques, de l’industrie au bâtiment, de l’alimentation à la cohésion des territoires (ville ou rural, et en priorité en direction des plus modestes) soient des leviers de mise en œuvre active des outils et des crédits dont disposent ses opérateurs. Ceci nécessiterait que le gouvernement fasse preuve de courage et se lance dans des politiques industrielles et climatiques d’avenir. Malheureusement ce n’est pas le chemin choisi par la droite gouvernementale qui, au Sénat, acte une baisse généralisée des programmes écologiques : fermeture de l’Agence bio ; 175 M€ en moins pour l’électrification du parc automobile (qu’est censé compenser le mécanisme de certificat d’économie d’énergie) ; 200 M€ de moins pour les énergies renouvelables ; 700 M€ de moins à « MaPrime Rénov » ; 50 M€ de moins pour les infrastructures de transport ; 30 M€ de moins pour la biodiversité… même le « fonds vert » perd 1,5 Md€ par rapport à 2024.
La GRS a dans ce domaine des suggestions1 à soumettre à l’ensemble de ses partenaires pour conduire une politique au service de la France et des Français.
Alain Fabre-Pujol, Maxence Guillaud, Henri Fiori et Frédéric Faravel
intervention de mathieu pouydesseau pour la Gauche Républicaine et Socialiste au bureau exécutif du Parti de la Gauche Européenne (PGE), Berlin, samedi 11 janvier 2025
Le Capitalisme européen et international a utilisé les outils anti travail habituels :
Hausse des taux d’intérêts, Christine Lagarde et Ursula von der Leyen posant comme stratégie que le passage par une courte récession était nécessaire pour maîtriser l’inflation ;
Guerres et tensions géopolitiques ;
Transfert des revenus des salariés aux actionnaires, de l’Etat aux monopoles privés ;
Division des classes salariés et populaires par race et genre, par boucs émissaires.
C’est la Weimarisation européenne et occidentale que nous avions théorisé dès 2017.
L’Autriche rejoue aujourd’hui le moment de janvier 1933.
La France est en juin 1932 : avec un parlement sans majorité. L’union des gauches initiée par François Ruffin et les écologistes s’est imposée aux deux forces contraires de la gauche, les Insoumis et les social-démocrates. L’extrême droite a cependant fait 1 million de voix de plus que la gauche unie.
Elle a perdu en sièges grâce à notre mode de scrutin et à une coalition de barrage entre la gauche et des partis bourgeois libéraux. L’extrême droite a progressé cependant de 7 points au second tour. Mais les partis bourgeois ont trahi ce front républicain pour garder le pouvoir, étant majoritaire avec l’extrême droite.
La droite française et les droites libérales et bourgeoises ailleurs en Europe sont aujourd’hui comme hier sont devant leur responsabilité de choisir entre une alliance (ou une complaisance) avec l’extrême droite ou des stratégies de défense irréductible de la démocratie (c’est une façon de rejouer le « moment Von Papen », du nom de ce Chancelier allemand, conservateur catholique, aux affaires lors du second semestre 1932, qui conseilla au Président de la république allemande, le Maréchal Hindenburg, de nommer Hitler Chancelier à la tête d’un gouvernement où les partis conservateurs resteraient cependant majoritaires). En France, Michel Barnier avait visiblement choisi de négocier avec le Rassemblement national pour tenter de faire adopter son projet de budget pour 2025 : il a été censuré ; on ne sait pas encore quelle sera la réalité des arbitrages de François Bayrou (la composition de son gouvernement, tournant le dos au message électoral, est peu encourageante, mais l’ouverture de discussions avec la gauche diffère au moins sur la forme de la voie choisie par Michel Barnier : on commencera à mesurer la « vérité des prix » le 14 janvier 2025 lors de sa déclaration de politique générale).
L’Allemagne est hésitante, mais là encore c’est bien la bourgeoisie libérale qui est prête à sacrifier la démocratie pour protéger ses privilèges fiscaux.
L’Italie et les Pays Bas ont déjà franchi les lignes vécu leur « moment Von Papen ». La Belgique, notre camarade du PTB l’a dit, est aussi en voie de von Papenisation.
Car le militarisme comme la question migratoire sont des instruments de diversions pour détourner notre attention de l’objectif principal des bourgeoisie libérale : le maintien des structures fiscales et économiques ayant transféré la richesse du travail au capital.
Notre incapacité à combattre ces évolutions explique le ralliement des classes populaires a l’extrême droite. Voilà notre défi : comment remettre la question du pouvoir d’achat et du partage des richesses au cœur de nos actions, au cœur du débat politique civique.
Regardez la victoire de Trump aux États-Unis : des États ont tout à la fois voté pour augmenter le salaire minimum, la protection médicale, le droit a l’avortement ET « en même temps » pour Trump.
L’inflation et la perte de pouvoir d’achat a tué les Démocrates. Les questions sociétales sont secondaires. Le capitalisme de Trump et Musk, c’est un darwinisme social, raciste, anti-démocratique. Il accepte jusqu’à 6 degrés de réchauffement climatique. Il compte en tirer de la richesse.
Notre camarade grec a rappelé la crise du logement : c’est le fonds aussi du transfert des revenus du travail au capital. Salaire et logement ! Revenons aux bases pour combattre le néofascisme ! Ne reproduisons pas les erreurs des gauches allemandes en 1932.
Nous avons besoin de vous !
Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.