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  • Chronique de communication narrative : « Et si Emmanuel Maurel était le vrai gagnant de la primaire social-démocrate ? »

    Chronique de communication narrative : « Et si Emmanuel Maurel était le vrai gagnant de la primaire social-démocrate ? »

    En remportant largement la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann a gagné une bataille. Mais à gauche, la prochaine échéance ne se jouera peut-être pas uniquement dans les urnes. Elle se jouera aussi dans la capacité à reconstruire un récit politique commun. « Et si Emmanuel Maurel avait, sur ce terrain, une carte à jouer ? » se demande Elliott Aubin, expert en communication narrative et ancien élu, dans cette tribune publiée par Marianne le jeudi 15 octobre 2026.

    En politique, on commente les vainqueurs. Les résultats tombent, les éditorialistes cherchent déjà le prochain duel. La primaire sociale-démocrate n’a pas échappé à la règle : avec plus de 66 % des suffrages, Raphaël Glucksmann s’est imposé sans contestation. À 5,92 %, Emmanuel Maurel semble n’avoir rien à revendiquer.

    Pourtant, les débats ont révélé autre chose qu’un rapport de forces : différentes manières de raconter la gauche et de concevoir son rassemblement. Et si l’enjeu n’était pas seulement de savoir qui la représentera en 2027, mais qui contribuera à la reconstruire ensuite ?

    L’art de ne pas jouer exactement le même jeu

    À rebours de la personnalisation et de la course à la visibilité, Maurel a choisi une posture posée : un ton mesuré, une parole construite, une relative distance à l’égard des affrontements entre ses concurrents.

    La mécanique est pourtant rodée. Il faut exister médiatiquement, imposer une différence, incarner une promesse. Le candidat devient le héros et la preuve vivante de son histoire. Dans cette dramaturgie, la victoire devient une qualité en soi : il faut être celui qui peut gagner, autour duquel les autres doivent se ranger. La bataille pour incarner la victoire prend parfois le pas sur l’explication de ce que l’on veut gagner, et pourquoi.

    Face à Glucksmann, Maurel a tenté de déplacer la discussion. Chacun croyait en ses chances, a-t-il rappelé, avant de revenir aux principes du socialisme démocratique : le partage des pouvoirs, des savoirs et des richesses. Là où la capacité à gagner devient un argument de légitimité, il ramène la discussion vers ce qui devrait justifier la conquête du pouvoir. Suffisant pour remporter une élection ? Manifestement pas dans cette primaire. Mais une posture peut prendre un autre sens quand le contexte change.

    En remportant largement la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann a gagné une bataille. Mais à gauche, la prochaine échéance ne se jouera peut-être pas uniquement dans les urnes. Elle se jouera aussi dans la capacité à reconstruire un récit politique commun. Et si Emmanuel Maurel avait, sur ce terrain, une carte à jouer ? Se demande Elliott Aubin, expert en communication narrative et ancien élu.

    En politique, on commente les vainqueurs. Les résultats tombent, les éditorialistes cherchent déjà le prochain duel. La primaire sociale-démocrate n’a pas échappé à la règle : avec plus de 66 % des suffrages, Raphaël Glucksmann s’est imposé sans contestation. À 5,92 %, Emmanuel Maurel semble n’avoir rien à revendiquer.

    Pourtant, les débats ont révélé autre chose qu’un rapport de forces : différentes manières de raconter la gauche et de concevoir son rassemblement. Et si l’enjeu n’était pas seulement de savoir qui la représentera en 2027, mais qui contribuera à la reconstruire ensuite ?

    L’art de ne pas jouer exactement le même jeu

    À rebours de la personnalisation et de la course à la visibilité, Maurel a choisi une posture posée : un ton mesuré, une parole construite, une relative distance à l’égard des affrontements entre ses concurrents.

    À lire aussi : Raphaël Glucksmann vainqueur de la primaire de gauche : l’impossible « en même temps »

    La mécanique est pourtant rodée. Il faut exister médiatiquement, imposer une différence, incarner une promesse. Le candidat devient le héros et la preuve vivante de son histoire. Dans cette dramaturgie, la victoire devient une qualité en soi : il faut être celui qui peut gagner, autour duquel les autres doivent se ranger. La bataille pour incarner la victoire prend parfois le pas sur l’explication de ce que l’on veut gagner, et pourquoi.

    Face à Glucksmann, Maurel a tenté de déplacer la discussion. Chacun croyait en ses chances, a-t-il rappelé, avant de revenir aux principes du socialisme démocratique : le partage des pouvoirs, des savoirs et des richesses. Là où la capacité à gagner devient un argument de légitimité, il ramène la discussion vers ce qui devrait justifier la conquête du pouvoir. Suffisant pour remporter une élection ? Manifestement pas dans cette primaire. Mais une posture peut prendre un autre sens quand le contexte change.

    Un personnage ne fait pas une histoire

    Dans sa Poétique, Aristote souligne le rôle de l’intrigue : la cohérence d’une histoire tient à l’organisation des actions, pas seulement à la personnalité de celui qui la porte.

    Une candidature présidentielle doit, elle aussi, raconter une transformation collective : d’où vient-on, que faut-il changer, vers quel horizon avancer ? Le candidat est essentiel. Il n’est pas, à lui seul, le récit. Glucksmann dispose désormais d’une légitimité pour porter sa candidature. Mais sa victoire ne répond pas à toutes les questions : comment élargir sa base électorale ? Articuler les sensibilités de la gauche ? Construire une proposition qui dépasse le simple rejet de Mélenchon ?

    Le scrutin désigne un candidat. Il ne résout pas le problème politique auquel celui-ci devra répondre. Maurel, lui, a perdu la bataille de l’incarnation. Prétendre qu’il aurait déjà gagné ailleurs serait absurde. Mais sa conception de la gauche ne se réduit pas à savoir qui peut battre qui. Cette différence pourrait compter.

    Après 2027, le problème restera entier

    Imaginons un scénario qui n’a rien d’acquis : Mélenchon échoue à accéder à la présidence et Glucksmann ne transforme pas sa victoire à la primaire en dynamique électorale suffisante. Que restera-t-il à la gauche ? Désigner un nouveau candidat ou négocier une alliance entre appareils ne suffira pas. Il faudra répondre à une question plus profonde : quelle gauche reconstruire, autour de quelle histoire commune ?

    Une partie du débat l’enferme dans une alternative : d’un côté, une stratégie fondée sur la confrontation avec le système et la rupture ; de l’autre, une social-démocratie républicaine et pro-européenne, soucieuse de se distinguer de LFI. Ces orientations ne résument pas toute la gauche. Mais elles soulignent une difficulté : le rassemblement ne peut reposer durablement sur un adversaire commun, ni sur l’addition de forces qui divergent sur la transformation sociale.

    Il lui faut un projet. Et ce projet a besoin d’un récit. L’urgence climatique peut donner un cap à ce rassemblement : faire de la transformation écologique un levier de justice sociale. La réflexion de Paul Ricœur sur l’identité narrative, dans Soi-même comme un autre, éclaire cet enjeu. Une identité n’est pas une essence immuable : elle se construit aussi par les récits qui relient ruptures et continuités. Transposée à la politique, la question devient : comment se transformer sans perdre ce qui permet de se reconnaître dans une histoire commune ?

    Démondialiser, démarchandiser, démocratiser

    La gauche possède un héritage social, républicain, démocratique et ouvrier. Elle s’est aussi divisée sur l’Europe, la souveraineté, la mondialisation et les compromis du pouvoir. Le défi n’est pas de choisir entre fidélité et rupture, mais de déterminer ce qui, dans cet héritage, peut transformer le présent.

    C’est sur ce terrain que Maurel mérite d’être observé. Démondialiser, démarchandiser, démocratiser : son triptyque tente de relier des combats trop souvent séparés. Le travail rejoint la répartition des richesses ; la souveraineté, la capacité collective à décider. La démocratie concerne aussi les lieux où se produisent les richesses et s’organise le travail.

    Reste à dépasser le cercle des convaincus. Un projet intellectuellement cohérent n’est pas encore un récit populaire. Il faut le rendre compréhensible, désirable et assez concret pour que chacun y reconnaisse quelque chose de sa propre existence.

    Perdre une primaire, gagner une place dans l’histoire ?

    Toute défaite n’annonce pas une victoire future. Rien ne dit que Maurel rassemblera la gauche après 2027 : son audience reste limitée et d’autres peuvent participer à cette reconstruction. Mais son score ne suffit pas à clore le débat sur son positionnement. Un scrutin mesure un rapport de forces dans un contexte et un électorat donnés. Il ne dit pas tout de la capacité d’une idée à s’installer durablement.

    La politique se joue dans plusieurs temporalités : la désignation, la campagne, l’exercice du pouvoir, mais aussi la reconstruction des familles politiques. Glucksmann a remporté la première bataille. LFI devra penser sa succession. La gauche devra dépasser ses oppositions internes. Maurel pourrait y prendre sa place, à condition de transformer ses principes en projet et son discours en une histoire capable de dépasser son propre courant.

    Maurel a-t-il un coup d’avance ? Rien ne permet encore de le dire. Mais si 2027 ouvre une recomposition à gauche, la question ne sera plus seulement de savoir qui a gagné la primaire. Elle sera de savoir qui aura contribué à définir ce que la gauche veut devenir.

    Eliott Aubin

  • De la primaire à la présidentielle

    De la primaire à la présidentielle

    Au sortir de l’été, la GRS a choisi de s’associer au processus de primaire initié par le PS et Place Publique. Malgré ses limites et un périmètre que nous aurions préféré plus large, cette consultation militante a permis de faire vivre, dans les médias, les débats qui traversent la gauche. L’audience importante des débats télévisés a montré l’intérêt des Français pour les propositions de la gauche socialiste, afin de redresser un pays abîmé par dix années de macronisme.

    Emmanuel Maurel a porté dans ces débats la parole de GRS avec talent. La cohérence de sa ligne (démondialiser, démarchandiser, démocratiser) a été saluée. De la proposition d’un grand emprunt citoyen à la rénovation de la démocratie sociale, ses propositions programmatiques ont rencontré un large écho ont pu être diffusées bien au-delà de l’audience habituelle de notre parti. Les quelque 7000 voix (près de 6%) obtenues, lors de ce scrutin au périmètre très fermé, marquent tout à la fois un réel succès d’estime et l’ampleur du travail qui s’offre à nous pour diffuser nos propositions au plus grand nombre.

    Raphaël Glucksmann a remporté un succès aussi large qu’incontestable et aura donc la lourde tâche de représenter la gauche socialiste à la prochaine élection présidentielle. Il lui appartient maintenant de montrer sa capacité à rassembler à gauche et à tracer un chemin qui permette à la France d’échapper au retour au pouvoir d’une extrême droite xénophobe et capitularde. La victoire ne sera possible que si la gauche réussit à convaincre les Français de sa capacité à améliorer concrètement leurs conditions de vie et leur environnement. 

    La GRS apportera à ce combat son soutien déterminé et exigeant. Le rendez-vous est historique, le défi qui s‘annonce est immense, les vents médiatiques seront contraires, l’union à gauche sera plus que jamais un combat. Pour les militants politiques que nous sommes, la campagne n’en sera que plus exaltante !

  • INSCRIVEZ-VOUS AUX UNIVERSITÉS D’AUTOMNE DE LA GRS – 7 et 8 novembre 2026, Montpellier

    INSCRIVEZ-VOUS AUX UNIVERSITÉS D’AUTOMNE DE LA GRS – 7 et 8 novembre 2026, Montpellier

    L’Université d’automne de la Gauche Républicaine et Socialiste se tiendra les 7 et 8 novembre à Montpellier, à l’Espace Pitot, place du Professeur-Mirouze.

    Vous recevrez prochainement le programme détaillé, mais vous pouvez d’ores-et-déjà vous inscrire en ligne pour réserver votre place.

    La participation à cet événement est gratuite.

    Seule une contribution financière sera demandée pour le dîner du samedi soir.

    Nos travaux débuteront le samedi 7 novembre à 9h30 et s’achèveront le dimanche 8 novembre à 13h. Ce sera un nouveau moment fort pour le rassemblement à gauche.

    Ensemble, construisons le rassemblement de toutes celles et ceux pour qui la République jusqu’au bout, comme le disait Jaurès, reste une idée d’avenir !

    Inscrivez-vous dès maintenant et réservez vos voyages et hôtels.

  • « Il faut se défendre contre les fonds vautours » Emmanuel Maurel dans les Grandes Gueules de RMC

    « Il faut se défendre contre les fonds vautours » Emmanuel Maurel dans les Grandes Gueules de RMC

    Emmanuel Maurel, candidat à la primaire de la gauche socialiste, député du Val-d’Oise et animateur national de la GRS, était vendredi 25 septembre 2026 l’invité des Grandes Gueules RMC.
    Il a notamment présenté sa proposition de grand emprunt citoyen pour redresser la France, en finançant la réindustrialisation, la transition écologique, la recherche et la formation.
    Notre économie va mal et notre industrie est en déclin. Les Français ont beaucoup d’épargne, et notamment les seniors. Dans notre société où il y a de la colère et de la tension, ce grand emprunt sera un pacte entre les générations grâce auquel tous les Français pourront se projeter vers l’avenir.
    La désindustrialisation, c’est aussi que nous envoyons des matières premières à l’étranger, qu’on importe après qu’elles ont été transformées.
    Exemple : le lin. La France est premier producteur mondial, mais c’est en Chine qu’on envoie notre lin pour être tissé.
    On peut retrouver une industrie textile à partir du lin. Le grand emprunt citoyen que je propose pourra financer les investissements pour avoir en France les usines qui tisseront le lin.
    Fait inhabituel dans une émission connue pour déverser sur les invités de gauche tous le poncifs poujadistes possibles, Emmanuel Maurel a convaincu son auditoire de la pertinence de ses propositions (sauf les deux animateurs évidemment).

  • « La France a encore des choses à faire et à dire ! Nous pouvons étonner le monde ! » Emmanuel Maurel sur LCI

    « La France a encore des choses à faire et à dire ! Nous pouvons étonner le monde ! » Emmanuel Maurel sur LCI

    Interrogé lundi 21 septembre 2026 à 10h00 par les journalistes de LCI, Emmanuel Maurel a pu présenter ses réponses d’urgence pour soulager les Français·es et une vision à moyen terme pour une électrification massive du pays, qui doit s’accompagner d’un effort d’investissement rassemblant nos compatriotes et les générations.

    Il a rappelé que l’exercice d’une primaire ne doit pas être l’occasion de s’envoyer à la figure des punchlines, mais de proposer un vrai projet. Il convient également de rassembler la gauche autour d’un projet d’avenir si l’on veut gagner.

    Emmanuel Maurel ne confond pas certains dirigeants politiques de LFI avec leurs électeurs : le sujet n’est pas LFI ou pas, mais comment on répond aux attentes des Français·es ! Investir dans l’avenir et défendre le monde du travail !

  • « Présenter aux Français·es nos propositions, pas nos querelles », Emmanuel Maurel sur Public Sénat

    « Présenter aux Français·es nos propositions, pas nos querelles », Emmanuel Maurel sur Public Sénat

    Emmanuel Maurel, candidat à la primaire de la Gauche socialiste, était l’invité de Public Sénat ce lundi 21 septembre 2026 à 8h.

    Interrogé par Oriane Mancini de Public Sénat et Stéphane Vernay du quotidien régional Ouest-France, il a rappelé les raisons de sa candidature, sa conviction que la gauche était en capacité de battre l’extrême droite pour peu qu’elle présente des propositions qui intéressent réellement nos concitoyens. Au-delà des mesures d’urgence, Emmanuel Maurel souhaite également que ces primaires soient l’occasion pour lui de présenter un véritable projet de société à nos compatriotes, le chemin pour changer de système et redresser la France et sa place en Europe et dans le monde.

    Cela implique non de se définir par rapport aux autres, mais d’abord et avant tout d’exposer nos propositions, ce que nous défendons : les Français·es ne s’intéressent pas aux vaines querelles.

  • Passionnément républicain, résolument socialiste

    Passionnément républicain, résolument socialiste

    La primaire de la gauche socialiste est lancée.

    Emmanuel Maurel est candidat pour porter une voix singulière, à gauche, sur la France et en Europe, pour proposer une vision politique aux Français·es : une gauche en 3D – Démondialisation, Démarchandisation, Démocratisation. Passionnément républicain, résolument socialiste, nous sommes convaincus qu’avec lui une gauche authentique, crédible, et qui tire les leçons des erreurs du passé, peut convaincre une majorité de Français·es et battre la droite et l’extrême droite.

    Nous croyons en la force de notre idéal commun : celui de la République laïque, démocratique et sociale. L’aspiration à l’égalité n’a pas disparu. Le besoin de fraternité est plus impérieux que jamais. Face à l’individualisme-roi qui isole, à la société du tout-marché qui écrase, à la pulsion consumériste qui avilit, nous répondons par le primat de la solidarité, l’autorité de l’Etat et l’instauration d’une République écologique. Face à la montée du racisme et de l’antisémitisme, des obscurantismes et des complotismes, nous opposons l’émancipation des citoyens par la laïcité, l’éducation, la science et la raison.

    Nous nous battons pour enrayer le déclin de la France et financer les investissements qui permettront d’ouvrir un nouveau cycle de prospérité en réindustrialisant le pays. Nous nous battons pour défendre le monde du travail, car les salariés de ce pays, les ouvriers, les employés, les fonctionnaires ont été brutalisés pendant dix ans et c’est en s’appuyant sur eux que nous redresserons le pays.

    Nous avons besoin de votre soutien et de votre énergie.

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  • « La gauche doit réhabiliter la lenteur, l’attention aux êtres et la beauté… » Emmanuel Maurel, candidat à la primaire de la gauche socialiste dans le Nouvel Obs

    « La gauche doit réhabiliter la lenteur, l’attention aux êtres et la beauté… » Emmanuel Maurel, candidat à la primaire de la gauche socialiste dans le Nouvel Obs

    Le député du Val-d’Oise, fondateur de la Gauche républicaine et socialiste, détaille auprès du Nouvel Obs son projet.
    Propos recueillis par Rémy Dodet, publié le mardi 15 septembre 2026 à 17h00

    Les candidats à la primaire sociale-démocrate avaient jusqu’à ce mardi 15 septembre pour se faire connaître. Le leader de Place publique Raphaël Glucksmann, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) Olivier Faure, les députés socialistes Philippe Brun et Jérôme Guedj et l’ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal ont annoncé leur intention d’y participer. Emmanuel Maurel n’est pas le plus connu, mais il sera bien présent sur l’affiche du scrutin, dont le 1er tour est prévu les 9-10 octobre et le 2nd les 16-17 octobre. Cette ancienne figure de l’aile gauche du PS, un temps proche du leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, préside la petite formation Gauche républicaine et socialiste (GRS).
    Député du Val-d’Oise, il détaille au Nouvel Obs ses propositions.

    Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj, Philippe Brun. Cette primaire compte déjà cinq candidats… Qu’est-ce qui justifie votre candidature ?

    Emmanuel Maurel- Je considère que je porte une voix singulière, pour la gauche, en France et en Europe. Et vous allez le voir à l’occasion de ce débat qui, j’en suis sûr, va intéresser les Français. Je pars d’une analyse rationnelle. Un pôle de radicalité à gauche s’est constitué, dont je ne partage pas tous les mots d’ordre. Sa stratégie, la polarisation maximale, peut entraîner au premier tour, mais elle comporte un risque majeur : perdre de façon spectaculaire au second. Par ailleurs, je considère que les macronistes ne peuvent pas gagner l’élection présidentielle, en raison de leur bilan économique, social et financier catastrophique. J’ai longtemps été militant du Parti socialiste et le parti que j’ai fondé avec Marie-Noëlle Lienemann s’appelle la Gauche républicaine et socialiste. Je me retrouve naturellement dans le camp républicain et socialiste. Ce camp organise une primaire. J’ai jugé pertinent d’être candidat.

    François Ruffin aurait-il dû pouvoir y participer ?

    Il y a quatre ans, dans votre journal, François Ruffin a dit lui-même qu’il était « social-démocrate ». Il a eu la dent très dure contre le Parti socialiste, c’est vrai. Il n’empêche qu’il appartient à notre famille, héritière des Lumières et du mouvement ouvrier. Ce que j’aimerais, c’est que tout le monde, y compris François Ruffin, explique en quoi cette primaire est une opportunité formidable à saisir pour faire revivre la grande famille de la gauche réformiste. Je fais le pari qu’un candidat de la gauche socialiste, crédible, authentique, qui a tiré les leçons des erreurs du passé, peut répondre aux colères et aux inquiétudes de nos concitoyens, se qualifier au deuxième tour et battre le Rassemblement national.

    Aujourd’hui, dans les sondages, Raphaël Glucksmann, candidat le plus avancé de la famille sociale-démocrate, semble encore loin du second tour. Jean-Luc Mélenchon lui en est tout proche…

    Les Français ont à la fois besoin de rupture et de rassemblement. De rupture avec la politique menée depuis dix ans, avec un certain modèle de développement qui débouche sur des impasses graves : le réchauffement climatique, le capitalisme du tout-jetable, la société du tout-marché, l’individualisme roi. Notre pays est à fleur de peau, toujours plus polarisé. Mais je sens chez les Français une aspiration à l’unité et au sursaut. Je suis agréablement surpris par le succès du film « la Bataille de Gaulle ». Les plus de 5 millions de Français qui l’ont vu, généralement, ce sont des parents avec leurs enfants, des grands-parents avec leurs petits-enfants. Ce sont des gens de droite et des gens de gauche. Evidemment, je ne vais pas faire de comparaison historique, mais j’y vois la preuve que nos compatriotes, même plein de colère et de doute, ne sont pas pour autant résignés. La France peut s’en sortir pour peu qu’elle se rassemble autour d’un projet mobilisateur et d’une grande idée qui la dépasse. La gauche doit être au rendez-vous de ce sursaut français.

    Vous avancez dans cette primaire trois grandes idées : démondialiser, démarchandiser, démocratiser… C’est un peu vaste, non ?

    Bien sûr, un candidat à la présidentielle doit répondre aux urgences de la vie quotidienne, les prix, les salaires… Mais je crois que pour emmener le peuple français, il faut lui proposer un projet de société et je veux donc présenter un autre modèle de développement. Il faut en finir avec la mondialisation libérale. On en voit les limites depuis le Covid-19. Nous sommes trop dépendants de l’extérieur, et notamment du Sud-Est asiatique. La priorité est de relocaliser la production. Pas seulement pour des raisons économiques. Mais aussi parce que la mondialisation participe de la catastrophe écologique.

    Un jean, par exemple, peut avoir fait des dizaines de milliers de kilomètres, conçu à tel endroit, teint dans un autre, marketé ailleurs, tout ça en ayant consommé des quantités d’eau astronomiques, alors qu’en France une filière textile est en train de se reconstituer, qui fabrique des jeans de qualité et qui vont durer bien plus longtemps. Les consommateurs, et plus seulement les bourgeois, se détournent de la fast-fashion et veulent faire confiance à une industrie 100% française, respectueuse des normes et des salariés.

    Vous appelez aussi à « démarchandiser » la société…
    Qu’entendez-vous par là ?

    Un candidat de gauche doit dire clairement qu’il n’accepte pas la société du tout-marché. Ça vaut pour des choses très simples : les services publics, les transports, l’eau… Mais, au-delà, c’est le lien social que nous devons soustraire aux règles du marché. Pourquoi ne déciderait-on pas que les Ehpad sortent du privé et soient pris en charge à 100% par la collectivité ? Il faut fixer des limites. Cela vaut aussi pour l’environnement et la biodiversité. Le grand botaniste Francis Hallé proposait de reconstituer une forêt primaire en Europe de l’Ouest. Je suis favorable à cette idée. On pourrait décider de laisser une plus grande partie du territoire national en libre évolution, sans intervention humaine, ou sous statut de « protection forte ».

    Démarchandiser, c’est aussi protéger nos enfants des incursions du marché dans leur vie intime. Nous travaillons gratuitement pour les Gafam [Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft] en les laissant exploiter nos données personnelles. Nos vies, dans ce qu’elles ont de plus sensible, sont d’une certaine façon privatisées pour faire des profits. Il nous faut des mesures fortes de régulation. Par exemple, un couvre-feu numérique pour les mineurs : on coupe les réseaux entre 22 heures et 6 heures. Regardez ce qui se passe avec Meta [maison-mère de Facebook et Instagram], récemment condamné : la puissance publique peut demander des comptes aux plateformes, se battre contre le caractère addictif des algorithmes des réseaux sociaux, les réguler, voire les interdire. C’est un enjeu de santé publique. De manière générale, je trouve qu’on n’analyse pas assez les mutations du capitalisme d’aujourd’hui.

    C’est-à-dire ?

    Nous vivons dans un monde hyperstressant, brutal, angoissant. La société du « scroll » et du « swipe », ça crée des catastrophes, en termes de santé mentale par exemple. Je pense qu’un authentique projet de gauche doit réhabiliter des choses aussi banales que la lenteur, l’attention aux êtres, au vivant, à la beauté… Une attention qui n’est pas compatible avec l’accélération permanente de ce turbo-capitalisme dont l’économie numérique est le meilleur représentant. Cela peut paraître utopique ou décalé, mais je crois que c’est fondamental.

    La gauche a-t-elle bien saisi ces nouveaux enjeux ? On a l’impression qu’elle est surtout en défense des acquis sociaux arrachés durant les Trente Glorieuses…

    Il faut voir la violence de l’offensive qu’on s’est pris dans la tête ! À la fin des années 1980, il y a eu un développement, anarchique, rapide, violent du capitalisme financier transnational. Nous, les socialistes, on raisonnait plutôt dans l’espace national avec des compromis sociaux. Nos repères traditionnels, les frontières, les normes, les règles, tout a été bouleversé. Il faut s’adapter à cette révolution. Mais je pense que oui, il y a encore beaucoup de choses à défendre. Et ce ne sont pas des combats archaïques. Dans cette campagne, une de mes priorités sera de défendre le monde du travail. Revenir sur les ordonnances Macron et sur la loi El Khomri, rétablir la hiérarchie des normes pour que l’accord de branche soit plus favorable que l’accord d’entreprise, réfléchir à une nouvelle organisation du travail, dans le privé mais aussi dans la fonction publique, au management d’aujourd’hui, tout ça doit faire partie du combat socialiste.

    Les finances de la France sont dans le rouge. Bercy a revu ses prévisions de croissance à la baisse, à 0,5%… Comment retrouver des marges de manœuvre ?

    C’est vrai que la situation économique et financière est mauvaise. Et pourtant, il est urgent d’investir ! Je propose un grand plan d’investissements sur l’électrification, la décarbonation, la revitalisation industrielle dans tous les territoires et l’indépendance militaire. Pour le financer, je propose que les Français y participent directement par le biais d’un grand emprunt populaire. Je pense notamment à la « grande transmission », ces 9000 milliards d’euros qui seront transmis en héritage d’ici à 2040. Je pense aussi à l’épargne des Français, soit 6 500 milliards d’euros. Je suis favorable à des idées comme celles de la « taxe Zucman » ou d’une contribution supplémentaire des méga-héritages, parce qu’il faut corriger les inégalités de patrimoines et que cela procure des recettes. Mais se contenter de ça ne suffit pas. Il faut une logique différente. Ce que je propose avec ce grand emprunt national, c’est un pacte entre générations. Si vous êtes un senior, que vous avez 70 ans et de l’épargne, vous pouvez participer au sursaut français et préparer un autre pays pour vos enfants et vos petits-enfants. C’est de la bonne dette, qui sert à investir, et c’est de la dette relocalisée, détenue par des Français pour des projets français. Les grands emprunts marchent à l’étranger. Ça peut fonctionner chez nous !

    En 2019, vous étiez élu au Parlement européen sur la liste de La France insoumise.
    Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, vous siégez au Palais-Bourbon avec les communistes au sein du groupe Gauche démocrate et républicain (GDR).
    Quand et pourquoi avez-vous rompu avec les insoumis ?

    J’ai fait un pari. J’ai cru que Jean-Luc Mélenchon serait le nouveau François Mitterrand, le rassembleur d’une gauche populaire et républicaine. Et je l’ai cru sincèrement, comme beaucoup d’électeurs de gauche. Et puis, sur les fondamentaux républicains, la Laïcité, l’universalisme, il s’est éloigné de ce qu’il a toujours dit dans sa vie. Le populisme de gauche était un pari intéressant d’un point de vue théorique. Mais cela a abouti à une polarisation et à une forme de maximalisme qui ne permettent pas de rassembler la majorité. Les insoumis ont aussi un travers que je trouve insupportable : si tu n’es pas d’accord avec eux, tu es d’extrême droite. À force, c’est épuisant.

    L’alliance avec LFI, rejetée par Raphaël Glucksmann, risque encore de fracturer le PS. Faut-il rompre définitivement avec ce mouvement ?

    Dire « jamais » n’a pas de sens. D’après mon expérience, tous ceux qui le font sont généralement démentis par les faits. Il y a une réalité électorale : l’électorat de gauche est très unitaire parce qu’il sait que notre combat commun, c’est contre l’extrême droite et pour une société plus juste et plus fraternelle. On l’a vu en 2024, il ne faut pas le négliger. Moi, je respecte les électeurs et les militants insoumis. En revanche, il m’arrive de m’interroger sur leur absence de réaction quand leur leader en vient à faire des jeux de mots avec des noms à consonance juive. Je trouve ça terrifiant. Cela dit, j’espère que les débats de la primaire ne vont pas tourner autour de la question LFI. Il n’y a rien de plus absurde que de dire : « On est la gauche non-mélenchoniste. »
    Les électeurs veulent savoir ce qu’on pense nous-mêmes et connaître nos propositions.

  • La Gauche Républicaine et Socialiste participera à la primaire de gauche

    La Gauche Républicaine et Socialiste participera à la primaire de gauche

    communiqué de presse – mercredi 26 août 2026 – 13h20

    La Gauche Républicaine et Socialiste participera à la primaire de la gauche initiée par le Parti Socialiste et Place publique.

    L’élection présidentielle n’est pas jouée d’avance. La victoire de l’extrême droite n’est pas inéluctable. Seule une gauche authentique, crédible, ayant tiré les leçons du passé, peut aider au redressement de la France.

    En nous engageant dans cette primaire, nous avons l’ambition d’être utiles.

    Utiles à notre pays, d’abord, qui traverse un moment grave où le chaos du monde et la violence du système économique s’ajoutent à la catastrophe écologique et climatique.

    Utiles à celles et ceux que nous voulons représenter, les classes populaires et moyennes, qui ont payé un lourd tribut à dix ans de macronisme et qui s’inquiètent légitimement pour l’avenir de leurs enfants.

    Utiles à la gauche enfin, qui n’est pas condamnée à faire moins de 30 % des voix à chaque élection nationale.

    Nous nous engageons parce que nous croyons en la force de notre idéal commun, celui de la République démocratique, laïque et sociale.

    L’aspiration à l’égalité n’a pas disparu. Le besoin de fraternité est plus impérieux que jamais.

    Face à l’individualisme-roi qui isole, à la société du tout marché qui écrase, à la pulsion consumériste qui avilit, nous répondons par la promotion des services publics, l’intervention de l’État dans l’économie, la défense des droits et des salaires du monde du travail, le primat de la solidarité, et l’instauration d’une République écologique.

    Face à la montée du racisme et de l’antisémitisme, au retour des obscurantismes et des complotismes, nous opposons l’émancipation des citoyens par la laïcité, l’éducation, la science et la raison.

    Confrontés aux bouleversements géopolitiques, aux impérialismes, aux guerres commerciales et à l’échec de la mondialisation libérale, nous voulons une France indépendante qui se donne les moyens de recouvrer sa souveraineté industrielle, agricole et technologique.

    Cette primaire de la gauche doit être l’occasion d’un débat sérieux pour porter ces ambitions et dessiner, ensemble, le nouveau visage d’une France juste et rassemblée dont la voix singulière continue d’étonner l’Europe et le monde.

  • La gauche au rendez-vous du sursaut français – texte définitif adopté et amendé par le congrès d’Aubervilliers

    La gauche au rendez-vous du sursaut français – texte définitif adopté et amendé par le congrès d’Aubervilliers

    Vous trouverez ci-dessous le texte définitif adopté par le 3ème congrès de la Gauche Républicaine et Socialiste le samedi 6 juin 2026.

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