Égalité : une fois de plus Macron produit l’inverse de ce qu’il dit

L’égalité femme homme devait être la grande cause du quinquennat … et bien c’est hélas raté car le constat est sans appel. Depuis 2018, les inégalités salariales se sont accrues, et ce bien avant la crise du Covid. Elles ont encore augmenté en 2020 et de 2021. Alors qu’elles avaient timidement commencé à se réduire (à un rythme bien trop lent), c’est tout l’inverse que nous constatons avec la mise en œuvre de la politique conduite par Emmanuel Macron. L’écart moyen est remonté de 15,5 à 16,5%.

Il faut désormais des actes. Plusieurs décisions s’imposent :

  • La première est une revalorisation forte du SMIC car 59,3% des salariés du secteur privé au SMIC sont des femmes. De ce point de vue, la proposition d’Arnaud Montebourg d’augmenter le SMIC immédiatement de 10% est un point d’appui important.
  • Mais il faut aussi revaloriser des métiers à dominante féminine et qui sont apparus plus encore avec la pandémie comme essentiels : infirmières, aides soignantes et métiers du lien, du service, de l’agro-alimentaire, de la grande distribution, enseignants, etc.
  • Il faudra enfin renforcer l’exigence de l’index égalité dans les entreprises et favoriser la parité dans les postes de direction des grandes entreprises et dans l’encadrement…

Arnaud Montebourg propose des négociations par branches pour engager ces revalorisations et si ces dernières n’aboutissent pas, alors le gouvernement prendrait ses responsabilités pour assurer cette juste revalorisation. Il faudra assurer ce même mouvement dans la fonction publique où l’abandon du gel du point d’indice doit nécessairement s’accompagner d’un rattrapage du pouvoir d’achat des salariés du public.

Voilà des mesures que la Gauche Républicaine et Socialiste veut promouvoir dans la campagne qui s’ouvre pour l’élection présidentielle.

Évidemment cela ne suffira pas mais donnerait un coup d’accélérateur pour inverser ces dérives depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron.

Les Jeunes n’ont pas besoin d’une mesure électoraliste mais d’une véritable politique de l’emploi

Emmanuel vient d’annoncer ce matin sur son compte facebook le lancement le 1er mars 2022 du Contrat Engagement Jeune qu’il avait promis le 12 juillet dernier pour mettre un terme aux appels croissant en faveur du RSA jeune. Concrètement, dès le 1er mars, tous les jeunes de moins de 26 ans qui, sans formation ni emploi depuis plusieurs mois, s’inscriront, pourront bénéficier de 15 à 20 heures d’accompagnement par semaine pour découvrir un métier, se former, trouver un apprentissage ou un emploi. Une allocation pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois pourra être versée sous condition de revenus, d’assiduité et d’acceptation des offres d’activité faites. Notons au demeurant que cette « nouvelle » mesure n’est qu’une réutilisation du dispositif garantie jeune qui existe depuis 2017 ; d’autre part, le dispositif devrait concerner environ 500 000 jeunes de 16 à 25 ans par an alors que ce sont pourtant (en 2019) environ 1,5 million de jeunes âgés de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (hors Mayotte).

Au-delà du fait qu’on pourrait s’étonner que ce soit le Président de la République qui se charge de cette annonce, plutôt que le ministre en charge du dossier, il y a quelque chose d’indécent chez le président de la République à multiplier ainsi les moments de communication politique en perspective de sa prochaine candidature à sa réélection : ainsi 4 mois et demi auront été nécessaires pour marketer l’habillage d’une mesure qui ne prendra corps que dans 5 mois au moment de l’entrée en campagne du candidat Macron. Le caractère électoraliste de l’annonce et de la mesure elle-même ne fait aucun doute : l’exécutif n’a jamais eu de scrupules, c’est à nouveau démontré.

Il a donc fallu une énergie intellectuelle débordante à l’État Macron pour échafauder une justification politique à la réfutation du RSA pour les jeunes et aboutir à un sous RSA soumis à conditions… à la condition que les futurs jeunes bénéficiaires démontrent qu’ils ne sont pas des tire-au-flanc consommateurs d’allocations. Emmanuel Macron continue à jouer du mépris avec le peuple français et les jeunes, à qui il disait voici peu de temps qu’il suffisait de traverser la rue pour trouver un emploi. Ainsi la logique macronienne c’est que, désormais, l’essentiel de la crise économique découlant de la crise sanitaire étant selon lui derrière nous, seuls les fainéants ne trouveraient pas d’emploi. Quand on veut, on peut… C’est la motivation principale (au-delà des exigences de la Commission européenne) de l’imposition aux forceps d’une réforme de l’assurance chômage qui va plonger des centaines de milliers de demandeurs d’emploi dans la misère. Et malgré toute l’introduction de sa publication facebook matinale de ce 2 novembre 2021, cela signe en réalité l’abandon de toute politique active de l’emploi depuis le début du quinquennat.

La Gauche Républicaine et Socialiste considère au contraire qu’il faut restaurer une politique de l’emploi digne de ce nom et qu’elle passera aussi par un large volet de création d’emplois publics.

La logique selon laquelle l’emploi privé serait une richesse et l’emploi public un coût, indépendamment de la valeur et de l’utilité sociale produites par les dits-emplois, est ici menée jusqu’à une conclusion qui défie le bon sens. La crise sanitaire a démontré jusqu’au bout l’absurdité de cette affirmation libérale, quand Élisabeth Borne avait réclamé que les remontées mécaniques restent ouvertes dans des stations de ski fermées pour maintenir les embauches qui étaient immédiatement placées en « chômage partiel »…

Les besoins sont immenses dans les hôpitaux, les écoles, les universités, la sécurité, les services sociaux, les prisons, la justice : or ces secteurs, où les personnels sont proches du burn out, ont le défaut d’appartenir au secteur public. Il n’est donc pas question de recruter, au-delà même de la question de la formation des professionnels. Mais à tout le moins pour le secteur médical, il serait possible de reprendre contact avec les personnels qui l’ont récemment quitté, qui se sont reconvertis ou qui préfèrent travailler par exemple en Allemagne ou en Suisse. L’éducation nationale a besoin de tuteurs pédagogiques pour assurer un meilleur soutien scolaire, ou de surveillants pour mieux encadrer les élèves, les réguler dans les cantines, etc. Surtout, l’urgence écologique et l’incapacité du privé à répondre seul à ses défis, nécessite de programmer des embauches publiques massives. La jeunesse, dont la sensibilité à ces enjeux est très forte, pourrait répondre à l’appel de la collectivité.

Les faiblesses du service public sont grandes, mais les dogmes austéritaires demeurent, comme si de rien n’était. L’un de ces dogmes, selon lequel le « vrai » emploi émanerait exclusivement du secteur marchand empêche de répondre efficacement à la crise. S’il est nécessaire d’aider les entreprises dont l’activité s’effondre, cela ne suffira pas à créer de l’emploi. Il faut donc aussi en créer dans le secteur public, là où sont les besoins. Le recrutement d’agents titulaires est nécessaire à moyen terme, notamment dans les administrations qui ont le plus souffert des réductions d’effectifs. Mais il faut aussi des emplois à court terme (CDD, contrats de mission) pour soulager au plus vite nos services publics, qui peinent à gérer la crise actuelle.

Créer des emplois publics, c’est aussi offrir des débouchés aux jeunes diplômés. Avant la crise sanitaire, le taux d’insertion à 18 mois des étudiants issus de l’université dépassait les 90%. En 2020, le nombre de postes ouverts aux personnes sans expérience a chuté de plus de 40%. En dépit de la qualité de leur formation, des centaines de milliers de jeunes risquent de ne pas pouvoir s’insérer professionnellement. Fin 2020, seuls 54% des diplômés de l’année avaient trouvé un travail, un taux inférieur de 20 points à celui d’une année normale. Or, la situation risque de ne pas s’arranger en 2021, ce qui fait que toute une génération de diplômés risque de perdre les compétences acquises durant ses études en cumulant des années de galères, de petits boulots peu qualifiés et de chômage. Si l’on ne fait rien, plusieurs centaines de milliers de jeunes basculeront dans la précarité.

La gauche, qui milite pour étendre le RSA aux 18-25 ans, ne répond elle aussi que partiellement aux désirs d’insertion des jeunes. Il faut aller au-delà de la seule logique d’assistance financière. En plus des subventions au entreprises et des allocations aux ménages qu’il propose, l’État doit s’impliquer directement dans le secteur productif et engager un véritable plan d’embauches en direction des moins de 25 ans.

Voici donc les réponses que la Gauche Républicaine et Socialiste souhaite apporter aux jeunes de notre pays et les axes de la politique de l’emploi en direction de la jeunesse qu’elle soumet au débat public à l’orée des campagnes électorales présidentielle et législatives :

● Un véritable RSA jeunes pour pallier l’urgence de la situation, après les dégâts cumulés des politiques libérales et de la crise sanitaire. Mais nous savons que cela ne suffira pas à réaliser leur insertion ;
● Une allocation d’autonomie pour les jeunes en formation ;
● L’abrogation de la réforme d’assurance chômage ;
● Créer des postes et inciter au recrutement dans les secteurs d’avenir : emplois verts, emplois du soin, emplois du numérique… ;
● Mettre en place une garantie « premier emploi » s’appuyant sur les services publics, les associations et les entreprises avec versement du RSA au jeune pendant la première année d’emploi et prise en charge par l’employeur de l’écart entre RSA et SMIC pendant cette année ;
● Engager un vaste plan d’embauche des jeunes de moins de 25 ans dans le secteur public ;
● Mettre en place une garantie d’emploi, passant par un État employeur en dernier ressort des chômeurs de longue durée et la mise en œuvre effective d’un droit opposable ;
● Valider les années d’études, de stage, d’apprentissage et des périodes d’inactivité forcée dans le calcul des droits à retraite ;
● Créer une grille de rétribution des stages, évolutive en fonction de la durée du stage et du niveau de qualification du stagiaire, dont la base minimum aurait pour hauteur 50% du SMIC ;
● Faire bénéficier aux jeunes en alternance de la gratuité des frais d’inscription, des frais d’équipement, de scolarité et de transport et assurer une rémunération au minimum égale au SMIC.

L’Allemagne et ses alliés refusent de réformer le marché européen de l’électricité au mépris des consommateurs

communiqué de presse d’Emmanuel Maurel, député européen Gauche Républicaine et Socialiste – mercredi 27 octobre 2021

L’Allemagne et huit alliés refusent toute réforme du marché de l’électricité, qu’ils estiment… « efficace » et « compétitif » !

L’envolée des prix de l’énergie frappe de plein fouet les consommateurs européens. Le mégawatt/heure atteint des niveaux insensés sur le marché. Mardi 26 octobre 2021, il valait 190€. Le 26 octobre 2019, il en valait… 25 (source : RTE).

Cette folie trouve sa cause dans un marché européen de l’électricité régi par des règles absurdes. En effet, les cours du mégawatt/heure sont fixés par la dernière source de production nécessaire pour couvrir les besoins.

Or en cette période de reprise très forte de l’activité, les sources d’électricité bon marché comme l’hydraulique (15 à 20€ le MWh) ou le nucléaire (40 à 50€ le MWh) ne suffisent plus. Il faut allumer et faire tourner les centrales à gaz à plein régime ; et le prix de l’électricité s’ajuste automatiquement sur leur coût. Or le gaz a augmenté de 70% depuis le début de l’année.

À court terme, le marché européen de l’électricité est donc une catastrophe pour tout le monde, ménages, entreprises, administrations. Mais à long terme, ce marché est tout aussi déplorable. Depuis 2007, la facture moyenne d’électricité pour un « Français moyen » est passée de 319€ à 501€ (août 2021, juste avant la montée en flèche de septembre-octobre), soit +57%.

Dans les mois qui viennent, les besoins en électricité demeureront très élevés selon tous les analystes. Pourtant, l’Allemagne et huit alliés (dont l’Autriche, les Pays-Bas et la Finlande) se satisfont de ce fiasco. Ces pays ont signifié dans un communiqué au ton brutal et sans équivoque leur refus catégorique de réformer le marché de l’électricité.

Défiant tout sens commun, l’Allemagne et ses alliés ne souhaitent pas seulement « conserver ce marché tel qu’il a été conçu », mais « l’intégrer davantage, car des marchés compétitifs procurent efficacité et prix bas aux consommateurs finaux » ! Cet aveuglement idéologique ne sera pas payé au « prix bas » par les Européens et plus particulièrement les 72 millions en situation de précarité (source : Eurostat), mais au prix fort.

Entièrement focalisé sur le court-terme et ses fluctuations erratiques, le marché européen de l’électricité ne reflète pas les coûts de production, beaucoup plus stables (et bas !) des infrastructures existantes (hydrauliques, nucléaires, éoliennes, photovoltaïques). L’Allemagne doit revenir à la raison. Il faut faire table rase et permettre aux Européens de s’approvisionner durablement en électricité bon marché.

Assassinat de Mireille Knoll : la France attend la justice

Hier s’ouvrait à Paris le procès du meurtre barbare de Mireille Knoll, rescapée de la Shoah, morte parce que juive.

Il y a trois ans, la France était confrontée à l’abominable. Mireille Knoll, qui avait fui la barbarie nazie en 1942, était lâchement assassinée par deux jeunes hommes, dans un crime sordide qu’on croyait relégué à un autre âge.

La lutte contre l’antisémitisme est une exigence morale et politique. Du meurtre d’Ilan Halimi à celui de Mireille Knoll, des attentats de Toulouse à ceux de l’hyper casher en passant par l’attaque de synagogues à Sarcelles, nous devons combattre de toute nos forces la recrudescence de ces exactions honteuses. Notre République ne peut pas supporter qu’on s’en prenne à un citoyen en raison de son appartenance à une quelconque communauté réelle ou fantasmée. C’est toute la France qui a été meurtrie par l’assassinat de notre concitoyenne. « Les morts nous écoutent » pourrait dire Robert Badinter. Les vivants et les survivants aussi. Ils attendent des réponses, et la justice.

La Gauche Républicaine et Socialiste réitère sa solidarité avec la famille de la victime, et rappelle notre détermination sans faille à lutter contre l’antisémitisme, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne.

Conférence de presse avec Arnaud Montebourg, candidat choisi par les militants de la GRS pour l’élection présidentielle

Vendredi 22 octobre 2021, à 19h30, la Gauche Républicaine et Socialiste accueillait Arnaud Montebourg dans ses locaux pour une conférence de presse visant à préciser les raisons du choix des militants de la GRS en sa faveur pour l’élection présidentielle du printemps 2022. Il est temps désormais de redonner la priorité à la France populaire.

Les adhérents de la Gauche Républicaine et Socialiste ont choisi leur candidat à l’élection présidentielle : Ce sera Arnaud Montebourg

C’est un choix logique et cohérent. Un choix qui s’impose au regard des enjeux actuels.

La crise sanitaire a mis en lumière l’absurdité et l’inefficacité d’un système fondé sur le libre-échange généralisé, l’austérité budgétaire, l’affaiblissement de l’État et la course au moins disant social. Elle a aussi discrédité des dirigeants qui, aveuglés par leur dogmatisme, ont laissé faire, voire encouragé, les délocalisations industrielles et la casse des services publics.

Macron est de ceux-là. Que restera-t-il de son quinquennat ? Un grand mouvement social, celui des Gilets Jaunes, provoqué par une des mesures iniques qui ont fait la marque de fabrique de ce gouvernement. Le grand désarroi des enseignants, des chercheurs, des personnels des hôpitaux face à la dégradation de ces services publics. La gestion calamiteuse à grand coups d’improvisations, de la crise du Covid, qui a exacerbé l’angoisse des Français. Une pratique solitaire du pouvoir. Une série de mesures en faveur des plus riches au moment où le pays tout entier devait son salut aux travailleurs de l’ombre, mal payés et mal considérés. Les classes populaires ont été largement sacrifiées, méprisées, parfois même matraquées, sous ce quinquennat. 2022 doit permettre le retour de la France populaire.

Pour nous, cela passe par une politique de redressement républicain. Démondialisation, promotion du « made in France », retour de l’État dans la vie économique et sociale, augmentation massive des bas salaires, transition écologique et objectif zéro pétrole, égalité territoriale, défense de la laïcité, 6ème République : les priorités politiques d’Arnaud Montebourg sont les nôtres.

La faiblesse actuelle de la gauche n’est pas une fatalité. En renouant avec l’esprit de conquête républicaine, avec le volontarisme politique, avec le respect de la souveraineté populaire, nous pouvons démentir les prévisions les plus sombres.

Ce soutien à notre candidat n’implique pas de renoncer à l’ambition unitaire qui toujours été la nôtre. Lors de la création de la GRS en 2019, nous en appelions à la construction d’un « nouveau Front populaire » fédérant toutes les composantes de la gauche et de l’écologie et à l’élaboration d’un pacte législatif entre elles. Cet objectif reste pertinent si l’on veut faire échec au macronisme et affronter une extrême droite menaçante.

Dans ces temps confus et incertains, l’essentiel est de savoir pour qui on se bat, et où l’on veut aller. Pour les militants de la gauche républicaine, il n’y a rien de plus exaltant que de se consacrer au redressement de la France. Avec Arnaud Montebourg, nous pouvons y contribuer.

Une conférence de presse, diffusée en ligne et en direct sur la page facebook de la GRS, depuis le siège du parti au 3 avenue de Corbera à Paris (12e arrondissement), se tiendra aujourd’hui à 19h30 en présence d’Arnaud Montebourg.

60 ans d’un crime impuni

Il y a 60 ans jour pour jour, le 17 octobre 1961, le Préfet de Police Maurice Papon organisait et ordonnait la répression sanglante contre des dizaines de milliers de manifestants pacifiques qui défendaient l’indépendance de l’Algérie et leur liberté de circulation.

Des centaines d’Algériens de toute la région parisienne furent ainsi tués, sous les coups de la police, noyés dans la Seine, à Paris et en banlieue parfois jusqu’à plus de 15 km des lieux de la manifestation.

Maurice Papon ne fut pas seulement leur assassin, il abimait durablement la République au nom de laquelle il agissait en commettant ce crime irréparable.

Depuis de nombreuses années, nous participons aux hommages aux victimes algériennes qui subirent cette violence intolérable et pour certains y laissèrent la vie. C’est un devoir de réaffirmer ainsi qu’il n’est plus possible de commettre au nom de la République qui nous rassemble des actes aussi contraires à ses principes, que plus jamais la France ne tombera dans la faute de la colonisation.

Ensemble portons haut les valeurs d’humanité et de fraternité entre les Peuples.🇫🇷🤝🇩🇿

Samuel Paty, un an déjà

Il y a un an le meurtre et la décapitation de Samuel Paty, professeur d’histoire et de géographie du collège du Bois-de-l’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, provoquait la terreur, l’émotion et l’indignation des Français.

La Gauche Républicaine et Socialiste salue la mémoire de cet enseignant lâchement assassiné alors qu’il exerçait tout simplement son métier.

Nous ne cesserons de rappeler notre attachement indéfectible à la liberté d’apprendre et d’enseigner. Non seulement l’école doit rester « l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » tel que l’édictait Jean Zay, mais l’éducation nationale laïque, ses professeurs et ses agents doivent être défendue contre tous les « fous de Dieu » qui voient en eux des ennemis à abattre.

Plus que jamais, nous devons collectivement réaffirmer qu’il est essentiel de de promouvoir et garantir la liberté de conscience, la liberté d’expression et la laïcité, que ce sont là des combats qu’il faut continuer à mener pour restaurer une société fraternelle. La République ne doit jamais céder devant les fanatismes.

Retraites et Assurance Chômage : des réformes coordonnées entre la Commission et l’Élysée

Depuis quelques jours, des ministres, des sous ministres, la macroniste en chef au parlement européen, la porte-parole en France de la Commission européen et des essayistes macronisés ont décidé de monter au créneau pour dénoncer la liaison faite, faussement selon eux, entre la réforme des retraites et le plan de relance européen. Le lien entre les exigences de la Commission européenne et la réforme des retraites, ou encore celle de l’assurance chômage qui a été imposée après plusieurs reports (et malgré la censure partielle du Conseil d’État) ce 1er octobre, a été depuis longtemps étayé par de nombreux responsables politiques de la gauche française, mais cela n’avait pas donné lieu jusqu’ici à une charge aussi forte et coordonnée de la Macronie

Le débat a resurgi quand Arnaud Montebourg, ancien ministre du redressement productif puis de l’économie de François Hollande, et candidat à l’élection présidentielle, a dénoncé ce lien. Il faut croire que la proximité de l’élection présidentielle et les états de service du candidat ont contraint le camp Macron, allié à la Commission, à réagir avec violence et panique… panique, car les arguments de l’exécutif et de ses soutiens sont faibles.

En effet, tout le monde sait que la réforme des retraites engagées en 2019 par Emmanuel Macron répond, au moins en partie (ne négligeons pas non plus la cécité idéologique de l’impétrant), aux recommandations de la Commission européenne adressée à la France la même année dans le cadre du « semestre européen »1, c’est la recommandation CSR 2019.1.4. Une telle recommandation n’a pas été spécifiquement répétée en 2020 alors que la planète était en pleine crise pandémique, mais la Commission européenne n’a jamais abandonnée son exigence.

Dès l’adoption en février 2021 des règles visant à répartir les fonds du plan de relance européen, intitulé en globish recovery and resilience facility2 (RRF), ce texte fait référence près de 20 fois aux recommandations annuelles adressées à la France. La recommandation la plus importante mise en avant est celle numérotée 1.4 en 2019, que nous avons citée au paragraphe précédent.

Chaque État membre a dû ensuite présenter son propre Plan National de Résilience et de Relance (PNRR) pour démontrer que leurs initiatives et projets répondent bien au RRF de la Commission. Ainsi, dans le PNRR français présenté le 27 avril 2021 (un document de plus de 800 pages), la réforme des retraites est citée une bonne dizaine de fois.

La réforme de l’assurance chômage est citée elle une bonne quarantaine de fois ; le gouvernement s’excuse d’ailleurs de n’avoir pu la mettre en œuvre plus tôt et plus vite à cause de la crise sanitaire…

Cette insistance à propos de l’assurance chômage démontre que le gouvernement français joue autant que possible au « bon élève » de l’Union européenne, en cohérence avec tout ce qu’Emmanuel Macron a défendu pendant sa campagne électorale : la France sera forte si elle est exemplaire, c’est-à-dire si elle se plie avec enthousiasme à toutes les règles ordo-libérales et néolibérales actuelles de l’Union européenne que nous jugeons absurdes et qui nous affaiblissent. Le gouvernement français n’a pas (encore ?) les moyens politiques de mettre en œuvre la réforme des retraites ? Qu’à cela ne tienne ! ils réaffirment avec force leur attention d’aller au bout sur les retraites et montrent leur bonne volonté européenne en mettant en avant qu’ils cognent comme des sourds sur l’assurance chômage. Cette bonne volonté sur l’assurance chômage est là pour rassurer la commission : ce « bon élève » ira au bout sur les retraites.

Voici donc l’analyse du PNRR français par la commission, publiée fin juin 2021: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/HTML/?uri=CELEX:52021SC0173&from=EN

Il est écrit noir sur blanc : « Le système de retraite reste complexe. Plus de 40 régimes de retraite différents coexistent en France. Ces régimes s’appliquent à différents groupes de travailleurs et de fonctions selon différents ensembles de règles. Le Gouvernement s’est engagé dans une réforme visant à unifier progressivement les règles de ces régimes, en vue de simplifier le fonctionnement du système de retraite notamment pour en améliorer la transparence, l’équité et l’efficacité. La réforme a été suspendue par la crise du COVID-19. […] Le plan français de relance et de résilience est globalement conforme aux enjeux et priorités identifiés dans le dernier projet de recommandation du Conseil sur la politique économique de la zone euro 26 (AER). Le plan contribue à l’EAR 1, en assurant une orientation politique qui soutient la reprise, car il met en œuvre des mesures contribuant à la résilience du système de santé et de sécurité sociale, notamment par le renforcement des secteurs sanitaire et socio-médical (volet 9 R&D, santé, territoires), ainsi que des mesures sociales de soutien à l’emploi (volet 8 Emploi, Jeunesse, Handicap, Formation professionnelle). Les actions axées sur la qualification de la main-d’œuvre (composante 8) contribuent à atténuer l’impact social et du travail de la crise. La qualité de la gestion des finances publiques du pays devrait, entre autres, être renforcée par la numérisation de l’administration publique et les réformes structurelles fiscales (Volet 7 Numérisation de l’État, des territoires, des entreprises et appui au secteur culturel). »

Cependant la Commission semble dire que le gouvernement français ne lui donne pas assez d’assurance sur les retraites – ce qui explique sans doute que le gouvernement français ait démontré une brutalité particulière dans sa façon d’imposer au forceps la réforme de l’assurance chômage (« si si, je vous assure, la France est un « bon élève ») :

« Le système de retraite français (CSR 2019.1.4) est coûteux mais les dépenses ne devraient pas augmenter à long terme en pourcentage du PIB. La réforme envisagée (centrée sur l’unification de plus de 42 régimes) est abordée dans la partie I (principaux objectifs et cohérence) du plan de relance et de résilience, où les autorités françaises expliquent qu’elles envisagent de reprendre les discussions parlementaires suspendues sur la réforme des retraites dans le but de créer un système universel plus équitable. La réforme du système de retraite n’est pas inscrite dans une mesure du plan français et n’est donc pas associée à un livrable (jalon ou cible) au titre de la Facilité pour la Récupération et la Résilience. Compte tenu de son importance capitale pour la mobilité et la productivité de la main-d’œuvre, la réforme des retraites prévue sera étroitement surveillée, y compris ses implications en termes d’équité et de durabilité. »

À la fin, la commission donne un satisfecit à Macron : « Dans l’ensemble, le plan constitue un ensemble complet de réformes et d’investissements visant à relever les défis identifiés dans les recommandations par pays, avec quelques lacunes qui sont partiellement comblées par des mesures extérieures à la Facilité. Le plan répond bien aux recommandations et aux enjeux dans les domaines de l’environnement des affaires, de l’emploi, de la santé, des transitions vertes et numériques. Le plan comprend un engagement à renforcer la viabilité des finances publiques lorsque les conditions économiques le permettent et des réformes pour soutenir cet objectif. Cependant, l’engagement de reprendre les discussions sur la réforme du système de retraite ne s’accompagne pas de jalons et d’objectifs pour la mise en œuvre de la réforme. En outre, des mesures supplémentaires peuvent être nécessaires pour relever les défis du marché du travail auxquels sont confrontés les groupes vulnérables autres que les jeunes (CSR 2019.2). […] Compte tenu des réformes et des investissements envisagés par la France, son plan de redressement et de résilience devrait contribuer à relever efficacement l’ensemble ou un sous-ensemble important des défis identifiés dans les recommandations par pays, ou des défis dans d’autres documents pertinents officiellement adoptés par la Commission dans le cadre le semestre européen, et le plan de relance et de résilience représente une réponse adéquate à la situation économique et sociale de la France. »

Au bout de ce processus politico-technocratique, dont l’Union Européenne a le secret, il ne reste plus qu’à faire un dernier tour de bonneteau (ou de Beaune-teau?) : dans son communiqué du mois de juillet 2021, saluant l’accord de la Commission pour le PNRR français, Bruno Le Maire se garde de bien de citer la réforme des retraites puisque formellement elle ne fait pas partie des projets immédiats, le gouvernement ayant expliqué à la commission qu’il n’en avait pas encore les moyens, ce dont la commission se plaint…

En conclusion :

1️⃣ Les recommandations de 2019 de la commission qui exigent une réforme des retraites ne sont pas renouvelées d’une année sur l’autre (surtout pas en 2020 avec la crise sanitaire), mais elles restent actives et considérées comme pertinentes et appropriées par la commission Van der Leyen deux ans plus tard puisque citées 20 fois dans le RRF ;

2️⃣ Macron et ses gouvernements appliquent une stratégie cohérente depuis le départ : « La France sera grande si elle est ordolibéralement exemplaire », c’est-à-dire selon nous si elle abandonne toute prétention à exercer sa souveraineté sur des dossiers comme la reconquête industrielle ou le modèle social ;

3️⃣ La commission attend bien de la France encore aujourd’hui une réforme des retraites et regrette que le gouvernement ne puisse pas aller plus vite et surveillera donc ses efforts en ce sens.

1 Le « semestre européen » est la procédure qui conduit chaque les États membres et la Commission européenne a échangé sur les exigences de cette dernière quant à la politique budgétaire des premiers.

2 En français, on parle de « plan(s) de relance », en anglais on parle de « plan » mais aussi de facility… il faut se garder des « faux amis » d’une langue à l’autre… mais cela montre quand un état d’esprit est différent et cela décrit qu’une bonne part du plan de relance européen ne sont pas des crédits sonnant et trébuchant mais des « facilités d’emprunt »…

Europe : nous devons être capables de défendre nos intérêts

Emmanuel Maurel, député européen et animateur national de la GRS, était lundi 11 octobre 2021 au soir sur France Info TV pour débattre de la situation et de la confrontation nées de la décision du Tribunal constitutionnel polonais de rappeler que la constitution polonaise était supérieure au droit européen.

Il a tenu d’abord à rappeler qu’il faut garder la tête froide : la provocation politique en lien avec le parti au pouvoir à Varsovie est évidente et elle n’est pas nouvelle… Attention, vérifions d’abord précisément la portée de la décision écrite de cette Cour : si elle prétend que n’importe quelle loi polonaise est supérieure au droit européen, la crise est forte ; si elle se contente de rappeler qu’une constitution nationale est supérieure au droit européen, alors elle dit vrai et elle ne dit pas autre chose que le Conseil Constitutionnel français ou le Tribunal constitutionnel fédéral de Karlsruhe, encore très récemment. La Commission européenne aurait alors à nouveau sur-réagi en affichant un point de vue caricatural, contestable politiquement et juridiquement.

*La réalité c’est que nous constatons chaque jour un peu plus qu’il n’existe pas d’intérêt général européen, que nous ne sommes pas sûrs de partager les mêmes valeurs en matière d’Etat de droit et de libertés publiques que certains Etats membres (les provocations polonaises, hongroises ou même tchèques sont ici nombreuses) et que les intérêts directs des Etats membres divergent, alors même que la Pologne bénéficie depuis longtemps et fortement de la solidarité européenne … une solidarité qui nous a été peu témoignée lorsque la France a été dupée par l’alliance Australie-USA-Grande Bretagne.

En réalité, les décisions européennes contreviennent souvent à la souveraineté des Etats membres, et pas seulement de la France… et que parfois ces décisions servent prioritairement les intérêts commerciaux de l’Allemagne contre ceux de la majorité des autres. Rappelons qu’au moment où nous voulons réindustrialiser la France et relocaliser la production après la Crise Sanitaire nous sommes contraints par le cadre européen qui interdit les aides d’Etat à un certain nombre d’entreprises. Rappelons l’accord signé en catimini par la Commission européenne avec la Chine à noël 2020 pour favoriser les exportations de voitures allemandes, jusqu’à ce qu’elle doive reculer après une erreur diplomatique absurde des Chinois. En France, l’OTAN est un « électroencéphalogramme plat« , pour les Baltes ou les Polonais c’est une préoccupation vitale ; en Pologne, la directive « travailleurs détachés » est un avantage comparatif pour promouvoir ses travailleurs peu chers, en France elle est un facteur de concurrence déloyale et de descenseur social…

L’alternative ne peut pas être d’accepter sans rien dire les dysfonctionnements de l’Union européenne, nés des obsessions libérales inscrites dans les traités, et la quitter. Il faut pouvoir remettre en cause ces dérives et ces dysfonctionnements, savoir retrouver une souveraineté nécessaire pour défendre ses intérêts quand ils sont piétinés et proposer une nouvelle voie.

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