Eradiquons les violences faites aux femmes

La journée du 25 novembre la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Instaurée le 25 novembre 1999 par l’Organisation des Nations Unies (ONU). Cette date a été choisie en mémoire des trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines brutalement assassinées sur les ordres du chef d’État, Rafael Trujillo.

La violence à l’égard des femmes s’entend comme englobant sans y être limitée, les formes de violences physiques, sexuelles et psychologiques, telles que :

  • la violence d’un partenaire intime (coups, violences psychologiques, viol conjugal, féminicide) ;
  • la violence sexuelle et le harcèlement (viol, actes sexuels forcés, avances sexuelles non désirées, abus sexuels sur enfants, mariage forcé, harcèlement dans la rue, harcèlement criminel, cyber-harcèlement) ;
  • le trafic d’êtres humains (esclavage, exploitation sexuelle) ;
  • la mutilation génitale féminine ;
  • le mariage précoce, le mariage forcé.

Notre pays accuse un retard criant dans la lutte contre les violences faites aux femmes… En 2017, le président de la République disait faire de cette lutte une priorité du quinquennat. Or, depuis 5 ans, les chiffres n’ont cessé d’empirer. Durant les confinements, les appels pour violences conjugales ont triplé et les chiffres continuent de progresser. Le 18 novembre 2021, 101 féminicides étaient dénombrés, déjà 11 de plus qu’en 2020. Au total, ce sont 543 féminicides qui ont eu lieu depuis 2017.
Loin de nous l’idée d’affirmer que rien n’aura été fait : le déploiement de 3000 téléphones grave danger, le renforcement du recours au bracelet électronique anti-rapprochement, le renforcement du contrôle des armes ou encore la création d’un fichiers des auteurs de violences conjugales sont évidemment des mesures utiles… mais elles sont loin du compte.

La lutte contre les violences faites aux femmes ne peut pas être déconnectée de l’environnement dans lequel elles prennent place

Rappelons d’abord que la lutte contre les violences faites aux femmes ne peut pas être déconnectée de l’environnement dans lequel elles prennent place : pour recueillir la parole des femmes victimes, pour les accompagner dans la détresse, pour mener au bout les procédures, punir et réparer, il faut des services publics forts et préparés à cette tâche, dans la police, dans la gendarmerie, dans l’action sociale, dans la santé publique, dans la justice… Ils sont tous à l’os, et sans même parler de la nécessaire formation et sensibilisation des personnels (qui progresse) comment pourraient-ils mener à bien leurs missions sans ajouter de la maltraitance involontaire aux violences subies s’ils sont débordés et manquent des moyens essentiels à leurs missions ?
Il n’y a rien de trivial à dire qu’au-delà même de résoudre de toute urgence la paupérisation du service public, il manque plus d’un milliard d’euros aux dispositifs de lutte contre les violences faites aux femmes. Ajoutons à cela qu’un effort spécifique est nécessaire en matière d’éducation dès le plus jeune âge à l’égalité entre les femmes et les hommes…

En priorité, nous réclamons :

  • le vote d’une loi cadre sur le modèle de celle adoptée en Espagne en 2004 ;
  • le triplement du nombre de bracelets anti-rapprochement (1000 ont été budgétés en France, l’Espagne en compte 2300 pour 47 millions d’habitants quand la France compte 20 millions d’habitants de plus !) ;
  • la mise en place de brigades spécialisées de policiers et de gendarmes ;
  • le triplement des places d’hébergement pour les victimes, avec une action directe de l’Etat (on ne peut laisser l’initiative aux seules communes volontaires), pour garantir un éloignement effectif pour une protection réelle. Plus de 22 000 femmes auraient besoin d’un hébergement pour sortir des violences, puis d’un logement social. En 2021, 7 820 places sont disponibles, soit 1 500 places de plus qu’en 2018 ;
  • la systématisation des prises en charge et des mécanismes d’exfiltration, en lien avec les procureurs, dès les premiers signaux faibles pour lutter contre les phénomènes d’emprise ;
  • la création de juridictions spécifiques, au civil et au pénal, avec des peines plus fortes pour ces actes ;
  • une formation obligatoire pour tous les agents publics qui peuvent être confrontés à de tels faits ;
  • la mise en place systématique d’une protection policière pour les victime et la généralisation des ordonnances de protection (27 000 rendues en Espagne en 2018, contre 1600 en France).

BENTELER AUTOMOTIVE MIGENNES : Maintien inconditionnel du site et des emplois industriels

Arnaud Montebourg est aujourd’hui, mardi 23 novembre en déplacement à Migennes dans l’Yonne pour défendre la lutte des 400 salariés de cette usine d’équipements automobiles, propriété de l’équipementier allemand Benteler. Nous demandons avec lui que le gouvernement agisse pour sauver le site industriel et ses 400 emplois. La société mère prétexte pour fermer le site des difficultés financières depuis 2007 et l’absence de repreneur : nous savons qu’il existe cependant des repreneurs et que l’Etat peut agir. Nous devons plus laisser défaire nos sites industriels et au contraire accompagner leur mutation.

Nos camarades du département de l’Yonne avaient réagi dès le lendemain de l’annonce de la fermeture du site par Benteler le 18 novembre 2021. Voici leur communiqué de presse :

« Hier, 18 novembre, les dirigeants du site icaunais de Benteler Automotive, équipementier automobile, a annoncé la fermeture de son usine icaunaise, provoquant une menace directe sur les 400 emplois locaux.
La Gauche républicaine et socialiste 89 soutient le mouvement de grève illimitée déclenché hier lors de l’annonce de cette terrible perspective ainsi que toute démarche unitaire organisée en vue de la défense de ce site.
Elle considère qu’il faut créer un front commun des élus et organisation politiques pour s’opposer à cette nouvelle étape de la désindustrialisation du département après la fermeture de SKF Avallon en mai dernier (près de 200 salariés).
Elle soutient un traitement de même nature que celui réservé à Ascoval dont la délocalisation vient d’être temporairement stoppée.
L’emploi industriel est une valeur centrale du redressement économique du territoire. Il doit être inconditionnellement défendu et développé. »

Ensemble, toujours mobilisés contre le SIDA

C’est la semaine internationale du dépistage du HIV, le 1er décembre, journée internationale de lutte contre le Sida, et cette année, cela fait 40 ans que la lutte contre le sida a démarré !

Cette lutte paye, car nous n’avons jamais été aussi proche de l’éradication de la maladie : grâce aux traitements, la charge virale est indétectable et le virus non transmissible.

Mais encore faut-il que les malades aient accès au traitement, et encore faut-il que les séropositifs connaissent leur statut sérologique.

Selon le Fonds mondial de lutte contre le sida, le Covid-19 a gravement perturbé l’accès aux systèmes de santé, aux tests de dépistage et aux traitements, auprès des personnes clés et vulnérables. Ainsi, en 2020, le dépistage du sida a globalement fléchi de 22%, retardant le début des traitements dans la plupart des pays.

Beaucoup trop de personnes ignorent qu’elles sont séropositives en France, pourtant plusieurs types de test de dépistages accessibles existent les TROD (Test Rapide d’Orientation Diagnostique) et autotest ou encore le dépistage au laboratoire sur ordonnance.

« Au labo sans ordo » est un dispositif expérimental à Paris et en région PACA en cours depuis juillet 2019. La prochaine loi de financement de la sécurité sociale devrait permettre son extension à tout le pays : ainsi le dépistage du SIDA gratuit et sans ordonnance en laboratoire sera possible à partir du 1er janvier 2022. A l’instar du dépistage du Covid-19, il suffira de se rendre en laboratoire avec sa carte vitale, de procéder au test VIH et les résultats seront disponibles sous 24 heures.

La Gauche républicaine et socialiste alerte sur la nécessité de multiplier les campagnes d’information, les dépistages, apporte tout son soutien aux associations et à tous les acteurs bénévoles mobilisés dans la lutte contre le sida, afin d’atteindre l’objectif de ONUSIDA d’éradiquer l’épidémie en 2030. La GRS appelle enfin à renforcer les moyens accordés aux structures sanitaires des pays les plus pauvres de la planète pour une réelle efficacité dans la lutte contre le SIDA.

Le spectre de la réaction plane sur le Chili

Dimanche 21 novembre se tenaient les élections présidentielles et législatives chiliennes. Si la gauche emporte la majorité absolue au Parlement, le candidat de la réaction ordo-libérale nostalgique de Pinochet est arrivé en tête du scrutin présidentiel.

Depuis bientôt trois ans, le Chili connaît une révolution démocratique et sociale qui met à mal l’héritage du dictateur Augusto Pinochet. La répression n’est jamais venue à bout des grèves et des manifestations qui ont secoué le pays en 2019. Un référendum a confirmé la volonté populaire d’en finir avec la constitution écrite par Pinochet, et les élections de l’Assemblée constituante avaient privé la droite de sa minorité de blocage, tandis que la gauche radicale et les indépendants issus des mouvements sociaux dépassaient pour la première fois la coalition de centre-gauche des socialistes et des chrétiens démocrates.

Engluée dans des affaires de corruption et ayant perdu toute légitimité, la droite conservatrice au pouvoir est allée d’échec en échec, et n’apparaît plus en mesure de maintenir le statu quo libéral.

Après de deux années d’élan progressiste, les forces héritières du système Pinochet ont confié leurs intérêts dans les mains du candidat d’extrême droite

Pourtant, les élections d’hier semblent montrer un essoufflement de l’élan progressiste à l’œuvre au Chili depuis 2019. José Antonio Kast, candidat d’extrême-droite, défenseur forcené de Friedman et partisan de la répression contre les peuples autochtones, arrive en tête avec presque 28% des voix, alors qu’il n’en avait obtenu que 8% aux dernières élections présidentielles. La force de sa campagne est d’avoir réussi à avoir enrobé la réaction dans un discours qui promettait autre chose que le maintien de l’infrastructure juridique de l’ère Pinochet. Plutôt que de défendre un statu quo libéral, il a proposé de l’étendre et de confier encore plus de pouvoir au marché. Un désastre social en perspective, mais un succès politique pour un camp jusque-là tétanisé. Il était aussi le seul candidat à défendre le maintien du système de retraites par capitalisation intégralement confié au secteur privé, même la droite conservatrice promettait de réformer le système.

Cette réaction économique est associée à une opposition farouche au droit à l’avortement et au mariage homosexuel. Dans un pays encore fortement marqué par le cléricalisme, cette double réaction, associée à un faible de taux de participation des classes populaires, a permis l’émergence d’un candidat marginal il y a encore quelques mois.

À l’autre bout du champ politique, Gabriel Boric, figure centrale des mouvements contestataires de ces dernières années, obtient 25% des voix. Soutenu par la coalition construite autour des communistes et de la gauche radicale Apruebo Dignidad, il réussit à se qualifier pour le second tour, ayant fait une campagne diamétralement opposée à celle de M. Kast : instauration de l’État-providence, nationalisations, hausse des salaires, impôts progressifs, défense de l’avortement et du mariage homosexuel, et règlement pacifique de la contestation des autochtones Mapuche.

Gabriel Boric, figure centrale des mouvements contestataires chiliens, porte sur ses épaules les derniers espoirs du camp du progrès

Les deux partis qui ont structuré la vie politique chilienne depuis le retour de la démocratie, la coalition de droite conservatrice Chile Vamos et celle des socialistes et chrétiens démocrates « Unité Constituante », étaient respectivement représentés par Sebastian Sinchel et Yasna Provoste. Ils s’effondrent tous les deux autour de 12% des voix, incapables de trouver une dynamique politique parce que n’ayant pas renouvelé leur discours, défense du statu quo libéral pour les premiers, mesures d’accompagnement du capitalisme pour les seconds.

L’économiste Franco Parisi, libéral, réussit à les dépasser tous deux et obtient 13% des suffrages. Contrairement aux autres libéraux Kast et Sinchel, il a inscrit sa campagne non pas en réaction au mouvement social, mais dans sa continuité, se présentant comme un candidat anti-système.

Au parlement, toutefois, la gauche dispose d’une courte majorité. Avec 79 sièges cumulés à l‘assemblée nationale, elle devance la droite qui n’en obtient que 74. Il n’y a toutefois pas de quoi se réjouir démesurément. La coalition radicale Apruebo Dignidad et celle des modérés « Unité Constituante » sont à égalité, avec 37 sièges chacun. Ils devront composer avec les verts, qui obtiennent deux sièges, et le parti humaniste, qui en obtient trois.

À droite, si les présidentielles ont été catastrophiques pour la droite conservatrice traditionnelle, les élections législatives ont en revanche été moins dévastatrices. Chile Vamos reste majoritaire, avec 53 sièges, tandis que le Frente Social Cristiano de J. A. Kast obtient 15 députés, et le Partido de la Gente de F. Parisi en obtient 6.

Les indépendants, grands vainqueurs des élections constituantes, sont cette fois-ci balayés, et n’obtiennent que deux sièges.

Ainsi, le formidable élan populaire constaté depuis bientôt trois ans semble encorné. Si la plupart des partis de gauche ont déjà appelé à voter pour Gabriel Boric, les chrétiens-démocrates, composante majeure de la coalition de centre-gauche formée avec les socialistes, n’ont pas encore pris de décision. Une potentielle coalition au Parlement, en l’absence d’un bloc de gauche uni aux présidentielles face à l’extrême droite, sera difficile à constituer. À droite, si les conservateurs soutiennent J. A. Kast, les libéraux et F. Parisi n’ont pas encore fait état de leur choix.

Quelle que soit l’issue du scrutin présidentielle, les Chiliens font face à un avenir politique incertain

Le Chili est à la croisée des chemins. Le 19 décembre, le peuple chilien devra choisir entre un candidat qui rejette en bloc le mouvement social, et un candidat qui en est issu. Dans cette polarisation extrême, l’attentisme des centristes ne fait que confirmer le rejet général de la classe politique.

Des questions plus inquiétantes restent posées. Que ferait l’armée, qui n’a jamais eu à répondre des crimes commis à l’époque de Pinochet, en cas de victoire de la gauche ? Comment réagiraient les forces sociales en cas de victoire de l’extrême droite ? Quelle attitude adopteront les États-Unis, dont l’ingérence dans la politique chilienne est coutumière ?

Le chemin reste long vers la République sociale au Chili, mais il existe.

Il faut à nouveau recourir fortement au Télétravail

Bien que notre pays semble pour le moment être en meilleure situation que nombre de ses voisins face à la cinquième vague de COVID-19, celle-ci ne fait pourtant aucun doute et la montée des contaminations est probable dans les semaines à venir avec un décalage avec le reste de l’Europe, largement dû au fort taux de vaccination en France.

La Gauche Républicaine et Socialiste considère qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Si notre niveau de vaccination nous préserve sans doute d’être submergé par une vague d’hospitalisations massives, nous constatons avec amertume que, depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement n’a jamais tiré les leçons des graves défaillances de notre système de santé publique, qu’elle a révélées et qui sont la conséquences de 15 ans de politiques d’austérité imposées à l’hôpital public… Le gouvernement et les ARS continuent de fermer des lits et des services et le « Ségur de la Santé » n’a en rien changé la logique néolibérale délétère appliquée à la santé publique, qui désespère les soignants et leur fait quitter en masse leurs missions.

Ainsi même avec une hausse limitée des hospitalisations, notre pays et nos hôpitaux risqueraient d’être confrontées à des difficultés importantes qui entraîneraient après coup des mesures de restriction plus radicales et socialement difficiles à supporter.

Qu’est-ce qui nous reste dans la boîte à outils qui n’a pas encore été suffisamment utilisé ? Le télétravail est évidemment un outil majeur dans ce que nous pouvons et devons mettre en œuvre maintenant ! C’est une décision qui relève du dialogue entre l’État et les entreprises, mais qui pourrait probablement optimiser notre réponse à la cinquième vague et ne pas créer de tensions excessives dans les hôpitaux en limitant les contaminations.

Or à la date du 30 septembre, les entreprises imposant au moins un jour de télétravail par semaine ne représentaient plus que 10 % de salariés (après 19 % fin août), selon la DARES. Cette proportion a encore baissé depuis. Au-delà de limiter les contaminations sur le lieu de travail, sans empêcher une large partie de l’activité économique, cette mesure aurait pour intérêt majeure de limiter les contacts et une promiscuité importante dans les transports en commun des grandes agglomération de notre pays : sauf à croire en la fable qui voudrait que le virus ne prenne pas le métro, il suffit de regarder le niveau de saturation des transports en commun en Île-de-France depuis septembre pour comprendre que le seul port du masque n’est pas suffisant pour limiter les contaminations dans le cadre d’une 5e vague lorsque les salariés en transit sont littéralement entassés les uns sur les autres. La diminution des flux dans les transports en commun serait également bien venue pour les travailleurs qui ne peuvent pas effectuer leurs mission en télétravail, car elle limiterait la promiscuité à laquelle ils sont exposés.

La Gauche Républicaine et Socialiste demande donc avec insistance que le gouvernement impose à nouveau deux à trois jours de télétravail dans les administrations publiques et les entreprises pour les salariés qui peuvent exercer leurs tâches à distance.

Il faut créer un délit de trahison économique

Les articles 410–1 et 411-1 à 9 du code pénal concernent le fait de fournir à une puissance étrangère des informations de nature à porter atteinte à la sécurité du pays et à ses intérêts vitaux. Il ne concerne pas le défaut d’information du gouvernement français par le patron d’une entreprise française avant de vendre une entreprise stratégique à l’étranger. Le code pénal ne peut en aucun cas être invoqué pour cela puisqu’en droit pénal l’incrimination est précisément définie.

Pour pouvoir sanctionner un patron qui vend à la sauvette une entreprise figurant sur une liste d’entreprises considérées comme stratégique par le gouvernement, sans avoir averti au préalable le gouvernement comme le prévoirait un code pénal modifié, il faut bien, comme le propose Arnaud Montebourg, modifier le code pénal et créer ce délit de trahison économique des intérêts nationaux.

Nous remercions Manuel Bompard de montrer dans l’échange qu’il a entamé sur le sujet qu’au-delà des désaccords politiques et de la dureté d’une campagne électorale, il existe encore des sujets sur lesquels nos réflexions convergent malgré quelques différences. Nous apprécions que le débat se fasse dans le respect…

Allocution présidentielle pour campagne électorale

Emmanuel Macron conjugue culot et indécence: cette allocution qui devait être consacrée à la recrudescence relative du COVID-19 a été le prétexte à vanter son bilan: 11 mn sur la #crisesanitaire 17 mn sur son bilan : une entrée en campagne aux frais du contribuable.

Concernant le chômage, soit Emmanuel Macron n’a aucune notion en mathématiques, soit il choisit ouvertement de mentir aux Français: on ne peut pas avoir « 3 millions de chômeurs » avec un « taux de 7% ». La France aurait-elle subitement la même population active que l’Allemagne?
En ce jour de grève du chômage par les volontaires du dispositif territoire zéro chômeur de longue durée, le président de la République a entamé un discours fleuve sur lequel il aborde la question du travail en prenant l’axe du contrôle et de la contrainte.
Tout d’abord en ciblant les jeunes, on peut saluer la volonté de formation, mais le contrat jeune existe déjà sous forme de garantie jeune et il serait insultant de faire croire que l’allocation n’est pas conditionnée à une formation, à une recherche recherche emploi …
Pour les plus âgés, Emmanuel Macron à continue en se félicitant delà réforme du chômage qui serait soi disant plus motivante pour un retour à l’emploi. Ceci alors même que le calcul est très défavorable au travailleur et surtout sans se poser la question des freins à l’emploi: qualification, rémunération, mobilité, garde d’enfant…
Enfin, sans surprise, le président a prône l’allongement du temps de travail ce qui est en contradiction avec les 2 précédents sujet à savoir l’accès à l’emploi et sans aucune considération de la pénibilité au travail. Nous dénonçons enfin cette idée fausse et indécente, ce mensonge odieux d’un représentant des classes possédantes selon lequel le chômage paie plus que le travail : Ça n’existe pas ! La réalité est le travail ne paie pas assez et que le chômage est une misère !

Mensonge encore un peu plus tard sur la lutte contre le COVID-19, car Emmanuel Macron ne peut pas dire que nous avons eu les vaccins très vite grâce à l’Europe, puisque Israël ou le Royaume-Uni les ont obtenus bien largement avant nous.

Emmanuel Macron ne parle donc que de travailler plus, mais jamais de faire contribuer le capital. En réalité, ce travail supplémentaire ne financera pas le modèle social, puisque le chômage est moins indemnisé et que les retraites baisseront s’il est réélu.
Reconquérir du terrain sur le Capital le mettre à profit pour créer des activités d’avenir, de l’emploi et des revenus pour les Français, c’est au contraire le projet que nous défendons dans le programme de la Gauche Républicaine et Socialiste et avec la candidature d’Arnaud Montebourg.
A contrario avec Emmanuel Macron , le travail supplémentaire financera le capital, les dividendes et l’évasion fiscale dont les plus riches sont depuis toujours les champions du monde! Non! La richesse doit financer le bien être collectif et la résilience climatique.

Programme de la GRS pour 2022

Nous n’avons pas renoncé à changer la vie !

Nous n’avons pas renoncé à changer la vie. En ces temps de désenchantement démocratique et de recul du militantisme politique, cette profession de foi peut paraître aussi immodeste qu’irréaliste.

Les urgences sont là, spectaculaires et tragiques : réchauffement climatique, inégalités sociales, bouleversements géopolitiques. Nos réponses doivent être à la hauteur des défis.

La préparation des élections présidentielle et législatives s’inscrit dans cette perspective politique. Il n’est pas trop tard pour engager la France et l’Europe dans cette grande bifurcation dont nous dessinions les contours lors de la fondation de notre mouvement il y a maintenant deux ans. Il n’est pas trop tard mais il y a peu de temps à perdre. Or le quinquennat qui s’achève nous en a fait perdre.

Que restera-t-il du macronisme ? Un grand mouvement social, celui des « Gilets Jaunes », provoqué par une des mesures iniques qui ont fait la marque de fabrique de ce gouvernement. La gestion calamiteuse d’une crise sanitaire inédite, à grand coups d’improvisations, d’ordres et de contre-ordres, qui a exacerbé l’angoisse des Français. Une série de mesures en faveur des plus riches au moment où le pays tout entier devait son salut aux travailleurs de l’ombre, mal payés et mal considérés.

Pour ceux qui ont fait mine d’y croire, les illusions de 2017 se sont rapidement dissipées. Un gouvernement « ni de gauche, ni de gauche ». Un candidat prétendument « rempart contre l’extrême droite » qui a fait peu de cas des libertés publiques. Un président incapable de s’élever à la hauteur de l’intérêt général. Bref, en 2022, il faut tourner la page de l’expérience macroniste.

Aussi improbable que cela puisse paraître, nous pensons qu’une majorité de gauche peut emporter la bataille électorale qui vient. Pour cela, nous continuons de plaider en faveur de la stratégie de « Nouveau Front Populaire ».

Au service de celle-ci, il faut un programme susceptible de répondre aux aspirations des Français que nous prétendons représenter, à commencer par les classes populaires qui subissent les crises de plein fouet.

Un programme qui permette de préparer l’avenir, d’anticiper les mutations, et qui propose des solutions pour en contrôler le cours.

Un programme qui prenne en compte les priorités du moment : la réparation de la France après l’une des plus graves crises de notre histoire en temps de paix ; le redressement de notre économie et de nos services publics après des décennies de purge libérale. La restauration de la maîtrise collective de notre destin commun.

Objectif numéro 1 : une France qui protège et qui soutient – page 6

Les terribles années 2020 et 2021 ont été précédées par une offensive brutale contre les piliers de notre modèle social : le droit du travail, l’hôpital, la SNCF, l’assurance-chômage, les retraites, … les Français ont été mis à rude épreuve. Les libertés publiques elles-mêmes ont fait l’objet d’inquiétantes remises en cause, avec l’accumulation des états d’urgence. Éradiquer la pauvreté, rétablir la justice sociale et fiscale, assurer la tranquillité publique : les chantiers sont immenses.D’où l’urgence de se rassembler autour du projet de la République Sociale, où la puissance publique retrouvera les moyens d’exercer son rôle essentiel de protection des Français, de soutien à nos compatriotes les plus fragiles et de construction d’une société plus fraternelle.

Objectif numéro 2 : Une France qui crée et qui innove – page 28

L’économie devrait être au service des hommes, mais elle les a mis à son service. La France a souffert des politiques absurdes imposées par les ravis de la mondialisation heureuse, communiant dans le culte de la globalisation financière et du libre-échange généralisé.

Les deux grandes crises économiques du début du siècle ébranlent les certitudes des libéraux. Il faut s’engouffrer dans la brèche. La France, durement éprouvée par les privatisations et les délocalisations, a suffisamment de ressources, de savoir-faire, de travailleurs formés, pour (re)devenir une puissance industrielle indépendante et compatible avec l’urgence de la transition écologique.

Objectif numéro 3 : Une France qui maîtrise son destin – page 50

Au moment où des multinationales n’ont que faire des États, des frontières et des règles, et rêvent tout haut d’entreprises sans usine et de marché sans entrave ; au moment où de nombreux dirigeants s’affranchissent de l’avis des peuples ou construisent sans eux, voire contre eux, des politiques injustes, la belle et grande idée de souveraineté recouvre toute sa pertinence.

Les citoyens veulent reprendre le contrôle : nous proposons de les y aider. Renouer avec l’exigence républicaine d’une instruction de qualité, de l’accès à la culture pour tous, de la démocratisation de nos institutions, c’est évidemment possible.

L’indépendance est la condition de notre liberté de choix et de notre sécurité. Une France souveraine et une Europe puissance sont les outils indispensables pour desserrer l’étau entre les deux grandes puissances, nouer des partenariats (Russie, Inde, Indonésie, grands pays africains…), promouvoir un nouveau modèle de développement hors pétrole, protéger les biens communs (terres rares, biodiversité, eau, espace …), lutter contre l’islamisme radical, imposer et contrôler les géants du numériques.

Égalité : une fois de plus Macron produit l’inverse de ce qu’il dit

L’égalité femme homme devait être la grande cause du quinquennat … et bien c’est hélas raté car le constat est sans appel. Depuis 2018, les inégalités salariales se sont accrues, et ce bien avant la crise du Covid. Elles ont encore augmenté en 2020 et de 2021. Alors qu’elles avaient timidement commencé à se réduire (à un rythme bien trop lent), c’est tout l’inverse que nous constatons avec la mise en œuvre de la politique conduite par Emmanuel Macron. L’écart moyen est remonté de 15,5 à 16,5%.

Il faut désormais des actes. Plusieurs décisions s’imposent :

  • La première est une revalorisation forte du SMIC car 59,3% des salariés du secteur privé au SMIC sont des femmes. De ce point de vue, la proposition d’Arnaud Montebourg d’augmenter le SMIC immédiatement de 10% est un point d’appui important.
  • Mais il faut aussi revaloriser des métiers à dominante féminine et qui sont apparus plus encore avec la pandémie comme essentiels : infirmières, aides soignantes et métiers du lien, du service, de l’agro-alimentaire, de la grande distribution, enseignants, etc.
  • Il faudra enfin renforcer l’exigence de l’index égalité dans les entreprises et favoriser la parité dans les postes de direction des grandes entreprises et dans l’encadrement…

Arnaud Montebourg propose des négociations par branches pour engager ces revalorisations et si ces dernières n’aboutissent pas, alors le gouvernement prendrait ses responsabilités pour assurer cette juste revalorisation. Il faudra assurer ce même mouvement dans la fonction publique où l’abandon du gel du point d’indice doit nécessairement s’accompagner d’un rattrapage du pouvoir d’achat des salariés du public.

Voilà des mesures que la Gauche Républicaine et Socialiste veut promouvoir dans la campagne qui s’ouvre pour l’élection présidentielle.

Évidemment cela ne suffira pas mais donnerait un coup d’accélérateur pour inverser ces dérives depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron.

Les Jeunes n’ont pas besoin d’une mesure électoraliste mais d’une véritable politique de l’emploi

Emmanuel vient d’annoncer ce matin sur son compte facebook le lancement le 1er mars 2022 du Contrat Engagement Jeune qu’il avait promis le 12 juillet dernier pour mettre un terme aux appels croissant en faveur du RSA jeune. Concrètement, dès le 1er mars, tous les jeunes de moins de 26 ans qui, sans formation ni emploi depuis plusieurs mois, s’inscriront, pourront bénéficier de 15 à 20 heures d’accompagnement par semaine pour découvrir un métier, se former, trouver un apprentissage ou un emploi. Une allocation pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois pourra être versée sous condition de revenus, d’assiduité et d’acceptation des offres d’activité faites. Notons au demeurant que cette « nouvelle » mesure n’est qu’une réutilisation du dispositif garantie jeune qui existe depuis 2017 ; d’autre part, le dispositif devrait concerner environ 500 000 jeunes de 16 à 25 ans par an alors que ce sont pourtant (en 2019) environ 1,5 million de jeunes âgés de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (hors Mayotte).

Au-delà du fait qu’on pourrait s’étonner que ce soit le Président de la République qui se charge de cette annonce, plutôt que le ministre en charge du dossier, il y a quelque chose d’indécent chez le président de la République à multiplier ainsi les moments de communication politique en perspective de sa prochaine candidature à sa réélection : ainsi 4 mois et demi auront été nécessaires pour marketer l’habillage d’une mesure qui ne prendra corps que dans 5 mois au moment de l’entrée en campagne du candidat Macron. Le caractère électoraliste de l’annonce et de la mesure elle-même ne fait aucun doute : l’exécutif n’a jamais eu de scrupules, c’est à nouveau démontré.

Il a donc fallu une énergie intellectuelle débordante à l’État Macron pour échafauder une justification politique à la réfutation du RSA pour les jeunes et aboutir à un sous RSA soumis à conditions… à la condition que les futurs jeunes bénéficiaires démontrent qu’ils ne sont pas des tire-au-flanc consommateurs d’allocations. Emmanuel Macron continue à jouer du mépris avec le peuple français et les jeunes, à qui il disait voici peu de temps qu’il suffisait de traverser la rue pour trouver un emploi. Ainsi la logique macronienne c’est que, désormais, l’essentiel de la crise économique découlant de la crise sanitaire étant selon lui derrière nous, seuls les fainéants ne trouveraient pas d’emploi. Quand on veut, on peut… C’est la motivation principale (au-delà des exigences de la Commission européenne) de l’imposition aux forceps d’une réforme de l’assurance chômage qui va plonger des centaines de milliers de demandeurs d’emploi dans la misère. Et malgré toute l’introduction de sa publication facebook matinale de ce 2 novembre 2021, cela signe en réalité l’abandon de toute politique active de l’emploi depuis le début du quinquennat.

La Gauche Républicaine et Socialiste considère au contraire qu’il faut restaurer une politique de l’emploi digne de ce nom et qu’elle passera aussi par un large volet de création d’emplois publics.

La logique selon laquelle l’emploi privé serait une richesse et l’emploi public un coût, indépendamment de la valeur et de l’utilité sociale produites par les dits-emplois, est ici menée jusqu’à une conclusion qui défie le bon sens. La crise sanitaire a démontré jusqu’au bout l’absurdité de cette affirmation libérale, quand Élisabeth Borne avait réclamé que les remontées mécaniques restent ouvertes dans des stations de ski fermées pour maintenir les embauches qui étaient immédiatement placées en « chômage partiel »…

Les besoins sont immenses dans les hôpitaux, les écoles, les universités, la sécurité, les services sociaux, les prisons, la justice : or ces secteurs, où les personnels sont proches du burn out, ont le défaut d’appartenir au secteur public. Il n’est donc pas question de recruter, au-delà même de la question de la formation des professionnels. Mais à tout le moins pour le secteur médical, il serait possible de reprendre contact avec les personnels qui l’ont récemment quitté, qui se sont reconvertis ou qui préfèrent travailler par exemple en Allemagne ou en Suisse. L’éducation nationale a besoin de tuteurs pédagogiques pour assurer un meilleur soutien scolaire, ou de surveillants pour mieux encadrer les élèves, les réguler dans les cantines, etc. Surtout, l’urgence écologique et l’incapacité du privé à répondre seul à ses défis, nécessite de programmer des embauches publiques massives. La jeunesse, dont la sensibilité à ces enjeux est très forte, pourrait répondre à l’appel de la collectivité.

Les faiblesses du service public sont grandes, mais les dogmes austéritaires demeurent, comme si de rien n’était. L’un de ces dogmes, selon lequel le « vrai » emploi émanerait exclusivement du secteur marchand empêche de répondre efficacement à la crise. S’il est nécessaire d’aider les entreprises dont l’activité s’effondre, cela ne suffira pas à créer de l’emploi. Il faut donc aussi en créer dans le secteur public, là où sont les besoins. Le recrutement d’agents titulaires est nécessaire à moyen terme, notamment dans les administrations qui ont le plus souffert des réductions d’effectifs. Mais il faut aussi des emplois à court terme (CDD, contrats de mission) pour soulager au plus vite nos services publics, qui peinent à gérer la crise actuelle.

Créer des emplois publics, c’est aussi offrir des débouchés aux jeunes diplômés. Avant la crise sanitaire, le taux d’insertion à 18 mois des étudiants issus de l’université dépassait les 90%. En 2020, le nombre de postes ouverts aux personnes sans expérience a chuté de plus de 40%. En dépit de la qualité de leur formation, des centaines de milliers de jeunes risquent de ne pas pouvoir s’insérer professionnellement. Fin 2020, seuls 54% des diplômés de l’année avaient trouvé un travail, un taux inférieur de 20 points à celui d’une année normale. Or, la situation risque de ne pas s’arranger en 2021, ce qui fait que toute une génération de diplômés risque de perdre les compétences acquises durant ses études en cumulant des années de galères, de petits boulots peu qualifiés et de chômage. Si l’on ne fait rien, plusieurs centaines de milliers de jeunes basculeront dans la précarité.

La gauche, qui milite pour étendre le RSA aux 18-25 ans, ne répond elle aussi que partiellement aux désirs d’insertion des jeunes. Il faut aller au-delà de la seule logique d’assistance financière. En plus des subventions au entreprises et des allocations aux ménages qu’il propose, l’État doit s’impliquer directement dans le secteur productif et engager un véritable plan d’embauches en direction des moins de 25 ans.

Voici donc les réponses que la Gauche Républicaine et Socialiste souhaite apporter aux jeunes de notre pays et les axes de la politique de l’emploi en direction de la jeunesse qu’elle soumet au débat public à l’orée des campagnes électorales présidentielle et législatives :

● Un véritable RSA jeunes pour pallier l’urgence de la situation, après les dégâts cumulés des politiques libérales et de la crise sanitaire. Mais nous savons que cela ne suffira pas à réaliser leur insertion ;
● Une allocation d’autonomie pour les jeunes en formation ;
● L’abrogation de la réforme d’assurance chômage ;
● Créer des postes et inciter au recrutement dans les secteurs d’avenir : emplois verts, emplois du soin, emplois du numérique… ;
● Mettre en place une garantie « premier emploi » s’appuyant sur les services publics, les associations et les entreprises avec versement du RSA au jeune pendant la première année d’emploi et prise en charge par l’employeur de l’écart entre RSA et SMIC pendant cette année ;
● Engager un vaste plan d’embauche des jeunes de moins de 25 ans dans le secteur public ;
● Mettre en place une garantie d’emploi, passant par un État employeur en dernier ressort des chômeurs de longue durée et la mise en œuvre effective d’un droit opposable ;
● Valider les années d’études, de stage, d’apprentissage et des périodes d’inactivité forcée dans le calcul des droits à retraite ;
● Créer une grille de rétribution des stages, évolutive en fonction de la durée du stage et du niveau de qualification du stagiaire, dont la base minimum aurait pour hauteur 50% du SMIC ;
● Faire bénéficier aux jeunes en alternance de la gratuité des frais d’inscription, des frais d’équipement, de scolarité et de transport et assurer une rémunération au minimum égale au SMIC.

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