Autonomie de la Corse, une boîte de pandore macroniste qui ne résoudra rien

Emmanuel Macron et Gérald Darmanin ont annoncé hier leur projet d’accorder à la Corse un statut d’autonomie spéciale, suite aux récentes émeutes entraînées par l’agression d’Yvan Colonna par un détenu islamiste.

Pendant plus de 8 minutes, sans que personne n’intervienne, un islamiste radicalisé a en effet pu agresser Yvan Colonna, détenu particulièrement sensible ; ce dernier est aujourd’hui entre la vie et la mort. Ce très grave incident est symptomatique du délabrement et de la dangerosité dans nos prisons, en plus de conditions de détention indignes. Il démontre une grave défaillance de l’État qui aurait dû s’assurer qu’un détenu signalé ne soit pas atteignable ; on savait qu’un incident avec Yvan Colonna serait inflammable avec des conséquences immédiates dans le climat politique corse. Le silence du gouvernement dans les heures et les jours qui ont suivi l’agression a été contre-productif ; les ministres de la Justice et de l’intérieur auraient dû immédiatement réagir pour reconnaître le dysfonctionnement évident et annoncer une enquête… Ce silence a nourri les pires considérations complotistes et précédé les débordements des manifestations massives en Corse.

« La République une et indivisible », premiers mots de notre constitution, sont sur le point d’être enterrés par le gouvernement. Il s’agit de l’aboutissement ultime du néolibéralisme dont l’objectif avoué est la destruction de l’État providence et de la République sociale, au profit d’une « Europe des régions » où chacun serait autonome, « individué », mais appauvri.

La Corse, c’est la France. Il s’agit de deux départements parmi les plus pauvres de France métropolitaine, et souvent les plus ignorés de la puissance publique concernant les investissements publics. Les récentes émeutes n’émanent donc pas de nulle part. Mais céder ainsi à la violence politique pour aujourd’hui sous le coup de la panique faire une promesse aussi ambiguë que possible et tend à faire croire aux nationalistes corses que la République pourrait accorder une autonomie fiscale et législative. Car dans les faits, au regard du statut institutionnel actuel de l’île, la Corse bénéficie déjà d’une très large autonomie ; l’étape suivante ne pourrait donc être que cette autonomie fiscale et législative qui mettrait fin de fait à la République française en Corse. De la part de la macronie, c’est à nouveau jouer avec une ligne rouge car soit la promesse du ministre de l’intérieur transformé en porte parole du président candidat ne sera pas tenue (pour différentes raisons, y compris constitutionnelles) et le procès en trahison politique et en défiance sera plus lourd que jamais et pourrira durablement les relations avec la Corse, soit elle est mise en œuvre et ce sera le premier domino à tomber dans une logique de fragilisation de la République.

Quelle serait la suite de l’autonomie corse ? L’autonomie de toutes les régions dont l’identité culturelle locale est restée puissante ? La désagrégation à marche forcée de l’universalité de la loi et la transformation de la France en une obscure fédération de grandes régions ? C’était déjà ce que laissait entendre une proposition de résolution du groupe socialiste en juin 2020 en faveur d’une modification de la constitution visant à énoncer de façon limitative les compétences de l’État, celles des collectivités locales devenant la règle pour tous les autres sujets. Cette revendication d’une autonomie fiscale et législative de la Corse pourrait d’ailleurs aboutir à une situation complexe qui déborderait les dirigeants autonomistes : il y a fort à parier que la Corse soit alors en difficulté pour résister aux appétits « économiques » de certains intérêts peu recommandables. La République reste aujourd’hui le meilleur rempart des Corses et de la Corse contre des visées agressives. C’est un risque bien trop grand avec des conséquences bien trop graves.

Nous n’avons rien en soi contre le président de l’exécutif corse. Nous ne partageons évidemment pas ses convictions autonomistes, mais nous n’avons aucune raison de penser qu’il n’est pas sincère quand il dit vouloir défendre la démocratie, la probité et la transparence, la justice sociale et la paix civile. L’exécutif territorial corse doit être considéré comme un véritable et légitime interlocuteur avec qui l’État doit discuter de manière approfondie des solutions à apporter aux difficultés spécifiques auxquelles est confrontée la société corse. Le temps des faux semblants est terminé !

Ainsi considérer Gilles Simeoni comme un véritable interlocuteur et le respecter, c’est aussi lui dire notre conviction que l’autonomie de la Corse ne réglerait rien des problèmes que traverse l’île. La puissance publique n’investira pas plus dans des infrastructures dignes, dans la lutte contre la pauvreté ou contre la corruption. La pauvreté ne reculera pas si la loi de la République ne s’applique plus en Corse. Elle ne reculera que si le gouvernement et les représentants légitimes et élus de cette région discutent des moyens financiers et humains à consacrer à la lutte contre l’isolement, l’inflation, la vie chère, qui rongent la Corse et ses habitants. Négocier un véritable contrat de plan renforcé État/Corse qui vise à résoudre les problèmes sociaux, économiques et d’accès aux services publics des habitants est une priorité absolue : le fait que le président de l’exécutif territorial soit autonomiste ne doit en rien constituer un frein à ce travail urgent et nécessaire.

Sauf que ce processus est tellement aux antipodes de ce qu’Emmanuel Macron a l’habitude de faire qu’il préfère brader l’unité de la République, et ce en pleine campagne pour l’élection présidentielle. Pour notre part, nous continuerons à défendre l’indivisibilité de la République et l’égalité des citoyens en son sein.

Autour de Fabien Roussel dans l’enthousiasme du Cirque d’Hiver pour faire vivre une gauche populaire

Jeudi 10 mars 2022, Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et Jean-Luc Laurent (accompagnés par Liem Hoang Ngoc et Isabelle Amaglio Terrisse) sont venus apporter le soutien déterminé de la Gauche Républicaine, qui rassemble la GRS, le MRC, la Nouvelle Gauche Socialiste et Les Radicaux de Gauche, à la candidature de Fabien Roussel et à son programme pour « La France des Jours Heureux »… Ils ont reçu un accueil fabuleusement chaleureux des 5000 personnes réunies à l’intérieur et à l’extérieur du Cirque d’Hiver et venues pour écouter Fabien Roussel ; et leurs propos enflammés ont reçu de vibrants et forts applaudissements. C’est peu de dire que nous n’avons pas connu d’enthousiasme comparable dans d’autres campagnes.

Nous sommes plus engagés que jamais pour porter le plus haut possible par tous les moyens, sur le terrain avec les militants communistes et les sympathisants de la campagne des Jours Heureux, auprès de notre entourage, sur les réseaux sociaux, la candidature de Fabien. Avec lui nous pouvons construire une nouvelle Gauche républicaine, populaire, sociale, laïque, universaliste et féministes, celle dont les Français ont besoin pour réparer le pays et répondre à leurs aspirations, celle dont les Français ont besoin pour reconstruire l’espoir de retrouver le droit au bonheur, celle dont les Français ont besoin pour contre-attaquer contre les agressions des Libéraux autoritaires, des Conservateurs et de l’extrême droite qui ont tous le même projet : mettre fin à la République sociale.

Nous avons 30 jours pour le faire et nous le ferons !

Nous vous invitons à regarder l’intervention de Fabien Roussel qui était particulièrement en forme devant le public joyeux du Cirque d’Hiver.

La Gauche Républicaine et Socialiste apporte son soutien à Fabien Roussel

La Gauche Républicaine et Socialiste, réunie en Collectif d’Animation National lundi 7 mars, a décidé, à la majorité de ses membres, d’apporter son soutien à la candidature de Fabien Roussel pour l’élection présidentielle du 10 avril 2022.

Nous nous reconnaissons dans les objectifs programmatiques fixés par le candidat des « Jours Heureux », qui répondent aux besoins du pays : priorité au pouvoir d’achat et aux salaires, promotion des services publics, de l’écologie populaire, réindustrialisation du pays, défense de la laïcité, indépendance de la France.

Nous faisons ce choix parce que cette candidature dessine les contours d’une gauche de rupture, d’une gauche de combat, qui fait de la reconquête des classes populaires sa priorité politique.

La Gauche Républicaine et Socialiste sera présente au meeting de Fabien Roussel ce jeudi 10 mars à Paris.

Journée internationale des luttes pour les droits des femmes, l’égalité, un combat permanent

La journée internationale des luttes pour les droits des femmes est un héritage socialiste. Si l’on retrouve ses origines dans des initiatives de Clara Zetkin, Rosa Luxemburg et des partis socialistes américains et allemands au début du XXème siècle, la date actuelle correspond à une manifestation de militantes socialistes allemandes le 8 mars 1914 pour exiger le droit de vote. Les pays socialistes l’ont érigé en jour férié, et il est triste de constater que le marketing marchand en a fait une « fête des femmes » destinée à vendre des produits dits féminins, renforçant les stéréotypes de genre.

Nous tenons donc à rappeler ce que signifie, pour nous socialistes et républicains, le 8 mars : une journée pour l’égalité des droits, une journée pour l’égalité des salaires, une journée pour la fin des violences faites aux femmes, dans le cadre de l’internationalisme militant.

Alors qu’un retour en force des cléricaux met à mal le droit à l’avortement en Pologne et aux Etats-Unis, que le voile est imposé aux Iraniennes et aux Saoudiennes, que les droits reculent en Russie et en Turquie, nous clamons notre solidarité avec les militantes de ces pays qui se battent pour atteindre ou maintenir l’égalité des droits et la liberté de disposer de son corps. Nous rappelons qu’il n’existe qu’une seule loi commune, celle de la République.

Si en France l’égalité des droits est acquise, force est de constater que cela est insuffisant pour atteindre l’égalité réelle. Les inégalités salariales persistent, les femmes sont toujours les plus touchées par la précarité, les temps partiels, le chômage technique. Si de nombreuses entreprises communiquent sur l’accession de femmes à de hauts postes de responsabilité, l’inégalité reste la norme pour les classes populaires. La responsabilité des entreprises doit désormais être engagée pour que cette égalité en fait soit atteinte. Nous proposons de supprimer les biais sur les indices d’évaluation des inégalités salariales et de les analyser au niveau des groupes, notamment en raison des créations de sociétés de moins de 50 salariés pour y intégrer tous les hommes très bien payés.

Enfin, le mouvement international de lutte contre les féminicides et plus largement contre les violences faites aux femmes, entamé depuis 2017 avec « Me too », est un moment majeur dans l’histoire du féminisme, et doit être pris en compte comme tel. La puissance publique a insuffisamment accompagné le refus désormais affiché de subir des violences sexuelles et sexistes. Des moyens doivent être alloués, et la police formée pour mieux accueillir les victimes.

Comme tous les ans depuis sa fondation, la Gauche Républicaine et Socialiste sera présente dans les manifestations du 8 mars.

À propos de la Résolution du parlement européen sur l’invasion russe contre l’Ukraine – Emmanuel Maurel

explication de vote d’Emmanuel Maurel

Le Parlement européen était appelé ce jour à se prononcer sur une résolution condamnant dans les termes les plus fermes l’agression de l’Ukraine par l’armée de Vladimir Poutine et son allié Loukachenko. Emmanuel Maurel a voté pour cette résolution.

La sévérité de ce texte n’a d’égale que la brutalité de l’offensive tous azimuts décidée par le Kremlin, au mépris de la souveraineté de l’Ukraine et des principes fondamentaux du droit international. Quelles que soient les raisons ayant conduit à cette funeste décision, qui endeuille le peuple ukrainien et annonce un sombre avenir au peuple russe, sa responsabilité repose entièrement sur l’agresseur : Vladimir Poutine.

La très large majorité recueillie par la résolution sur la plupart des bancs de l’hémicycle s’explique non seulement par l’indignation et la colère que nous éprouvons tous depuis le déclenchement des hostilités, mais aussi par les menaces explicites portées par Moscou contre la sécurité des États-Membres de l’Union, jusqu’au point d’envisager un recours à l’arme nucléaire !

Certes, quelques paragraphes du texte, rédigés dans la très lourde atmosphère qui règne depuis le 24 février, demandent à la Commission et au Conseil d’alourdir plus que de raison les sanctions décidées les 26 et 27 février contre le régime russe. Des formulations ont été introduites par amendement, qui donnent un ton inutilement belliqueux à certains passages.

Je n’approuve pas ces excès de langage et partage le point de vue de ceux qui appellent à la raison. Un train de nouvelles sanctions, s’ajoutant à des mesures déjà très dures, pourraient frapper les Russes dans leur vie quotidienne et se retourner contre nos économies. Un soutien armé inconsidéré à l’Ukraine pourrait donner lieu à toutes sortes de trafics et surtout alourdir les pertes humaines et aggraver les destructions. Il faut toujours veiller à ne pas faire l’inverse de l’objectif recherché.

En revanche, des amendements déposés par mon groupe ont amélioré le texte sur des points clé : l’accueil inconditionnel à tous les réfugiés se présentant à la frontière Est de l’Union Européenne et un plan de soutien aux citoyens européens, qui subiront vite les conséquences du conflit, notamment sur les cours de l’énergie et des matières premières. Plus généralement, le ton de nos amendements était celui de la responsabilité, du dialogue et de la recherche de solutions concrètes pour ramener et garantir la paix.

À cet égard, et contrairement à la majorité des parlementaires européens, je maintiens que l’OTAN n’est pas un facteur de sécurité et de stabilité à long terme pour notre continent. Sa vocation défensive a été démentie par les faits plusieurs fois depuis la fin du siècle dernier ; et surtout, l’OTAN assoit notre sujétion aux États-Unis, puissance non européenne et politiquement volatile, comme l’a montré la présidence de Donald Trump.

L’Europe devra un jour ou l’autre, et quoiqu’en dise le texte voté aujourd’hui, organiser sa sécurité collective en s’appuyant sur d’autres instances, plus légitimes à mes yeux : les Nations Unies et l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe.

L’autre sujet majeur est celui de l’élargissement de l’Union Européenne. Le texte ne prend pas parti pour une adhésion immédiate de l’Ukraine et s’en tient à revendiquer pour elle un statut de « pays candidat à l’adhésion ». En l’état des capacités respectives de l’Union Européenne et de l’Ukraine, pays de 45 millions d’habitants, il nous est mutuellement impossible d’aller au-delà, sauf à se résoudre à d’immenses difficultés économiques et sociales, particulièrement pour notre agriculture et notre industrie.

Enfin, notre émotion collective ne saurait effacer les efforts entrepris depuis de nombreuses années par d’autres pays candidats à l’adhésion, au premier rang desquels la Serbie, interpellée dans des termes comminatoires et blessants pour n’avoir pas pris elle aussi des sanctions contre la Russie.

Il revient à présent aux États-Membres et à la Commission de prendre acte de la parole forte du Parlement en veillant à la sauvegarde de nos intérêts communs ; et en se mobilisant pour faire advenir au plus vite le cessez-le-feu, la résolution diplomatique du conflit et in fine, la Paix.

Contre la logique de guerre, ne pas reculer face à Poutine !

Vladimir POUTINE a choisi de déclencher une guerre contre l’Ukraine, son gouvernement élu et son peuple. Cette agression est une violation du droit international qui menace l’existence même d’un État souverain.

Le Président russe justifie son « opération militaire » par une série de prétextes fallacieux : l’Ukraine serait « aux mains des nazis » et entreprendrait un « génocide » contre les russophones du Donbass…
Il réitère aussi ses arguments géostratégiques : l’élargissement de l’OTAN à l’Ukraine menace la Russie ; les accords de Minsk de 2015, validés par le Conseil de Sécurité pour régler le conflit au Donbass, ont été sabotés.

Mais l’heure n’est plus à la comptabilité des torts des uns et des autres. La responsabilité de la spirale guerrière repose à présent entièrement sur le maître du Kremlin.
Il faut tirer les conséquences de cette politique criminelle du fait accompli en aidant l’Ukraine, en soutenant toutes les sanctions économiques adaptées à la situation, mais aussi en prenant des mesures de défense pour sécuriser la frontière Est de l’Union européenne. Il faut aussi obtenir le plus large consensus à l’ONU pour faire respecter le droit international.
Vladimir POUTINE nous oblige à relever le rapport de forces, pour l’instant déséquilibré, qu’il a lui-même créé.

Les Européens et leurs alliés doivent faire comprendre maintenant à la Russie qu’elle ne sortira pas gagnante de cette confrontation. C’est la condition sine qua non pour la faire revenir à la raison, cesser les hostilités, se retirer Ukraine et s’asseoir à la table des négociations. Pour que la paix revienne durablement sur le continent, pour que la sécurité de tous soit assurée, nous ne pouvons plus reculer.

Manouchian au Panthéon !

« Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent

Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps

Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant

Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir

Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant. »

Ce sont les dernières lignes de Strophes pour se souvenir écrites par Louis Aragon en hommage au groupe FTP MOI conduit par Missak Manouchian… Voici leurs noms qui ne doivent jamais être oubliés :

  • Celestino Alfonso Espagnol, 27 ans
  • Olga Bancic, Roumaine, 32 ans
  • Joseph Boczov [József Boczor ; Wolff Ferenc], Hongrois, 38 ans – Ingénieur chimiste
  • Georges Cloarec, Français, 20 ans
  • Rino Della Negra, Italien, 19 ans – Footballeur du Red Star Olympique
  • Thomas Elek [Elek Tamás], Hongrois, 18 ans – Étudiant
  • Maurice Fingercwajg, Polonais, 19 ans
  • Spartaco Fontanot, Italien, 22 ans
  • Jonas Geduldig, Polonais, 26 ans
  • Emeric Glasz [Békés (Glass) Imre], Hongrois, 42 ans – Ouvrier métallurgiste
  • Léon Goldberg, Polonais, 19 ans
  • Szlama Grzywacz, Polonais, 34 ans
  • Stanislas Kubacki, Polonais, 36 ans
  • Cesare Luccarini, Italien, 22 ans
  • Missak Manouchian, Arménien, 37 ans
  • Armenak Arpen Manoukian, Arménien, 44 ans
  • Marcel Rajman, Polonais, 21 ans
  • Roger Rouxel, Français, 18 ans
  • Antoine Salvadori, Italien, 24 ans
  • Willy Schapiro, Polonais, 29 ans
  • Amedeo Usseglio, Italien, 32 ans
  • Wolf Wajsbrot, Polonais, 18 ans
  • Robert Witchitz, Français, 19 ans

Les 22 hommes ont été fusillés le 21 février 1944 au Mont-Valérien. Olga Bancic, seule femme du groupe, fut décapitée le 10 mai 1944 à Stuttgart. Nous avons mis en avant les noms des résistants dénoncés sur l’Affiche Rouge.

Ce jour marque donc le 78ème anniversaire de l’exécution de ces Résistants qui donnèrent leur vie pour la France, qu’ils avaient décidé d’aimer à en mourir. Une initiative a été lancée en décembre 2021 pour demander l’entrée de Missak Manouchian et de sa femme Mélinée au Panthéon. Il représente non seulement ses compagnons de l’« Affiche rouge », mais aussi ces étrangers qui firent la France et dont la France fit des citoyens, le vaste peuple des ouvriers, typographes, cheminots, employés, intellectuels et poètes, hommes et femmes d’héroïsme et de devoir. Tous illustrent l’idéal d’une République où comptent avant tout l’amour de la patrie et l’adhésion aux principes universalistes qui la régissent.

C’est pourquoi la Gauche Républicaine et Socialiste s’associe avec enthousiasme à cette initiative et exprime sa reconnaissance éternelle à Missak Manouchian et ses 22 camarades qui seront pour toujours nos Libérateurs.

Addiction aux jeux d’argent : la jeunesse en danger

Une récente étude de la SEDAP « Enquête enjeu-mineurs » parue fin 2021 révèle que près d’un tiers des adolescents de 15-17 participent à des jeux d’argent, essentiellement des paris sportifs en ligne. 7,5% d’entre eux seraient même en situation d’addiction grave.

La multiplication des offres de jeux d’argent en ligne, suivant sa déréglementation en 2010, et l’explosion de la publicité associée ces dernières années ont en partie mené à ce qui n’est ni plus ni moins une crise sanitaire frappant de plein fouet la jeunesse de notre pays.

L’absence de perspective d’émancipation collective et la panne ignorée de l’ascenseur sociale conduisent de plus en plus de jeunes à considérer que le seul moyen de sortir de la misère serait les jeux de hasard ou les paris sportifs. Le chômage de masse ou l’uberisation comme seul avenir ne pouvaient que mener à ce désastre. Les phénomènes addictifs qui en découlent conduisent à l’appauvrissement de mineurs déjà en situation de précarité, enrichissant des sociétés privées.

Il y a donc urgence à agir pour que ce nouvel opium du peuple cesse de mettre en danger la santé mentale et économique de milliers d’adolescents.

La publicité des paris sportifs doit être sévèrement réglementée. Mais que peut-on attendre d’un gouvernement et d’une majorité parlementaire libérale qui a déjà refusé l’année dernière de mettre fin à la publicité de produits polluants ?

Si les jeux d’argent ne peuvent pas être interdits, car cela créerait un marché parallèle en dehors de tout contrôle, nous demandons à ce qu’ils soient placés sous le contrôle exclusif et public de la Française Des Jeux. La déréglementation de 2010 et la captation de ce marché par le secteur privé a conduit à des pratiques commerciales favorisant la multiplication du jeu plutôt que la santé publique. Mais que peut-on attendre d’un gouvernement qui a privatisé la Française Des Jeux, livrant ainsi au marché un secteur dans lequel la maximisation effrénée des profits se fait au détriment de l’intérêt collectif ?

La jeunesse mérite mieux que d’être ballotée entre chômage, pauvreté, addiction et uberisation. Pour sortir de ce désastre, les adolescents doivent avoir accès à des politiques d’emploi, de formation et d’émancipation.

Les jeunes des quartiers populaires doivent être au centre du débat républicain

Dinks Turki, 21 ans, est coordinateur à Marseille pour la Gauche républicaine et socialiste (GRS) et responsable associatif. Il s’est engagé en politique pour faire entendre la voix des jeunes des quartiers populaires. Il était interrogé par les journalistes de France Info pour le format « Génération 2022 » qui interroge les jeunes militants ou responsables associatifs à l’occasion de la campagne pour l’élection présidentielle du printemps. Un rappel fort qu’il y a un besoin de République concrète !

Jean-Michel Blanquer ne sait plus à quel saint se vouer

communiqué de presse du samedi 12 févier 2022

Mauvais signe pour la laïcité à l’école ?
Le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer vient de nommer Mark Sherringham à la tête du conseil supérieur des programmes. Or Sherringham est un haut fonctionnaire et philosophe controversé, qui avait plaidé pour la réintroduction du christianisme dans l’école publique. Ancien conseiller de Raymond Barre, de François Fillon et de Xavier Darcos, cet inspecteur général de philosophie a prôné « l’idéal civilisateur du christianisme » et a plaidé pour une école qui fasse en son sein une place à la religion.

Marc Sherringham a critiqué par exemple dans le passé « la volonté laïque de cantonner la religion à la sphère des opinions privées ».

L’annonce de cette nomination a déclenché à juste titre beaucoup d’indignation.
C’est là en effet un drôle de signal (juste avant l’élection présidentielle, de surcroît) que de nommer à la tête de cette instance très symbolique et très politique une personnalité autant préoccupée par la place du christianisme dans le champ éducatif et auteur de propos ambigus sur la laïcité, qui a par ailleurs soutenu les écoles privées hors-contrat et théorisé les liens entre religion et éducation.
Si l’école française a été pendant de longs siècles entre les mains de l’Église, il ne faut pas oublier que l’école laïque républicaine a dû batailler fermement contre elle pour se frayer un chemin.

Sherringham affirmait ainsi son désir de remettre en cause les principes laïcs à l’école en inscrivant l’idée de la spiritualité dans l’enseignement même du « fait religieux » dans une table ronde organisée au CIEP le 29 avril 2004, affirmant : « La laïcité ne sera capable d’une refondation et d’un renouvellement que si elle accepte de penser à nouveau la relation de la vérité et des religions et de considérer que la religion n’est pas seulement un problème culturel mais bien une voie d’accès à la question des finalités ultimes de l’humanité ».
Une telle approche reviendrait à renoncer à la laïcité.

Sherringham est par ailleurs un défenseur des écoles privés hors contrat , lui qui fut formateur, en janvier 2020, pour l’association « Créer son école » dont le but était d’aider à la création d’écoles privées hors contrat. Cette association fut fondée par Anne Coffinier qui, la même année a créé une autre association, Kairos, présidée par Xavier Darcos, dont le but annoncé est de soutenir financièrement les écoles privées.

La Gauche républicaine et socialiste exprime sa vive inquiétude devant cette nomination à ce poste si stratégique , réaffirme son attachement indéfectible à la laïcité comme ciment de l’école française et sera très vigilante face aux futurs travaux ou préconisations émanant du conseil supérieur des programmes.

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