COP30 : l’urgence d’une politique de réduction des inégalités sociales et environnementales

Le débat budgétaire en France et la tenue concomitante de la COP30 au Brésil braquent les projecteurs sur les inégalités criantes entre les ultra-riches et l’essentiel de la population. La même semaine, on aura vu la droite et l’extrême-droite se liguer pour refuser la taxe Zucman à l’Assemblée Nationale et pour « assouplir » à Bruxelles le pacte vert européen qui vise à rendre l’Europe climatiquement neutre à l’horizon 2050.

Dans le même temps, les dons faramineux et le lobbying des entreprises vers l’extrême droite et les climato-sceptiques se multiplient tandis que les ultra-riches possèdent l’essentiel de la presse où se déploient les publicités de greenwashing.

Les mêmes bénéficient pourtant largement des infrastructures et services publics : enseignement, infrastructures routières, maritimes et aériennes, sport, santé, sécurité, énergies, réparation des dégâts dus au dérèglement climatique… Ce serait justice qu’ils participent à hauteur de leurs revenus personnels.

Les inégalités sont tout aussi criantes en termes d’impact sur le climat

Alors que le monde s’approche d’un dépassement d’ici à 2 ans du budget carbone (quantité maximale de CO2 rejetée dans l’atmosphère sans provoquer une hausse des températures mondiales supérieure à 1,5°c en 2050), les émissions se maintiennent aux niveaux actuels. Selon Lula, Président du Brésil et de la COP30, « la COP30 sera notre dernière chance d’éviter une rupture irréversible dans le système climatique ».

Les gouvernements, dont le gouvernement français, doivent agir de toute urgence pour lutter contre les émissions des gaz à effet de serre (GES), sinon nous serons confrontés aux effets de plus en plus catastrophiques et irréversibles du changement climatique, puisque loin de l’objectif de +1,5°c nous sommes sur une trajectoire nous emmenant à +4°c. C’est une catastrophe : une telle augmentation moyenne aura des impacts majeurs, avec la multiplication des canicules et des sécheresses, une destruction de la biodiversité ou des tempêtes extrêmes.

Réorientons les politiques publiques et stoppons les ultra-riches qui dilapident notre budget carbone

Depuis l’Accord de Paris de 2015, les 1% les plus riches de la population mondiale ont consommé plus du double du budget carbone restant par rapport à la moitié la plus pauvre de l’humanité réunie. Il en est de même en France puisque sur 10 ans (2012/2022) les 0,1% les plus riches ont vu leurs émissions de consommation augmenter de 11%, alors que celles des 50% les plus pauvres ont baissé de 17%. Ils ont fait main basse sur le climat !

La Gauche Républicaine et Socialiste avance depuis sa création des propositions pour lutter contre le dérèglement climatique tant du point de vue de la prévention de ses causes (émissions de CO2) que de la protection des populations de ses conséquences (dégâts environnementaux), le tout en assurant une politique de justice fiscale et d’investissements publics porteurs d’emplois : souveraineté énergétique, industrielle, agricole, sanitaire, alimentaire, pour la Défense et pour la régulation des activités climaticides.

Partout, les investissements doivent être fléchés : dans le domaine de l’énergie vers les énergies renouvelables ; dans les mobilités, l’habitat et l’urbanisme vers des solutions résilientes ; dans l’agriculture en faveur des investissements durables sur la base de projets par filières, par la réforme de la PAC et des politiques nationales ; de même, dans l’industrie où nous devons tout à la fois protéger les fleurons de notre industrie et les PME et artisans de France.

Rien ne procède davantage de la Res Publica que l’air, l’eau, le sol, les forêts, le vivant, biens relevant de l’intérêt général. Le combat écologique posant les questions du dérèglement climatique et de la disparition de la biodiversité confère une légitimité renforcée et une dimension nouvelle à l’intervention publique. Seul un État républicain fort pourra organiser une transition écologique garantissant l’égalité des droits et l’égalité de participation à la décision sur la base du principe connu « de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins ».

C’est ce à quoi nous invitent les travaux de la COP30. Il faut agir, maintenant !

Alain FABRE-PUJOL et le pôle « écologie républicaine » GRS

Patrons et salariés chinois unis sur le discours du MEDEF ?

La Chine bouge. La République Populaire de Chine, gouvernée depuis 1949 par le Parti Communiste Chinois, berceau du « Grand Bond en Avant » et de la « Révolution Culturelle », qui ont émoustillé les esprits gauchistes petit-bourgeois des années 1960, mais aussi celle de Deng Xiao Ping qui fit le choix d’un mode de développement capitaliste débridé sous la tutelle totalitaire du PCC, la Chine du contrôle social numérique le plus avancé de la planète serait-elle enfin prête à adopter un véritable modèle de protection sociale ? Or ces progrès sociaux en germe, qui marquent une rupture avec le modèle dominant jusque-là, inquiète une partie de la population.

Ces derniers mois, les autorités chinoises ont annoncé plusieurs mesures visant à améliorer le sort des salariés en matière de salaires et de protection sociale, dans un pays où beaucoup d’ouvriers vivent et travaillent toujours dans des conditions précaires : or ses évolutions sociales sont souvent mal perçues dans les entreprises, y compris chez les salariés.

La Chine est aujourd’hui la deuxième économie mondiale, une puissance qui rivalise avec les États-Unis d’Amérique et est en train de subjuguer économiquement l’Union Européenne, mais c’est aussi un pays qui vient très récemment de renoncer officiellement aux avantages conférés au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce par le statut de pays en développement tout en continuant à revendiquer d’être un pays à revenu intermédiaire faisant toujours partie du monde en développement.

En République populaire, tout le monde ne profite pas de la croissance de la même manière, loin de là. Il y a toujours de grandes disparités sociales, un énorme fossé même entre les provinces les plus riches et les plus pauvres. Il y a donc un rattrapage à opérer, et c’est l’une des raisons qui a poussé le gouvernement central à lancer cet été une vague sans précédent d’augmentation du salaire minimum afin d’inciter les travailleurs les moins payés à consommer davantage, car depuis plusieurs années les gouvernements de Xi Jinping ont compris que l’empire du Milieu ne pourrait pas tenir uniquement avec un modèle consacré essentiellement à l’exportation.

En Chine, le salaire minimum est fixé de manière autonome par chaque province ; la moitié d’entre elles a donc suivi les directives nationales et a commencé à annoncer des augmentations. À Pékin, par exemple, le salaire minimum mensuel est passé au 1er septembre 2025 de 334$ à 350$.

C’est dans ce contexte de rattrapage, que l’exécutif central veut aussi imposer une meilleure protection pour les travailleurs chinois. Avant l’été, le gouvernement central avait incité les sociétés de livraison à payer les cotisations sociales pour des millions de livreurs qui parcourent jour et nuit les grandes villes chinoises et qui, jusqu’ici, n’étaient pas affiliés à la sécurité sociale. Une première étape donc, suivie le mois dernier d’une décision judiciaire nationale : la Cour Suprême a fait savoir que, désormais, toute activité professionnelle devait obligatoirement faire l’objet de paiement de cotisations sociales par le patron et aussi le salarié, pour permettre à ce dernier de bénéficier d’une protection sociale.

Étonnamment, ces évolutions sociales ne font pas l’unanimité. Du point de vue des entreprises, ces évolutions vont engendrer des coûts supplémentaires, qui arrivent à un moment où l’économie chinoise est en difficulté et où les entreprises ont déjà tendance à licencier. Ces dépenses supplémentaires pourraient les inciter à réduire encore plus leurs effectifs. Du côté salarié, les cotisations sociales obligatoires sont aussi mal vécues, parce que cela vient remettre en cause de vieilles habitudes dans les usines chinoises, où souvent, patrons et ouvriers s’entendent ensemble pour ne pas payer de cotisations sociales des deux côtés – la notion de « salaire différé » n’a visiblement pas la cote en Chine où les salariés préfèrent affronter une forme de précarité sociale et sanitaire sans faire de différence entre salaire brut et salaire net : une situation qui en dit beaucoup sur la réalité politique du communisme chinois et les fantasmes qu’il a nourris.

En France, ce fonctionnement serait qualifié de travail dissimulé, mais en Chine, cela fait partie des usages : il n’y a pas de sanctions et parfois même l’ouvrier et son patron signe un papier sur un coin de table pour officialiser la chose.

Avec la décision de la Cour Suprême, les employés devraient progressivement avoir, certes, une vraie protection sociale, mais ils y voient d’abord et surtout la cotisation qui va leur faire perdre du pouvoir d’achat immédiat : 60 € environ sur un salaire mensuel de 600 €. Ce n’est pas négligeable quand le progrès social à marche forcée montre ses limites en Chine et où l’État communiste est toujours loin d’avoir tenu sa promesse d’un avenir radieux pour le prolétariat des usines – sans parler de celui des champs.

Frédéric Faravel

Nous avons besoin de vous !

Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.