Arménie : 111 ans après le début du génocide, la survie reste l’enjeu

communiqué de presse de la Gauche Républicaine et Socialiste le vendredi 24 avril 2026

La commémoration du génocide arménien, dont la perpétration par l’Empire Ottoman a débuté voici 111 ans, prend cette année une signification particulière : l’Arménie est aujourd’hui à un tournant de son histoire et de sa capacité à protéger son peuple et son territoire.

Avec le soutien de la Turquie d’Erdoğan et l’accord tacite de la Russie, l’Azerbaïdjan du dictateur Aliyev a agressé puis fait plier l’armée arménienne en 2020, avant de procéder en 2023 à un nettoyage ethnique et à l’éradication de toute trace de vie arménienne en Artsakh.

Le pseudo accord de paix imposé par Trump en août 2025, contre des concessions économiques majeures de l’Arménie aux USA, ne garantie pas sa sécurité et le Syunik au sud du pays est aujourd’hui directement menacé par les troupes azéries, sans réaction des « contractants ». En 2020 et 2023, l’Azerbaïdjan a fait « prisonniers » une vingtaine d’Arméniens, civils ou politiques, les condamnant dans des simulacres de procès à de lourdes peines. Ce sont des otages maltraités, moyens de pression pour obtenir des concessions supplémentaires. C’est un scandale.

Ursula von der Leyen préfère aujourd’hui organiser le silence des États européens pour s’assurer des hydrocarbures de l’Azerbaïdjan . Un plat de lentilles. C’est dans ce contexte que les élections législatives se dérouleront sous pression en Arménie le 7 juin prochain. La France, l’ONU, les États européens attachés à la justice, l’humanité et l’universalisme doivent hausser le ton pour garantir que ces élections ne subiront pas la tutelle néfaste des USA et de la Russie. L’Arménie a besoin d’un gouvernement démocratique et légitime.

C’est ainsi que l’Arménie aura la force pour faire respecter sa souveraineté, construire les alliances garantissant sa sécurité, la conservation de sa culture, et pour construire son avenir. Notre indifférence encouragerait ceux qui veulent détruire un peuple millénaire.

Haut-Karabagh : épuration ethnique en cours dans l’indifférence

Sur le front du Caucase, la chute de Stepanakert, capitale du Haut-Karabagh, n’est plus qu’une question de jours, voire d’heures.

Les négociations en cours piétinent déjà le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et vont malheureusement se traduire par une épuration ethnique à peine voilée, qui a déjà commencé en soumettant la population civile à une logique de famine.

Le nationalisme revanchard azéri, récemment mâtiné de fantasmagories néo-ottomanes par son allié turc, va s’abattre sur la République arménienne. Il est implicitement validé par l’OTAN et la commission européenne qui ne font concrètement rien pour les aider. Le régime d’Erdogan, animé par une idéologie panturque qui avait presque disparue avec Enver Pacha, rêve d’« unifier » les peuples turcophones en écrasant les Kurdes et les Arméniens sur son passage.

Il a encouragé l’Azerbaïdjan à relancer ce conflit vieux de 40 ans. Recep Tayip Erdogan et Ilham Aliyev ont très simplement exploité la faille ouverte par Vladimir Poutine, qui avait publiquement lâché l’Arménie pour cause de rapprochement avec les Etats-Unis d’Amérique. Sans le « go » implicite de Moscou, Aliyev n’aurait jamais osé lancer son blocus puis son offensive. L’Union Européenne dans cette période s’est déshonorée en vendant sa morale pour des barils de pétrole azéris.

La France a réagi avec courage. Nous avons été le premier État à condamner l’invasion et notre diplomatie alerte depuis plusieurs mois sur les risques qui pèsent sur cette région. Si nous ne soutenons pas l’Arménie, nous nous dirigeons vers un drame encore plus grand que celui en cours dans l’Artsakh.

Nous condamnons la nouvelle agression militaire de l’Azerbaïdjan contre l’Arménie

L’Azerbaïdjan vient de relancer les opérations militaires illégalement contre l’Arménie voisine avec pour objectif d’assurer une continuité territoriale avec la région autonome azérie du Nakitchevan. L’Azerbaïdjan a jugé le moment venu pour engager une guerre de conquête dans le sud-est de l’Arménie, la situation internationale actuelle lui assurant une forme d’impunité inacceptable : revers importants de la Russie en Ukraine, montée en puissance de la Turquie qui lui sert de parrain géopolitique, indifférence intéressée des Européens qui lui achètent son gaz en remplacement de celui provenant de Russie.

Voici près de deux ans déjà, l’Arménie avait subi une agression militaire délibérée et s’était effondrée face à l’offensive azerbaïdjanaise soutenue directement par la Turquie, sans secours aucun de ses voisins et de la communauté internationale. La République arménienne d’Artsakh, reconnue par de nombreux parlements européens, avait été rayée de la carte.

Aujourd’hui, cette offensive s’inscrit dans la dérive ultra-nationaliste du régime d’Erdogan qui – par vassaux interposés – vise à assurer une continuité territoriale panturque depuis la Thrace jusqu’au Turkestan. C’est le même projet géopolitique délirant qui avait animé Enver Pacha qui, après avoir été un des instigateurs du génocide arménien, rêvait de voir renaître sous une autre forme l’empire ottoman qui venait de s’effondrer.

L’existence même de l’Arménie est en jeu… Comme l’Ukraine avant elle, elle réclame des armes pour se défendre. Le moins que la communauté internationale puisse faire, le moins qu’elle est dans l’obligation de faire, est d’ordonner à l’armée azerbaïdjanaise de rentrer immédiatement dans ses casernes, d’exercer les pressions nécessaires pour y arriver, d’apporter son aide humanitaire à la population arménienne, et d’apporter des garanties à l’intégrité territoriale de la République d’Arménie.

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