Mener campagne à Maisons-Laffite

J’ai souvent pour habitude sur les réseaux sociaux de m’épancher sur la situation politique nantaise, mais aujourd’hui, je souhaite évoquer les élections municipales à Maisons-Laffitte, ville où j’ai grandi et où mes parents vivent encore.

À Maisons-Laffitte, les murs voteraient à droite s’ils en avaient l’occasion. Les meilleurs résultats d’un candidat de gauche à ma connaissance sont pour Jean-Paul Huchon aux régionales de 2010 avec 38% et François Hollande en 2012 avec 37%, c’est vous dire si les vagues roses passent loin de la tête de l’électorat local. Les anciens rappellent avec angoisse l’époque où en 1981, la circonscription avait eu un député socialiste à cause des communes alors communistes de la circonscription de l’époque. L’horreur. (rires enregistrés)

Dans une ville comme la nôtre, l’état des partis de gauche est à l’image de ce que vous pouvez imaginer en connaissant l’état général déplorable de ces mêmes partis au niveau national. Arrivent les élections municipales, comme pour tout le monde. Il faut 35 personnes pour faire une liste. Et ce n’est pas si évident que ça. Et cette année, comme il y a 6 ans, le secrétaire de la section PS locale a pris son bâton de pèlerin. Et la magie a opéré : quelques dizaines de personnes qui ne se connaissaient pas ou peu pour la plupart se sont rassemblées, ont beaucoup débattu, écrit un programme, puis milité pour faire connaître la liste. Très peu de « vieux militants », des gens d’horizons très divers, d’orientation politiques différentes, certains plus proches de Place Publique, d’autres de LFI, etc. Et ça a fonctionné : ils sont passés de 10% en 2020 à presque 15 en 2026, de un à deux élus. C’est peut-être un détail pour vous, ça ne l’est pas quand on est un îlot de gauche au milieu d’une droite Yvelinoise hégémonique au point de pouvoir se permettre de présenter 5 listes différentes au premier tour. Aller rechercher les électeurs qui avaient pu déjà voter à gauche à d’autres élections, un par un, convaincre, gagner le respect des listes de droite et de leurs électeurs, c’est un sacré travail pour des bénévoles qui n’attendent rien du scrutin en lui-même si ce n’est éventuellement la joie de faire mieux que la fois précédente.

Alors, pourquoi je vous raconte ça ? Comme je l’ai dit, j’ai grandi à Maisons-Laffitte. C’est là que j’ai pris ma première carte dans un parti, le Parti Socialiste. C’est dans cette section que j’ai distribué mes premiers tracts, connu mes premiers débats. On reste forcément toujours marqué par sa sociabilisation première, c’est tellement un truisme que j’ai presque honte de le rappeler. J’ai de fait souvent gardé une forme de distance avec les « grands élus » quand j’étais au PS, mais aussi avec les militants des « bastions » qui se sentaient légitimes, plus légitimes que d’autres à s’exprimer, le réflexe du minoritaire. Un professeur de sciences politiques de ma section PS à Villeurbanne m’a donné un article sur les rétributions symboliques du militantisme, je suis tombé des nues. J’ai aussi découvert ces rétributions, l’invitation aux vœux de la mairie, les adhérents de soutien du parti qui ne liront jamais un texte de leur vie, mais qui viennent dire en section qu’ils votent comme le maire pour le soutenir, les plans de carrière de certains se voyant avancer aussi logiquement qu’on grimpe les échelons dans la fonction publique … J’ai été permanent de deux fédérations du Parti Socialiste, j’ai contribué à une forme de système militant, j’y ai revu la forme d’opposition que je connaissais entre les « professionnels » des bastions et les « amateurs » des « territoires de combats ». Un de mes anciens patrons, à l’époque premier adjoint et président de la communauté de commune dans une ville conquise de haute lutte sur la droite en 2008 m’a un jour présenté une militante en me disant en gros : tu vois la personne là-bas, elle et son mari se sont présenté à toutes les municipales et cantonales depuis les années 70. Si nous en sommes là, c’est parce qu’ils étaient là pour faire vivre la gauche à l’époque.

La gauche se rétracte de plus en plus, y compris sur un plan territorial. Elle vit, surtout médiatiquement, et cet impact médiatique est évidemment important, de ses grands élus, de ce que j’appelle ses « professionnels ». Ils sont évidemment importants, et je ne méprise évidemment pas non plus la compétence politique et technique nécessaire pour exercer de hautes responsabilités. La chute des systèmes partisans a contribué à faire s’étioler la présence des amateurs : maintenir une section de 8 personnes dans un territoire sans espoir de pouvoir demande une énergie folle, pour une reconnaissance médiocre quand ce qui compte au congrès des partis est le nombre de voix que tu apportes. Alors qu’il faudrait aller les rechercher, les écouter, en tout cas, moi, je les aime et je pense que sans eux, rien ne sera possible.

Bref, je suis fier d’avoir été mandataire financier d’une liste qui ne visait pas la victoire, mais qui a potentiellement contribué à faire que demain, de meilleurs scores soient possibles.

Simon Jollès

Élections municipales 2026 : dernier avertissement

Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 sont un nouveau signal d’alarme dans une démocratie républicaine qui accumulent les clignotants. Certains commentateurs tentent encore de se rassurer en élargissant le spectre et en disant que sur les parmi les 100 plus grandes villes, les équilibres seraient stables : la gauche (LFI, PCF, PS, écologistes) conserve ou emporte 43 villes contre 46 en 2020, le centre 13 contre 9, la droite 38 contre 41 et l’extrême droite 5 contre 2. Ce dernier résultat aurait fait bondir n’importe quel républicain conséquent voici 10 ans, mais la banalisation du Rassemblement National et de ses alliés est si avancée que c’est une nouvelle parmi d’autres dans ce scrutin. Personne ne soulève non plus le durcissement du discours de la droite classique qui s’aligne de plus en plus fréquemment sur sa droite : les maires de 2026 ne sont pas ceux de 2020. Mais avant tout, la France ne saurait se résumer à ces 100 communes. Dans la France urbaine, où les enjeux politiques apparaissent les plus affirmés, là où habitent plus de 30 millions de Français, le tableau qui se dessine est tristement binaire : une gauche en globalement en baisse et divisée ; des droites en hausse dans leur pluralité. Les forces de gauche ne peuvent ignorer le messages des électeurs à un an de l’élection où elles se condamnent toutes à l’échec et la République française à un avenir trouble.

Une gauche en baisse et divisée

Les succès visibles de la gauche dans les plus grandes villes (Paris, Lyon, Marseille, Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg, etc.) masquent une réalité électorale beaucoup moins reluisante au sortir de ces élections municipales.

En effet, en nombre de mairies de plus de 14 000 habitants (30 millions de Français), le total « gauche 2026 » (incluant la « gauche radicale », dont le PCF) ressort nettement inférieur à celui du mauvais cru électoral de 2014 : 205 contre 233.

Par rapport à 2020, la gauche a perdu 28 de ces villes. Sur ces pertes, la gauche socialiste et écologiste en totalise 21. L’usure du pouvoir dans plusieurs villes ou la simple respiration démocratique n’expliquent pas à elles seules une telle chute. La division de la gauche et l’incompréhension face à certains revirements opportunistes du PS y ont aussi contribué, ainsi que des mouvements plus profonds, de nature socio-géographique, ou « centre versus périphérie ».

Fait plus surprenant au regard des annonces tonitruantes de LFI au soir du 1er tour, le total « gauche radicale » n’enraye pas la chute du communisme municipal. En 2014, la gauche radicale gérait 51 villes de plus de 14 000 habitants ; puis 38 en 2020 ; et finalement 31 en 2026. Après avoir perdu 25% de ses villes en 2020, la gauche radicale en perd 18% en 2026. Il n’en demeure pas moins que LFI s’installe dans les banlieues populaires, via un phénomène de vases communicants au sein de la gauche, en prenant par exemple Saint-Denis, Vaulx-en-Velin, Creil, Sarcelles, Vénissieux ou La Courneuve au PS et au PCF (on notera cependant que l’accord départemental LFI-PCF en Seine-Saint-Denis – à l’exception de cette dernière commune – a connu une certaine efficacité politique et sociologique). Ainsi, les succès de La France Insoumise se font généralement sur le dos du reste de la gauche et ne la font pas progresser.

Un barrage « anti-LFI / alliances avec LFI » a été constaté localement dans plusieurs grandes villes, allant jusqu’à provoquer des transferts de la gauche vers la droite entre les deux tours : outre Toulouse et Limoges, on pense par exemple à Brest, où le total gauche atteint 51% au 1er tour et échoue à 38% au second tour après la fusion. On pense aussi à… Tulle, où la droite bénéficie d’un vote utile du RN mais aussi d’une partie de la gauche, ainsi qu’à Besançon et Clermont-Ferrand. Notons aussi que dans ces villes, certains des maires usés (François Cuillandre se présentait pour un 5e mandat) ou des candidats de centre gauche avaient été particulièrement virulents contre toute idée d’alliance avec LFI avant de changer leur fusil d’épaule : on peut aisément imaginer que leurs électeurs n’aient pas suivi un tel opportunisme. A contrario, sans fusion gauche+LFI à Lyon, Grenoble et Nantes, ces villes auraient basculé à droite.

À un an de la présidentielle, toute la gauche est perdante, et pas simplement les écologistes. Les clivages sont profonds, même si à l’exception notable d’un centre-gauche ulcéré par LFI, les électeurs de gauche demeurent encore relativement unitaires. Retrouver le chemin de l’unité et de l’espoir paraît hors de portée à ce stade. Un changement de ton serait bienvenu, ne serait-ce que pour amorcer une désescalade.

Dans les banlieues populaires des grandes métropoles de notre pays, une nouvelle génération politique accède également aux responsabilités. Elle n’est pas exclusivement LFI, même si les changements dans ces banlieues populaires ont pu aussi traduire un remplacement des équipes PCF ou PS par des équipes « insoumises ». Il faut surtout noter que l’émergence de cette génération politique suit une forme de resocialisation politique d’une partie des classes populaires issues de l’immigration à travers le vote LFI (à l’occasion des campagnes présidentielles et législatives de 2022 et de la législative anticipée de 2024). Dans ces conditions, la gauche socialiste et écologiste aurait tort de faire l’autruche et de préparer les futurs rendez-vous politiques avec une ligne ignorant les attentes des électeurs de LFI : tenir compte de leurs aspirations, les écouter et les entendre sont une condition indispensable au demeurant pour réduire l’influence de LFI, l’enfermement identitaire et la brutalisation du débat public (elle n’est pas toujours seule sur ce créneau), dont elle accompagne trop souvent son emprise. Dans le même temps, la gauche non insoumise ne peut non plus ignorer cette France périurbaine et des sous-préfectures où elle recule face à une droite qui se radicalise (voir plus bas) et qui reste méprisée par LFI : l’urgence de trouver un discours unificateur des classes populaires n’a jamais été aussi forte.

Sans résolution de cette quadrature du cercle, pour la gauche, l’équation principale reste inchangée. À ce stade, elle est incapable d’offrir un débouché politique susceptible de franchir son plafond de verre de 30%. LFI empêche la reconquête du centre évadé chez Macron, tandis que la sociologie et le système de valeurs du PS et des écologistes empêchent la reconquête des classes populaires.

Des droites en hausse dans leur pluralité

Le total « droite 2026 » enregistre aussi un recul dans les villes de plus de 14 000 habitants, mais moins marqué. Par rapport à 2020, elle n’en perd que 7, passant de 305 à 298. Une érosion bien plus faible qu’entre 2014 et 2020, où elle en avait perdu 34.

Mais en comptant l’ensemble des communes de plus de 3 500 habitants (70% des Français), l’image est plus nette : la droite est la gagnante des municipales, avec 1 267 villes gagnées sur 3 343 (contre 1 250 en 2020).

Le total « centre » (essentiellement Modem + UDI) reste globalement stable entre 2020 et 2026, avec 92 villes de plus de 14 000 habitants, contre 94 en 2020. Il se maintient à un point haut par rapport à 2014, où il n’avait gagné que 79 de ces villes – mais en comptant l’illusion d’optique due aux défections du PS vers Macron (une dizaine de villes).

À noter que sur l’ensemble des villes de plus de 3 500 habitants, les candidats étiquetés centristes passent de 471 victoires en 2020 à 586 en 2026. Cela ne signifie pas du tout une progression du macronisme, qui rate à nouveau ces municipales, mais plutôt une recomposition, pour ne pas dire une re-dénomination de la valse des étiquettes dans l’ensemble « droite + centre droit ».

Cette lame de fond peut s’expliquer par un fort réflexe conservateur. Dans de nombreuses « villes moyennes de classes moyennes », les électeurs ont voulu conforter une forme de statu quo. La figure rassurante de l’édile de droite modérée qui ne cherche pas à transformer, ni à « bâtir » (du logement social, ndlr), mais simplement à maintenir l’ordre, la tranquillité et la propreté, a séduit beaucoup de Français. Force est de constater que désormais, l’idée du changement est devenue inquiétante.

Enfin, le total « extrême-droite » réalise une forte progression. De 8 villes de plus de 3 500 habitants en 2014 et 9 en 2020, elle est passée à… 64. Son échec dans les grandes villes (hormis Nice) est donc largement compensé par la prise de nombreuses villes moyennes et petites. La carte des élections nationales imprime davantage celle des élections locales. Les zones de domination de l’extrême-droite, particulièrement en Hauts-de-France et surtout Occitanie et PACA, se cristallisent à présent en mairies sonnantes et trébuchantes.

Le RN demeure favori pour la présidentielle, dans une France où la progression des droites semble inexorable. Au lendemain de ces élections municipales, le centre-droit retrouve son potentiel d’accession au 2nd tour face au RN, et risque, si la gauche reste ce qu’elle est, de devenir le porte-étendard le plus crédible du « front antifasciste », réduit à une offre d’immobilisme néolibéral et conservateur.

Un an pour éviter l’échec ?

Les responsables des organisations de gauche ont retrouvé le soir des élections municipales et quelques jours plus tard – le décès de la figure unificatrice et nostalgique de Lionel Jospin a offert un court répit – , leur réflexe habituel : l’invocation des gauches irréconciliables et de la radioactivité de LFI et de ses supplétifs.

Pourtant, les résultats des 15 et 22 mars auraient dû inciter chacun d’entre eux à plus d’humilité :

  • Le Parti Socialiste s’est déjugé sur les alliances de second tour (et n’explosera pas pour autant) et il ne saurait prétendre imposer à lui seul une ligne directrice, car son maintien dépend essentiellement de sa position favorable acquise au cours des décennies précédentes et à la capacité (imposée par la nécessité) à opérer dès le 1er tour de vastes rassemblements de la gauche républicaine et des écologistes, sans qu’il y soit forcément hégémonique.
  • Il n’existe pas dans le paysage politique de parti centriste qui soit autonome vis-à-vis de la droite et qui soit capable de porter (quelle que soit l’avis que l’on porte sur sa pertinence idéologique) une stratégie de « troisième voie », telle que voudrait l’incarner Raphaël Glucksmann (lui-même ne peut pas mener campagne sans le PS) qui compenserait électoralement la « gauche radicale ».
  • Si plus personne ne peut ignorer l’implantation locale de LFI dans une partie des banlieues populaires, ses succès sont limités à des terres déjà relativement acquises à la gauche et ne la font progresser en rien dans la perspective de briser le plafond de verre que Jean-Luc Mélenchon a déjà rencontré deux fois. L’irritabilité que la brutalisation de la vie politique produit lui ôte sans doute toute capacité à atteindre le second tour (sauf éparpillement massive de l’offre politique) en 2027 et surtout à battre l’extrême droite au moment décisif. Et tout le monde peine à imaginer une dynamique quelconque après la dernière candidature possible du candidat insoumis.

Si la gauche s’enferme dans un débat sans fin sur les alliances possibles et impossibles, sur des primaires au périmètre incertain, c’est que malheureusement ses organisations ont collectivement négligé le travail programmatique et la réflexion collective sur les transformations sociales à initier. Plutôt que de s’émouvoir des déclarations sans cesse plus provocatrices de Jean-Luc Mélenchon ou de promouvoir un nouveau concours de popularité sans projet, les partis et mouvements de gauche devraient collectivement s’atteler à débattre publiquement, sereinement et de manière organisée de leur vision du monde et de la société : que pensent-ils du nouveau capitalisme, des alternatives économiques à inventer, de l’avenir de la France et des Européens face à des impérialismes toujours hostiles, de l’intelligence artificielle, du vieillissement accéléré du pays, de l’organisation de l’État et des services publics, de l’école publique en grande difficulté, de notre souveraineté industrielle et donc de nos emplois, de la transition énergétique et de la manière de réussir la nécessaire sortie du carbone ?… La gauche saura-t-elle proposer autre chose aux travailleurs que des crédits d’impôt pour améliorer leur pouvoir d’achat ?

François Mitterrand l’avait compris en son temps : la gauche républicaine et socialiste ne peut pas gagner si elle ne prend pas en charge une partie de la radicalité qui s’exprime dans la société, la gauche ne peut pas s’unir si elle n’a que des egos à proposer. Il lui faut si ce n’est un programme commun, tout du moins une plateforme programmatique commune qui soit connue et comprise de nos concitoyens. Les socialistes, les écologistes, les communistes, la gauche républicaine, les ex-« insoumis » et tous les déçus du macronisme doivent avoir pour impératif d’engager enfin ce travail fédérateur qui cesse d’ignorer, des banlieues aux anciens bassins industriels, des pans entiers de leur camp social. Nous n’avons que trop tardé, il est urgent de se réveiller.

Performance des partis aux trois dernières élections municipales

en nombre d’élus par formation politique
communes de plus de 14.000 habitants soit 30 millions d’habitants

La culture au cœur de la campagne de Sophie Camard à Marseille

article de Margot Milhaud, paru dans La Marseillaise, mercredi 11 février 2026

Sophie Camard (GRS), maire des 1er-7ème arrondissements et candidate à sa réélection, a lancé sa campagne, mardi 10 février 2026, dans la salle des rotatives de La Marseillaise. Sur la liste du Printemps marseillais, elle place la culture et la rénovation urbaine au cœur de son projet.

« Pour se distinguer des menteurs, il faut des actes, des témoignages», a défendu Sophie Camard, maire des 1er et 7e arrondissements (Gauche républicaine et socialiste), à l’occasion du lancement de sa campagne, organisé mardi soir dans la salle des rotatives de La Marseillaise.

C’est pour avancer en cohérence avec cette conviction que l’élue, candidate sur la liste du Printemps Marseillais, a tenu à ouvrir la soirée avec quatre témoignages d’habitants et représentants de son secteur. Un moment « important » pour montrer « ce que c’est qu’une politique qui réussit ». Car Sophie Camard est fière de son bilan et le revendique : «Le redressement de Noailles [1er], les gens le voient. L’inauguration de l’école Baya [1er], du centre sportif Pape-Diouf [1er], du Jardin Saint-Nicolas [7e], les gens le voient, les gens le vivent. Et c’est sur ça que je m’appuie pour donner du crédit à ce que nous proposons pour la suite. » Au cœur des changements envisagés figurent la culture et rénovation urbaine.

« Il faut être fier de notre centre-ville »

« Nous affichons dans notre programme la volonté que notre centre-ville devienne un lieu majeur pour les arts et la culture, parce que c’est son identité. Il s’agit d’une zone avec beaucoup d’équipements et qui pourtant n’est pas mise en valeur [dans le discours dominant, Ndlr.], s’est agacé l’élue. Il faut être fier de notre centre-ville». Rénovation du théâtre du Gymnase (1er), réhabilitation des anciens locaux des Galeries Lafayette dans le centre Bourse (1er) Sophie Camard souhaite donner du « beau», mais aussi permettre « l’accès au savoir et aux sciences pour tous ».

Une ambition qui, selon elle, doit permettre de faire du « centre-ville un lieu de vie (…) dont est fier». Et d’ajouter : «Je ne néglige pas l’aspect économique. Car la culture amène de l’attractivité, du tourisme, mais offre aussi beaucoup d’emplois. Il s’agit d’un secteur dans lequel de nombreux habitants du 1erarrondissement travaillent. »

Autre grand chantier du mandat espéré par l’élue de secteur : «La rénovation urbaine et climatique ». « Un des enjeux majeurs qui nous attend est la rénovation du pourtour de la Gare Saint-Charles, une zone qui a besoin d’un vrai programme de réhabilitation », note-t-elle après avoir abordé les projets déjà entamés à Belsunce (1er), où 50 arbres doivent être plantés au niveau du parking Providence. Le réaménagement de la plage des Catalans (7e) est lui aussi inscrit au programme et demeurera un « espace public de bien commun ».

Au sujet de la sécurité, baptisée « bien vivre ensemble », et à propos des mesures envisagées pour lutter contre le trafic de drogue, l’élue insiste : «La ville ne peut pas remplacer l’état. Mais nous mettons en place des réflexions sur la prévention et l’accompagnement social ».

A Lyon, la gauche se met en ordre de bataille

Mardi 4 novembre, à Lyon, la majorité de gauche et écologiste lance officiellement sa campagne pour les municipales de 2026. Grégory Doucet (élu écologiste et maire de Lyon) se positionne comme chef de file de cette alliance de la « gauche républicaine et socialiste », comme la nomme Rue 89 Lyon. Autour de Doucet on retrouve les partis comme le Parti socialiste, le Parti communiste français, l’Après, Génération·s, Place publique, Voix commune et, évidemment, la Gauche Républicaine et Socialiste autour de notre camarade Adrien Drioli. Lors de ce lancement place Antonin-Jutard (3ᵉ arrondissement), le Maire Grégory Doucet a déclaré que « chacun devra avoir sa place pour 2026 ». La campagne de cette gauche unie portera avant tout sur les préoccupations concrètes et quotidiennes des classes moyennes et populaires de Lyon : services publics, logement, l’accès à la propriété via le bail réel solidaire, encadrement des loyers… Ce positionnement se fait avant même la dimension écologique, ce qui marque un ordre de priorités explicite pour cette alliance, alors que d’autres font le choix d’une aventure solitaire face à une offensive brutale d’une droite au parfum ultra-conservateur avec Jean-Michel Aulas. La campagne se veut également participative : un rendez-vous prévu le samedi 8 novembre en presqu’île pour présenter les résultats d’une « Grande écoute », série d’échanges avec les habitants que les Verts avaient lancé dès l’été dans tous les arrondissements. La majorité de gauche à Lyon entre désormais en campagne, et reprend l’initiative après que les droites ont fait beaucoup de bruit depuis la rentrée.

Adrien Drioli dans Lyon Mag : « Jean-Michel Aulas est localement le représentant d’Emmanuel Macron, de Nicolas Sarkozy et de Laurent Wauquiez »

Adrien Drioli, conseiller municipal délégué à la Ville de Lyon, est l’invité ce vendredi de Raphaël Ruffier-Fossoul, dans les Coulisses du Grand Lyon. Chaque jour, un invité qui fait l’actualité de Lyon, son agglomération ou sa région. Politique, société, culture, social : ils passent tous sur le grill dans le studio de LyonMag TV.

Adrien Drioli fait partie de ceux qui ont tourné le dos à Nathalie Perrin-Gilbert pour rester dans la majorité de Grégory Doucet« Je ne la suivrai évidemment pas dans cette aventure isolée. On a été nombreux à trouver que ce que Lyon en Commun est devenu, c’est un gâchis, indique l’élu lyonnais. Nous, on souhaite travailler à l’union pour continuer à gérer la Ville de Lyon et combattre les candidatures qui sont clairement de droite extrême ».

En disant cela, Adrien Drioli cible directement Jean-Michel Aulas, qu’il considère être « localement le représentant d’Emmanuel Macron, de Nicolas Sarkozy et de Laurent Wauquiez ». JMA proche de l’extrême droite, vraiment ? « Ce n’est pas une accusation, c’est un constat. Ses équipes de campagne font du recyclage de militants de droite extrême ou qui ont participé à des campagnes du FN ».

Sophie Camard : « La réforme de la loi PLM est une occasion ratée de changer radicalement le système » – entretien dans Le Monde

La maire Gauche Républicaine et Socialiste du 1ᵉʳ secteur de Marseille dénonce les effets pervers du texte étudié au Sénat à partir de mardi 3 juin sur le scrutin municipal pour Paris, Lyon, Marseille, qui introduit « un grand nombre de difficultés techniques et fonctionnelles que les parlementaires n’ont pas forcément repérées ».

Sophie Camard est maire GRS du 1ᵉʳ secteur de Marseille et également conseillère municipale chargée de la réforme de la loi électorale pour Paris, Lyon, Marseille, dite « loi PLM ». L’entretien accordé au Monde a été publié mardi 3 juin 2025 à 10 heures.

Le Sénat étudie, à partir de mardi 3 juin, la proposition de réforme de la loi PLM. Vous avez été auditionnée par sa commission des lois avec d’autres maires de secteur. Quels points avez-vous soulevés ?

D’abord, j’ai remercié les sénateurs de s’intéresser à notre ressenti d’élus de secteur car, étrangement, le député Sylvain Maillard (Renaissance, Paris), qui a rédigé la proposition de loi, n’a jamais répondu à mes sollicitations. J’ai également dit que, à mon sens, réformer ce mode électoral qui date de 1982 est une nécessité démocratique. Enfin, je leur ai parlé de tous les effets pervers que ce texte allait entraîner pour les secteurs et les arrondissements. En apparence, cette loi est simple, mais, dans son état actuel, elle introduit un grand nombre de difficultés techniques et fonctionnelles que les parlementaires n’ont pas forcément repérées. Plus globalement, ce qui est dommage, c’est que l’on a raté l’occasion de changer radicalement le système.

Vous dénoncez notamment l’un des points centraux de la réforme, qui instaure deux votes, donc deux urnes – trois à Lyon avec la métropole – pour désigner les élus de la mairie centrale et ceux des secteurs…

C’est le cœur de l’absurdité de cette loi, qui a été présentée comme une loi de simplification. Le gouvernement dit qu’avec ces deux urnes, il laisse aux électeurs la liberté d’exprimer des choix différents pour leur ville et leur secteur. Mais c’est un faux cadeau. La mairie de secteur n’est pas une collectivité de plein exercice, elle a très peu de budget et de compétences. A Marseille, où la décentralisation est la moins poussée, elle est essentielle dans le contact avec la population, mais fonctionne en réalité comme un gros service de l’exécutif central. On va faire croire aux électeurs que leurs élus de secteur, dont certains sont bénévoles, auront le pouvoir d’appliquer le programme sur lequel ils ont été choisis. Forcément, cela entraînera de la frustration pour tout le monde.

Quels points peuvent être encore améliorés par les parlementaires ?

Il faut absolument revenir à un bulletin unique, qui lie les deux votes. Contrairement à la loi PLM, le texte proposé permet de présenter des listes complètement différentes et ouvre le risque d’une coupure totale entre élus de secteur et conseillers municipaux. On peut aussi se retrouver avec un maire qui n’a pas la majorité des secteurs et qui, s’il le décide, peut s’en désintéresser à l’extrême. Il y avait de nombreux champs de réforme, comme abaisser le nombre d’élus, travailler sur la taille ou sur les compétences des mairies de secteur…

propos recueillis par Gilles Rof (Marseille, correspondant)

Nous avons besoin de vous !

Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.