La Gauche Républicaine et Socialiste réaffirme son soutien absolu à la liberté de pensée et d’expression. Les menaces d’Al Qaïda sont donc inacceptables. Aujourd’hui la rédaction de Charlie Hebdo sait pouvoir compter sur notre solidarité sans réserve. Nous devons faire front pour témoigner de la détermination sans faille du peuple français à défendre ces valeurs essentielles de notre République. Nous appelons toutes celles et ceux qui sont attachés aux valeurs républicaines à exprimer avec force cette solidarité, sans se perdre dans des « oui, mais… » indéfendables.
Demain, comme aujourd’hui, nous serons toujours aux côtés de tous ceux et toutes celles que l’on voudra faire taire par la violence physique ou médiatique.
La LPPR : une nouvelle loi libérale pour perpétuer une précarité ancienne
Le « libéralisme décomplexé à tous les étages ». C’est ce que le pouvoir souhaite pour notre chère France. Après avoir achevé le code du travail, supprimé l’ISF, « désécurisé » les plus en difficulté avec la Loi ELAN ou encore tenté de privatiser les Aéroports de Paris, aujourd’hui la Macronie s’attaque au monde de la recherche.
Alors que le monde souffre encore de la pandémie de Covid-19 et que la nécessité de la recherche – fondamentale, clinique ou humaine et sociale – a maintes fois été démontrée lors de ces derniers mois, le Gouvernement propose une énième loi qui sous couvert d’apporter des « semi-réponses » à certains besoins, introduit plus de précarité et d’incertitudes pour les acteurs de ce secteur.
Premier constat : c’est un texte rédigé avant la pandémie qui est réchauffé et servi aux parlementaires. Pourtant, les grandes orientations du Projet de loi avaient créé une forte opposition auprès de la communauté scientifique. Pour rappel, les manifestations du 5 mars avaient mis dans la rue des milliers d’enseignants-chercheurs, de chercheurs et d’étudiants.
Ce texte aurait pu faire l’objet d’une révision qui aurait permis de prendre en compte les vrais besoins de la recherche au vu des exigences de notre temps. Sa discussion étant repoussée à plusieurs reprises, l’Etat avait donc tout le loisir d’y apporter des modifications importantes, notamment en matière budgétaire et en termes de moyens.
Face à l’enjeu qu’est l’investissement dans la recherche française (aujourd’hui à 2,2% du PIB contre plus de 3% pour l’Allemagne et 2,4% de moyenne dans l’OCDE) et à l’ambition que s’était donné ce texte (les 1% du PIB pour la recherche publique, annoncés pour 2010, ne sont toujours pas atteints), les moyens annoncés sont insuffisants (et le rapport annexé n’apporte pas d’engagements plus concrets).
Lors de son discours de politique générale, le Premier Ministre, Jean Castex, avait pourtant annoncé des mesures budgétaires exceptionnelles et massives de 25 milliards d’euros dans la recherche publique. L’objectif premier étant d’enclencher des mesures de revalorisation salariales ou encore d’augmenter le budget de l’Agence Nationale de la Recherche.
C’était sans compter que l’augmentation de cinq milliards d’euros prévue s’effectuerait sur les dix prochaines années. Le gouvernement ne s’engage en fait que sur les 467 millions d’euros programmés en 2021 et 2022. Qu’en est-il de la prise en compte du taux d’inflation et des besoins financiers de la recherche sur cette prochaine décennie ? N’oublions pas que les engagements de programmation budgétaire, qui concernent en réalité 0,4% des budgets, ne comporte pas d’obligations juridiques. Dans ce cadre, le législateur actuel ou futur peut décider d’en faire autrement l’année d’après ou sur les dix ans à venir, et cela quelle que soit la majorité au pouvoir.
Autre point d’achoppement, la gestion des personnels du secteur est censée « être sécurisée ». C’est notamment l’objet de l’article 3 qui met en place les chaires de professeurs juniors (tenure‑track) qui permet aux établissements de déroger aux titularisations – jusqu’à 25% des recrutements – des directrices et des directeurs de recherche et de professeurs des universités. Ainsi, un établissement peut recruter une personne sur un contrat de 3 à 6 ans et choisir ensuite de la titulariser ou pas. Cela sans aucune précision sur la durée, l’encadrement légal ou les garanties de recrutement et tout en court-circuitant les procédures actuelles.
L’extension du domaine de la précarité, c’est aussi la logique qui sous-tend l’article 4, qui concerne le contrat doctoral, et l’article 5, qui traite des « CDI de missions ». Alors que le premier dispositif rompt avec la convention tripartite des Conventions Industrielles de Formation par la Recherche (une entreprise, un doctorant et un laboratoire) pour installer une logique bilatérale sans le laboratoire, le second permet de contourner l’obligation de « cédeiser » des relations contractuelles de plus de six ans ou de rompre le contrat aisément. Il installe, comme pour la loi PACTE, des CDI de chantier.
L’article 9 symbolise cette course au rendement avec plus d’évaluations et de logiques de rentabilité alors que peu de moyens additionnels sont donnés au Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur.
Plusieurs articles organisent aussi une logique de compétition. C’est notamment, le cas de l’article 11 qui prévoit l’augmentation des budgets de l’Agence nationale de la recherche pour la gestion d’appels à projets (Préciput) pour les établissements de la recherche. D’autres articles, comme le 12 et le 13, ouvrent des possibilités de cumul d’activités à temps partiel entre les entreprises et le monde académique. L’article 14 introduit quant à lui la notion de « dispositif de primes et d’intéressement » dans le service de la recherche publique.
La mise en concurrence des acteurs de la recherche est une pure aberration qui induit du stress pour les chercheurs, met en avant une prime au gigantisme au détriment des petits et moyens établissements et à la sacralisation de la loi du plus fort. En outre le dogme du financement exclusif sur appel à projet est contre-productif. Il induit des effets de mode délétères. La logique de l’utilité à court-terme est myope. Ainsi les financements pour travailler sur les coronavirus accordés à l’époque de l’épidémie de SRAS ont vite été abandonnés lorsque cette épidémie s’est finalement révélée moins grave qu’anticipé. Comme en a témoigné dans la presse le virologue Bruno Canard, dans la décennie qui a suivi, il est devenu très difficile de financer ces sujets de recherche sur le coronavirus… jusqu’à ce qu’au printemps dernier un nouveau virus se répande sur la planète et que cette recherche soit jugée urgente de nouveau. Plutôt qu’amplifier la mode, le financement public de la recherche devrait d’abord veiller à garantir une véritable diversité des sujets de recherche.
La recherche, comme la culture, demande une certaine « sensibilité créatrice », parfois des essais-erreurs et une liberté intellectuelle, dans le respect de la vie humaine et animale, pour faire évoluer nos connaissances du monde qui nous entoure. Comme dirait Emile Zola, « chaque fois que la science avance d’un pas, c’est qu’un imbécile la pousse, sans le faire exprès ».
Il nous faut donc défendre la recherche à travers :
- un plan pluriannuel de recrutement sur des postes durables pour combattre la précarisation et arrêter la progression de la fuite des cerveaux ;
- un budget qui soutienne réellement les acteurs de la recherche et non un financement par appels à projets comme seul moyen de financement ;
- une politique qui ne fasse pas de la recherche orientée son seul leitmotiv mais qui comprenne que la science est un chemin d’évolution constant qui ne saurait souffrir de barrières politiques.
La Gauche Républicaine et Socialiste est contre ce texte mis en place sans réelle concertation, qui ne protège nullement notre « souveraineté scientifique » au vu des enjeux actuels et futurs, affaiblit davantage la recherche et l’enseignement supérieur français, accentue les difficultés matérielles et humaines avec des charges et des responsabilités intenables pour le monde de la recherche.
Salvador ALLENDE 11 septembre 1973
« Le 11 septembre 1973, après plusieurs mois d’agitation orchestrés par la CIA, celle-ci donnait le coup de grâce à la démocratie chilienne en organisant avec l’armée dirigée par le général Pinochet un coup d’État contre le gouvernement d’unité populaire dirigé par le président socialiste Salvador Allende.
Ce dernier donna sa vie comme des centaines d’autres Chiliens pour défendre leur idéal.
Il s’ensuivit 16 années de dictature fasciste favorisant une mise en coupe réglée néolibérale du pays, sur fond de milliers de tortures, d’assassinats, d’enlèvements d’enfants, de viols, d’internements collectifs indignes, tout cela cautionné et encouragé par les gouvernements américains successifs. Le Chili ne finit pas de s’en remettre.
Nous célébrons aujourd’hui la mémoire de Salvador Allende et de ses courageux camarades ; nous nous rappelons que la démocratie est fragile et qu’il faut la défendre de toutes nos forces contre des intérêts sans foi ni loi… »
Comment répondre à la crise de l’hôpital ? – Festival des idées, Caroline Fiat, 5 septembre 2020
Le samedi 5 septembre 2020 après-midi, vers 17h00, était organisé dans le cadre du deuxième Festival des Idées (à La Charité-sur-Loire, dans la Nièvre) une table ronde intitulée « Comment répondre à la crise de l’hôpital ? ».
Les intervenants étaient :
- Caroline Fiat, députée Gauche Républicaine & Socialiste de Meurthe-et-Moselle (membre du groupe parlementaire La France Insoumise) ;
- André Grimaldi, Professeur émérite de diabétologie au CHU Pitié Salpêtrière, co-auteur de « Santé : Urgence » (Odile-Jacob, 2020) ;
- Daniel Lenoir, ancien directeur général de l’Agence Régionale de Santé (2010-2013) du Nord-Pas-de-Calais, ancien directeur général de la Caisse Nationale des Allocations Familiales (CNAF) ;
- Andrée Palme, présidente du conseil interdépartemental de l’Ordre des Infirmiers de l’Ardèche et de la Drôme.
Table-ronde animée par Louise Guillot, journaliste à Politico Europe.
« Redevenir souverain (Reprendre le contrôle de nos destinées) » – Festival des idées, Emmanuel Maurel
A l’occasion de la deuxième édition du Festival des Idées (organisée à La Charité-sur-Loire, dans la Nièvre), était organisée une table ronde intitulée « Redevenir Souverain – Reprendre le contrôle de nos destinées ».
Les intervenants étaient :
- Coralie Delaume, essayiste ;
- Fabien Escalona, journaliste à Mediapart et docteur en sciences politiques ;
- Emmanuel Maurel, député européen Gauche Républicaine & Socialiste (membre du groupe parlementaire de la Gauche Unitaire Européenne) ;
- Beligh Nabli, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), auteur de plusieurs ouvrages notamment sur la géopolitique méditerranéenne.
La table ronde était animée par William Leday, éditorialiste à Chronik.
Une rentrée bien préparée ?
Où est le plan? Où est la relance?
Plus que Jamais, nous sommes Charlie.
La sécurité un droit fondamental pour tous les citoyens
Depuis quelques semaines, la France a connu une vague de violence contre les personnes qui a particulièrement ému l’opinion. De l’agression mortelle d’un chauffeur de bus à Bayonne à la série d’attaques à arme blanche à Bordeaux, de l’agression antisémite à Paris à celle d’une infirmière dans un bus en Seine-Saint-Denis, cette montée de violence participe à l’insécurité grandissante dont sont victimes nos concitoyens.
Nous disons en premier lieu notre solidarité avec les agents de service public confrontés quotidiennement à la violence, et qui le paient parfois de leur vie. Le transport urbain est une mission de service public, et c’est le droit des usagers comme des fonctionnaires de s’assurer que le trajet se passera sans heurts, sans risque d’agression physique ou verbale.
Nous rappelons que l’insécurité est un fait politique. Elle ne peut pas se régler d’elle-même et doit faire l’objet d’actions spécifiques de la puissance publique. La plus grande fermeté doit être appliquée contre les délinquants qui se rendent coupable de ces agressions, sans quoi le sentiment d’impunité progressera. Pour ce faire, la justice doit disposer de ressources supplémentaires. En outre, les moyens humains et financiers pour lutter en direct contre la violence doivent être renforcés. Il s’agit de reconstruire la police de proximité afin d’apporter une réponse appropriée aux incivilités et aux agressions. L’austérité dont la justice et la police ont été victime est une cause majeure de la montée de la violence. C’est tout un maillage de présence territoriale, tant en banlieue qu’en milieux périurbain et rural qu’il est nécessaire de reconstruire pour répondre aux attentes légitimes des Français en termes de sécurité et de tranquillité publique, et pour garantir la confiance entre les habitants et les gardiens de la paix. Le fait que certaines de ces violences soient exercées par des mineurs montre la nécessité du renforcement des services publics de l’Education Nationale et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse.
La Gauche Républicaine et Socialiste appelle donc le ministre de l’intérieur à mettre tout en œuvre pour que cette vague de violence insupportable cesse. En tant que républicains, nous ne pouvons nous résoudre à ce que l’ordre républicain soit bafoué par des individus qui se croient au dessus de la loi commune. En tant que parti de gauche, nous ne pouvons nous résoudre à ce que les classes populaires et les fonctionnaires de services publics soient les premiers confrontés à la violence.