Catégorie : Actualités

  • Mont-de-Marsan : Samuel Paty a désormais une place à son nom

    Mont-de-Marsan : Samuel Paty a désormais une place à son nom

    En septembre 2023, Céline Piot, conseillère municipale et communautaire de Mont-de-Marsan d’opposition et référente départementale de la GRS dans les Landes, proposait au maire de donner le nom de Samuel Paty à un espace public de la commune. Le conseil municipal, unanime, a choisi une place située devant un lycée. Cette initiative s’est concrétisée ce 16 octobre 2024.

    Nous relayons ici l’entretien accordé par notre camarade Céline Piot le matin du 16 octobre à France Bleu Gascogne et le discours qu’elle a prononcé lors de l’inauguration à la demande du maire qui a fait preuve ici d’un comportement républicain exemplaire en reconnaissant ainsi l’origine de l’événement.

    Inauguration de la Place Samuel-Paty, devant le lycée Charles-Despiau – Discours de Céline Piot, conseillère municipale et communautaire, maîtresse de conférences en Histoire (INSPÉ, site des Landes)

    Madame la Préfète, Mesdames et Messieurs des représentants des Autorités, Monsieur le DASEN, Monsieur le Proviseur du lycée Charles-Despiau, Monsieur le Maire de Mont-de-Marsan, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les enseignants – chers collègues -, chers élèves, cher public,

    Aujourd’hui, Mont-de-Marsan se souvient et rend hommage.

    Aujourd’hui, nous ne devrions pas être ici ; nous ne devrions pas à avoir à rendre hommage à un professeur assassiné ; nous n’aurions jamais dû avoir à inaugurer une place au nom d’une enseignant tué pour avoir fait son métier.

    Tué pour avoir fait son métier…

    Hélas, en France au XXIe siècle, des professeurs peuvent être assassinés.
    Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie et Enseignement moral et civique au collège de Conflans-Sainte-Honorine (dans les Yvelines), était poignardé, puis décapité par un terroriste islamiste.

    N’oublions pas non plus que, trois ans plus tard, le 13 octobre 2023, Dominique Bernard, professeur de Lettres dans un lycée d’Arras (dans le Pas-de-Calais), fut également la victime d’un autre fanatique islamiste.

    Le fanatisme et l’obscurantisme, voilà les ennemis !

    Le philosophe Jean-Jacques Rousseau expliquait que « le fanatisme n’est pas une erreur, mais une fureur aveugle et stupide que la raison ne retient jamais. » Nietzsche précisait que « ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou. »

    Mais Samuel Paty ne fut pas seulement la victime de l’obscurantisme religieux. Il faut aussi la victime de la calomnie, du mensonge, de la rumeur.

    La rumeur…

    « D’abord un bruit léger, rasant le sol comme l’hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et, rinforzando, de bouche en bouche il va, le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez Calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil ; elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. »

    Ces mots de Beaumarchais, dans le Barbier de Séville, ont 249 ans. Ils n’ont rien perdu de leur force et de leur véracité. Ils conviennent très bien à la façon dont, aujourd’hui, une rumeur se diffuse sur les réseaux dits sociaux et peut détruire une vie.

    Vous le savez, Samuel Paty était en train de mener un cours sur la liberté d’expression. Et l’obscurantisme, la bêtise, la haine ont voulu le faire taire.

    Alors que la liberté d’expression sur laquelle Samuel Paty était en train de faire réfléchir ses élèves – car, oui, Samuel Paty aimait faire réfléchir ses élèves – est un des droits revendiqué par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789), notamment dans l’article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme. »

    La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, un texte émancipateur…

    À rebours du délit de blasphème que certains voudraient nous imposer.

    En France, le délit de blasphème n’existe pas. Le blasphème n’est pas une notion juridique. Le droit de l’exercer est consacré par la loi de 1881 sur la liberté de la presse : liberté d’écrire, de caricaturer…

    Lors de la discussion de cette loi à l’Assemblée nationale, le député républicain Georges Clemenceau, qui plaidait en faveur de cette liberté, disait ceci : « Laissez tout attaquer, à condition qu’on puisse tout défendre. Je dirais même : laissez tout attaquer afin qu’on puisse tout défendre, car on ne peut défendre honorablement que ce qu’on peut attaquer librement. » Oui, en France, on peut critiquer les idées, les croyances et les dogmes. Or, ce que révèlent de récentes enquêtes d’opinion, c’est que près d’un jeune sur cinq ne condamne pas fermement l’assassinat de Samuel Paty, ce qui est particulièrement inquiétant.

    Certains sont indifférents, d’autres disent partager les motivations du terroriste, d’autres encore estiment que le cours de Samuel Paty constituait une provocation inutile.
    Quelle régression !

    Aussi le choix de l’emplacement de la place devant un établissement scolaire, en l’occurrence le lycée Charles-Despiau, n’en est-il que plus fort.

    Plus jamais un professeur qui cherche à développer l’esprit critique de ses élèves ne doit avoir peur quand il est en classe, au point de d’autocensurer ; ne doit avoir peur d’être tué ; ne doit être tué.
    Non, plus jamais !

    Si cette inauguration intervient quatre ans après l’assassinat de Samuel Paty, nous ne sommes pas dans « l’après Samuel Paty » ; nous sommes toujours dans « le moment Samuel Paty ».

    Depuis 1882, excepté la période du régime de Vichy (1940-1944), l’École publique française est une respiration laïque.

    Samuel Paty instruisait les élèves, leur donnait les outils indispensables à l’émancipation, la connaissance et l’esprit critique, fondements essentiels du libre-arbitre et de la liberté.
    Honorer Samuel Paty, c’est donc honorer ces valeurs, c’est honorer la République !

    Toutes les communes auraient dû et devraient donner le nom de Samuel Paty à un espace public. Il y a environ trente-six mille communes en France ; à ce jour, seule une cinquantaine ont fait ce choix. Ce qui interroge beaucoup…

    À Mont-de-Marsan, le Conseil municipal, unanime, a décidé d’honorer la mémoire de Samuel Paty. Merci, Monsieur le Maire, d’avoir répondu positivement à ma proposition. Merci aux élus.

    Mont-de-Marsan fait désormais partie des communes qui se lèvent pour dire que les Lumières ne s’éteindront jamais devant l’obscurantisme, quel qu’il soit !

  • Sami Benfers : il y a urgence à combattre les causes de la violence à Marseille

    Sami Benfers : il y a urgence à combattre les causes de la violence à Marseille

    Le 14 octobre 2024, Sami Benfers, conseiller municipal délégué à l’économie sociale et solidaire et les taxis GRS de Marseille (élu des 13e et 14e arrondissements), répondait aux questions de BFMTV. Il demande qu’au-delà de la nécessité de remettre à la justice les criminels, il est vital pour la métropole méditerranéenne que l’on se préoccupe réellement de réduire les causes de la violence et des trafics dans la cité phocéenne. Les opérations « coups de poing » peuvent être parfois nécessaires, mais elles resteront sans lendemain pour la vie quotidienne des habitants si un travail de fond n’est pas engagé.

  • Massacre de Pont-Sondé : n’oublions pas Haïti

    Massacre de Pont-Sondé : n’oublions pas Haïti

    Jeudi dernier, en Haïti, un gang a commis un massacre sordide, en incendiant le village de Pont-Sondé, tuant 70 personnes, hommes, femmes et enfants, suite au refus des habitants de céder au racket que menait le gang sur un péage mafieux. 

    Cette tuerie de masse s’inscrit dans une guerre de gangs impitoyable qui a plongé Haïti dans la chaos depuis quatre ans. L’anarchie la plus totale règne dans le pays, où l’Etat a été remplacé par diverses mafias qui s’entretuent et terrorisent les civils pour gagner des prébendes, alors qu’Haïti est ravagé par la misère. 

    La mission mise en place par l’ONU, avec l’envoi de policiers kényans arrivés en juin, n’a que de faibles chances de succès, et le massacre du 3 octobre démontre la volonté des gangs de maintenir leur contrôle sur le territoire livré au pillage. 

    Récemment, une campagne proprement raciste et totalement calomnieuse, lancée par Donald Trump, a accusé les Haïtiens vivant aux Etats-Unis de capturer et manger des animaux de compagnie. Les crimes racistes contre les Haïtiens ont depuis explosé, ce qui met en péril les transferts monétaires vitaux pour l’économie haïtienne déjà ravagée par la guerre. 

    La Gauche Républicaine et Socialiste fait part de sa plus vive inquiétude concernant la situation de ce pays francophone, ami de la France, à qui nous devons beaucoup. Nous appelons le gouvernement Barnier à aider le gouvernement haïtien à rétablir l’ordre et la sécurité, et à renforcer l’aide au développement en s’assurant qu’elle ne soit pas détournée par les gangs sanguinaires. Nous présentons aux Haïtiens toutes nos condoléances pour les victimes du massacre de jeudi et pour les milliers de morts depuis quatre ans.

  • Un an après, l’instinct de mort domine

    Un an après, l’instinct de mort domine

    Il y a un an, le 7 octobre 2023, une attaque barbare des terroristes islamistes du Hamas plongeait Israël et le monde dans l’effroi. Plus d’un millier de civils massacrés, des femmes violées par centaines, les corps des victimes affreusement et systématiquement mutilés et humiliés, et 251 otages emmenés dans les profondeurs des souterrains creusés par le Hamas sous Gaza.

    Un an après, Gaza est en ruine et c’est maintenant toute la région qui est plongée dans l’abîme et dans l’horreur de la guerre presque généralisée. La riposte du gouvernement Netanyahu, aveugle aux souffrances civiles, se soucie bien plus d’objectifs politiciens et expansionnistes que de la libération des otages. Netanyahu et ses complices devront être jugés pour leurs crimes, qui se mesurent au nombre effroyable des victimes civiles à Gaza. La défense du Hamas, qui repose sur l’utilisation de civils comme boucliers, et l’opportunisme de ses dirigeants qui veulent profiter de cette guerre pour assoir leur domination politique sur la population palestinienne, n’ont fait que prolonger et aggraver un carnage unanimement dénoncé. 

    L’ingérence des mollahs iraniens, qui utilisent des milices terroristes à leurs ordres au Liban et au Yémen pour cibler les civils israéliens, et la défense indifférenciée mise en place par Israël, qui tue des civils libanais, palestiniens, yéménites innocents par milliers pour atteindre une seule cible légitime, ne peuvent plus durer.

    En France, et au-delà dans le reste du monde, depuis un an, l’antisémitisme a explosé. Des citoyens français sont ciblés parce que juifs, des synagogues ont été brûlées, des personnes physiquement agressées et menacées, sous le faux prétexte de l’antisionisme. Nous le dénonçons avec force, ainsi que tous ceux qui euphémisent cette recrudescence et présentent l’antisémitisme comme résiduel. Nous ne pouvons tolérer plus longtemps que la principale question que se posent des citoyens de confession juive (ou attachés à la culture juive) dans notre République (et dans les autres démocraties de la planète) soit de savoir où ils pourraient bien se réfugier pour ne plus craindre pour leur vie ou ne plus devoir se justifier de crimes qu’ils n’ont pas commis.

    La Gauche Républicaine et Socialiste réitère l’urgence d’un cessez-le-feu à Gaza et de la libération des otages israéliens. Nous dénonçons le régime de Netanyahu et sa fuite en avant militariste et expansionniste qui ne peut que fait du tort aux Israéliens : le cessez-le-feu rapide au Liban est impératif. Nous condamnons les terroristes du Hamas, du Hezbollah, qui plongent les populations qu’ils contrôlent dans le chaos. Nous condamnons plus largement toutes celles et tous ceux qui romantisent leurs crimes et appellent « résistance » des viols et des meurtres de civils. Nous appelons au respect du droit international et à la mise en place d’une solution à deux États pour une paix durable. Nous soutenons les interventions des institutions internationales pour trouver une solution politique durable avec l’ensemble des États de la région.

    Nous appelons plus que jamais à une réaction vibrante de tous les républicains et démocrates pour que recule enfin l’antisémitisme dans notre société.

  • Retailleau s’attaque à l’Etat de droit

    Retailleau s’attaque à l’Etat de droit

    Le 30 septembre 2024, Emmanuel Maurel était l’invité de France info pour débattre face Yonas Haddad, conseiller régional LR de Normandie.

    Le débat s’est d’abord engagé sur la politique migratoire de la France et les mauvaises raisons qui conduisent notre pays à émettre bien plus que nos voisins des « Obligations à Quitter le Territoire Français » (OQTF), sans avoir la capacité à en faire exécuter une grande majorité.

    Emmanuel Maurel a enfin recadrer le ministre de l’intérieur Bruno Retailleau qui s’était laissé aller à dire ce même jour : « L’Etat de droit, ça n’est pas intangible, ni sacré ». C’est extrêmement grave car il ne s’agit pas d’expliquer qu’on veut changer le droit, changer la loi par un débat et une délibération démocratiques, mais qu’il prétend s’attaquer à la manière de Georgia Meloni ou de Viktor Orbán aux garanties dont disposent les citoyens français et les habitants de notre pays que les règles légales leur seront normalement appliquées et sans écart.

    Une attaque en règle contre nos fondements démocratiques qui n’a rien à voir avec le drame horrible que représente le meurtre de la jeune Philippine par un ressortissant étranger qui aurait effectivement dû être expulsé. Un dérapage volontaire qui aurait dû être corrigé par le Premier Ministre Michel Barnier.

  • « Honorer Samuel Paty, c’est honorer la République », article paru dans Sud-Ouest

    « Honorer Samuel Paty, c’est honorer la République », article paru dans Sud-Ouest

    Article paru dans Sud-Ouest, vendredi 27 septembre 2024 – Aurélie Champagne

    La place située devant le lycée Charles-Despiau portera désormais le nom du professeur d’histoire assassiné le 16 octobre 2020 devant le collège où il enseignait, dans les Yvelines

    Tellement de messages et symboles derrière un seul nom. « La laïcité, la liberté
    d’expression, la lutte contre le fanatisme et l’obscurantisme… Samuel Paty représente à
    lui seul tous les principes républicains
    , résume Céline Piot, élue d’opposition représentant la gauche républicaine et socialiste. Je considère que l’honorer, c’est honorer la République. »

    Quatre ans après ce funeste 16 octobre 2020 où le professeur d’histoire géographie a été assassiné devant le collège où il enseignait, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le Conseil municipal de Mont-de-Marsan a voté hier [le 26 septembre 2024] une délibération actant la création d’une place Samuel-Paty, devant le lycée Charles-Despiau.

    «La France aurait dû se lever »

    « On a choisi cette place-là pour la symbolique, souligne le maire Charles Dayot. Elle est à proximité d’un lycée public, elle est visible, il y a du passage. L’idée est née d’un échange avec Céline Piot, particulièrement sensibilisée à cette question. Il nous semblait intéressant et important de la suivre. Il fait bon vivre ici, et justement, parce qu’on veut que ça dure, il faut se donner les moyens, communiquer, sensibiliser. Cette place, c’est aussi une façon de montrer notre soutien vis-à-vis des enseignants qui permettent d’épanouir notre jeunesse, de faire des citoyens de demain. »

    Un soutien qu’a apprécié Céline Piot. Pour l’ancienne professeure d’histoire géographie – elle a enseigné durant quinze ans au lycée Charles-Despiau, de 2000 à 2015 – aujourd’hui maîtresse de conférence en histoire, référente laïcité pour l’Inspe (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation) de l’Académie de Bordeaux, Mont-de-Marsan ne pouvait pas faire l’impasse sur cet hommage à Samuel Paty.

    « J’ai été choquée de voir que sur 36 000 communes, à peine 50 avaient eu le courage de décider de baptiser une rue, une place ou autre du nom de Samuel Paty. Je me suis dit, ce n’est pas possible, il faut que Mont-de-Marsan y soit. C’est extrêmement choquant de voir
    qu’en France un professeur est assassiné pour avoir fait son métier. Mais ce qui est encore plus choquant, c’est qu’il n’y ait pas eu de véritable mouvement. La France aurait dû se lever beaucoup plus qu’elle ne l’a fait au moment de son assassinat.
    »

    Avec d’autres élus de la gauche républicaine et socialiste, décision est prise d’écrire aux maires pour les inciter à baptiser une artère publique. Ce qu’elle-même a fait, le 30 septembre 2023. « Et je suis contente que le maire ait accepté. » Plusieurs événements retardent néanmoins cette initiative, au premier rang desquels l’assassinat de Dominique Bernard, le 13 octobre 2023 à Arras, qui replonge la France dans l’effroi. Puis sont venues les élections européennes, la dissolution de l’Assemblée nationale « qui nous a amenés à un devoir de réserve », les législatives…

    «Un levier politique »

    Fin août, les choses s’accélèrent : la place Samuel-Paty sera inaugurée le 16 octobre, quatre ans jour pour jour après son assassinat, et quelques jours avant l’ouverture du procès des huit majeurs accusés d’être impliqués dans la mort du professeur devant la cour d’assises spéciale de Paris (du 12 novembre au 20 décembre).

    « Même si cela intervient quatre ans après les faits, nous ne sommes pas dans l’après Samuel Paty, nous sommes toujours dans le ‘‘pendant Samuel Paty’’, parce que les problèmes n’ont pas été réglés, reprend Céline Piot. On a toujours de la menace terroriste, il y a un retour du fanatisme et on reparle même de blasphème. Il faut montrer le côté positif, propulsif de la laïcité. Un nom de rue, c’est un levier politique, pas simplement un lieu de
    mémoire. La France, c’est le pays des Lumières et l’objectif de cette cérémonie, c’est de montrer que justement, les lumières ne s’éteindront pas.
    »

  • Augmentation des impôts : la fin d’un tabou pour les macronistes ? Non ils défendent les riches…

    Augmentation des impôts : la fin d’un tabou pour les macronistes ? Non ils défendent les riches…

    Lors d’une interview dans la matinale de France 2 le mercredi 18 septembre, le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Gérald Darmanin, a jeté un pavé dans la marre qui pourrait bien perturber la formation du nouveau gouvernement. Il a affirmé qu’il était « hors de question » pour lui d’intégrer une équipe qui mettrait en place une hausse d’impôts. Il a ainsi laissé entendre que cette hypothèse avait été évoquée à plusieurs reprises par le nouveau Premier ministre, Michel Barnier. L’accroissement de la dette française peut-elle justifier une augmentation des impôts ? Si oui, qui doit payer ?

    Pour en débattre, Myriam Encaoua avait invité sur LCP :

    • – David Amiel, député « Ensemble pour la République » de Paris
    • François Geerolf, économiste à l’OFCE
    • Marc Vignaud, journaliste économique à L’Opinion
    • Emmanuel Maurel, député (GRS) « Gauche Démocrate et Républicaine » du Val-d’Oise
    • En duplex : Véronique Louwagie, députée « Droite républicaine » de l’Orne

    « La France a été mal gérée » : Emmanuel Maurel a accablé le bilan du ministre de l’Économie démissionnaire et finalement incompétent Bruno Le Maire. Bien sûr qu’il faut faire des économies. Exemple : les aides aux entreprises sont colossales et pas toujours efficaces. Ça a été dit par la Cour des Comptes. On a des milliards à économiser là-dessus. Mais il faudra aussi mettre à contribution les ménages les plus riches, ce que refusent la droite et les macronistes. Nous ne sommes pas d’accord quand on nous dit que notre modèle social coûte trop cher et qu’il nuit à l’«attractivité», notamment industrielle. Ce n’est pas une réussite que nos boîtes se fassent racheter par des Chinois ou des Américains !

  • « Fil rouge de l’action gouvernementale » en mars, le travail dépouillé de son budget en septembre !

    « Fil rouge de l’action gouvernementale » en mars, le travail dépouillé de son budget en septembre !

    Communiqué de presse d’Emmanuel Maurel, député du Val-d’Oise, co-rapporteur spécial pour la Mission « travail, emploi » du projet de loi de finances pour 2025

    Jeudi 19 septembre 2024

    Presque moins 3 milliards d’euros sur 33 d’une année sur l’autre. Une baisse parmi les plus violentes jamais infligées par un Gouvernement aux politiques en faveur du travail et de l’emploi.
    Rappelons que ce secteur avait déjà largement souffert des annulations de crédit décidées par Le Maire pour boucher les trous de sa gestion calamiteuse.
    Le pouvoir démissionnaire ne s’est jamais vraiment intéressé aux actions destinées aux travailleurs les plus vulnérables, et particulièrement les chômeurs éloignés de l’emploi, puisqu’il leur « suffit de traverser la rue pour trouver un job ».
    Facteur aggravant : les sortants justifient leur décision parce qu’à leurs yeux, « il n’y a plus de problème de chômage de masse », alors que 2,9 millions de personnes restent inscrites en catégorie A à France Travail !
    Ils n’ont aucun scrupule à empêcher le Ministère du Travail de développer l’emploi en faveur des jeunes sans qualification, d’aider les associations et les structures d’insertion par l’activité économique, ou de s’assurer que les chômeurs sont correctement suivis par France Travail. Des centaines de milliers de Français sont menacés par ces amputations budgétaires.
    Il appartiendra au Parlement de corriger la très mauvaise copie rendue par les désavoués du suffrage universel ; et de retrouver la voie du progrès social et de la solidarité avec les plus défavorisés. 
    Emmanuel MAUREL
    Député du Val d’Oise
    Co-Rapporteur spécial du projet de budget 2025 « Travail et Emploi »
    Co-fondateur de la Gauche Républicaine et Socialiste
    > Le site internet d’Emmanuel Maurel: http://emmanuelmaurel.eu
    > Page Facebook d’Emmanuel Maurel: https://www.facebook.com/emmanuelmaurel
    > Compte Twitter d’Emmanuel Maurel: @emmanuelmaurel
  • Alimentation : la société de consommation coûte cher à notre porte-monnaie et à la collectivité

    Alimentation : la société de consommation coûte cher à notre porte-monnaie et à la collectivité

    Le Prix de notre alimentation est injuste, selon un rapport publié aujourd’hui (et qui sera disponible pour le grand public demain) par quatre associations : le secours catholique, le CIVAM, solidarité paysans et la Fédération française des diabétiques. Elles ont travaillé avec des chercheurs et des citoyens sur les impacts négatifs de notre système alimentaire. Elles formulent également une série de recommandations pour l’améliorer et appellent surtout à une loi-cadre sur l’alimentation, discutée avec les citoyens.

    L’intérêt de ce rapport, c’est qu’il évalue les coûts, pas seulement pour les citoyens, mais aussi pour notre société et plus largement pour la planète, de notre système alimentaire. En effet, ce rapport dit au fond de deux choses :

    • d’abord, que le prix que nous payons pour notre alimentation ne se résume pas à ce que nous déboursons en caisse ;
    • ensuite que ce prix est le reflet de choix politiques et économiques, des choix qu’il invite à questionner en raison des situations qu’il induit : 8 millions de Français en insécurité alimentaire, 18% des agriculteurs sous le seuil de pauvreté, une obésité en hausse et 160% de diabétiques en plus en 20 ans, sans même faire la liste des atteintes à la biodiversité.

    Ce que met en avant ce travail, c’est bien cela : les impacts écologiques, sociaux et de santé de notre alimentation, ceux que l’on ne voit pas du premier coup d’œil et qui sont chiffrés dans ce rapport à 19 milliards d’euros.

    Pour arriver à ce chiffre, ce rapport s’appuie sur les travaux du BASIC, c’est un bureau d’analyse spécialisé sur ces questions et qui a creusé dans la comptabilité nationale, c’est-à-dire ce que nous avons effectivement dépensé en 2021 pour réparer et compenser les effets de notre système alimentaire. Ce sont 11,7 milliards d’euros pour les maladies liées à notre mauvaise alimentation, obésité et diabète en tête. 3,4 milliards d’euros pour compenser les effets sur l’environnement, comme la dépollution de l’eau par exemple, et 3,4 milliards d’euros pour compenser les impacts sociaux, cette fois, comme les faibles rémunérations du secteur.

    Enfin, ce rapport évalue non seulement ce que l’argent public compense, mais aussi ce qu’il soutient et qui ne représente pas moins de 48,3 milliards d’euros. Ces crédits proviennent de l’Union Européenne, essentiellement vers la Politique Agricole Commune, des collectivités territoriales et de l’Etat, pour plus de la moitié, à travers des exonérations fiscales et des exonérations de cotisations sociales. Pour Christophe Alliot, le fondateur du BASIC, c’est l’un des principaux enseignements de ce rapport. Ce qui apparaît en premier c’est une très forte dépendance du système alimentaire à l’argent public ; cela peut représenter une bonne nouvelle, car cela implique que la puissance publique dispose directement d’un moyen d’action pour transformer le système à condition que la volonté politique soit présente (et convergente). Deuxièmement, c’est que le rapport met fin à une sorte d’image d’Epinal de l’alimentation en France, que l’on imagine toujours très diverse, avec beaucoup de terroirs, beaucoup de diversité de produits, alors qu’en fait celle-ci est structurée par quelques modèles qui font désormais 90% de notre alimentation. Cette diversité a pourtant existé, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui, et il devient déterminant de questionner les cadres économiques qui structurent notre système alimentaire, car ces modèles dominants sont ceux qui ont le partage de la valeur le moins équitable sur tous les maillons de la chaîne, depuis l’agriculteur jusqu’au distributeur.

    Enfin, dernier chiffre important : 5,5 milliards d’euros, c’est ce que représente la publicité dans le secteur agroalimentaire. Il est donc nécessaire que la puissance publique s’interroge sur ce système qui dépend de l’argent public car il devient nécessaire d’infléchir une partie des tendances actuelles. Remettre en cause le discours publicitaire c’est aussi poser des questions légitimes : que met-on en avant comme produit ? auprès de quel public (les enfants ne sont pas les seuls concernés) ? Car la publicité oriente massivement vers des produits trop gras, sucrés ou salés, sans réelle régulation à ce stade.

    Cela fait plusieurs années que la Gauche Républicaine et Socialiste alerte sur ces questions, avec des analyses convergentes avec le rapport publié par ces quatre organisations ce mardi 17 septembre 2024. En septembre 2021, elle avait adopté dans son programme national des propositions ambitieuses, que nous vous invitons à nouveau à consulter.

    Frédéric Faravel

    Nous vous invitons également à consulter les articles et éditoriaux suivants :

  • Commission européenne : Emmanuel Macron cède encore devant Ursula von der Leyen et l’Allemagne

    Commission européenne : Emmanuel Macron cède encore devant Ursula von der Leyen et l’Allemagne

    Alors que Thierry Breton vient de quitter ses fonctions sur injonction d’Ursula von der Leyen (présidente de la commission européenne, reconfirmée cet été par le Parlement européen), il doit être rappelé que la Commission européenne est un collège composé de choix émanant des États membres, approuvés par le Parlement européen.

    Ainsi, il n’appartient pas à Ursula von der Leyen de décider selon son « bon vouloir » quel commissaire est compatible avec elle, en fonction de son degré d’opposition à la politique du « fait du prince » conduite au sein de la Commission européenne. Il n’appartient pas non plus à l’Allemagne et à sa représentante au sein de la Commission européenne de décider quel commissaire la France doit désigner au sein de l’exécutif européen, notamment pour mieux imposer en Europe les choix décidés outre-Rhin en matière d’énergie, de politique industrielle et commerciale, de défense ou encore dans les domaines numériques !

    Enfin et surtout, il incombe au Président de la République comme au Premier ministre d’être garants des intérêts de la France en Europe et de refuser les politiques libérales et d’austérité qui étranglent notre pays depuis des années.

    Les eurodéputés français qui ont ratifié la candidature de von der Leyen paient leur naïveté et leur double discours d’une humiliation pour la France. Les macronistes, LR et les socialistes avaient pourtant tous critiqué sa politique et ses méthodes pendant la campagne des élections européennes. Ce dernier et lamentable épisode symbolise et concentre à lui seul l’inconséquence des européistes.

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