Auteur/autrice : Frédéric Faravel

  • Une pandémie ne s’arrête pas à la taille du portefeuille

    Une pandémie ne s’arrête pas à la taille du portefeuille

    L’Allemagne annonce reconfiner deux cantons autour de la ville de 100 000 habitants de Gütersloh. Elle y envoie également trois compagnies de policiers en renfort.

    Le crime des habitants de cette ville? vivre à proximité de l’usine de viande – abattoir et empaquetage combinés – de 6000 salariés de Tönnies.

    Son PDG, le patriarche Tönnies, est le propriétaire et président du club de football de première division Schalke 04.Il a doublé sa fortune entre 2015 et 2020 d’après Forbes, passant de 1 à 2 Milliards d’Euros. C’est l’un des grands donateurs au parti de la chancelière Angela Merkel.

    Quant à l’usine Tönnies, elle compte aujourd’hui plus de 1700 cas positifs d’ouvriers contaminés au Coronavirus.

    Nombre d’entre eux sont des travailleurs acheminés au début du confinement – le ministre de l’intérieur avait ouvert en mars les frontières à quelques dizaines de milliers de travailleurs venus de Roumanie et Bulgarie qu’on appelle plus « détachés » depuis les réformes de forme de 2018.

    Les rabatteurs des « travailleurs détachés » ont depuis, comme le décrit le syndicaliste de la filière Brummer, créé des SARL de droit allemand, et, recrutant sous ce faux pavillon, poursuivi l’exploitation antérieure de « les faire travailler et vivre de manière indignes » dit Brummer.

    Le pasteur Peter Kossen s’occupe des ouvriers roumains et bulgares de la filière de la viande pas chère allemande dans la région où se trouve l’usine Tönnies. Après être acheminés, ils sont logés dans des foyers, dans des chambres de 2, 3, 4 ou plus, dont ils doivent acquitter le loyer à … leurs employeurs. On parle de loyers de 300 euros, renforçant la dépendance économique de ces ouvriers aux donneurs d’ordre. Il a parlé, à la télévision publique, « d’esclavage moderne« .

    La contamination dans ces foyers d’ouvriers est inévitable.

    Entre temps, le procureur a ouvert 5 enquêtes judiciaires contre Tönnies, l’entreprise et le dirigeant.

    Mais déjà en avril prés de 5 abattoirs d’entreprises concurrentes avaient connu, dans des conditions analogues, jusqu’à la moitié de leurs ouvriers contaminés.

    En 2018, il y avait eu beaucoup de bruit et de vent brassé pour « annuler la directive du travailleur détaché ». On a réformé sur le papier un instrument formel, sans s’attaquer aux causes profondes du dumping salarial en Union Européenne. « Bien qu’on nous ait vendu un changement de paradigme avec la directive sur le travail détaché, censée mieux protéger les droits des travailleurs, nous voyons qu’il n’en est rien. (…) Nous constatons encore une fois que le discours sur le meilleur encadrement du travail détaché est une voie sans issue. Il faut en finir avec ce dispositif et abroger toute la législation qui permet le détachement des travailleurs. Sans cela, l’idée d’une Europe sociale et solidaire restera un slogan creux. » disait déjà notre député européen Emmanuel Maurel en 2019.

    La filière de la viande allemande a profité à fond des concessions accordées par le président Hollande à l’axe Merkel-Cameron en 2013. Il a utilisé le dumping salarial d’ouvriers agricoles est-européens présents six mois par an pour liquider les filières d’élevage en France, en Grèce, en Italie. Loin d’accepter le principe d’une spécialisation progressive des espaces européens qui permettrait par exemple à la France, en exportant de l’agroalimentaire en Allemagne, d’avoir les moyens d’y acheter des machines et des voitures, l’Allemagne a tout voulu, préférant que ses voisins s’endettent pour lui acheter ses biens industriels, mais aussi ses biens agricoles, ses biens financiers. Un peu plus, et l’Allemagne supplantait la côte d’azur avec la mer baltique.

    Entre 2012 et 2020, la France est devenue importatrice nette de produits agro-alimentaires avec l’Allemagne.

    C’est la conséquence de deux idéologies consubstantielles aux traités existants, et destructeurs de toute ambition sociale en Europe : celle de la compétitivité, qui, en magnifiant la concurrence entre Nations, organise une guerre économique sans pitié aux dépens des classes populaires et moyennes, et celle de la libre concurrence, qui empêche les États de protéger leurs standards sociaux, sanitaires et politiques.

    Ce système profite à un pays disposant d’un « hinterland » de ressources humaines et matérielles, ce que les grands pays de l’Est sont à l’Allemagne.

    Tant que ce système dominera, il n’y aura aucun espace pour une harmonisation des salaires, sinon à la baisse, pour une harmonisation des protections sociales et sanitaires. Les Tönnies doubleront leurs fortunes tous les cinq ans au prix de la misère et la mortalité de leurs salariés.

    L’idéologie du gain du propriétaire, qui touche toujours son dividende, contre le salaire, lui toujours poussé à la baisse, explique à la fois le doublement de la richesse de monsieur Tönnies, et la contamination de plus de 30% de ses salariés.

    Un nouvel abattoir, de la marque Wiesenhof, est à son tour touché. 57 salariés sont déjà testés positifs, 1300 doivent encore l’être.

    Mais cette logique est à l’œuvre dans toute l’Europe.

    Il est temps, au nom du Bien Public, d’y mettre fin.

    Une pandémie ne s’arrête pas à la taille du portefeuille.

  • Convention Citoyenne pour le Climat: Mais où est passée la justice sociale?

    Convention Citoyenne pour le Climat: Mais où est passée la justice sociale?

    La Convention Citoyenne pour le Climat vient de rendre public ses travaux et ses propositions.

    Ce processus, initié, au terme de la crise des gilets jaunes par l’exécutif à la demande de plusieurs collectifs devait permettre , selon la lettre de mission du président Macron : «  de définir les mesures structurantes pour parvenir, dans un esprit de justice sociale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990. »

    Aux termes de ces travaux, elle adressera publiquement au Gouvernement et au Président de la République un rapport faisant état de ses discussions ainsi que l’ensemble des mesures législatives et réglementaires qu’elle aura jugées nécessaires pour atteindre l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elle pourra désigner, parmi les mesures législatives, celles dont elle jugerait qu’elles soient soumises à un référendum.

    Sur le principe du tirage au sort, certains spécialistes de l’environnement ne croient pas du tout en la Convention. « Du point de vue du droit, c’est une régression », tacle l’avocat Arnaud Gossement, qui a participé au Grenelle de l’environnement en 2007. Peu convaincu par « le mythe du tirage au sort », il constate surtout que « la Convention pour le climat n’a aucune existence juridique et aucun droit ». « Ses membres ont moins de droits qu’une personne qui participerait à une enquête publique pour la construction d’un poulailler. Cette dernière a des droits et un juge pour les faire reconnaître », rappelle Arnaud Gossement. L’avocat regrette que la Commission nationale du débat public, une autorité administrative indépendante, ait été écartée de la Convention et que l’État se retrouve seul à fixer les règles du jeu.

    « Nous sommes dans une nouvelle procédure qui ne bénéficie d’aucune garantie et repose sur la volonté d’un homme, le président de la République. » déclare t’il sur France Info

    Mais, si la légitimité et l’indépendance de la commission doivent être critiquées, on peut saluer le travail et l’implication des citoyens tirés au sort pour établir ces propositions, dans des conditions de connaissance , d’information, de contrainte de temps, et d’organisation parfois difficiles.

    L’ensemble des mesures présentées s’inscrivent dans les thématiques imposées par le gouvernement, ce qui laisse finalement peu de place à la mise en place d’une intelligence collective inventive.

    Il est toutefois regrettable que l’origine de cette convention ainsi que la première volonté exprimée par la lettre de mission ne soit pas respectée.

    Car si on peut faire facilement consensus sur les pistes proposées, on ne peut que constater l’oubli de justice sociale qui devait guider les travaux de la convention. Notamment par l’absence de mesures visant à introduire la justice fiscale en rétablissant l’ISF par exemple comme le déclare Thomas  Piketty sur France inter « « On a quand même l’impression qu’on a cherché à éviter les sujets qui fâchent le plus. En particulier d’avoir un vote explicite sur la question d’ un rétablissement de l’impôt sur la fortune. […] La façon dont tout ça a été organisé, ne me permet pas de définir ce que pourrait être vraiment un objectif global de justice social face à la transition énergétique. Ce qui est quand même la question centrale et très difficile à laquelle il va falloir faire face. ».

    Une des rares mesures fiscales proposées , vise les entreprises qui distribuent plus de 10 millions d’euros de dividendes annuels à participer à l’effort de financement collectif de la transition écologique, à hauteur de 4 % du montant des dividendes distribués, chaque année

    Le sentiment de justice fiscale aurait été plus perceptible si la progressivité de cet effort avait été appliqué à l’ensemble du capital redistribué sous forme de dividende.

    Ce rapport est aussi marqué par le manque d’objectifs chiffrés, de budgets, et de planification , ainsi que par l’oubli de mesures sur la taxe carbone.

    Une des mesures ambitieuses, qui visait à diminuer le temps de travail à 28h hebdomadaire, n’a pas été voté par les membres de la commission juste après le discours du président qui nous indiquait son souhait de produire plus et de travailler plus.

    Le président macron s’est encore une fois doté d’un outil artificiel de démocratie directe, comme il l’avait fait pour le grand débat, et il est a craindre que peu de propositions fassent l’objet de lois et engagent la France et les Français vers l’exemplarité et l’inventivité en faveur de la lutte contre les dérèglements climatiques.

    De plus, d’un point de vue constitutionnel, nous déplorons qu’Emmanuel Macron, décide seul encore une fois, d’un nouvel outil , sans passer par la voie référendaire ou en réunissant le congrès, et donc en le soumettant à la souveraineté légitime du peuple.

  • Éducation : Reprise du 22 juin et effets d’annonce

    Éducation : Reprise du 22 juin et effets d’annonce

    Plutôt que de préparer sereinement la rentrée de septembre qui est le véritable enjeu, le gouvernement semble préférer encore des mesures d’affichage à court terme qui n’auront pas de grand impact sur les enfants. Du coup les établissements scolaires vont connaître leur troisième configuration d’organisation en un mois et demi, le tout pour une durée de 10 jours de cours seulement !

    Ce sera donc tous en classe le 22 juin ! Juste avant la coupure de l’été, avec des enfants qui n’auront plus du tout la tête au travail. Une fois cette injonction du retour en classe lancée , qu’en sera-t-il des détails et de l’organisation concrète ? Qu’en sera-t-il du fameux protocole sanitaire, qui impose des contraintes importantes aux collectivités qui empêchent à ce stade que les établissements puissent accueillir plus d’élèves ? Et des personnes fragiles? Aucune information précise n’a été donnée à ce jour.

    « Le président de la République hier soir semblait considérer que la crise du Covid était derrière nous, n’ayant plus un mot sur les précautions à respecter encore. »

    Le ministre de l’Éducation nationale ce matin a déjà nuancé en expliquant qu’il faudrait continuer à respecter une distance d’un mètre entre les élèves en classe, ce qui exclut que deux élèves se retrouvent à la même table ; on ne pourra donc pas permettre d’avoir beaucoup plus d’élèves qu’aujourd’hui en même temps dans une salle puisque les salles de classe ne peuvent contenir plus de 17 ou 18 tables… bref, à nouveau des injonctions contradictoires et bien des questions qui restent en suspens après les annonces télévisées du pouvoir !

    Depuis la mi-mars, le monde enseignant n’a eu de cesse de s’adapter à des situations inédites et bien souvent les chefs s’établissement ont dû improviser localement en 2 ou 3 jours des dispositifs d’accueil des élèves ; quant aux enseignant , ils ont assuré la « continuité pédagogique » en utilisant leur matériel informatique personnel, payé avec leurs propres deniers. La communauté pédagogique a été bien peu guidée par le ministère, et bien peu remerciée alors qu’on a vu ressurgir ces dernières semaines un #profbashing inacceptable pour lequel le chef de l’État n’a pas eu un seul mot hier soir.

    La Gauche Républicaine et Socialiste pour sa part dit #MerciLesProfs et demande une plus grande clarté pour l’organisation de cette fin d’année scolaire et surtout pour la rentrée scolaire de septembre : Quels seront les dispositifs ? Quels seront les moyens pour être à la hauteur de cette situation inédite ? Comment faire en sorte que l’aide aux élèves les plus en difficulté ne reste pas un vœu pieu ou un slogan ?

    La Gauche Républicaine & Socialiste propose pour préparer la rentrée de septembre :

      • d’augmenter les dotations horaires globales des établissements scolaires qui avaient été annoncées en janvier 2020, avant la crise sanitaire, afin de permettre davantage de dédoublements de classes, le travail en petits groupes et des approches pédagogiques individualisées ;
      • de faire un effort majeur pour compenser les pertes de recettes des collectivités, qui ont dans le même temps engagé des dépenses massives pour faire face à la crise et accompagner nos concitoyens. Il faut une augmentation exceptionnelle et massive des dotations globales de fonctionnement.
  • Restaurer une police républicaine

    Restaurer une police républicaine

    « Nous ne sommes pas dans le même camp ».

    Cette réponse du Préfet de police de Paris à une citoyenne Gilet jaune qui l’interpellait calmement dit la fracture entre la police française et le peuple qu’elle est censée protéger. C’est cette fracture qui ressurgit aujourd’hui à travers les manifestations contre les violences policières.

    C’est entendu, les forces de l’ordre sont au front depuis des années et ont été sollicitées dans des conditions souvent extrêmes. D’abord face à la déferlante terroriste qui a sévi à partir de 2015. Puis dans l’encadrement des mouvements sociaux, de la colère des Gilets jaunes aux manifestations contre la réforme des retraites. Aujourd’hui encore, elle est sur le pont face à l’épidémie de coronavirus. Les policiers sont aussi des travailleurs et les logiques comptables de l’État libéral pèse sur leurs effectifs, sur leurs rémunération, sur leur organisation et leurs moyens de travail.

    Comment et pourquoi sommes-nous passés, en quelques années, des applaudissements et de la reconnaissance légitime que leur ont témoigné les Français lors des attentats de Charlie Hebdo aux réactions parfois virulentes qui s’expriment aujourd’hui à leur endroit ?

    D’abord, il y a une responsabilité éminente dans la chaîne de commandement. Depuis Nicolas Sarkozy, la plupart des ministres de l’Intérieur ont cédé aux coups de mentons et au discours martial, conférant à notre Police une mission centrée de façon exclusive sur sa dimension répressive. C’est un défaut originel de la police française qui, à travers son histoire, a trop souvent été comprise comme protectrice des institutions avant de protéger les citoyens. La suppression de la police de proximité ne disait rien d’autre qu’une défiance envers les citoyens, la conception d’une autorité autoritaire, qui s’impose sans consentement.

    Cette dérive n’est pas un accident de l’histoire. Elle résulte du libéralisme lui-même qui, en organisant les systèmes de hiérarchisation sociale et en accentuant les inégalités, a besoin d’un Etat régalien fort pour préserver des institutions qui lui sont favorables et protéger le capital et les richesses concentrées dans quelques mains. La ligne Bolsonaro est la destination finale de cette approche : un système économique dérégulé confié aux grandes firmes privées et un Etat autoritaire qui protège les intérêts du petit nombre.

    La restauration d’une police républicaine est une impérieuse nécessité car les violences et les débordements qui ont eu lieu dans plusieurs affaires ne sont pas excusables : si des policiers ont abusé de leur autorité allant jusqu’à attenter à la vie de citoyens, ils doivent être jugés et sévèrement punis. Au-delà, nous nous devons de comprendre politiquement les raisons de ces dérives, et Il faut ne pas hésiter à remettre en cause la hiérarchie, les ordres, le changement de stratégie impulsé par le haut depuis une dizaine d’années pour le maintien de l’ordre et leur apporter une réponse globale.

    Par ailleurs, Il faut résister à la surenchère et aux raccourcis : la police française n’est pas raciste, mais il y a, sans aucun doute, des racistes dans la police, comme partout ailleurs, dans l’ensemble de la société.

    Et comme partout dans la société, le racisme est un délit et la culture de l’impunité ou le laisser faire, comme le montre le développement d’un groupe facebook de 8000 policiers qui assènent des propos racistes, contribuent à généraliser le sentiment de racisme de la police dans l’opinion.

    La sécurité est un droit pour tous les Français, mais ne peut être garantie que dans un cadre strictement républicain.

    Pour la restauration d’une police républicaine, la Gauche Républicaine et Socialiste propose 5 grandes mesures :

    – Le rétablissement d’une vraie police de proximité, dotée de moyens conséquents, pour qu’elle puisse être au contact de la population
    – L’augmentation des effectifs des forces de l’ordre de 25.000 postes pour assurer la sécurité des Français sur l’ensemble du territoire national
    – L’augmentation de la rémunération des policiers et l’amélioration de leurs conditions de travail dans le cadre d’une négociation nationale avec les partenaires sociaux
    – La systématisation des caméras mobiles pour l’ensemble des interpellations et l’instauration d’un récépissé pour les contrôles d’identité

    – Une réforme de la doctrine d’emploi de la Compagnie Républicaine de Sécurité et la mise en place d’un corps de médiation de la police pour l’encadrement des manifestations

  • Face à la violence et au racisme, redonner force à la République !

    Face à la violence et au racisme, redonner force à la République !

    Le meurtre de Georges Floyd par quatre policiers de Minneapolis (Minnesota) est la dernière goutte de sang faisant rompre des digues dans les opinions publiques occidentales.

    La prise de conscience en cours dépasse le cadre américain et rappelle dans l’universalité de la réponse des jeunesses des sociétés riches les mouvements oubliés contre l’apartheid de l’Afrique du Sud des années 1980.

    Ainsi, malgré la conscience du risque pris, alors que la pandémie due au Covid-19 n’est pas finie, des dizaines de milliers de manifestants, jeunes pour la plupart, masqués, ont manifesté partout en Europe contre le racisme et les violences policières : Bruxelles, Londres, Copenhague, Berlin, Munich, Francfort, Hambourg, et même, malgré l’interdiction prononcée par les préfets, à Paris et plusieurs grandes villes de France. À Bristol, une statue de l’esclavagiste Colson a été jeté dans le port.

    Tous les cortèges ont en commun de rassembler des jeunes, entre 18 et 35 ans, beaucoup de primo-manifestants, tous habillés de noirs. C’est un mouvement d’opinion qui rebondit sur celui des « Friday » pour le climat. Il démontre un refus de thèses et d’organisations sociales et politiques au cœur du néolibéralisme, et dont le protecteur dévoyé est souvent la police.

    Il ne constitue pas encore une alternative, et les contradictions sont nombreuses encore entre tenants de l’universalisme humaniste, et ceux, adhérant paradoxalement à la définition néolibérale d’une humanité divisée en identités et inégalités de nature, privilégiant l’individualisme de la communauté, et niant les solidarités de classe. C’est le piège de ce moment : il y a des libéraux souhaitant le repli individualiste ou communautaire pour nier les classes et les questions sociales ; il y a des faux universalistes souhaitant plonger la tête dans le sable, privilégiant la conservation de l’ordre social à la résolution de sa violence. Les uns ne veulent pas de la République, les autres nient qu’elle soit sociale.

    L’Allemagne face aux infiltrations terroristes de sa police

    À Berlin, à Munich, à Hambourg, à Nuremberg, dans de nombreuses villes allemandes, les manifestations ont fait le lien entre racisme et violences policières.

    Dans ce pays, les policiers doivent prêter serment à la loi fondamentale, qui inclut la déclaration des Droits de l’Homme, et proclame le caractère intangible de la dignité humaine.

    À ce titre, il est jugé incompatible avec le service public l’engagement dans des partis et mouvements d’extrême droite tels que le NPD.

    Il y a presque dix ans, on découvrait cependant que dix meurtres, neuf immigrés d’origine turcs ou grecs, et une policière, avaient été commis par une cellule terroriste d’extrême droite, la NSU. Tout au long des enquêtes, la police n’avait pourtant jamais prospecté sur cette piste, privilégiant des « règlements de compte entre maffias et clans », se plaignant d’une omerta empêchant le recueil d’informations sur cette maffia, qui n’existait pourtant que dans les préjugés racistes des enquêteurs.

    Depuis, les groupements d’extrême droite ont renforcé leurs efforts pour infiltrer la police.

    Depuis quelques années, les autorités ne réagissent plus par des enquêtes administratives, comme la France continue elle à le faire avec l’IGPN, juge et partie, mais directement en saisissant les services secrets intérieurs.

    C’est ainsi qu’en 2018 un groupe Whatsapp de 40 policiers a été identifié et observé : ces policiers, du Land de Hesse, utilisaient les bases de données de la police pour envoyer des lettres de menaces à des militants antiracistes et des avocats des victimes de la NSU. Suite à une perquisition en février 2020, il a été prouvé que certains de ces fonctionnaires avaient détourné armes et munitions des dépôts policiers en vue de préparer des actions terroristes. Les enquêtes en cours ont entraîné les limogeages immédiats des fonctionnaires concernés.

    En France, un tel groupe peut grimper à 8 000 participants !

    La co-présidente d’un des partis au gouvernement, le SPD, Saskia Esken, a réclamé hier une grande enquête sur le racisme dans la police. Elle n’est pas seule : les autorités hiérarchiques policières elles-mêmes parlent de combattre le racisme dans leur rang, de renforcer formation et encadrement, de se donner les moyens pour maintenir une police républicaine, loyale au serment à la loi fondamentale.

    Samedi, malgré des affrontements en fin de manifestation à Berlin et 93 arrestations, le chef de la police a « remercié » les manifestants « majoritairement pacifiques » et loué leurs efforts pour respecter la distanciation physique – discours si différent d’un Castaner déclarant en janvier 2019 « ceux qui viendront manifester savent qu’ils seront complices des débordements » ou d’un préfet de police indiquant à une manifestante âgée qu’ils n’étaient « pas dans le même camp ».

    Une culture de l’impunité est la négation de la République

    Ce long développement permet de souligner la culture de l’impunité qui s’est établie en France. Aujourd’hui même, le rapport du Défenseur des Droits la dénonce : en cinq ans, le Défenseur des droits a demandé des poursuites disciplinaires dans trente-six affaires de manquements aux règles de déontologie, sans recevoir de réponse.

    La République proclame l’égalité de toutes et tous devant la loi. Cela vaut également pour ceux dépositaires, au nom du peuple souverain, du monopole de l’exercice de la violence légitime. Le peuple républicain attend de sa police protection et service, pour pouvoir jouir des libertés publiques garanties par la constitution.

    Cependant, l’exercice de la violence ne reste légitime que s’il est contrôlé, encadré, si les Gardiens de la Paix sont formés et dirigés correctement, si des effectifs et des moyens nécessaires et suffisants permettent d’assurer les missions.

    Devenir policier est un engagement au service de la Nation qui peut rendre nécessaire le sacrifice de sa vie pour sauver les autres. C’est un métier difficile, ingrat, à la conjonction de demandes contradictoires, entre des politiques néo-libérales qui veulent gérer à coup de matraque les inégalités sociales, une Nation espérant Protection et Soutien, et des groupes sociaux et politiques s’affranchissant de la République.

    Il faut le dire : le gardien de la paix est au cœur du pacte social républicain, comme le professeur, l’infirmière, le militaire, le pompier. C’est pourquoi les attentes sont également particulièrement élevées quant à l’exemplarité de son comportement en fonction. Tout cela implique de garantir l’exemplarité par la sanction immédiate des comportements déviants.

    En France cependant, de faux républicains affirment l’infaillibilité de nature de la police.

    Républicaine par la force des textes de lois, elle serait sans faute ni tâche. Elle devrait dès lors être soustraite à tout examen de son action, ses fonctionnaires considérés au-dessus de tout soupçon.

    Cette culture de l’impunité est entretenue par le rôle prééminent donné à l’IGPN, autorité de contrôle administrative interne.

    L’absence de contrôle s’accompagne de la lâcheté hiérarchique. Comment un groupe Facebook a-t-il pu atteindre 8 000 membres sans qu’un seul gradé, face aux centaines de messages racistes et sexistes, n’intervienne ? Comment se peut-il qu’un tel groupe ne soit pas surveillé par la sécurité intérieure ?

    Cela s’explique par une raison simple : depuis 2005 au moins, la police est utilisée comme instrument principal de lutte contre les révoltes et les colères sociales, tout en restant une variable d’ajustement budgétaire, dont on réduit toujours les effectifs ou les moyens concrets, poussant ses fonctionnaires à bout, jusqu’aux « épidémies de suicides ».

    La hiérarchie policière, versée dans la seule répression sociale, au point d’agresser les journalistes et les parlementaires en manifestation, sous estime le danger d’infiltration des institutions par des groupes et idéologie d’extrême droite souhaitant la guerre civile européenne.

    Ces idéologies sont à l’origine des attentats d’Anders Breivik en Norvége en 2011, du tueur de Munich en 2016, du meurtre de la députée travailliste britannique Jo Cox en 2016, des attentats en Allemagne contre des élus, des juifs et des turcs en 2019 et 2020.

    Pourquoi une police où les syndicats affiliés à l’extrême droite ont fortement progressé ces dix dernières années serait-elle immunisée face à un phénomène européen ?

    L’égalité devant la loi nécessite de remettre les deux moteurs inséparables, la sanction et la formation, au cœur de la réforme de la police républicaine.

    Il est insupportable que des personnes, interpellées pour des délits, meurent au moment de leur interpellation, qu’ils s’appellent Traoré ou Chouviat. La doctrine et les techniques d’interpellation doivent changer, l’obligation de secours à la vie redevenir prioritaire à l’accomplissement d’un acte administratif visant à sanctionner un outrage.

    Il est contraire à la République que la police ne garantisse plus l’exercice des droits fondamentaux, tel que celui de manifester, de s’exprimer, mais au contraire les en empêche. Ce n’est pas le rôle de la police de décrocher, pendant le confinement, des banderoles d’opposants accrochés à des balcons privés. Il est absolument intolérable que des élus, des journalistes, des syndicalistes, soient des cibles dans les cortèges. Personne ne devrait perdre un œil ou une main dans l’exercice d’un droit fondamental. Il est absolument nécessaire de pourchasser devant la justice tous les actes de violence non proportionnés de membres des forces de l’ordre. Il n’est pas proportionné aux impératifs de maintien de l’ordre d’éborgner, amputer, et blesser des citoyens libres de manifester.

    * * *

    Aux États-Unis, le Parti Démocrate a annoncé une grande réforme de la police en cas d’alternance. En Allemagne, le plaquage ventral est maintenant interdit. La France, en retard, sous la pression internationale, a annoncé l’interdiction de la prise d’étranglement mais reste dans l’ambiguïté sur le plaquage ventral.

    La confiance dans la République et sa police exige à la fois de la réformer, de mieux la former et l’encadrer, et de briser la lâche impunité que lui garantit le pouvoir actuel.

    Remettre de la République dans la police, c’est remettre de la République dans la société, et par conséquent, s’attaquer aux conséquences sociales de 40 ans de destruction néolibérale de l’Etat et de la cohésion nationale.

  • Le coût du travail n’existe pas !

    Le coût du travail n’existe pas !

    Il n’y a plus de véritable politique de l’emploi en France.

    Celle-ci se confond depuis maintenant de nombreuses années avec l’idée simpliste qu’il suffirait de baisser les coûts de production pour que le taux de chômage diminue. On assiste ébahi à un empilement de mesures visant à réduire le « coût » du travail (CICE, Pacte de responsabilité etc.) sans que cela ait le moindre effet pérenne sur le marché de l’emploi.

    Cette non-politique a en revanche des conséquences directes et franchement absurdes sur notre appareil productif : multiplication des plans de réductions des effectifs, recours excessifs à la sous-traitance, développement d’emplois atypiques favorisant la précarité (CDD, interim, etc.).

    Plutôt que de continuer dans cette voie la crise actuelle nous fournit l’opportunité d’entamer une bifurcation digne de ce nom, de rompre avec l’idée malsaine et faussée selon laquelle le travail est un coût qu’il faut baisser.

    Rappelons-le, le travail n’est ni un coût ni une marchandise comme les autres.

    Il est un investissement et constitue, au même titre que la monnaie, l’une des conditions indispensables de l’échange économique. Parler du coût du travail a donc aussi peu de sens que de parler du coût de la monnaie et est révélateur du renversement sémantique à l’œuvre depuis 30 ans qui vise à culpabiliser les travailleurs.

    Leur précarisation croissante n’a par ailleurs jamais été une solution au chômage de masse. Au lieu de favoriser l’émergence d’un cercle vertueux dans lequel l’efficacité économique serait directement corrélée à la stabilité de l’emploi et à une revalorisation des salaires, les partisans de la « flexisécurité » pratiquent la dynamique inverse et créent de véritables trappes à pauvreté desquelles il sera particulièrement complexe d’extraire les travailleurs précarisés.

    L’enjeu est donc de taille : il ne s’agit rien de moins que de construire une nouvelle stratégie économique orientée vers une véritable transition sociale et écologique dont les deux piliers seraient l’investissement dans des emplois de qualité et la réduction du temps de travail.

    Contrairement donc à l’idéologie libérale, la baisse d’un prétendu « coût » du travail ne constitue pas un levier d’action adéquat. Une politique de l’emploi digne de ce nom ne pourra jamais se contenter d’une telle chimère ; elle doit se construire sur une série d’instruments allant de la politique industrielle au marché du travail en passant par l’éducation et la formation professionnelle. Et tous ces instruments doivent être animés par un objectif partagé : celui d’un appareil productif qui valorise des emplois plus qualifiés et de meilleure qualité.

    L’urgence sociale et écologique nous force à tourner la page d’un hyperproductivisme low-cost qui ne survit que par la compression des coûts et la précarisation des travailleurs. La crise sanitaire du Covid-19 a d’ailleurs fait rejaillir le problème fondamental de l’utilité sociale des emplois :

    comment ne pas s’insurger devant le traitement réservé à celles et ceux qui ont fait tourner le pays pendant ces deux derniers mois (personnels hospitaliers, ouvriers du bâtiment, travailleurs des services publics, conducteurs de métros et de bus etc…) ?

    La question de la répartition du travail se pose également avec une intensité croissante.

    Révolution numérique et persistance du chômage nous mettent face au défi de trouver une configuration du marché de l’emploi qui ne soit excluante pour personne. Le risque d’une société à deux vitesses où cohabiteraient des citoyens intégrés par le travail et d’autres vivant à sa marge existe bel et bien et montre l’impérieuse nécessité de relancer une dynamique d’aménagement et de réduction du temps de travail.

    Faire le pari de l’emploi c’est également viser sa juste répartition :

    le passage au 39h a entraîné la création de 145 000 emplois sur trois ans, avec les 35h il s’agit de 350 000 sur quatre ans. Certes la réduction du temps de travail n’est pas une fin en soi, elle doit s’accompagner d’une réflexion plus large sur la place du travail dans notre société, il n’en reste pas moins qu’elle constitue une politique de l’emploi redoutablement efficace quand elle est bien menée.

    Face à la faillite sociale, économique et écologique du néolibéralisme il est encore temps d’engager nos politiques de l’emploi vers un futur plus souhaitable et soutenable, vers une vision qualitative de la production économique qui soit respectueuse des travailleurs et de l’environnement.

  • le 16 juin manifestons avec les soignants

    le 16 juin manifestons avec les soignants

    Le 16 juin, tous avec l’hôpital

    Ça y est, Ils ont tout compris !

    Après 3 mois de résistance face au virus, au bout d’un engagement et d’un épuisement total, les soignants sont entendus et récompensés.
    Le gouvernement autorise le don d’une journée de congé pour les soignants.
    Si on ajoute les médailles et les primes inégalement distribuées, on ne voit vraiment pas ce qu’ils leurs faut de plus !
    Voici en quelques mots l’intégralité de la vision politique de la santé du gouvernement.

    Et pourquoi pas un tirage spécial du LOTO, ou alors la vente de timbres à l’effigie de l’hôpital ou l’édition d’un guide pratique pour ne pas tomber malade et ne pas surcharger les lits hospitaliers et ainsi permettre la rentabilité de la santé. « soyez responsables, ne vous soignez pas ! »

    Parce que pour ce gouvernement, la santé n’est qu’un problème de rentabilité !

    L’appel à manifester le16 juin est légitime, démocratique et responsable.

    Légitime, parce que porté par un combat qui dure depuis de nombreux mois, suivi par une majorité de professionnels de la santé, en détresse et en situation de maltraitance institutionnelle et soutenu par la population.

    Démocratique, parce que dans une période où les lois d’urgence confinent la représentation nationale, seule la voix de la rue peut se faire entendre.

    Responsable, parce que la crise sanitaire que nous traversons n’a été gérée que par le dévouement et l’inventivité des soignants et de tous ceux qui sont désormais connus sous l’appellation des premiers de corvée pendant que le gouvernement continuait ses mensonges au sujet des masques et des tests.

    La réponse du gouvernement à cet appel à manifester est portée par ses préfets : Interdiction de manifester !

    Il n’y a rien de plus anticonstitutionnel que cette réponse autoritaire et nous ne pouvons nous y résoudre.

    Parce que la santé ne peut se jouer à la loterie, parce que les soignants ne veulent pas la charité mais la solidarité de tous, parce que nos vies valent mieux que leurs profits, la Gauche Républicaine et Socialiste propose aux Français, plutôt que de donner un jour de congé aux soignants, de poser une RTT le 16 juin et de venir manifester aux côtés des professionnels de la santé pour enfin acter que la santé est un bien commun et que l’hôpital public en est son instrument.

    Le 16 juin, en responsabilité, et en respectant les gestes barrières, nous devons faire corps solidaire pour sauver l’hôpital et lutter contre le virus de la financiarisation de la santé.

    La Gauche Républicaine et Socialiste appelle toutes celles et tous ceux qui ont applaudi les soignants le soir à leur fenêtre pendant le confinement à rejoindre les manifestations dans la rue le 16 juin aux côtés des soignants.

  • Il y a 84 ans, les accords de Matignon et l’espoir d’une vie meilleure

    Il y a 84 ans, les accords de Matignon et l’espoir d’une vie meilleure

    Nous célébrons aujourd’hui le quatre-vingt-quatrième anniversaire des accords de Matignon, victoire éclatante du Front Populaire et de la mobilisation sociale des ouvriers en 1936.

    Après la victoire des socialistes, des communistes et des radicaux aux élections législatives de mai, les ouvriers et les ouvrières avaient entamé une grève générale pour réclamer de justes améliorations de leurs conditions de vie. Le gouvernement, contrairement aux précédents, avait alors refusé d’envoyer la police briser la mobilisation. Le patronat fut alors obligé d’obtempérer et de négocier la reprise du travail.

    Les conquêtes sociales furent obtenues en nombre en ce jour : augmentation des salaires, création des conventions collectives donnant naissance au dialogue social tripartite Etat-syndicats-patronat, pérennisation des libertés syndicales, et absence de sanction en conséquence des grèves massives qui venaient d’avoir lieu. Ces accords laissaient entrevoir la fin de l’impunité patronale et l’instauration de rapports sociaux favorables aux travailleuses et aux travailleurs, par le concours de l’Etat, garant de l’intérêt général.

    Alors qu’aujourd’hui la part des revenus du travail ne fait que baisser, que le salariat régresse au profit d’un auto-entreprenariat précarisant et favorable au capital, que la liberté syndicale est menacée et leur rôle sans cesse dénigré par les représentants de l’économie libérale, que le gouvernement brise par la violence policière tout mouvement de contestation social avec une doctrine de maintien de l’ordre antirépublicaine autant qu’antisociale et que la protection du travail et la négociation tripartite est mise à mal gouvernements après gouvernements, les accords de Matignon doivent redevenir la ligne d’horizon la gauche. L’augmentation des salaires, l’amélioration des conditions de vie, la dignité au travail, la démocratie sociale, la coopération avec les syndicats et le respect des mobilisations et de la contestation sociale sont le creuset dans lequel il nous faut nous inscrire.

    En outre, la gauche doit se rappeler ce qui a permis les accord Matignon et leur concrétisation durable après la Libération, elle doit marcher sur deux jambes, l’une politique et l’autre sociale. Les réformes et transformations profondes impulsées par un gouvernement socialiste et républicain doivent répondre à l’exigence de justice sociale et avoir été préparées avec la société pour être soutenues par un vaste mouvement populaire, garantie « gramscienne » de leur ancrage dans la durée.

    La Gauche Républicaine et Socialiste rend hommage aux travailleuses et aux travailleurs qui se sont battu en 1936 pour la fin de misère et la liberté au travail, ainsi qu’au chef du gouvernement Léon Blum, au ministre du Travail Jean-Baptiste Lebas, futur martyr de la Résistance, et au secrétaire général de la CGT Léon Jouhaux, pour avoir obtenu ces accords fondateurs de la négociation sociale. Nous rappelons notre attachement à la constitution d’un Front Populaire du XXIème siècle pour remettre les conquêtes sociales au cœur de l’action politique.

  • Soutien aux salariés du Parisien

    Soutien aux salariés du Parisien

    Les éditions départementales du Parisien sont aujourd’hui menacées en île de France et Oise, couvrant 13 millions d’habitants avec 10 éditions.

    L’absence de pluralisme et la métropolisation au niveau de la presse quotidienne régionale tendent à uniformiser la pensée et à gommer la réalité sociologique et politique du Pays.

    La situation de la Presse en France est avant tout un enjeu démocratique : l’ordonnance du 26 aout 1944 fixait pour objectif de sanctuariser la presse vis-à-vis des puissances de l’argent et de l’influence de l’État, tout en assurant l’indépendance des journaux et leur transparence, afin que la presse devienne une maison de verre. Ces principes sont très largement oubliés aujourd’hui et il est temps de leur redonner force de loi, notamment en donnant à la presse le statut dont elle a besoin pour être à l’abri des grandes entreprises qui veulent capter la puissance publique et cherche ainsi à l’utiliser pour peser sur l’opinion et les gouvernements.

    La présence de la presse locale est d’autant plus important qu’à ce niveau, la proximité permet une forme de pluralité des expressions. Dans de nombreuses petites communes, les partis politiques ne sont pas présents, il n’y a pas d’opposition dans les conseils municipaux, les préfectures et tribunaux administratifs sont débordés .
    Malgré quelques exemples de présentations partiales des faits et des situations, les éditions départementales du Parisien sont souvent les seules caisses de résonance pour des associations locales et des collectifs de citoyens face aux pouvoirs locaux.

    La presse ne peut pas être regardée seulement comme un objet de profit et un outil de pression aux services d’intérêts financiers mais doit bien assurer une mission d’intérêt général.

    C’est pourquoi la Gauche Républicaine et Socialiste soutient les salariés du Parisien pour le maintien des cahiers départementaux afin de faire vivre la démocratie localement. Elle demande également l’application des principes fixés à la Libération pour garantir l’indépendance et la pérennité de la presse.

  • Le mur de la dette publique n’existe pas !

    Le mur de la dette publique n’existe pas !

    Depuis le début de la crise du covid-19 , les discours alarmistes sur le gonflement de la dette publique française prolifèrent et ce sans raison apparente.

    Oui, déficits et dette publics gonfleront demain : le second projet de loi de finance rectificative annonce un déficit à 7,6 % du PIB et une dette équivalente à 112 % du PIB à la fin de l’année 2020.

    Non, une telle situation n’a rien de catastrophique. Contrairement à nombre d’idées reçues la dette publique n’est pas un mal en soi, et encore moins un mal français.

    Dans leur volonté d’autoflagellation, les libéraux et autres partisans des politiques austéritaires oublient que l’augmentation des déficits et de la dette publique n’est pas une situation qui s’arrête aux frontières de l’Hexagone. C’est la norme dans la quasi-totalité des pays développés.

    Depuis 1974 les Etats-Unis n’ont connu que trois années d’excédents budgétaires, la Grande-Bretagne quatre et le Japon cinq. Avoir un budget équilibré tient donc de l’exception et non de la règle. Bien souvent les discours sur la dette ne sont que des prétextes pour attaquer des dépenses publiques jugées à tord excessives.

    Dans le lot des arguments nous intimant l’ordre de nous inquiéter du niveau de la dette publique française on retrouve aussi l’idée que les générations futures devront payer nos excès.

    « La dette serait à l’origine d’une rupture d’équité entre générations. » Rien n’est plus faux.

    la dette publique est inférieure à la production de richesses par les administrations publiques et ce sont ces mêmes richesses, et non nos excès, que nous léguerons aux générations futures à travers les dépenses publiques d’éducation ou encore de santé. Ce qui pose problème ce n’est pas la valeur du lègue, le patrimoine privé comme le patrimoine public sont positifs, c’est sa répartition.

    A la faveur de la crise, le gouvernement semble découvrir une vérité pourtant établie depuis longtemps : la dette publique est un outil indispensable de l’interventionnisme étatique et il ne faut pas hésiter à l’utiliser quand la situation l’exige.

    Lorsque la conjoncture est basse, lorsque l’activité se rétracte, il est du devoir de l’Etat de faire jouer les déficits publics et la dette afin de relancer l’économie. La majorité des pays de l’OCDE a d’ores et déjà mis en place une politique budgétaire expansionniste et renvoyé aux calendes grecques leurs objectifs d’équilibre budgétaire.

    C’est la voie à emprunter. La dette publique est nécessaire, elle ne devient excessive que lorsque les taux d’intérêts et d’inflation sont trop élevés. Ce n’est pas le cas présentement. Loin d’être un problème, l’endettement public est actuellement la solution à la crise économique que nous traversons. Mais cette vérité triviale ne semble pas sauter aux yeux de tout le monde.

Nous avons besoin de vous !

Quelles que soient vos compétences, si vous touchez votre bille en droit, en bricolage, si vous aimez écrire, si vous êtes créatif… vous pouvez prendre part à des actions et ateliers près de chez vous ou encore nous envoyer vos vidéos, vos dessins pour des affiches etc.